Médiation sociale en milieu scolaire, une expérimentation qui fait ses preuves


« C’est au collège Maxence Van der Meersch, à Roubaix (62), que France médiation a dévoilé son guide « Médiateur à l’école », le 1er février dernier. Soutenu par le CGET, ce dispositif de médiation sociale en milieu scolaire accompagne la prévention des violences et renforce la citoyenneté à l’école. Joëlle Martichoux, chargée de mission adultes-relais et médiation sociale au CGET, nous présente l’intérêt de la démarche.

Comment est né et fonctionne ce dispositif ?

Le projet de médiation sociale en milieu scolaire a été élaboré pour lutter contre le harcèlement scolaire. Aujourd’hui, ses résultats probants montrent son utilité également dans la lutte contre l’absentéisme et le décrochage scolaire.

Pour être efficace, la médiation sociale en milieu scolaire s’élabore en impliquant les équipes éducatives.Cela permet de préparer l’intégration du médiateur au sein de l’équipe, avant même son arrivée dans les écoles. Le médiateur intervient dans un collège et les écoles élémentaires du même secteur pour mener des actions de prévention des violences et de citoyenneté avec les élèves, l’équipe éducative et les parents.

Porté par France médiation, ce dispositif repose sur un encadrement et un suivi par une association locale, une formation de 23 jours avant la prise de poste, des journées régulières de regroupement des médiateurs et le passage d’une certification avec l’organisme de formation Ifomene.

Pourquoi le CGET le soutient-il ?

La médiation sociale est un axe fort du CGET, qui participe à sa reconnaissance comme un véritable métier de l’intervention sociale. Le CGET a soutenu cette expérimentation en milieu scolaire dès 2012, avec le Secrétariat général du Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (SG-CIPDR) et l’Éducation nationale.

En 2015, le CGET a dédié à la médiation sociale en milieu scolaire 50 postes d’adultes-relais, à raison d’environ 19 000 € annuels par convention. Ces médiateurs sociaux interviennent au cœur des quartiers prioritaires de la politique de la ville. Lors de la remise du rapport, à Roubaix, de nombreux témoignages ont souligné combien la médiation sociale calme les tensions et favorise la reconstruction du lien social.

Si, aujourd’hui, on recense environ 12 000 médiateurs sociaux en France, pour la plupart en contrats aidés, le CGET veille à leur professionnalisation*. C’est pourquoi il soutient, notamment, ce type de travaux (médiateur à l’école, norme, présence d’adultes en horaires décalés, nuit et week-end, etc.) Les bénéfices de cette action sont maintenant reconnus, en particulier en termes de coûts évités.

Quelles sont désormais les perspectives de cette expérimentation ?

Les 50 postes adultes-relais sont maintenus sur les sites qui en ont bénéficié. Plusieurs départements ont décidé d’attribuer des postes supplémentaires pour cette action. La demande est maintenant en augmentation. Nous souhaitons donc poursuivre les discussions avec l’Éducation nationale afin de trouver des financements complémentaires qui permettraient d’étendre ce projet à de nouveaux établissements. À l’heure actuelle, ce programme bénéficie déjà à plus de 28 000 élèves, répartis dans 156 établissements.

* Le projet de France médiation répond à bon nombre d’exigences répertoriées dans la norme Afnor « médiation sociale », garantissant une médiation sociale de qualité, que les employeurs peuvent dès à présent demander afin d’être labellisés. (Re)lire la publication du CGET (janv. 2017) sur ce sujet :En brefn° 32 – Médiateur social, un métier désormais reconnu et encadré.

Enseignements et résultats de l’expérimentation

France Médiation publie Médiateur à l’école, un guide pratiqueponctué, notamment, de nombreux témoignages d’acteurs et de fiches pratiques. L’ouvrage met en lumière les résultats obtenus dans les établissements scolaires participant à l’expérimentation :
– diminution de 11 % du sentiment de harcèlement au collège (jusqu’à 90 % du cyber harcèlement chez les garçons de 6; baisse de 27 % du harcèlement verbal chez les filles de 5e) ;
– amélioration du bien-être psychologique et de la sociabilité des enfants ;
– diminution des absences chez les élèves de 6e et dans les équipes éducatives ;
– baisse des dégradations matérielles ;
– intensification de la relation école-famille (augmentation de 13 % du nombre de parents ayant déjà discuté plusieurs fois avec un enseignant). » (Extrait de cget.gouv.fr du 8/02/2018)

En savoir plus sur http://www.cget.gouv.fr/actualites/mediation-sociale-en-milieu-scolaire-une-experimentation-qui-fait-ses-preuves

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Médiation scolaire : Les élèves se font médiateurs au Collège Pensivy de Rosporden (29)


Jean-Paul Aurrière, ici, aux côtés de Peggy Dufour, veut instaurer un climat serein dans l'établissement.  Pour cela, il peut compter désormais sur ses vingt-deux jeunes médiateurs.

