Le tribunal administratif de Nice, la ville et la Métropole Nice Côte d’Azur ont signé une convention « Médiation » pour donner une nouvelle voie de recours aux juges.


Tribune Bulletin Côte d'Azur

« Ce lundi 12 juillet, Pascale Rousselle, la présidente du tribunal administratif, Anthony Borré, le 1eradjoint au maire de Nice délégué à la Sécurité, au Logement et à la Rénovation urbaine, et Sophie Henry, médiateur de la Ville et de la Métropole Nice Côte d’Azur, ont signé une première convention dite « Médiation » pour mettre à disposition du tribunal administratif le service médiation de la collectivité territoriale. L’objectif étant « d’offrir aux juges une voie de recours complémentaire » et de promouvoir « un mode de résolution amiable des litiges« . La médiation administrative pourrait en effet permettre de renforcer « la qualité de la décision, de trouver des solutions innovantes et de rétablir la paix sociale, dans l’intérêt des administrés et des collectivités« . 

Un lien social 

Une signature qui symbolise avant tout un acte social et de confiance qui articulerait « les tensions entre intérêt général et intérêts particuliers« . Bruno Lasserre, vice-président au conseil d’Etat, a souligné l’importance de la mobilisation des tribunaux admnistratifs à instaurer une culture de la médiation. « On peut toujours avoir une discussion autour d’une table et trouver des solutions à l’amiable sans avoir une décision d’un juge » a t-il constaté. La signature de cette convention, première du genre à Nice depuis la création en 2016 du poste de médiateur occupé par Sophie Henry, signifirait le début d’une culture plus apaisée dans les relations conflictuelles. 250 dossiers par an sont traités de cette façon, les parties sont incitées à discuter pour trouver des solutions co-constructives et donc plus à même d’être acceptées et exécutées. » -O. Paya -(Extrait de tribuca.net du 12/07/2021)

En savoir plus sur https://tribuca.net/collectivites_96138606-tribunal-administratif-une-premiere-convention-mediation

Rennes : Le nouveau président du tribunal administratif milite pour la médiation


« Éric Kolbert, est, depuis le jeudi 1er octobre 2020, le nouveau président du tribunal administratif de Rennes. Parmi ses priorités, la création d’une sixième chambre pour raccourcir les délais de traitement des contentieux et l’augmentation de la médiation.  » (Extrait ouest-france.fr du 16/10/2020)

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« POURQUOI ET COMMENT RECOURIR À LA MÉDIATION ADMINISTRATIVE ? » par David Taron, Avocat (village-justice.com)


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« La déjudiciarisation d’une partie significative du règlement des conflits est un objectif poursuivi depuis de nombreuses années par le législateur. Encombrement des juridictions, coût de l’accès au droit, volonté d’apaiser les rapports sociaux : les raisons de cette désescalade juridictionnelle sont multiples et, à dire vrai, parfaitement légitimes.

Déjà en 1993 le Conseil d’Etat s’était penché sur la problématique du règlement alternatif des litiges dans son rapport public [1]. Dans son titre, ce rapport évoquait la conciliation, la transaction et l’arbitrage en matière administrative. La médiation n’était alors pas envisagée en tant que concept.

En pratique, les avancées des modes de règlements alternatifs des litiges sont restées bien timides dans la sphère administrative.

C’est à la faveur d’évolutions législatives concernant la procédure civile que la médiation a commencé à faire l’objet d’une véritable reconnaissance institutionnelle.

S’il n’existe pas encore de véritables statistiques au niveau national (on parle de quelques dizaines de médiations pour les tribunaux les plus importants), les praticiens ont pu néanmoins constater que la médiation connaît un développement intéressant, tant les parties que les juges s’appropriant ce mode de règlement des conflits.

Il était donc dans la logique des choses que le législateur ait étendu le recours à la médiation à la sphère du contentieux administratif. Tel a été l’objet de la loi du 18 novembre 2016 de modernisation de la justice du XXIème siècle dans son titre consacré au développement des modes alternatifs de règlement des litiges à présent codifié dans le Code de justice administrative [2].

