Webinaire médiation sociale : De « l’aller vers » au « faire avec » organisé par France Médiation, le 8 juillet, de 13h30 à 14h30


« La médiation sociale est en plein développement depuis plusieurs années et multiplie les champs d’actions. Peu à peu, cette nouvelle forme d’intervention sociale se déploie dans divers domaines tels que l’accès au droit, l’espace public, la gestion des conflits, l’éducation, la santé ou encore le logement. La singularité de l’approche des médiateurs sociaux se caractérise notamment par deux principes directeurs :

  • « Aller vers » l’usager, l’habitant quand sa difficulté est renforcée du fait de ne pas maîtriser les codes, de renoncer à se déplacer, même pour faire valoir un droit légitime.
  • « Faire avec » le bénéficiaire et non à sa place, pour le responsabiliser au maximum dans la démarche, en fonction de son autonomie, et lui donner le pouvoir d’agir pour trouver les solutions durables aux problèmes.

Ce webinaire sera l’occasion de présenter la démarche d’« aller vers et faire avec » l’usager, ses objectifs, ses avantages et les difficultés auxquelles elle peut se heurter, à travers un apport théorique et le témoignage de médiateurs sociaux. » (Extrait de

Pour participer à ce webinaire, il vous suffira de cliquer sur le lien ci-dessous :
Accéder au webinaire

ou https://mailchi.mp/368b1a5e23fc/invitation-19-dcembre-angoulme-journe-mdiation-sociale-11822560?e=6b5ff88f6e

« Les médiateurs sociaux : limites et enjeux d’un dispositif » par Rachel Solomon Tsehaye et Henri Vieille-Grosjean, Sociétés et jeunesses en difficulté n°12 | Automne 2011 (18p.)


Résumés
Suite à une recherche visant à mesurer les limites et les enjeux du dispositif de médiation
sociale, les auteurs proposent d’interroger dans cet article, les attentes réciproques du
médiateur social et de son employeur, la communauté urbaine. Cette recherche sociologique
est de type compréhensif : elle utilise la méthode de l’entretien individuel et du focus group.
L’analyse des résultats est soutenue par les apports de Boltanski et Thévenot afin de comparer
les « mondes » référentiels des deux types d’acteurs. Elle est complétée par l’analyse des
notions de « dispositif » (Foucault) et de « professionnalisation » (Hainaux et al., Bartoli).
Les auteurs tentent de comprendre dans quelles mesures les acteurs entendent l’implication
dans la médiation.


The social mediators: limits and challenges of a system
Following a study aimed at measuring the limits and challenges of the social mediation
system, the authors put forward an examination in this article of the mutual expectations
of the social mediator and its employer, the urban community. This sociological study is
comprehensive: it uses the method of the individual interview and focus group. The analysis
of the results is supported by contributions from Boltanski and Thévenot in order to compare
the reference “worlds” of both types of actor. It is supplemented by the analysis of notions
of “system” (Foucault) and “professionalisation” (Hainaux et al., Bartoli). The authors try to
understand the extent to which the actors understand involvement in mediation.


Los mediadores sociales: límites y retos de un dispositivo
Tras una investigación con el objetivo de medir los límites y los retos del dispositivo
de mediación social, los autores se proponen, en este artículo, confrontar las expectativas
recíprocas del mediador social y de su empleador, la comunidad urbana. Esta investigación
sociológica es de tipo comprensivo: utiliza el método de la entrevista individual y del
grupo de discusión. El análisis de los resultados se basa en las aportaciones de Boltanski
y Thévenot con el fin de comparar los “mundos” referenciales de los dos tipos de actores.
Se completa el artículo con el análisis de las nociones de “dispositivo” (Foucault) y de
“profesionalización” (Hainaux, Bartoli). Los autores tratan de comprender en qué medida los
actores entienden la implicación en la mediación

Article à consulter sur https://www.academia.edu/38282205/Les_m%C3%A9diateurs_sociaux_limites_et_enjeux_dun_dispositif

Rapport au Premier ministre : « Remettre de l’humain dans les territoires » Patrick Vignal, Député de la 9ème circonscription de l’Hérault


