Article : « LA MEDIATION INTERNATIONALE HUMANITAIRE Sous les auspices du Comité international de la Croix-Rouge, une médiation au cœur de la guerre » par Janie Bugnion, ancienne déléguée du CICR, médiatrice, membre du Forum suisse pour la justice restaurative


L’article est une version plus longue de la contribution de Janie Bugnion à la Lettre des Médiations n°10

Article à consulter sur https://www.observatoiredesmediations.org/Asset/Source/refBibliography_ID-152_No-01.pdf

Lettre des Médiations N° 10 sur la médiation dans le domaine international à télécharger sur  https://www.observatoiredesmediations.org/Documentation/Bibliographie?ID=151

Au G7 à Biarritz : Emmanuel Macron estime que la France est « une puissance de médiation » dans le conflit du nucléaire iranien


Annotation 2019-08-27 224203.png« C’était un pari risqué pour Emmanuel Macron, c’est devenu un pari gagnant sur cette question iranienne. En conviant le chef de la diplomatie iranienne en marge du sommet du G7, Emmanuel Macron s’est mis au centre du jeu, il a créé les conditions de la reprise du dialogue entre Washington et Téhéran. Emmanuel Macron estime que la France est « une puissance de médiation ».

Encore loin d’un accord

C’est une victoire diplomatique d’ampleur pour le président français, mais il faut rester prudent pour plusieurs raisons. D’abord, ce n’est pas la première fois que Donald Trump dit qu’il est prêt à discuter avec l’Iran. Ensuite, les exigences des Américains et des Iraniens restent à l’exact opposé. Enfin, Donald Trump est imprévisible et résistera-t-il aux pressions des républicains les plus virulents qui ne veulent pas entendre parler du tout d’un accord sur le nucléaire avec l’Iran ? » (Extrait de francetvinfo.fr du 27/08/2019)

En savoir plus sur https://www.francetvinfo.fr/monde/usa/presidentielle/donald-trump/nucleaire-iranien-macron-a-cree-les-conditions-de-la-reprise-du-dialogue_3592415.html

Togo : les médiateurs appellent pouvoir et opposition à faire des concessions


Les présidents de la Guinée et du Ghana, Alpha Condé et Nana Akufo-Addo, sont dans la capitale du Togo en tant que médiateurs de la Cédéao. Ils ont rencontré ce mercredi 27 juin les représentants du pouvoir et de l’opposition, pour discuter de la crise que traverse le pays depuis près d’un an.

L’enjeu est d’ouvrir la voie à un climat socio-politique décrispé et apaisé, entre pouvoir et opposition. Et pour y arriver, il est donc demandé à chaque camp de faire des concessions.

Trois à choses sont à retenir à la fin de cette journée marathon de la reprise du  dialogue inter-togolais : le gouvernement devra poursuivre les mesures d’apaisement notamment la libération des personnes arrêtées pendant les manifestations. Toutes les villes – Bafilo, Sokodé, Mango – jusque-là interdites de manifestations pourront en faire ; l’actuel Parlement dont le mandat arrive à terme le 19 août prochain selon la Cour constitutionnelle, pourra également poursuivre ces travaux.

Les préparatifs des élections prévues à cette échéance restent suspendus selon le communiqué final tout sachant que ces élections devront se tenir avant la fin novembre 2018.

C’est une étape importante confie, sceptique, un membre de la coalition de l’opposition qui ajoute qu’il faut attendre la mise en oeuvre pour aboutir à un environnement apaisé qui permette d’aborder les questions de fond.

De toutes les manières le processus du dialogue est sur les rails, il se poursuivra par le biais des ministres et ambassadeurs des deux facilitateurs en attendant que les autres points de discorde fassent l’objet de recommandations des chefs d’Etat lors du prochain sommet de la Cédéao.

Les discussions ont commencé après une cérémonie inaugurale très brève à l’hôtel 2 Février. Une cérémonie au cours de laquelle les facilitateurs ont appelé les deux parties à faire des concessions pour aboutir à un résultat consensuel.

Au cours de la cérémonie, le président de la commission de la Cédéao a déclaré que « les facilitateurs soutiendront les acteurs politiques togolais dans la réalisation des réformes constitutionnelles, dans le respect des délais légaux des réformes de la démocratie et des principes de l’Etat de droit ». (Extrait de rfi.fr du

En savoir plus sur http://www.rfi.fr/afrique/20180627-dialogue-togo-pouvoir-opposition-mediation-cedeao

Belgique : « La médiation, solution efficace dans le cas d’un enlèvement parental international « 


La médiation, solution efficace dans le cas d'un enlèvement parental international

« En cas d’enlèvement parental international, un type de faitsqui représente plus de 20% des dossiers traités par Child Focus, une médiation s’avère souvent très efficace, souligne cette organisation jeudi.