Ce rappel opéré, il convient de s’entendre sur le sens du terme médiation. Celui-ci fait l’objet de la définition légale suivante : « La médiation régie par le présent chapitre s’entend de tout processus structuré, quelle qu’en soit la dénomination, par lequel deux ou plusieurs parties tentent de parvenir à un accord en vue de la résolution amiable de leurs différends, avec l’aide d’un tiers, le médiateur, choisi par elles ou désigné, avec leur accord, par la juridiction ».

A la lumière de cette définition il peut être observé que la médiation se caractérise par l’intervention d’un tiers dont le rôle consiste à faciliter la négociation entre les parties afin de faciliter un règlement amiable. Ce « tiers média » est donc au cœur du dispositif.

Chose importante : il n’est pas nécessaire que la médiation débouche sur un résultat qui satisfasse chacune des parties. La discussion n’obéit pas à une obligation de résultat, ce qui est évidemment une des conditions de réussite de la médiation.

Cette définition posée, demeurent des interrogations quant au régime juridique applicable à la médiation et ce, compte tenu de certaines particularités du contentieux administratif. Le sujet a d’ailleurs pu être abordé en détail lors des premières assises nationales de la médiation administrative qui se sont tenues en décembre 2019 [3].

Aussi, et afin d’expliciter le régime de la médiation administrative et de tenter de lever certaines zones d’ombre, nous nous proposerons d’en examiner successivement le champ d’application (1) et les modalités de mise en œuvre d’une action de médiation (2). » (Extrait de village-justice.com du 20/07/2020)

En savoir plus sur https://www.village-justice.com/articles/pourquoi-comment-recourir-mediation-administrative,36131.html?RelatedContentIds=Article-BB16Jmpi,Article-BB16INB5,Article-BB16ISQA,Article-BB16Z4Di,Article-BB16ZbvS,Article-BB16VKOj

Médiation administrative: développement de la médiation dans les litiges administratifs dans la région Pays de la Loire


Les 5 préfets de la région Pays de la Loire viennent d’adhérer à la convention de partenariat pour le développement de la médiation comme mode de règlement des litiges administratifs, convention qui avait été conclue le 25 octobre 2018 entre la cour administrative d’appel de Nantes, le tribunal administratif de Nantes et les bâtonniers représentant les avocats de l’ensemble des barreaux relevant de ce tribunal.
Les articles L. 213-1 et suivants du code de justice administrative, issus de la loi n° 2016-1547 du 18 novembre 2016 de modernisation de la justice du XXIème siècle, permettent désormais de recourir à la médiation dans les litiges entre les particuliers et les administrations.
Pour encourager ce mode de règlement amiable des litiges administratifs, depuis deux ans, sous l’impulsion du Conseil d’Etat, les tribunaux administratifs et les cours administratives d’appel ont signé avec les bâtonniers de leur ressort, et parfois aussi avec les grandes administrations locales, des conventions dans lesquelles chaque partie signataire s’est engagée à favoriser à son niveau la médiation, en vue d’éviter un contentieux devant le juge administratif ou, lorsque celui-ci a déjà été saisi, de régler à l’amiable ce contentieux.
C’est en ce sens que la cour administrative d’appel de Nantes et le tribunal administratif de Nantes ont signé, le 25 octobre 2018, avec les 8 barreaux de la région Pays de la Loire (Nantes, Angers, Saumur, Laval, Saint-Nazaire, La Roche-sur-Yon, Les Sables d’Olonne, Le Mans) une convention pour développer le recours à la médiation dans les litiges administratifs.
Sous l’impulsion de M. le président de la cour administrative d’appel de Nantes et de M. le Préfet de la région Pays de la Loire, les préfets des 5 départements de cette région viennent d’adhérer à cette convention qui entre en vigueur ce 11 février 2020.
Cette convention prévoit qu’un service de l’Etat qui prend une décision administrative peut indiquer à l’administré dans la notification de cette décision qu’il est prêt à s’engager dans une médiation ; si cette proposition est acceptée par l’administré, il pourra être procédé à la désignation d’un médiateur par le président du tribunal administratif ou de la cour administrative d’appel.
L’administré peut lui-même solliciter auprès de l’administration la mise en œuvre d’une médiation dès la naissance d’un litige avec celle-ci. Les administrations qui ont adhéré à la convention s’engagent à se prononcer dans les meilleurs délais sur toute demande de médiation ainsi formulée par un administré.
Par ailleurs, les juridictions administratives peuvent elles-mêmes proposer une médiation dans certains litiges dont elles sont saisies.
Cette implication renforcée des services de l’Etat placés sous l’autorité des préfets de la région Pays de la Loire, dans la mise en œuvre de la médiation en matière de litiges administratifs s’inscrit dans le cadre d’un développement rapide de ce mode de règlement amiable, l’ensemble des tribunaux administratifs et des cours administratives d’appel ayant désigné, en 2018-2019, des médiateurs pour résoudre 1 846 litiges, dans des domaines aussi variés que, par exemple, l’indemnisation des dommages de travaux publics, l’exécution des marchés publics, l’urbanisme ou encore les litiges entre les agents publics et leurs employeurs.