« Le projet

Le collège Pensivy a mené un projet éducatif, en lien avec le thème du mieux vivre ensemble au collège. Une action de médiation par les élèves eux-mêmes a été mise en place, afin que des élèves volontaires, de la 6e à la 3e se forment, en tant que médiateurs.

Vingt-deux élèves ont bénéficié de deux journées de formation, animées par Aroéven, association éducative complémentaire de l’école publique. Cette session s’est achevée lundi.

Pour Jean-Paul Aurrière, principal du collège, l’objectif est de maintenir un climat serein dans l’établissement. « Le but est de responsabiliser les élèves, de les épauler pour régler un conflit. Lors de cette formation, ils se sont également interrogés sur l’intérêt de ne pas juger l’autre, mais d’être à l’écoute de ses camarades. Accompagnés par les adultes, qu’ils soient enseignants, agents ou surveillants, ces élèves médiateurs vont apprendre à faire un pas vers l’autre, en prenant en compte la parole de chacun ».

Le dialogue plutôt que les disputes

Le principal rappelle que de nombreux conflits et disputes peuvent être apaisés, lorsque l’on sait reformuler les choses. « Ce sont quelquefois des mots qui blessent. Ces médiateurs vont être chargés d’apaiser la situation. »

Peggy Dufour, la formatrice d’Aroéven, a proposé aux collégiens des jeux de rôles et des mises en situation. « Je suis dans une démarche de pédagogie active. Je les renseigne sur la posture du médiateur, qui est celle de la neutralité. «  (Extrait de ouest-france.fr du 02/02/2018)

En savoir plus sur https://www.ouest-france.fr/bretagne/rosporden-29140/college-pensivy-les-eleves-se-font-mediateurs-5543123

Médiateur à l’École : présentation d’un guide pour prévenir les violences et promouvoir la citoyenneté


 

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« France Médiation publie un guide – projet soutenu notamment par le CGET – pour aider les acteurs locaux à lutter contre les violences, le harcèlement et l’absentéisme en milieu scolaire. La remise officielle de ce guide se déroulera le 1er février, au collège Maxence Van der Meersch, à Roubaix, de 10 h à 12 h.

Ce guide est le fruit du savoir-faire d’une centaine de professionnels de médiation sociale et de cinq années de déploiement d’un projet innovant auprès de 100 000 écoliers et collégiens. »  (Extrait de www.cget.gouv.fr )

En savoir plus sur http://www.cget.gouv.fr/agenda/mediateur-lecole-presentation-dun-guide-prevenir-violences-promouvoir-citoyennete

Mémoire : « La mise en place d’un programme de médiation par les pairs peut-elle diminuer le phénomène de harcèlement au sein d’une école ?  » Céline De Vos et Catherine Girard, Master en sciences de l’éducation (FOPA), UCL , 2016-2018, 163p.


 

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« Notre mémoire s’inscrit dans le domaine des sciences de l’éducation. Notre approche vise un programme de lutte contre le harcèlement par l’introduction d’un dispositif.
Ce dispositif est un programme belge en cours d’expérimentation. Celui-ci est composé de trois grands volets : l’aménagement de la cour de récréation, les espaces de parole régulés et le conseil de discipline.
Dans le cadre de notre mémoire, notre recherche s’est portée sur l’introduction des espaces de parole régulés au sein de classes primaires. Pour ce faire, nous avons par le biais d’un listing reçu par l’UMons, constitué un échantillon de douze enseignants et de quatre directions. Nous avons pu récolter un corpus de données grâce aux entretiens effectués dans les 8 écoles différentes.
De ce matériau a émergé huit grandes catégories conceptualisantes (les conditions préalables présentent dans l’école ; les modalités de la formation ; les perceptions de la formation ; la mise en œuvre du dispositif au sein des classes, les problèmes à la mise en œuvre du dispositif au sein des classes ; effets perçus du dispositif ; les facilitateurs des facteurs externes à la formation sur le dispositif ; les pistes apportées par les enseignants et direction face à la formation) en regard de la théorie de Paillé et Mucchielli (2016). Nous avons pu relever les critères relatifs aux effets perçus de la formation chez les élèves, chez les enseignantes et pour les établissements scolaires.
Cette recherche n’a pas pu concrètement apporter de réponse sur les effets de la médiation par les pairs sur le harcèlement scolaire. Cependant, elle montre que ce dispositif a eu des effets positifs sur les conflits scolaire ce qui engendre des répercussions positives sur la violence scolaire et sur le harcèlement scolaire. » (Extrait de memoire/ucl/ )