AVANT-PROPOS
Monsieur le Premier ministre,
Notre vivre en société est menacé par plusieurs défis : la prépondérance des situations
de conflits et de tensions, les violences et toutes formes d’incivilités détruisent durablement
les relations sociales. L’isolement relationnel, la précarité économique, la fracture
numérique, ainsi que les crises que nous connaissons, impactent également ces relations. La
reconstruction du lien social est alors nécessaire.
Ces difficultés sociales sont ressenties par nos concitoyens dans leur vie de tous les
jours et elles favorisent un sentiment d’abandon, voire de marginalisation.
Vous m’avez accordé votre confiance en me confiant la mission de mener une
réflexion sur celles et ceux qui participent tous les jours à maintenir ce lien social sur le
terrain, au plus près de nos concitoyens, et notamment sur les médiateurs sociaux.
Dans le cadre de cette mission, j’ai, comme vous me l’aviez demandé, réalisé un état
des lieux des dispositifs de la médiation sociale sur le territoire, notamment de ceux mis en
place dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) et dans les quartiers de
reconquête républicaine (QRR).
Les premiers constats nous montrent l’importance croissante des dispositifs de
médiation sociale dans la régulation des rapports entre les individus et les groupes, dans la
résolution amiable des conflits et l’accès aux droits des plus fragiles. D’initiative citoyenne
ou institutionnelle, c’est par leur complémentarité avec les intervenants du champ social, de
la sécurité et de l’éducation, que ces dispositifs se développent et ouvrent des perspectives
pour améliorer la vie quotidienne de nos concitoyens. Les évaluations d’impact menées dans
certaines villes démontrent l’intérêt d’investir dans tels dispositifs.
Dresser un tel état des lieux me permet de vous proposer des préconisations pour
améliorer les relations sociales et le cadre de vie des habitants. Vous le verrez, elles sont
fortes et nécessitent de faire évoluer notre regard sur ces acteurs de terrain, aujourd’hui sans
statut.
Pour dégager des pistes d’amélioration, nous sommes partis sur le terrain pour nous
mettre à l’écoute de l’expertise des territoires : nous avons multiplié les entretiens avec les
élus locaux, les partenaires et les opérateurs de médiation sociale.
J’ai auditionné à l’Assemblée nationale les associations d’élus, les têtes de réseau de
la médiation sociale et de la prévention spécialisée, ainsi que les administrations, les
opérateurs de l’État et les partenaires institutionnels. J’ai aussi souhaité mener une grande
consultation auprès de tous les maires des villes de plus de 20 000 habitants.
Monsieur le Premier ministre, il nous faut remettre de l’humain dans les territoires.
Cela passe notamment par le renforcement des professionnels tels que les médiateurs sociaux
et les éducateurs spécialisés, afin de créer les conditions durables d’une société apaisée dont
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l’ADN premier serait le dialogue plutôt que le conflit, l’égalité pour tous dans l’accès aux
droits et aux services. Nous avons besoin de recréer les conditions de la confiance afin de
faire progresser notre vivre-ensemble et éviter les situations de rupture.
En ce sens, Monsieur le Premier ministre, je vous suis particulièrement reconnaissant
de m’avoir confié cette mission. Elle vise en effet à apporter sa contribution aux objectifs
que nous partageons : renouer un lien social distendu, progresser vers davantage de cohésion
sociale et territoriale, donner corps à la fraternité et à la solidarité au bénéfice des habitants
pour honorer la promesse républicaine. Ce qui est en jeu constitue un vrai projet de société,
celui d’une société plus inclusive.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de ma très haute
considération.
Patrick VIGNAL, député

PROPOSITIONS

Proposition n°1 :
Se doter d’un observatoire national de la médiation sociale, outil d’observation et de suivi
permanent de l’évolution des emplois de médiation sociale, associant notamment le
ministère chargé de la ville, le ministère du travail, de l’emploi et de l’insertion, le ministère
chargé des affaires sociales et le CNFPT. Cet observatoire sera notamment chargé de
cartographier la présence des structures, associations, collectivités, groupements de
médiation sociale afin de distinguer les zones couvertes et non couvertes et d’identifier les
zones blanches ou carencées.