Pour en savoir plus :
– Fiche pratique sur la médiation dans les litiges administratifs
– La convention relative à la mise en œuvre de la médiation dans le ressort du tribunal administratif de Nantes
– Bilan de la médiation administrative en 2019 dans les tribunaux administratifs et les cours administratives d’appel

(Extrait de nantes.cour-administrative-appel.fr du 11/02/2020)

En savoir plus sur http://nantes.cour-administrative-appel.fr/Actualites-de-la-Cour/Communiques/Developpement-de-la-mediation-dans-les-litiges-administratifs

« Assises nationales de la médiation administrative » par Anne Moreaux (affiches-parisiennes.com)


Assises nationales de la médiation administrative

« Bruno Lasserre a annoncé « le début d’une nouvelle aire sur le règlement amiable des litiges administratifs » lors des premières Assises nationales de la médiation administrative, organisées récemment par le Conseil d’État. Cet événement, qui a réuni malgré les difficultés de transport près de 300 participants, dont un tiers de décideurs publics, un tiers de médiateurs et un tiers de professionnels du droit, a confirmé l’intérêt que suscite aujourd’hui la médiation en matière administrative, riche en conflits où l’urgence est de rigueur.

« La médiation administrative est longtemps restée au stade de l’incantation et il faut désormais passer au stade de la pratique. Ce colloque est l’occasion de réaliser une sorte de bilan d’étape, de prendre connaissance des retours d’expériences des acteurs et de tracer des perspectives pour l’avenir afin de donner un nouvel élan à cette culture de la médiation », souligne Bruno Lasserre, vice-président du Conseil d’État, en ouverture de ces assises.

L’objectif est clair : identifier les facteurs de réussite et les freins de la médiation dans les litiges administratifs et diffuser les bonnes pratiques. En pleine période de transition, différents acteurs du processus sont venus témoigner. Certaines matières comme les marchés publics ont déjà une culture ancienne de la médiation, ce qui est loin d’être une généralité. Cette journée de débats a donc mis un coup de projecteur sur d’autres domaines où la médiation n’en est qu’à ses balbutiements, tels que la fonction publique, la police administrative, l’urbanisme ou encore l’hôpital.

Un long cheminement depuis 1986

Si le pouvoir de concilier a été reconnu aux tribunaux administratifs par une loi du 6 janvier 1986, il n’a été étendu aux cours administratives d’appel qu’en décembre 2011. En outre, la médiation est depuis lors restée un outil très peu utilisé par les juges administratifs, alors qu’elle a un vif succès dans la branche judiciaire.
« Il a fallu beaucoup de pérégrinations pour convaincre sur cet instrument essentiel pour la justice et la démocratie », confie Philippe Gazagnes, président du tribunal administratif de Clermont-Ferrand, un des pionniers en la matière, devenu même référent national.

Le processus a pourtant de nombreux avantages dont la confidentialité, la célérité et l’ouverture du dialogue. Les parties cofondent une solution amiable, ferment de relations plus confiantes entre les citoyens, les entreprises et les administrations.
« Entretenir et restaurer une telle confiance apparaît crucial pour les juges qui promeuvent l’Etat de droit », déclare Bruno Lasserre, en particulier dans notre société où les conflits sociaux font rage.

