« Nous avons besoin d’un langage plus clair de règlement des différends » par John Lande, Center for the Study of Dispute Resolution, University of Missouri School of Law, Kluwer Mediation Blog (Traduction Google)


Kluwer Mediation Blog

« En 2015, j’ai pris ma retraite en tant que professeur de droit américain. Pendant la majeure partie de ma carrière, j’ai utilisé certains des concepts de base de notre domaine tels que la négociation, BATNA, la négociation axée sur les positions par rapport à l’intérêt, et la médiation facilitative vs évaluation. Je n’étais pas toujours à l’aise avec ces termes, mais je les ai utilisés parce que je ne pouvais pas imaginer passer à des alternatives.

Grâce à mes propres recherches et à celle d’autres, je peux maintenant imaginer des solutions de rechange et un processus de développement.

Ce poste appuie une proposition visant à élaborer un langage plus clair de règlement des différends. Cela pourrait offrir de nombreux avantages pour la recherche, la pratique, l’enseignement, la formation et la collaboration dans notre domaine.

Imaginez un monde où nous utilisons généralement le même langage, en particulier les mots que les profanes utilisent couramment. Cela pourrait améliorer la communication entre les praticiens, les partis, les enseignants et les formateurs, les chercheurs et les étudiants du monde entier. Bien que les gens soient libres d’utiliser n’importe quelle langue qu’ils veulent, un accord sur le sens de certains termes importants, et l’utilisation généralisée de ces termes aiderait à améliorer notre communication et notre compréhension.

Considérons les problèmes avec certains de nos termes de base qui causent la confusion, puis un processus pour développer un langage plus clair.

Négociation

La négociation est un processus de base dans notre domaine, mais nous ne pouvons pas nous mettre d’accord sur ses caractéristiques essentielles. J’ai passé en revue treize livres de négociation générale dans une variété de domaines et a constaté que les définitions étaient partout sur la carte. Diverses définitions indiquaient que la négociation est interpersonnelle, implique la communication, les parties interdépendantes, les parties ayant des intérêts différents et les questions d’intérêt commun. Les définitions indiquaient que les parties à la négociation avaient pour objectif d’élaborer des ententes communes, de coordonner les comportements, d’allouer des ressources limitées ou de modifier les relations des gens. Les processus de négociation sont définis comme impliquant des efforts visant à parvenir à un accord et à utiliser la discussion raisonnée et la résolution de problèmes. Dans la vraie vie, certains processus que nous considérons comme des négociations impliquent certaines de ces caractéristiques, mais pas toutes.

Une autre illustration du problème est la discussion entre Andrea Kupfer Schneider, Noam Ebner, David Matz, et moi résultant en quatre définitions différentes de la négociation. Nous ne pouvions pas convenir si la « égiotio » exige que plus d’une personne a un certain pouvoir, il ya des efforts pour persuader les autres, il ya un certain « ésa » entre les parties, les gens discutent de leurs intérêts, ils perçoivent qu’ils négocient, ils sont interdépendants, ils cherchent à parvenir à un accord, leur comportement apparaît aux observateurs comme la négociation, ou il ya un accord ou un changement de comportement.

En 2016, le Centre d’étude sur le règlement des différends de l’Université du Missouri a organisé un symposium intituléDéplacer la théorie de la négociation de la Tour de Babel vers un monde de compréhension mutuelle. Un aperçu du symposium est que nous pouvons aider à améliorer la théorie de la négociation en clarifiant notre vocabulaire. La théorie n’est utile que dans la mesure où elle est significative au sein d’une communauté particulière. Si les théoriciens utilisent une terminologie différente se référant à des concepts similaires ou utilisent les mêmes termes pour signifier des choses différentes, il est difficile de développer une théorie cohérente et utile.