Proposition n°2 :
Favoriser le développement de portages mutualisés (associations, GIP) afin de garantir la
position de tiers des médiateurs sociaux et d’améliorer la coordination pour le déploiement
des médiateurs dans les territoires.


Proposition n°3 :
Reconnaître la médiation sociale dans un cadre législatif :
Une PPL a été déposée en ce sens par les députés Anne BRUGNERA, Jacqueline MAQUET,
Jean-Louis TOURAINE, Yves BLEIN, Thomas MESNIER et Éric POULLIAT. Elle vise à
insérer, dans le livre IV du code de l’action sociale et des familles – livre consacré aux
professions et activités sociales – un nouveau titre VIII dédié à la médiation sociale, qui aura
pour effet :

  • de définir la médiation sociale, ses objectifs, ses modalités d’action et son cadre
    d’intervention ;
  • de préciser que le processus de médiation sociale garantit le libre consentement des parties
    prenantes, la confidentialité de leurs échanges, la protection des personnes, et le respect de
    leurs droits fondamentaux ;
  • de prévoir que les référentiels de compétences, de formation et de bonnes pratiques
    définissant et encadrant les modalités d’intervention des personnes morales qui exercent des
    activités de médiation sociale seront fixés par décret.
    Propositions n°4 :
    Déployer 7 000 postes de médiateurs sociaux sur le quinquennat, avec un triple
    objectif :
  • mettre en place un dispositif de consolidation de l’emploi des médiateurs sociaux
    expérimentés, afin de faciliter la pérennisation de leur présence dans les effectifs des
    opérateurs de médiation sociale (3 000 postes) ;
  • se fixer un objectif d’accroissement de la couverture géographique par la médiation sociale
    des territoires en difficulté, visant à réduire les zones carencées en la matière (3 000 postes) ;
  • accroître la présence de la médiation sociale en milieu scolaire pour couvrir la totalité des
    collèges et écoles situés en REP et REP + (1 100 postes)

Propositions n°5 :
Rendre la norme NF X60-600 obligatoire pour l’exercice de la médiation sociale et comme
un des critères de sélection de tous les appels d’offre, appels à projets et offre de subvention,
la norme devenant obligatoire pour bénéficier d’un soutien de l’État. Cette obligation devra
être accompagnée d’un fonds de soutien afin que le plus grand nombre puisse obtenir la
certification dans les 3 ans venir. Cette aide financière de l’État couvrira au plus 50% du
coût du processus de certification, à charge pour les opérateurs candidats à la certification
de compléter le financement à partir d’autres financements externes ou de leurs ressources
propres. Le taux d’aide pourra toutefois être modulé autour du taux pivot de 50%, afin qu’il
puisse être supérieur pour les petites structures – sans qu’il puisse excéder 80% – et inférieur
pour les structures les plus grandes.

Proposition n°6
Clarifier les modalités de déploiement de la médiation sociale dans les territoires : la
PPL susmentionnée pourrait être complétée sur ce point, en prévoyant la signature de
conventions conclues à l’échelle départementale, entre l’État, les collectivités territoriales
concernées (Départements, communes et leurs groupements), ainsi que les autres partenaires
locaux (bailleurs sociaux, organismes de transport collectif, par exemple). Ces conventions
pluriannuelles viseraient la couverture la plus pertinente possible des territoires par la
médiation sociale, en tenant compte en particulier de ceux dans lesquels les besoins sont les
plus manifestes (notamment les QPV, les QRR et les ZRR). Elles auraient pour objet de fixer
le cadre de la gouvernance et du pilotage de ce déploiement, ainsi que les contributions
financières respectives des signataires.

Proposition n°7 :
Construire une filière de formation complète et diversifiée allant du niveau 3 au niveau 6
afin de garantir les conditions optimales d’exercice du métier.


Proposition n°8 :
Rendre obligatoire pour les personnes sans formation dont les compétences de terrain
ont justifié le recrutement, une formation initiale dans les six premiers mois de l’embauche.