Face à ce constat, le Gouvernement a attendu 2016 avant d’éditer une loi promouvant la médiation administrative, alors que le Conseil d’Etat (CE) s’était préoccupé « très tôt » de cette question en produisant notamment deux études en 1993 et 2011. Seulement deux ans après l’entrée en vigueur de la réforme du régime de médiation administrative par un décret de 2017, Bruno Lasserre constate que « la greffe a bien pris », mais souhaite que le mouvement se consolide et s’intensifie.

« La conception de ce nouveau régime doit beaucoup à mon prédécesseur Jean-Marc Sauvé dont j’ai repris ce flambeau », a précisé Bruno Lasserre qui aborde ce sujet avec les chefs de juridictions et les bâtonniers des barreaux à chacune de ses visites en soulignant que les juges et les avocats peuvent appuyer le recours à la médiation.

La présence de Christiane Féral-Schuhl, présidente du Conseil national des barreaux (CNB), pour l’ouverture de ces assises, confirme ce partenariat solide, scellé dans une convention cadre par laquelle le CE et le CNB se sont engagés à promouvoir la médiation administrative. Cette avocate médiatrice confirmée se dit « heureuse que nous soyons réunis pour faire le point sur la médiation administrative en ce mois de décembre avec les grèves qui montre à quel point notre démocratie a besoin de dialogue et de médiation à tous les étages ».

« Il nous a fallu entendre que le recours aux modes amiables n’était pas un acte de défiance à l’égard du juge mais qu’il existe une place aux accords négociés à côté du juge qui tranche », précise-t-elle pour justifier ce décollage timide de la médiation. Plutôt optimiste, l’avocate est convaincue que ce processus « ouvre de magnifiques perspectives et va continuer à servir ce domaine de la Justice qui nous est si précieux ».

Notre démocratie a besoin de dialogue et de médiation à tous les étages.

Christiane Féral-Schuhl, présidente du CNB

Bonne trajectoire depuis 2 ans

Près de 800 médiations administratives ont eu lieu en 2018, et plus de mille en 2019, dont 68 % aboutissent à un accord, avec un taux de réussite stable, « même lorsque la procédure est préalablement obligatoire », précise le vice-président du CE.

« Ce n’est pas tant la quantité que la qualité des médiations que nous souhaitons mettre en avant », précise Philippe Gazagnes en ajoutant que
« partout le dialogue, l’écoute et la recherche d’un compromis permettent des résultats inespérés et le retour de la confiance ».

« Ce qui compte pour moi est la trajectoire et celle-ci est bonne et ses marges de progression sont importantes », ajoute Bruno Lasserre avant d’évoquer de façon brève quatre pistes de réflexion :

• accroître l’investissement des juges pour la médiation afin qu’ils acquièrent le réflexe de la suggérer aux parties en étant « au clair sur la matière transigeable » ;

• améliorer la valeur ajoutée de l’homologation des accords de médiation par les juges (la présidente du CNB propose de leur octroyer la force exécutoire par le biais de la signature d’un acte d’avocat) ;

• développer la médiation institutionnelle qui nécessite plusieurs ajustements notamment sur le statut des médiateurs et leurs pouvoirs d’enquête ; et la promouvoir au niveau local auprès des citoyens ;

• rendre plus visible les médiateurs et s’assurer qu’ils inspirent suffisamment confiance aux citoyens et à l’administration en encourageant la constitution d’associations et d’organismes assurant leur formation et leur déontologie.

« La médiation administrative a de beaux jours devant elle », déclare finalement Bruno Lasserre en remerciant tout particulièrement David Moreau, secrétaire général adjoint du Conseil d’Etat chargé des juridictions administratives, Amaury Lenoir, chargé de mission “médiation” auprès du secrétariat général du Conseil d’Etat, et Philippe Gazagne, référent national médiation des juridictions administratives, qui ont fait « un travail formidable » en organisant ces assises.

« Nous allons tenter de montrer à tous que la médiation produit des résultats, dans tous les domaines publics, même en droit des étrangers », annonce Philippe Gazagnes.