A l’occasion de la « Semaine de la médiation », la Fondation pour Enfants Disparus et Sexuellement Exploités souhaite mettre en avant cette possibilité trop méconnue selon elle, à laquelle peu ont recours. Dans le but de faciliter cette pratique, un « bureau de pré-médiation » a même été créé au sein de la fondation l’an dernier.

La multiplication des mariages internationaux, corollaire de la migration, entraîne son lot d’évènements tragiques en cas de divorce houleux, parfois sous la forme de l’enlèvement d’un enfant. On parle d' »enlèvement parental international » lorsqu’un parent décide de s’enfuir à l’étranger avec son enfant sans le consentement de l’autre parent. Plus d’un dossier sur cinq traités chaque année par Child Focus concerne de tels faits, indique l’organisation jeudi. Dans une large majorité de cas, il s’agit d’enlèvements intra-européens. Et 75% des médiations entamées dans un tel cadre (enlèvement parental international en Europe) débouchent sur un accord au moins partiel.

« Pour résoudre ce genre de conflit, intenter une action en justice semble être le choix le plus évident, mais cette initiative peut être traumatisante tant pour l’enfant, qui est tiraillé entre ses deux parents, que pour les parents, qui se lancent souvent dans une longue procédure judiciaire », assure la Fondation. Lors d’une médiation, menée par des professionnels, il est pourtant possible de trouver « des solutions acceptables pour les deux parties », des accords qui sont souvent « plus solides » puisqu’ils découlent d’une « démarche volontaire », selon les mots d’Hilde Demarré, policy officer chez Child Focus et médiatrice familiale.

« Pour nous, l’enlèvement est avant tout le résultat d’un conflit familial, et nous allons donc essayer de trouver une solution pour ce conflit familial qu’il y a derrière », ajoute-t-elle. C’est notamment le rôle de Child Focus de recommander une médiation quand elle peut aider. Grâce au bureau de « pré-médiation » qui y a été créé l’an dernier, « on fait le premier relais, on prépare la médiation, de telle sorte que les médiateurs puissent se concentrer sur le travail en lui-même », explique Hilde Demarré. « Nous recommandons des médiateurs du réseau Missing Children Europe, il y en a alors deux sur chaque dossier, un dans chaque pays ». L’organisation n’est pas des plus simples, et a un certain coût, qui « dépend des médiateurs, indépendants »: il faut penser aux déplacements des médiateurs, du parent délaissé… Mais les résultats sont là, assure-t-elle. » (Extrait de levif.be du 18/10/2018)

En savoir plus sur https://www.levif.be/actualite/belgique/la-mediation-solution-efficace-dans-le-cas-d-un-enlevement-parental-international/article-normal-1042113.html

Vidéo : Les 40 ans des accords de Camp David qui ont scellé la paix entre l’Égypte et Israël


 

Les présidents Sadate et Carter, qu'accompagne le premier ministre Begin,  sont assis devant les drapeaux américain, égyptien et américain, pour signer les accords de Camp David.

« Le 17 septembre 1978, l’Égypte et Israël, avec la médiation des États-Unis, signaient les accords de Camp David. Ces accords historiques ont scellé la paix entre deux pays ennemis depuis trente ans. Ils n’ont pu cependant élargir cette paix à l’ensemble du monde arabe. Nos journalistes ont suivi avec attention ces événements.

Des accords historiques

« C’est devant son cabinet au grand complet, ainsi que des membres du Sénat et de la Chambre des représentants, que le président Carter, entouré du président Sadate et du premier ministre Begin, a annoncé la conclusion de deux accords-cadres devant mener à la paix au Moyen-Orient. »

C’est par cette phrase que notre correspondant à Washington Normand Lester commence son reportage présenté au Téléjournal du 17 septembre 1978.

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Téléjournal, 17 septembre 1978

L’événement que le journaliste analyse est historique.

En signant ce qu’on appelle communément « les accords de Camp David », le président égyptien Anouar el-Sadate, le premier ministre israélien Menahem Begin et le président américain Jimmy Carter soulèvent un immense espoir.

Leurs trois signatures pourraient mettre fin au conflit entre le monde arabe et Israël qui déchire le Moyen-Orient depuis plus de 30 ans.