Proposition n°9 :
Rattacher les futurs certifications/diplômes de médiation sociale au tronc commun de la
formation des travailleurs sociaux.


Proposition n°10 :
Créer deux écoles pour les cadres de la médiation sociale.


Proposition n°11 :
Mettre en place, à l’échelle départementale, un pilotage stratégique par l’État et les
collectivités territoriales : Ce pilotage conjoint permettra de diligenter des diagnostics
territoriaux, de prioriser les besoins, de garantir l’élaboration de plans d’actions et de
contrôler leur bonne mise en œuvre, notamment l’adéquation des postes alloués avec les
besoins repérés et la coopération entre les acteurs.
Il permettra également à l’État et aux collectivités territoriales de s’accorder sur les modalités
concrètes de déploiement de la présence humaine dans les territoires, ainsi que sur des règles
communes pour cadrer le soutien à apporter aux opérateurs. Dans ce cadre, par exemple,
l’État et les collectivités territoriales pourraient convenir de faire de la certification des
opérateurs à la norme AFNOR « médiation sociale » un critère d’éligibilité et de sélection
obligatoire dans tous les appels d’offre, ainsi que pour les appels à projets et autres
mécanismes de subvention. La certification à la norme AFNOR « médiation sociale »
deviendrait ainsi indispensable pour bénéficier du soutien tant de l’État que des collectivités
territoriales, avant de devenir pleinement obligatoire dans les conditions prévues ci-dessus
par la proposition n°5


Proposition 12 :
Poursuivre la mutualisation des financements engagés depuis plusieurs années entre les
différents commanditaires de la médiation sociale et ouvrir encore plus largement les
partenariats possibles, notamment en direction du secteur privé.

Proposition 13 :
Sortir des logiques d’appels à projets et appels d’offre qui renforcent depuis des années
la concurrence entre les opérateurs.

Proposition n° 14 :
Diffuser les bonnes pratiques en matière d’évaluation de la médiation sociale
notamment en matière d’outils de reporting et de référentiel d’évaluation.


Proposition n°15 :
Se doter d’un outil national d’observation et de suivi permanent pour la médiation sociale.


Proposition n°16 :
Organiser des temps d’échanges réguliers et des rencontres entre les éducateurs
spécialisés et les médiateurs sociaux à l’échelle de leurs territoires d’intervention respectifs
en y incluant des formations communes.


Proposition n°17 :
Développer une culture commune de la coopération et identifier les méthodes et
processus susceptibles de la faire progresser.


Proposition n°18 :
Mobiliser les réseaux nationaux à cet effet à la condition qu’ils soient eux-mêmes dans
une démarche de plus forte coopération

Rapport à consulter sur https://www.vie-publique.fr/sites/default/files/rapport/pdf/284700.pdf

La médiation sociale dans la ville de Niort


« La mission des médiateurs sociaux est de contribuer à consolider le lien social entre les habitants. Près de 80% de leur activité consistent à gérer les conflits de voisinage. Sans jamais prendre parti, ils s’efforcent d’amener les personnes concernées à trouver elles-mêmes des solutions.

« Nous essayons tout d’abord de les apaiser chacune de leur côté » explique Marieke Bonnin, responsable du service de médiation sociale. « Lorsqu’elles sont prêtes à dialoguer ensemble, nous leur proposons une « médiation table ronde ». Cette dernière étape se déroule à l’hôtel de ville, pour plus de solennité. Dans la plupart des cas, elle permet d’éviter le retour au conflit. »

Le service de médiation sociale gère en moyenne 400 dossiers par an. Vous pouvez faire appel aux médiateurs sociaux pour tout type de situation conflictuelle, qu’elle soit interpersonnelle ou collective : nuisances sonores, regroupements au pied des immeubles, dégradations…
Si le règlement à l’amiable s’avère impossible ou si le conflit n’est pas de leur ressort, les médiateurs vous orienteront vers les services ou structures compétentes :

  • la police pour une agression verbale ou physique
  • le service communal hygiène et santé pour un problème d’insalubrité d’un logement
  • les travailleurs sociaux pour les discordes conjugales ou familiales… » (Extrait de vivre-a-niort.com )

En savoir plus sur https://www.vivre-a-niort.com/services-publics/solidarite/mediation-sociale/index.html

Proposition de loi nº 4678 visant à reconnaître les métiers de la médiation sociale, enregistré à la Présidence de l’Assemblée nationale le 16 novembre 2021.