David Moreau, Sébastien Bracq, Jean-Pierre Jouguelet, Didier Israël, Gilles-Robert Lopez, Edouard Marcus, Dominique Bonmati et Philippe Poiget.

Le rôle des différents acteurs du processus

« Je pense qu’il faut voir et vivre la chose ». Si Didier Israel, directeur des affaires juridiques à la CCI Paris – Île de France avoue qu’il était « un peu sceptique au départ », ce dernier a franchi le pas en réglant un dossier très compliqué grâce à une médiation.
« Pour nous, la médiation est une option stratégique ». Devenu médiateur depuis, il estime qu’il faut expliquer, former, informer et distinguer la médiation, la conciliation et la transaction, notamment auprès des directeurs juridiques et des citoyens.

« L’intérêt pour la juridiction administrative est de recentrer le juge sur son office et de favoriser les bonnes relations avec les justiciables en les aidant à résoudre eux-mêmes leur litige », précise Dominique Bonmati, présidente du tribunal administratif de Marseille, très impliquée dans la promotion de la médiation. La magistrate n’a pas la volonté de se décharger de son contentieux mais de développer la prévention de la saisine inutile par la médiation pour « éviter les déperditions d’énergie ».

« La DGFIP est une machine à régler les litiges », souligne Edouard Marcus, chef du service de la fiscalité de la DGFIP, précisant que l’administration fiscale traite plus de 3,5 millions de réclamations par an (dont 2,8 millions de réclamations contentieuses), dont 96 % sont réglées dans le mois et 90 % appellent une réponse favorable, notamment par le biais d’un conciliateur (médiateur institutionnel) pour environ 65 000 affaires par an. Les affaires qui passent en médiation donnent raison aux saisis dans 70 % des cas. La médiation offre donc pour lui une « grande efficacité à régler les litiges » et permet d’apporter des réponses aux différentes questions des contribuables.

Philippe Poiget, délégué général à la Fédération Française de l’Assurance, décrit le point de vue et le rôle de l’assureur en la matière, en soulignant que c’est « un des premiers secteurs d’activité à avoir installé la médiation, il y a maintenant 30 ans ». Investi dans le développement de ce mode amiable qui permet de régler 2/3 des sinistres, il est convaincu de l’importance de répéter aux justiciables la possibilité qu’ils ont de recourir à la médiation.

De son côté, Me Sébastien Bracq, déconstruit le préjugé selon lequel l’avocat pousse au contentieux pour produire des mémoires coûteux. « L’époque dorée des cabinets qui facturaient fortement leurs prestations dans les contentieux très longs est révolue ». La majorité des conseils facturent au forfait donc ne parient pas sur la durée du contentieux, avec la volonté de fidéliser les clients. « Aujourd’hui, l’avocat est un stratège qui maîtrise la règle contentieuse de manière à optimiser le résultat ou à l’obtenir rapidement, ce qu’offre la médiation. En plus, elle permet d’obtenir des honoraires de résultat, parfois meilleurs qu’en contentieux », résume-t-il.

« L’appropriation de la solution et la reprise de confiance sont fondamentales », précise Gilles-Robert Lopez, avocat président de la Chambre nationale des praticiens de la médiation, qui a partagé, avec Jean-Pierre Jougelet, conseiller d’Etat honoraire médiateur, leurs retours d’expérience sur les nombreuses médiations administratives qu’ils ont pu mener.

La question du juste et de l’équitable

Pour Jacques Salzer, maître de conférences émérite, pionnier de la médiation en France, « ces assises auraient pu s’appeler “la question du juste en médiation administrative”, le juste du droit et celui de la justesse, c’est-à-dire la justesse des personnes qui vont en médiation et leur perception subjective du juste et de l’équitable ».

En faisant la synthèse de cette journée d’échanges, le professeur a souligné que la médiation permet aux justiciables de « prendre le temps en renonçant à l’immédiat, de passer par le média d’aide à la décision perçue comme plus juste parce que co-construite ». Toutefois, ce processus soulève certains risques, touchant notamment aux limites de la coconstruction, le sens de la mesure et l’illusion de la solution et de l’accès au droit.