Pour y arriver, il a fallu que les guerriers déposent leurs glaives et tendent le rameau d’olivier.

Les gestes de réconciliation, c’est le président égyptien Anouar el-Sadate qui les a posés le premier.

À la fin de 1977, le dirigeant égyptien, après quatre guerres entre les pays arabes et Israël, stupéfie le monde.

Il annonce qu’il est prêt à se rendre à Jérusalem, au cœur même du conflit israélo-arabe, pour entreprendre des négociations de paix avec l’État hébreu.

L’avion d’Anouar el-Sadate atterrit le 19 novembre 1978 à l’aéroport international David-Ben-Gourion de Tel-Aviv. Israël est en liesse. Une grande partie du monde arabe pour sa part fulmine.

Une première percée suivie de négociations ardues

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Téléjournal, 20 novembre 1977

Le 20 novembre 1977, le journaliste Jean Larin résume le cours de la visite officielle du président égyptien au Téléjournal qu’anime Myra Cree.

Anouar el-Sadate prononce à Jérusalem un discours devant le parlement israélien, la Knesset. Il propose aux députés israéliens des négociations de paix.

Mais quelques mois plus tard, Anouar el-Sadate et Menahem Begin, montrent de profonds désaccords sur le contenu de cette paix. Le président américain Jimmy Carter propose alors sa médiation pour dénouer l’impasse entre les deux ennemis.

Le président américain joue son prestige et pèse de tout son poids pour arriver à une solution. Du 5 au 17 septembre 1978, Anouar el-Sadate, Menahem Begin et Jimmy Carter négocient secrètement à Camp David.

Le fait que Camp David est une résidence d’été des présidents américains ne réussit pas à faire fondre l’atmosphère glaciale qui existe entre les délégations égyptienne et israélienne.

Anouar el-Sadate et Menahem Begin ne s’adressent même pas la parole durant les derniers jours des pourparlers! Ce n’est que grâce à l’extraordinaire talent de médiation du président Carter que les deux parties souscrivent finalement aux accords de Camp David.

Le reportage de notre correspondant à Washington, Normand Lester, présenté au Téléjournal le 17 septembre 1978 résume les principaux points des ententes.

Les conséquences

Les accords de Camp David ont profondément divisé les opinions.

D’une part, ils sont encensés par les gouvernements occidentaux. D’autre part, l’opinion arabe les honnit, car ils symbolisent à leurs yeux la traîtrise de l’Égypte envers la cause palestinienne.

En 1978, cette polarisation des opinions envers les accords de Camp David se manifeste lorsque Anouar el-Sadate et Menahem Begin deviennent récipiendaires du prix Nobel de la paix.

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Téléjournal, 10 décembre 1978

Le correspondant européen de la télévision de Radio-Canada à Bruxelles, Paul-André Comeau, se rend à la remise du prix à Oslo. Son reportage présenté au Téléjournal le 10 décembre 1978 dévoile un triste spectacle.

Le président égyptien n’a pas osé venir chercher son prix en personne. Le premier ministre israélien reçoit la médaille du Nobel dans une forteresse inexpugnable gardée par des dizaines de soldats norvégiens.

Les policiers norvégiens, pour leur part, doivent contenir les manifestants qui protestent bruyamment contre la décision des membres du comité de sélection des prix Nobel.

Le pire restait à venir pour le dirigeant égyptien. En effet, le président Anouar el-Sadate paiera de sa vie son geste de réconciliation avec Israël.

Le 6 octobre 1981, il est assassiné par des soldats égyptiens. Le motif de sa mise à mort est clair. Ses exécuteurs lui reprochent la signature des accords de Camp David et son abandon de la cause palestinienne.

30 ans après leur signature, que reste-t-il des accords de Camp David?

Israël et l’Égypte vivent en paix, même si cette dernière n’est pas la plus chaleureuse au monde.

L’élargissement de la paix entre Israël et le reste du monde arabe est demeuré presqu’entièrement lettre morte.