EXPOSÉ DES MOTIFS

Mesdames, Messieurs,

La médiation sociale est aujourd’hui largement reconnue comme un mode de mise en relation efficace entre les populations et les organismes publics, ainsi que de résolution des situations conflictuelles. Elle est notamment développée dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville au sens de la loi n° 2014‑173 du 21 février 2014 de programmation pour la ville et la cohésion urbaine.

Elle est venue répondre aux besoins croissants et non satisfaits d’une société en évolution : le besoin de lien social et de civilité. La médiation sociale est nécessaire pour répondre à ce besoin, pour contribuer à l’émancipation du citoyen et pour favoriser le vivre ensemble. Elle a joué un rôle important, en « première ligne » lors de la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid‑19 notamment lors des périodes de confinement qui ont exacerbé des tensions et mis à mal le lien social.

La médiation sociale se traduit par une présence humaine renforcée au plus près des citoyens, ainsi que des régulations sociales de proximité au quotidien.

Elle se caractérise par sa double finalité :

– Facteur de lien social et d’intégration, elle aide à restaurer une communication entre les personnes, les groupes de personnes et les institutions et facilite ce besoin d’être reconnu par l’autre ;

– Facteur de tranquillité sociale, elle participe à la régulation des tensions, à la prévention et à la gestion des conflits et des incivilités et favorise une citoyenneté active.

Les fonctions de médiation sociale se sont fortement développées ces dernières années. Et dans une société marquée par une crise sanitaire et sociale inédite qui a provoqué de la distanciation sociale et créé des tensions, elles doivent être confortées et encouragées, en complémentarité et en cohérence avec les actions engagées par les acteurs socio‑culturels et d’éducation populaire, pour contribuer à mettre en pratique au quotidien les valeurs portées par la République.

En effet, la médiation sociale n’a de sens que si elle s’inscrit dans une coopération avec l’ensemble des autres acteurs, dans le champ social ou celui de la tranquillité publique. C’est dans cette chaîne de prise en charge, de continuum et de partenariat, que la médiation sociale trouve toute sa place.

Le secteur de la médiation sociale bénéficie d’un soutien significatif de l’État, via notamment le dispositif adultes‑relais, financé par le programme 147 « Politique de la ville ». Ce dispositif compte aujourd’hui 6 000 postes répartis sur la totalité du territoire national.

Au‑delà des adultes‑relais, on estime à 12 000 le nombre d’emplois existants de médiation sociale, regroupant des fonctions exercées sous des dénominations différentes : médiateurs sociaux, médiateurs socio‑culturels, correspondants de nuit, agents d’ambiance, etc…, lesquelles renvoient à des pratiques professionnelles spécialisées. La médiation sociale concerne différents secteurs d’intervention : habitat, transports, éducation, tranquillité publique, intervention sociale, services à la population…

Néanmoins, les pratiques de la médiation sociale se sont développées sans qu’un cadre légal unifié et reconnu par tous n’en régisse l’exercice pour le médiateur :

– Il n’existe pas à ce jour de texte législatif confortant la médiation sociale et reconnaissant son utilité sociale ;

– Aucun texte relatif à la médiation sociale et aux médiateurs ne permet en l’état d’identifier les structures professionnelles, ni les médiateurs compétents ;

– De nombreuses structures, qu’elles soient associatives ou publiques, développent des activités dans le domaine de la médiation sociale sans en connaître le cadre en l’absence d’un texte en régissant les pratiques.

Si le développement de la médiation sociale est souhaitable, il faut garantir la qualité des processus mis en œuvre par les acteurs du secteur. Il convient également de faire savoir aux commanditaires des prestations de médiation – collectivités territoriales, opérateurs publics de service… – qu’ils disposent de la garantie induite par l’adoption d’une démarche de qualité dans le secteur.