En savoir plus sur https://dial.uclouvain.be/memoire/ucl/en/object/thesis%3A13155/datastream/PDF_01/view

Montauban : des élèves médiateurs au collège Azana


Les médiateurs en formation

« C’est avec beaucoup de motivation que les 20 médiateurs du collège Manuel Azana à Montauban se sont retrouvés, autour de leur formatrice, Mme Stéphanie Louchard, de leur CPE, Mme Béatrice Carreno, et d’un enseignant, Monsieur Pécile.

A cette occasion, leurs connaissances ont été renforcées de manière ludique. Au travers de jeux de cohésion mais aussi d’exercices de communication, ils ont consolidé leurs compétences. De part sa souplesse, ce mode de régulation des conflits est apprécié par tous, les élèves peuvent à tout moment y avoir recours. Grâce aux compétences relationnelles acquises (écoute empathique, bienveillance, attitude sans jugement), les médiateurs offrent aux autres élèves du collège un espace sécurisé de parole et d’écoute qui permet de trouver une solution pacifique à leurs conflits. Pour sa quatrième année de mise en œuvre au sein du collège, la médiation continue à faire ses preuves. » (Extrait de ladepeche.fr du 2/01/2018)

En savoir plus sur https://www.ladepeche.fr/article/2018/01/02/2714328-le-college-azana-cultive-la-mediation.html

Une «médiation par les pairs» au collège Louis-Pasteur de Graulhet (81)


 

201712212110-full.jpg« La «médiation par les pairs» est en train de s’installer au collège Louis-Pasteur. Ce dispositif permet aux élèves de gérer leurs conflits. Il consiste à former une équipe de médiateurs élèves qui aura pour mission de recevoir leurs camarades en conflit avec d’autres.

«Le dispositif de la médiation par les pairs débute par une formation proposée par l’association Co-Opérons qui a déjà prodigué cette formation au collège de Réalmont. Une quinzaine de collégiens de Réalmont est venue avec leur conseiller principal d’éducation et leur professeur référent pour apporter des témoignages sur cette expérience», explique Valérie Charpin, principale du collège Louis-Pasteur.

Le dispositif et les médiateurs sont placés sous l’autorité d’une équipe d’adultes formés également. Aussi une dizaine d’adultes volontaires (enseignants, CPE, assistants éducation, assistants pédagogiques et assistant prévention sécurité) a pris part à la première partie de cette matinée d’information sur le dispositif.

Du côté des élèves, ce sont ceux de cinquième, intéressés par le dispositif, qui ont été conviés. «Le principe est de les former lors du second trimestre de cinquième et qu’ils puissent exercer cette fonction jusqu’à la fin de la troisième sur un cycle de trois ans», souligne Valérie Charpin.

Les collégiens pourront intervenir dans des situations repérées par les enseignants ou le CPE lorsqu’il y a un conflit entre deux élèves. «Dans certains cas, on peut faire l’hypothèse que les choses peuvent avancer plus facilement entre pairs qu’avec des adultes. Il faut deux adultes référents, en général CPE ou un professeur, qui proposent aux élèves en conflit une médiation. S’ils acceptent, ils vont ensuite solliciter les médiateurs», détaille Valérie Charpin. Durant la réunion d’échange, les collégiens ont pu poser toutes les questions qu’ils souhaitaient à leurs homologues venus de Réalmont avant de s’engager dans cette démarche novatrice pour diminuer les conflits au sein de l’établissement scolaire. -J-C Clerc- (Extrait de ladepeche.fr du 21/12/2017)

En savoir plus sur https://www.ladepeche.fr/article/2017/12/21/2708835-une-mediation-par-les-pairs-au-college-louis-pasteur.html

Médiation par les pairs : L’école de Servel de Lannion (22) tente l’expérience


Lili-Rose et Justine jouent les « médiées » face aux médiateurs Héloïse, Nathan, Maëlan et Edvin. Sous les regards attentifs des adultes référents.