Batna

BATNA (la meilleure alternative à un accord négocié) est un concept fondamental dans la théorie du règlement des différends, mais beaucoup d’experts dans notre domaine mal comprendre. Par exemple, bon nombre d’entre nous ne savent pas que batna se réfère à un plan d’action (comme l’essai ou l’auto-assistance), pas la valeur prévue d’un plan d’action. Après avoir identifié les pistes d’action, les gens estiment la valeur probable des plans d’action. Par exemple, le procès est un plan d’action et le montant d’un jugement est la valeur de ce plan d’action. Dans ce contexte, le procès lui-même est le BATNA et le montant prévu du jugement est la valeur BATNA.

Si vous pensez que WATNA (la pire alternative à un accord négocié) est un concept utile, vous comprenez mal ce concept aussi. Bien que l’on puisse considérer le pire plan d’action possible (par exemple, assassiner un adversaire), il n’est généralement pas utile de le faire. Au lieu de cela, les négociateurs devraient considérer les valeurs possibles de différentes voies de conduite et choisir la ligne d’action qui semble la meilleure. Étant donné que l’avenir est incertain, les négociateurs devraient tenir compte de l’éventail des résultats possibles de cette ligne de conduite. Par exemple, compte tenu de la ligne de conduite de l’essai, on devrait tenir compte des meilleurs, des pires et des résultats les plus probables de l’essai. Le procès lui-même est le cours de l’action et ces résultats sont des valeurs possibles qui pourraient résulter de l’essai.

Nous pourrions mieux nous comprendre si nous utilisions des termes tels que les options et les résultats attendus au lieu de BATNA, par exemple.

Modèles de négociation

Pour encadrer une étude de la pratique de négociation réelle, j’ai passé en revue neuf textes de négociation de faculté de droit américaine, ce qui a illustré une grande confusion au sujet des modèles de négociation de base. Les textes identifiaient deux modèles généraux de négociation, bien qu’ils aient utilisé des termes différents pour les décrire. Les textes de négociation désignent un modèle comme « distributif », « concurrentiel », « contradictoire » ou « négociation positionnelle » et l’autre modèle comme « intégratif », « résolution de problèmes » ou « résolution de problèmes coopératifs ». Bien qu’aucun des textes n’utilise le terme « négociation fondée sur les intérêts », il est largement utilisé dans la pratique.

Les textes décrivent différentes caractéristiques de la « négociation positionnelle », y compris les objectifs, les hypothèses, les relations, la structure des processus et les tactiques. Par exemple, divers textes identifient l’objectif de maximiser les résultats des négociateurs, d’avoir des hypothèses à somme nulle, de traiter l’autre partie comme des opposants, d’utiliser un processus de contre-offre pour commencer par des offres extrêmes et d’utiliser diverses tactiques de négociation dure.

En décrivant la « négociation de résolution de problèmes », les textes font généralement référence aux efforts visant à satisfaire les intérêts des deux parties, à créer des résultats positifs, à avoir un processus amical et efficace. Les textes énumèrent de nombreuses techniques spécifiques avec très peu de chevauchement entre eux.

Dans mon étude, j’ai interviewé 32 avocats au sujet de cas qu’ils ont récemment réglés. J’ai constaté que certains cas s’inscrivaient parfaitement dans les modèles théoriques, mais que de nombreux cas ne présentaient pas toutes les caractéristiques d’un modèle donné. Par exemple, certains négociateurs ont utilisé différents modèles pour aborder différentes questions ou ils ont utilisé un modèle à un moment donné et ont utilisé un autre modèle plus tard dans le processus.

Modèles de médiation

De nombreux universitaires et praticiens font la distinction entre la médiation « facilitative » et la médiation « évaluative ». Dans La formulation originale de Len Riskin de la « grille Riskin », la médiation « évaluative » désigne une combinaison de choses très différentes. Il a plus tard critiqué les concepts de médiation facilitative et évaluative, suggérant des solutions de rechange, mais les universitaires et les praticiens de la médiation utilisent encore les anciens concepts et utilisent rarement les nouveaux.