Cette garantie se révèle d’autant plus stratégique que le recours aux prestations de services dans le domaine de la médiation s’opère au travers de procédures de marchés publics : les acteurs associatifs de la médiation entrent alors en concurrence avec des entreprises du secteur marchand. Ils doivent par conséquent faire la démonstration de la qualité, tout autant que de la singularité de leurs offres.

Depuis plusieurs années, des acteurs du secteur réclament un encadrement de cette activité. C’est pourquoi, dans un premier temps, l’État, en appui au secteur de la médiation sociale, a soutenu le développement d’une norme AFNOR. Cette norme est basée sur les grands principes des normes internationales de management (réalisation d’un diagnostic, affectation de moyens nécessaires à la mise en œuvre des activités visées par la certification, activité professionnelle, évaluation et amélioration continue). Les champs couverts par la norme sont : le cadre de la structure, son offre de services, le management des équipes, les partenariats et la mesure de l’efficacité. Son homologation deviendra définitive en janvier 2022.

L’enjeu aujourd’hui est donc de donner un cadre légal à ce secteur. Tel est l’objet de la présente proposition de loi.

L’article unique de cette proposition de loi vise à reconnaître les métiers de la médiation sociale. À cette fin, il insère dans le livre IV du code de l’action sociale et des familles, livre consacré aux professions et activités sociales, un nouveau titre VIII spécifique à la médiation sociale. Ce titre VIII est composé de cinq articles réunis en un chapitre unique :

Le premier (L. 481‑1) définit la médiation sociale, ses objectifs, ses modalités d’action et son cadre d’intervention.

Le second (L. 481‑2) précise que le processus de médiation sociale garantit le libre consentement des parties prenantes, la confidentialité de leurs échanges la protection des personnes, et le respect de leurs droits fondamentaux.

Le troisième (L. 481‑3) prévoit que la médiation sociale est mise en place à l’initiative de l’État, des collectivités territoriales et de leurs groupements, et de toute personne morale, publique ou privée.

Le quatrième (L. 481‑4) prévoit que des référentiels de compétences, de formation et de bonnes pratiques définissent et encadrent les modalités d’intervention des personnes morales qui exercent des activités de médiation sociale. Ces référentiels s’articulent avec ceux du travail social et sont élaborés par le Haut Conseil du travail social.

Enfin le dernier (L. 481‑5) précise que les modalités d’application de ce chapitre seront déterminées par décret.

PROPOSITION DE LOI

Article unique

Le livre IV du code de l’action sociale et des familles est complété par un titre VIII ainsi rédigé :

« TITRE VIII

« MÉDIATEURS SOCIAUX

« Chapitre unique

« Art. L. 4811. – La médiation sociale est un processus de création et de réparation du lien social, ainsi que de règlement des situations conflictuelles de la vie quotidienne.

« Elle participe à la régulation des tensions et à la prévention des comportements incivils, notamment dans les espaces publics ou collectifs.

« Elle vise à améliorer une relation, à prévenir ou régler un conflit qui oppose des personnes physiques entre elles, ou avec des personnes morales, publiques ou privées, grâce à l’intervention d’un tiers impartial et indépendant. Elle facilite la mise en relation entre les personnes et leurs interlocuteurs nécessaire à la résolution des différends.

« Elle crée les conditions favorables à l’autonomie, la responsabilité et la participation des parties prenantes.

« Elle contribue à l’égalité réelle en facilitant l’accès aux droits et aux services publics.

« Elle agit localement et mobilise les acteurs de proximité.

« Art. L. 4812. – Le processus de médiation sociale garantit le libre consentement des parties prenantes, la confidentialité des échanges entre celles- ci, la protection des personnes et le respect de leurs droits fondamentaux.

« Art. L. 4813. – La médiation sociale est mise en place à l’initiative de l’État, des collectivités territoriales et de leurs groupements et de toute personne morale, publique ou privée.

« Art. L. 4814. – Des référentiels de compétences, de formation et de bonnes pratiques définissent et encadrent les modalités d’intervention des personnes morales qui exercent des activités de médiation sociale. Ces référentiels s’articulent avec ceux du travail social. Ils sont élaborés par le Haut Conseil du travail social.