 

« Ils n’ont qu’entre 9 et 11 ans et ils ont déjà envie de s’impliquer dans la vie de leur école. Les élèves de CM1 et CM2 de l’école de Servel apprennent la médiation. Régler les petits tracas et conflits de la cour de récré, ils en font leur affaire !

Les douze élèves de CM1 et 2 de l’école de Servel sont très attentifs dans la salle de classe. Ils apprennent l’art de la médiation. Aujourd’hui c’est un entraînement. Tour à tour ils se mettent dans la peau de « médiateurs » et de « médiés ». Ici on tente de régler les vols de billes, les « t’es plus ma copine » et autres petits conflits. La médiation par les pairs a déjà été adoptée au collège Charles Le Goffic il y a un an et demi. Séduites par le dispositif, Florence Antognazza directrice du groupe scolaire de Servel et Blandine Menguy, coordinatrice des temps périscolaires ont décidé de le mettre en place à l’école élémentaire de Servel.

Une formation préalable


Le dispositif est composé de douze élèves médiateurs et six adultes référents. Parmi lesquels on trouve des enseignants et des animateurs périscolaires. Ces derniers ont reçu une formation de l’Aroéven (association régionale des oeuvres éducatives et de vacances de l’Éducation nationale). « C’est un projet sur trois ans », explique Peggy Dufour, coordinatrice du secteur de l’éducation de Aroéven. « L’idée c’est de donner les outils pour que l’équipe encadrante puisse diffuser la médiation sur le long terme ». L’objectif est de rendre les enfants plus responsables et autonomes. De promouvoir la parole comme mode de résolution des conflits et d’apaiser le climat scolaire et ainsi d’éviter les cas de harcèlement ou de violence à l’école. La mairie de Lannion cofinance le dispositif avec l’Éducation nationale qui remplace les enseignants le temps de leur formation. « Le projet repose sur la motivation du personnel enseignant et animateurs périscolaires » déclare Patrice Kervaon adjoint en charge de l’éducation à la mairie. « Et renforce le lien entre eux ». Toujours selon Patrice Kervaon, « cela permet de travailler avec l’enfant dans sa globalité, pas seulement sur son temps à l’école ».

« Régler les embrouilles ratatouilles »

Il y avait au départ 38 candidats pour devenir médiateurs. Après avoir répondu à un questionnaire et à un entretien de motivation, douze médiateurs ont été sélectionnés. Maëlan 9 ans par exemple « n’aime pas les conflits » car il « trouve que c’est n’importe quoi » et entend donc les apaiser. Josselin, 10 ans, lui, avait « envie de tenter ». Ces petits médiateurs commenceront leur mission dès janvier. « En attendant ils s’entraînent, se font la main au cours d’ateliers » indique Peggy Dufour. En cas de conflit les enfants pourront alors faire appel à un adulte qui fera le tri entre petits et gros conflits et proposera de passer ou non en médiation. Ainsi deux fois par semaine, les petits médiateurs tiendront une permanence dans la salle des professeurs pour régler les disputes de la cour de récré. Un professeur restera à proximité en cas de besoin. « Ils apprennent surtout à mettre des mots sur leurs émotions. On n’est pas ici pour émettre un jugement », explique Julie Astorgue enseignante en CE1 et référente sur le projet de médiation par les pairs. « Bien souvent, le simple fait d’exprimer ses émotions et comprendre ce que l’autre a ressenti suffit à apaiser les  » embrouilles ratatouilles  » » comme elle aime les appeler. « Les médiateurs doivent rester neutres et à l’écoute et c’est aux médiés de trouver une solution ». (Extrait de letelegramme.fr du 6/12/2017)

En savoir plus sur http://www.letelegramme.fr/cotes-darmor/lannion/mediation-par-les-pairs-l-ecole-de-servel-tente-l-experience-06-12-2017-11768683.php