Les différences entre les éléments de la médiation « évaluative » sont illustrées par les résultats d’une enquête auprès des médiateurs civils menée par l’American Bar Association Section of Dispute Resolution Task Force on Improving Mediation Quality. Des pourcentages variables de médiateurs ont dit qu’ils croient que les techniques suivantes seraient utiles dans la plupart des cas :

  1. faire l’analyse des cas, y compris les forces et les faiblesses: 66%
  2. recommander un règlement spécifique : 38 %
  3. faire des prédictions sur les résultats probables des tribunaux : 36 %
  4. exercer une certaine pression pour accepter une solution spécifique : 30 %

Plus récemment, le Groupe de travail sur les techniques de médiation de la Section de l’ABA sur le règlement des différends a analysé 47 études empiriques des quatre dernières décennies qui ont produit des données sur les effets de mesures particulières prises par les médiateurs. Le Groupe de travail a constaté que les chercheurs utilisaient divers termes faisant référence à des concepts connexes mais distincts. Par exemple, diverses études ont défini des actions « urgentes » ou « directives » qui :

  1. Press parties, pousser les parties dur pour changer de position ou d’attentes;
  2. Exhorter les parties à faire des compromis, à concéder ou à parvenir à un accord;
  3. Plaider pour / d’accord avec les positions / idées d’un côté; argumenter la cause d’une partie;
  4. Pousser avec biais pour / contre un côté;
  5. Dites aux parties ce que devrait être le règlement; les presser vers cette solution; essayer de faire voir les choses aux parties à leur façon;
  6. Contrôlez, dominez, dirigez la session.

Voir Roselle Wissler, Met méthodologies et terminologie pour la recherche avec un focus réel, dans Theories of Change for the Dispute Resolution Movement: Actionable Ideas to Revitalize Our Movement 263 (2020), which can be downloaded for free.

Moving Forward

A major problem with the terms described above is that they are so general that they don’t fit the complexities of reality very well.

Rather than trying to develop consensus about such general terms, I think it would be helpful if our community could identify more specific, concrete terms that can be readily mapped onto specific behaviors or concepts. For example, instead of focusing on overbroad models of negotiation and mediation, we could communicate more clearly if we focus on component elements of the models using commonly understood words. We would understand each other better if we refer to elements of negotiation models, such as the extent parties are concerned about each other’s interests, use a friendly tone, use a particular procedure (such as exchanging offers), rely on particular types of norms, or exert power.

The Mediation Techniques Task Force recommended that we seek consensus about preferred language. This initiative might engage the range of stakeholders who might begin by reviewing academic and practice literature. It might involve discussion by experts; focus groups with academics, practitioners, and disputants; public forums; and/or public comments. It should not be limited to mediation.

Clearer communication could help in many contexts. For example, using clear language could be particularly valuable in dealing with disputants and other dispute resolution stakeholders. Professional jargon can promote communication between professionals but it confuses laypeople and thus excludes them from conversations. Jargon is helpful in some technical fields but it isn’t helpful for dispute resolution, which benefits from active participation of a wide range of stakeholders.

Clearer language could help students in clinical and externship courses navigate the different worlds of practitioners, clients, and faculty. These courses could become more useful laboratories of knowledge at the intersection of academia and practice.

L’utilisation de définitions plus uniformes pourrait favoriser des collaborations entre les chercheurs et les praticiens afin de produire une théorie et une recherche plus utiles.

Cette initiative pourrait produire une liste standard de mots clés pour la recherche bibliographique, qui pourrait aider les auteurs à atteindre les lecteurs intéressés et aider les chercheurs à trouver ce qu’ils recherchent.

L’élaboration d’une terminologie commune en matière de règlement des différends pourrait être une tâche difficile parce qu’une grande partie de notre langue a des connotations qui reflètent des sentiments forts à l’égard de ce que certains croient être les approches de règlement des différends « bonnes » ou « mauvaises ». Idéalement, nous pourrions développer une terminologie moins ambiguë et chargée d’émotions. Nous aurions encore de fortes différences philosophiques, mais j’espère que nous serions en mesure de nous concentrer plus directement sur les questions en utilisant un vocabulaire partagé, moins distrait par les réactions à la langue elle-même. En effet, l’utilisation d’un langage plus clair et communément accepté améliorerait vraisemblablement ces discussions.1)

Références

1.Pour plus de description de cette idée, voir mon article, Understanding Actual Dispute Resolution Practice and Communication Clearly About It, dans le Theory of Change book, aux pages 254-56.