Quant au règlement de la question palestinienne, il est sans cesse repoussé aux calendes grecques. » (Extrait de ici.radio-canada.ca du 14/09/2018)

Vidéo et article à consulter sur  https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1123813/egypte-israel-camp-david-accords-paix-histoire-archives

Article : « La médiation des conflits violents » par Jonas Baumann et Govinda Clayton (Politique de sécurité: analyses du CSS, No 211, Juin 2017)


 

Capture.PNG223.PNGCes dernières années, la médiation et d’autres formes d’intervention de tierces parties semblent changer. Cela est illustré par les cas de la Colombie, du Myanmar, de la Syrie, de la Libye ainsi que du Yémen. Bien que les futurs développements de la médiation restent flous, l’aperçu suivant tente de fournir une orientation en se basant sur des aperçus des milieux académiques et de la médiation appliquée. La médiation est la forme la plus courante de gestion et de règlement des conflits par un tiers. Entre 1946 et 2015, environ la moitié des conflits civils et interétatiques ont impliqué un type d’intervention désigné sous le terme de «médiation» (même si pas toutes ces interventions correspondaient à la définition mentionnée ci-dessus qui est également utilisée par l’ONU). Pendant cette période, la médiation était plus susceptible d’intervenir lors de conflits interétatiques (42% des années de conflit) que pour des guerres civiles (28% des années de conflit). La médiation était relativement rare entre 1945 et 1979, et plus souvent appliquée aux conflits interétatiques qu’aux guerres civiles en raison des dynamiques de la guerre froide. Cette tendance a commencé à changer dans les années 1980, période durant laquelle la médiation des conflits civils est devenue plus courante. La médiation est alors devenue le principal instrument mis en œuvre par la communauté internationale pour tenter de résoudre les différends violents intra étatiques et de pré- venir la reprise de conflits récemment terminés. (Extrait de css.ethz.ch )

Article à consulter sur http://www.css.ethz.ch/content/dam/ethz/special-interest/gess/cis/center-for-securities-studies/pdfs/CSSAnalyse211-FR.pdf

Article : « La fin du rôle de « médiateur impartial » des Etats-Unis dans le conflit israélo-palestinien » par Gilles Paris (Le Monde)


Capture.PNG14.PNG« La décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël met à l’épreuve, sans doute de manière décisive, le rôle de médiateur impartial (« honest broker ») dans le conflit israélo-palestinien revendiqué par les Etats-Unis depuis quatre décennies. L’équilibre entre les deux parties a toujours été une gageure compte tenu de la très grande proximité de Washington avec l’Etat juif, nourrie par le soutien militaire décisif apporté lors des guerres israélo-arabes de 1967 et de 1973 et qui s’est transformé au fil des années en programme d’aides massif. Mais le défi que constitue cette reconnaissance est sans précédent.

Le démocrate Jimmy Carter a été le premier président à endosser ces habits d’« honest broker ». L’accord de Camp David conclu entre le premier ministre, Menahem Begin, et le président égyptien, Anouar Al-Sadate, en 1978, comporte en effet une partie qui prévoit une autonomie transitoire pour les territoires palestiniens occupés après 1967 (Gaza et la Cisjordanie).

Faute de contact direct avec l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), non reconnue par les Etats-Unis, ce plan, comme celui de Ronald Reagan qui envisage également une autonomie palestinienne cinq ans plus tard, n’est cependant pas négocié directement avec des représentants palestiniens.

DéséquilibreLa première Intifada en décembre 1987, qui met en lumière la situation des territoires palestiniens, puis la reconnaissance d’Israël par l’OLP en 1988, à Alger, ouvrent progressivement la voie au dialogue et à des contacts directs. Lors de la conférence de Madrid, en 1991, l’OLP n’est cependant pas représentée en tant que telle et son président, Yasser Arafat, reste boycotté par les Israéliens et les Etats-Unis.  » G. Paris-(Extrait de lemonde.fr du 7/12/2017)

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/international/article/2017/12/07/la-fin-du-role-de-mediateur-impartial-des-etats-unis-dans-le-conflit-israelo-palestinien_5226079_3210.html#b8uzi8xX0PfCfmbI.99

Algérie : ABDELKDAER MESSAHEL EN MÉDIATEUR AU MOYEN-ORIENT


#TITRE

« Dès le début du différend entre Riyad et ses alliés contre Doha, Alger s’est empressée d’agir dans sa voie traditionnelle, qui privilégie le dialogue en toute circonstance et d’éviter les dérapages verbaux. On assista rapidement à un chassé-croisé diplomatique où la capitale algérienne a reçu tour à tour des émissaires et des officiels, iranien, qatari et émirati. Tout le monde priait l’Algérie de jouer les bons offices et d’actionner les leviers qu’elle connaît le mieux, la diplomatie secrète et la médiation. Pour certains, c’est du pain bénit pour notre pays, qui ne jouissait pas d’une bonne presse dans les régions du Golfe, au moins depuis l’épisode du wahhabisme radical au début des années 1990.