« Art. L. 481‑5. – Les modalités d’application du présent chapitre sont déterminées par décret. »

Proposition de loi à consulté sur https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/textes/l15b4678_proposition-loi

Ouvrage : « FORMATION À LA MÉDIATION SOCIALE PAR LE COMPAGNONNAGE ET LA MOBILITÉ EUROPÉEENNE. Les tours d’Europe (2016 – 2019) », André Moisan, Ana Maria Costa e Silva, Clarisse Faria Fortecoef, Francine Kinet, Hamid Ghobrini; l’Harmattan, 2021, 244p.


Couverture Formation à la médiation sociale par le compagnonnage et la mobilité européeenne

« Pendant 4ans, des médiateurs sociaux ont entrepris un Tour d’Europe s’inspirant des Tours de France des compagnons. Son tour de force est d’avoir repris cette expérience pluriséculaire de développement de savoirs et de savoir-être pour une activité dans ses balbutiements et en quête de reconnaissance. Quelle en est la genèse ? Le Comité de pilotage décrit ici comment ils ont été des révélateurs et de puissants agents de développement de compétences individuelles et collectives par l’échange d’expériences. Elle révèle aussi comment la construction d’un milieu professionnel se construit davantage par une mutualisation de savoirs et une socialisation entreprise par les acteurs eux-mêmes que par des normes prescriptives édictées d’en haut. Ce livre est un outil capital pour les médiateurs sociaux européens et tous ceux qui les accompagnent. » (Extrait)

ouvrage à commander sur https://www.editions-harmattan.fr/livre-formation_a_la_mediation_sociale_par_le_compagnonnage_et_la_mobilite_europeeenne_les_tours_d_europe_2016_2019_andre_moisan_ana_maria_costa_e_silva_clarisse_faria_fortecoef_francine_kinet_hamid_ghobrini-9782343235554-71222.html

Appel à projet pour le portage d’un dispositif de médiation sociale (urbaine, littorale et écoles)


Appel à projet pour le portage d'un dispositif de médiation sociale (urbaine, littorale et écoles)

« Mis en oeuvre en 2015, dans le cadre du Pacte de Sécurité et de Cohésion sociale pour Marseille, le dispositif de médiation sociale urbaine (MSU) est désormais déployé sur plus d’une cinquantaine de sites en quartier prioritaires (QPV) de la ville de Marseille.

Mis en oeuvre en 2015, dans le cadre du Pacte de Sécurité et de Cohésion sociale pour Marseille, le dispositif de médiation sociale urbaine (MSU) est désormais déployé sur plus d’une cinquantaine de sites en quartier prioritaires (QPV) de la ville de Marseille.

Ce sont près de 25 000 logements (dont une partie en copropriété privée) qui bénéficient pleinement de l’intervention de médiateurs et de leurs encadrants, au service de la tranquillité publique, de la pacification de l’espace public, du lien social et du vivre ensemble.

Par ailleurs, un dispositif de médiateurs sociaux est également mis en œuvre depuis plusieurs années dans le cadre de la stratégie globale de prévention de la délinquance et de sécurité de la ville de Marseille sur plusieurs sites balnéaires en période estivale et aux abords des établissements du premier degré en période scolaire. » (Extrait de bouches-du-rhone.gouv.fr du 31/08/2021)

En savoir plus sur https://www.bouches-du-rhone.gouv.fr/Publications/Appels-a-projet/Appel-a-projet-pour-le-portage-d-un-dispositif-de-mediation-sociale-urbaine-littorale-et-ecoles

Médiation sociale : des brigades de médiateurs déployées pour lutter contre les rixes entre jeunes à Paris


Claude, Niamé et Maurice tous les trois médiateurs pour la Ville de Paris, sont sur le terrain tous les après-midis et tous les soirs.

« Une équipe mobile de médiateurs se déplace dans différents quartiers de Paris tous les jours. ils vont à la rencontre des jeunes pour prévenir les risques de bagarre.