Elle reste toutefois une solution très efficace dans certaines situations d’urgence, « comme sur les chantiers publics en matière d’urbanisme ». Le médiateur est là pour créer le désir de s’entendre sur une solution au litige, l’essentiel étant de parvenir à un accord. « Désirons notre accord les uns pour les autres même si nous ne nous aimons pas toujours », en a-t-il conclu.

L’essor de la médiation dans la fonction publique

Les juges administratifs ont coutume de dire qu’ils sont les prud’hommes des fonctionnaires, dont le contentieux social est considérable. « Parmi le public, je pense que c’est un domaine où on est persuadé que la médiation a une place importante, notamment avec l’accroissement des recours sur les maladies professionnelles et le développement des contentieux pour harcèlement moral », déclare Philippe Gazagnes.

« C’est très important pour moi d’avoir des échos du terrain sur la médiation qui est pour nous un outil incontournable d’une gestion des RH moderne au sein de la fonction publique », précise Florian Blazy, directeur adjoint de la direction générale de l’administration et de la fonction publique. Il admet toutefois la difficulté d’ordre culturel avec « une méfiance envers un processus qui peut aboutir à un traitement différencié des agents » et « moins confortable et cadré que la procédure juridictionnelle ».

Les syndicats de la fonction publique adoptent une position plutôt favorable sur ce sujet malgré quelques craintes sur le respect du principe d’égalité. Florian Blazy rappelle cependant que la médiation n’a pas vocation à se substituer au contentieux, mais qu’il s’agit d’un outil en plus pour désamorcer les conflits, notamment dans la mise en place des ruptures conventionnelles.

Didier Artus, président de chambre au tribunal administratif de Poitiers, parcourt les spécificités du contentieux de la fonction publique, dont 23 % donnent lieu à des médiations, surtout pour des cas de harcèlement moral, maladie professionnelle, non-reconduction de contrat, mise au placard pour réorganisation de service, conflit entre agents…

« La médiation en fonction publique fonctionne très bien car les fonctionnaires connaissent bien leur régime », estime Hirbod Degany-Azar, avocat et médiateur, expert médiation auprès du CNB, qui plaide pour créer un droit à la médiation. Pour lui, la médiation est recommandée en cette matière humaine car elle permet d’ouvrir le dialogue : « de dire des choses qu’on ne dit pas devant le juge ou devant l’employeur ». Elle offre ainsi la possibilité de « passer du j’ai droit au j’ai besoin ».

Booster la médiation administrative en la rendant obligatoire ?

Sous le titre II “Favoriser les modes alternatifs de règlement des différends” l’article 5 de la loi du 18 novembre 2016 de modernisation de la justice du XXIe siècle a complété le Code de justice administrative avec les nouveaux articles L. 213-1 à L. 213-10.

L’année suivante, le Conseil d’État et le Conseil national des barreaux ont signé une convention dont l’objectif est de promouvoir le recours à la médiation auprès des avocats, des magistrats, des acteurs publics et des justiciables. « Nous avons développé un nouveau partenariat entre le médiateur, l’avocat et le juge administratif tout à fait constructif », se réjouie Christiane Féral-Schuhl, présidente du CNB.

De son côté, l’exécutif est allé encore plus loin pour promouvoir ce type de règlement amiable des différends en insérant un décret du 16 février 2018 portant expérimentation d’une procédure de médiation préalable obligatoire en matière de litiges de la fonction publique et de litiges sociaux. Un principe d’obligation très mal reçu dans la sphère des médiateurs, qui en a finalement convaincu certains. Par exemple, Marc Philippon, directeur du centre de gestion de la fonction publique territoriale de la Haute-Loire, qui participe à l’expérimentation de la médiation préalable obligatoire, a confié qu’au départ il était très hésitant sur l’obligation car « la médiation ne peut fonctionner que si les gens le veulent », mais a finalement accepté ce principe car
« l’obligation c’est juste d’essayer ».