Gagner quelques points et de la confiance était primordial pour Alger, qui avait subi depuis l’émergence du mythe du « printemps arabe » des critiques acerbes et des remontrances sur ses positions « avant-gardistes » sur la Syrie et ses glissements meurtriers, sur la question yéménite et ses tragédies et sur le dossier palestinien et ses concessions. Alger n’était guère appréciée par les puissances régionales du Golfe, notamment lorsqu’il s’agissait de faire passer des résolutions par la Ligue arabe. Comment oublier que ce sont les « déplorables » résolutions votées à la va-vite au Caire par cette Ligue qui ont ouvert des brèches et autorisé les armées occidentales à bombarder, détruire les villes et soudoyer les populations de ces contrées. Faut-il rappeler que les mises en garde de l’Algérie et ses avertissements sur ces ingérences étaient même des objets de railleries par des officiels et des médias moyen-orientaux ?

Aujourd’hui, il paraît clair que la crise au Golfe vient de prendre une autre tournure, avec l’alignement de deux autres puissances régionales dans la région et leur propension à soutenir militairement et politiquement le petit poucet qatari. L’intrusion dans cette crise d’Ankara et de Téhéran lui a donné une nouvelle dimension, et pourrait bien créer d’autres foyers de tension dans la péninsule arabique, désormais assise sur une poudrière.

La médiation koweitienne vient de tomber à l’eau suite aux récentes accusations de ce pays contre les agissements d’un groupuscule chiite rallié à l’Iran. Les Américains, avec le style à la hussarde de Trump, ne semblent point être efficaces et leurs déclarations, pourtant soignées, cachent mal des contradictions. Déjà, des analystes avaient estimé qu’il existait une maigre chance d’une réconciliation arabe, au moins au sein du CCG (Conseil de coopération du Golfe). Ni la Ligue arabe n’a la crédibilité pour le faire, ni l’OCI (Organisation de la Conférence islamique) devenue appareil satellite Saoudien, ni encore l’ONU, affaiblie et complètement « out » sur les questions moyen-orientales depuis bien longtemps. On avait également spéculé, récemment, sur de possibles médiations lancées par des membres influents de l’organisation de l’Union africaine.

Or, il semble bien que les concernés par le conflit eux-mêmes viennent de solliciter Alger pour une médiation. Fidèle à son principe de non-ingérence et rompue aux crises les plus complexes et les plus rudes, Alger s’implique officiellement dans cette entreprise délicate. Messahel, le ministre des Affaires étrangères, sait qu’il ne prêche pas dans le désert.

Il a déjà pris le pouls et entrepris récemment une virée dans la région (Emirats unis), avant d’entamer une nouvelle tournée qui va le conduire de l’Arabie saoudite à Oman, à l’Egypte, à la Jordanie, à l’Irak, au Koweït, à Bahreïn et au Qatar. Il est porteur de huit messages du président Bouteflika aux souverains et chefs d’Etat de ces pays. Reste à savoir si ce ballet diplomatique algérien va mettre sur la table des pourparlers les enjeux du dossier palestinien et les agressions israéliennes contre le Lieu Saint d’El Aqsa. -Mohamed Kouini- (Extrait de jeune-independant.net du 2/08/2017)

En savoir plus sur http://www.jeune-independant.net/Abdelkdaer-Messahel-en-mediateur.html

Le Vatican sollicité comme médiateur entre les deux Corées


La Corée du Sud espère la médiation du pape François pour rétablir le dialogue avec la Corée du Nord. Le nouveau président sud-coréen a fait parvenir un message en ce sens au Vatican.

Le 9 mai dernier, Moon Jae-In a été élu président des Sud-Coréens autour d’une politique de dialogue et de réconciliation avec Pyongyang. Alors que la Corée du Nord multiplie les provocations, le président Moon a envoyé un émissaire spécial auprès du Saint-Siège pour demander au pape François de soutenir le processus de réconciliation dans la péninsule.

Mgr Hyginus Kim Hee-jong, 70 ans, archevêque de Gwangju et président de la Conférence des évêques catholiques de Corée (CBCK), a eu l’opportunité fin mai de s’entretenir avec le Secrétaire d’Etat du Saint-Siège d’une part ainsi qu’avec le pape deux jours plus tard. Evoquant le rôle joué par le Saint-Siège dans le cadre du rapprochement entre Cuba et les Etats-Unis d’Amérique, Mgr Kim a déclaré espérer « que le Vatican va pour agir comme médiateur » entre les deux Corées. Pour le président de la CBCK, « le dialogue constitue la seule option. Pyongyang est en train de montrer sa puissance militaire, mais nous devons poursuivre le dialogue. Si la Corée du Nord devient ouverte au dialogue, les tensions dans la péninsule coréenne diminueront« .