« Le dialogue est la seule arme des médiateurs ». Depuis plusieurs mois, les rixes entre bandes de jeunes sont de plus en plus fréquentes et aboutissent parfois à des drames. Depuis le début de l’année, 21 jeunes ont été blessés au couteau suite à des bagarres. Pour prévenir ces incidents, une brigade de dix-neuf médiateurs circule dans les rues de Paris pour discuter et faire de la prévention auprès des jeunes et des habitants. 

« Il y a des bagarres tous les jours »

Une équipe de médiateurs se rend dans le quartier Curial-Cambrai dans le XIXe arrondissement de Paris. « En ce moment il y a beaucoup de problématiques entre les jeunes de Curial et de Riquet » explique Niamé, médiatrice à la ville de Paris depuis deux ans. La rivalité entre les deux quartiers dure depuis plusieurs dizaines d’années et se poursuit encore aujourd’hui. Devant le terrain de football, Joseph 17 ans, admet « Il y a des tensions et des bagarres tus les jours avec Riquet. » Mais personne ne sait plus comment ni pourquoi le conflit a débuté. « Je ne sais pas j’étais pas né », ajoute Joseph. 

« On ramasse des couteaux sur le terrain de foot »

Les médiateurs font le tour du quartier et vont à la rencontre des différents agents municipaux dans les squares ou encore dans les centres sportifs. Au gymnase Curial, Hamza, agent technique les alerte : « On ramasse parfois des couteaux sur le terrain de foot. Il y a deux semaines, un jeune 14 ans avait un couteau de 50 centimètres ! » Ce n’est pas un cas isolé. Les établissements scolaires appellent parfois les médiateurs lorsqu’ils découvrent un couteau dans un sac. « On vient devant le collègue à la fin des cours et notre présence dissuade parfois les jeunes de se battre » explique Claude, médiateur depuis vingt ans.  » (Extrait de francebleu.fr du 1/07/2021)

En savoir plus sur https://www.francebleu.fr/amp/infos/societe/paris-des-brigades-de-mediateurs-deployees-pour-lutter-contre-les-rixes-entre-jeunes-1624636797

Côte d’Ivoire : Une ONG veut faire de la médiation sociale un pôle d’emploi pour la jeunesse


AIP – Agence Ivoirienne de Presse

« L’Ong UNIE-AFRICA envisage d’œuvrer à la formation des jeunes et adultes à la médiation sociale en vue de son exercice professionnel et indépendant dans les collectivités, a assuré mercredi 07 juillet 2021 à Abidjan son président, Aboubacar Sako, lors d’un atelier d’information et de présentation du projet sur la médiation sociale.

« Il y a cinq ans que j’ai conçu cette idée. Je suis allé me former en médiation en France. Je me suis dit que la Côte d‘Ivoire traverse des moments de crises et on parle des jeunes qui sont manipulés, confrontés au terrorisme, à la politique, à l’immigration, au chômage. Je me suis demandé pourquoi à ces jeunes-là, on ne proposerait pas une formation, un emploi », a indiqué M. Sako.

Il a expliqué que son projet, en plus de promouvoir la prévention des différends en Côte d’Ivoire, en vue de l’établissement d’une paix durable, veut se donner les moyens de faire de la médiation sociale, un métier profitable à la jeunesse en particulier. M. Sako a indiqué que la comme d’Abobo va servir de zone pilote pour le lancement de ce programme.

« Nous envisageons l’installation de 50 agents de médiation sociale dans la commune d’Abobo avant la fin de l’année 2021. Pour l’échéance 2021-2023, 1500 médiateurs sociaux exerceront dans 20 communes pour favoriser prioritairement l’insertion professionnelle et sociale de la jeunesse ivoirienne », a exprimé le président de l’Ong UNIE-AFRICA.

Le chronogramme va consister en une phase de recrutement, une formation initiale de 14 jours pour le médiateur stagiaire, un stage pratique de six mois pour le médiateur local de niveau 1 et une formation de six mois pour celui de niveau 2. Des rémunérations seront octroyées à chacun des jeunes sélectionnés pour ce projet, précise-t-on » -G. Konan- )(Extrait de .aip.ci du 7/07/2021)

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