David Moreau, secrétaire général adjoint du Conseil d’Etat chargé des juridictions administratives, a présenté un premier bilan de l’expérimentation obligatoire. Après avoir rappelé que la baisse des contentieux dans les tribunaux administratifs ne peut pas être le seul indicateur de réussite du processus, il s’est réjoui que le taux d’accord atteigne les 80 % en médiation – soit parce que l’administration a accepté de modifier sa décision, soit parce que l’usager l’a comprise et a renoncé au recours – sur un ensemble d’environ 1 000 médiations terminées en un an. En revanche, comme d’autres, il confirme que « certaines choses ne sont pas satisfaisantes », comme le circuit de certains dossiers avec la superposition d’un recours administratif préalable obligatoire (Rapo) puis d’une médiation préalable obligatoire, à cause de la hiérarchie des normes. Toutefois, « c’est le propre de l’expérimentation ».

Philippe Gazagnes, référent national médiation des juridictions administratives, en profite pour souligner qu’il y a un ministère où le dispositif fonctionne très bien : « à la Défense, la commission de recours des militaires marche très bien. Elle fait un excellent travail et nous évite beaucoup de contentieux dans les tribunaux administratifs ». (Extrait de affiches-parisiennes.com du 3/01/2020)

En savoir plus sur https://www.affiches-parisiennes.com/assises-nationales-de-la-mediation-administrative-9608.html

Vidéo : Compte-rendu des Premières assises nationales de la médiation administrative – 18/12/2019-Paris


Mercredi 18 décembre 2019, le Conseil d’État a organisé les premières assises nationales de la médiation administrative. Cet événement, qui a réuni près de 300 participants malgré les difficultés de transport, a confirmé l’intérêt que suscite aujourd’hui la médiation dans le règlement des litiges administratifs. (Extrait de https://www.conseil-etat.fr/actualites/actualites/premieres-assises-nationales-de-la-mediation-administrative

Vidéo à consulter sur https://vimeopro.com/conseiletatfr/assises-nationales-de-la-mediation-administrative/page/1

La médiation au tribunal administratif de Bastia : les ordres des avocats adhèrent


Ce mercredi 11 décembre, une convention de médiation a été signée au tribunal administratif de Bastia. Elle devrait faire gagner du temps aux parties et à leurs avocats, mais surtout désengorger les tribunaux administratifs.

La convention signée permettra de réduire les délais de jugement.
La convention signée permettra de réduire les délais de jugement.
« Il vaut mieux une bonne solution à l’amiable qu’un long procès » 

En fin de matinée, le président du tribunal administratif de Bastia, Bernard Chemin, les bâtonniers de l’ordre des avocats de Haute-Corse et de Corse-du-Sud, Me Gilles Antomarchi et Me Stéphane Nesa, ont signé une convention relative à la mise en œuvre de la médiation au tribunal administratif de Bastia.

Désengorger les tribunaux administratifs
Grâce à cette convention, le médiateur, soit une personne tiers disposant d’une expérience professionnelle d’au moins 5 ans dans le domaine des litiges et formé à cet effet, sera en charge de les régler.
Face à l’afflux des recours devant les tribunaux, ce nouveau procédé devrait éviter quelques longs procès s’étalant sur des années. La médiation devrait aussi faire économiser de coûteux frais de justice aux parties. En ce sens, maître Antomarchi, bâtonnier de l’ordre des avocats de Bastia explique  : « Nos clients sont souvent confrontés à de longues procédures et avec la médiation ce n’est plus le cas. Grâce à elle, il sera plus facile de fidéliser sa clientèle qui n’aura pas attendu des années pour régler son contentieux. »

Selon Bernard Chemin, président du tribunal administratif de Bastia « c’est une convention qui garantit la paix sociale. Souvent, au bout de 10 ans de contentieux les parties sont confrontées à des procédures qui se soldent par un jugement qui ne satisfait personne. Avec la médiation tout le monde se met d’accord. » 

Des médiations déjà engagées 
A Bastia, il y a eu en 2019 quatre médiations engagées initiées par les parties et proposées par le juge.
Au niveau national en 2018-2019,  3 700 procédures ont été initiées et 1 500 ont été enregistrées. Ce sont donc 40% des médiations qui aboutissent en moyenne.
Pour Bernard Chemin « la médiation n’est pas encore un automatisme pour les parties. Le but de cette convention est donc d’informer de cette procédure les parties qui pourraient y recourir. » -Livia Santana – (Extrait de corsenetinfos du 11/12/2019)

Premières assises nationales de la médiation administrative – le 18/12/ 2019 Maison de la Chimie , Paris 7e


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Durant cette journée, une trentaine d’acteurs de la médiation administrative (administrateurs nationaux et locaux, avocats, juges administratifs, médiateurs) feront partager leur retour d’expérience concret à un public de plus de 400 grands décideurs publics et privés.