Mgr Kim faisait partie de la délégation de cinq évêques catholiques sud-coréens qui s’était rendue en Corée du Nord en décembre 2015, sous l’égide du « Comité spécial des évêques pour la réconciliation coréenne ». Ce n’était certes pas la première fois que des évêques se rendaient en Corée du Nord, mais ce déplacement revêtait une importance particulière, comme l’explique le porte-parole de la CBCK, le P. Lee Young-seok, car les évêques « [avaient été] invités personnellement par Kang Ji-young, le président de l’Association catholique de Corée [organe officiel du régime nord-coréen]. Jusqu’à récemment, les seules relations que nous avions avec la Corée du Nord passaient par le biais de programmes humanitaires« .

Prière pour la paix

Une première réponse symbolique ne s’est pas fait attendre. Lors de l’audience générale du 7 juin, le pape François a béni un autel destiné au sanctuaire marial de Namyang, en Corée du Sud (en photo ci-contre). C’est une initiative de l’Association Communauté Reine de la Paix de Radom, « qui, s’inspirant des 12 étoiles de la couronne de Marie, Reine de la Paix, est en train de réaliser 12 centres d’adoration eucharistique et de prière perpétuelle pour la paix dans les lieux les plus enflammés du monde« .

Le sanctuaire de Notre-Dame du Rosaire à Namyang en Corée du Sud est composé d’un « Jardin de Jésus miséricordieux », un chapelet de la Divine Miséricorde géant ainsi qu’une statue de Jean-Paul II. Le site inauguré en 1991 est construit sur le lieu du martyre de nombreux catholiques durant la persécution Byungin (1866). «En ce mois de juin dédié à la dévotion au Sacré Cœur de Jésus, que la prière de chacun pour la paix ne fasse pas défaut », a encouragé le pape. -A.-F. de Beaudrap (Extrait de cathobel.be du 7/06/2017)

En savoir plus sur http://www.cathobel.be/2017/06/07/vatican-sollicite-mediateur-entre-deux-corees/

Suisse : Genève plaque tournante de la médiation internationale


« Antonio Guterres souhaite «renforcer» le rôle du site de Genève dans deux directions: la médiation et le développement durable. Le nouveau secrétaire général de l’ONU a fait lundi sa première visite officielle à Berne. Lors de ses entretiens avec le ministre des Affaires étrangères Didier Burkhalter, il a souligné le rôle que la Suisse et la Genève internationale en particulier jouent et joueront encore dans le domaine de la médiation. Il a salué l’engagement des Etats membres pour la rénovation du Palais des Nations, dont les travaux débuteront prochainement.

«Le fait que les négociations à propos du conflit syrien s’y déroulent prouve que Genève est au centre des efforts de médiation. Si l’on veut combattre le terrorisme, il faut des solutions politiques et Genève en est la plaque tournante», souligne le Portugais, qui connaît la ville pour avoir dirigé pendant dix ans le Haut-Commissariat de l’ONU aux réfugiés (HCR). Didier Burkhalter espère contribuer à mettre sur pied un mécanisme d’échange de prisonniers entre les antagonistes syriens.

Indépendance

«Le monde a besoin de médiateurs indépendants et la Suisse est reconnue comme telle», reprend Antonio Guterres. Didier Burkhalter rappelle de son côté qu’un master en processus de médiation de paix sera proposé à l’EPF de Zurich dès novembre 2017.

Le deuxième pilier de la Genève internationale sera le développement durable. «Nous voulons lui donne un caractère plus spécifique dans le cadre de la mise en oeuvre de l’Agenda 2030. Nous envisageons aussi des coopérations directes avec le gouvernement suisse dans ce domaine. Mais les difficultés sont énormes», confie-t-il. Pour Didier Burkhalter, Genève offre l’avantage d’une situation géographique idéale pour gérer les médiations et piloter le développement durable. » (Extrait de letemps.ch du 24/04/2017)

En savoir plus sur https://www.letemps.ch/suisse/2017/04/24/geneve-plaque-tournante-mediation?utm_source=twitter&utm_medium=share&utm_campaign=article