L’objectif : identifier les clés de la réussite des médiations dans les litiges administratifs et diffuser les bonnes pratiques.

Programme et inscription sur https://jcicuw5y.sibpages.com/

Audio : RSA, APL : une médiation obligatoire en cas de litige testée en Maine-et-Loire et en Loire-Atlantique


Jacques Toubon, le Défenseur des droits, était à Angers, le 15 octobre 2019, pour faire le point sur un dispositif testé depuis avril 2018 en Maine-et-Loire et en Loire-Atlantique. Il s’agit d’une médiation obligatoire, avant de saisir le juge administratif, pour des litiges concernant le RSA, les APL ou la prime de fin d’année. Jean-Paul Guilloteau, délégué du Défenseur des droits à Angers et animateur pour les Pays de la Loire, fait le point sur cette expérimentation. 254 demandes de médiation ont été déposées en 18 mois. (Extrait de rcf.fr/

A écouter sur https://rcf.fr/la-matinale/rsa-apl-une-mediation-obligatoire-en-cas-de-litige-testee-dans-la-region

 

Tribunal administratif de Caen : un service de médiation pour éviter le procès


 

Patricia Legentil-Karamian, greffière en chef et Antoine Berrivin, référant médiation du tribunal administratif de Caen.

Le tribunal administratif de Caen (compétent pour le Calvados, La Manche et l’Orne) propose un nouveau service pour les justiciables : la médiation. L’objectif est de faire rencontrer les parties d’un dossier pour obtenir un règlement amiable. À Caen, cette nouvelle possibilité est gérée par un référant : Antoine Berrivin rapporteur public de la juridiction et Patricia Legentil-Karamian la greffière en chef.

Qu’est que la médiation ?
C’est un nouveau service offert aux justiciables. La médiation permet aux deux parties de s’entendre sans que le juge administratif intervienne.

Plus rapide et moins coûteux

Quel est l’intérêt ?
Cela évite le procès, les 2 parties échangent sereinement. C’est plus rapide et c’est moins coûteux. Une requête sera jugée en un an, un an et demi. La médiation, c’est 3 à 4 mois.

« Facilitateur de dialogue »

Comment fonctionne la médiation ?
Quand le tribunal reçoit une requête, la greffière détecte un dossier qui pourrait être discuté entre les parties. On étudie qui sont les parties et le type du litige. On propose alors le service de la médiation. Le médiateur travaille avec les parties pour trouver un accord en jouant sur un terrain pas forcément juridique. On regarde par exemple l’aspect émotionnel ou économique de l’affaire.

Le médiateur n’est pas un conciliateur de justice mais un facilitateur de dialogue.

Rendez-vous téléphonique

Quels sont les avantages ?
La médiation fait partie des règlements amiables. Le gros avantage, c’est qu’il n’y a pas de gagnant ou de perdant comme après une décision du tribunal. Là, chacun repart avec un accord accepté par les 2 parties.

Quel est le 1er bilan à tirer ?
Il est encore trop. Pour cette année 2019, 7 dossiers sont en cours de médiation. On avance pas à pas avec une réelle volonté de développer ce service. C’est ancré également chez les avocats.

Nous avons passé des conventions avec les différents barreaux et à Caen et Lisieux, des avocats se forment à la médiation.

Comment faire pour profiter de la médiation ?
Depuis le 1er octobre 2019, on propose aux parties un rendez-vous téléphonique avec le référent ou la greffière en chef pour expliquer notre démarche de proposition.  » – A Heroult – (Extrait de actu.fr/normandie/ du 15/10/2019)

En savoir plus sur https://actu.fr/normandie/caen_14118/nouveau-tribunal-administratif-caen-service-mediation-eviter-proces_28423741.html