(Extrait de mediationblog.kluwerarbitration.com du 20/10/2020)

Article original à consulter sur http://mediationblog.kluwerarbitration.com/2020/10/28/we-need-clearer-dispute-resolution-language/

Vidéo : (Re)voir le Webinaire du CEMA « Profession Médiateur : faut-il (re)définir ou institutionnaliser la Médiation ? » entre Michèle GUILLAUME-HOFNUNG et Bertrand DELCOURT du 26/9/2020


« Le CEMA a la joie de vous offrir la possibilité de (re)voir le Webinaire débat « Profession Médiateur : faut-il (re)définir ou institutionnaliser la Médiation ? » entre Madame la Professeure Michèle GUILLAUME-HOFNUNG et Maître Bertrand DELCOURT. Ce Webinaire a été animé par Madame Catherine EMMANUEL, Directrice pédagogique du CEMA, le 26 septembre 2020 à 18h.Profession Médiateur : faut-il (re)définir ou institutionnaliser la Médiation ? » (Extrait de linkedin.com du 18/10/2020

Vidéo à consulter sur https://www.linkedin.com/posts/cema_profession-m%C3%A9diateur-faut-il-red%C3%A9finir-activity-6723648618307366912-dT3a/

« Le renouveau de la médiation » par Jean-Pierre Bonafé-Schmitt, Les Cahiers de la Justice, n°3/2020, 10p.


Résumé

Depuis son renouveau au début des années soixante-dix, la médiation commence à avoir une histoire et il convenait de s’interroger sur les raisons du développement de ce mode de gestion des conflits.
Si nous parlons de renouveau, c’est que la médiation a toujours existé mais il est difficile de connaître son historicité, son évolution au cours des siècles, en raison du peu de travaux en la matière. Si la médiation a toujours existé, son renouveau s’inscrit dans une crise profonde de nos sociétés, notamment des modes traditionnels de régulation des conflits. Son développement dans tous les champs de la vie sociale montre bien qu’elle ne représente pas une simple technique de règlement des conflits mais qu’elle participe plus largement à la (re) construction du lien social comme en témoigne le développement de
la médiation dans les écoles, les quartiers…

Since its revival in the early seventies, mediation is beginning to have a history and it was appropriate to ask why this mode of conflict management has developed. If we speak of renewal, it is because mediation has always existed but it is difficult to know its historicity, its evolution over the centuries, because of the lack of work on the subject. If mediation has always existed, its revival is part of a deep crisis in our societies, particularly in the traditional modes of conflict regulation. Its development
in all fields of social life clearly shows that it is not a simple technique for settling conflicts but it plays a wider role in the (re)construction of the social bond, as shown by the development of mediation in schools, neighbourhoods, etc.

Article à consulter sur https://www.dalloz-revues.fr/Les_cahiers_de_la_justice-cover-91552.htm

Conflits de couple: nos neurones aiment la médiation


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« La médiation par un tiers a des effets positifs sur l’issue d’une dispute au sein d’un couple comme en témoigne l’activité accrue de régions clés du cerveau appartenant au circuit de la récompense.

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Lors d’un conflit de couple, la médiation par un tiers améliore l’issue de la confrontation. Mais ce n’est pas tout. Elle est en effet également associée à une activité accrue dans des régions clés du cerveau appartenant au circuit de la récompense. C’est ce qui ressort d’une étude parue dans la revue Cortex et menée par des scientifiques de l’Université de Genève (UNIGE). L’expérience a consisté à soumettre des couples à des questionnaires comportementaux et à de l’imagerie par résonnance magnétique fonctionnelle (IRMf), avant et après une séance durant laquelle les deux partenaires se disputent. Les couples ayant bénéficié d’une médiation active rapportent une plus grande satisfaction que les autres à l’issue du conflit. On a identifié chez ces mêmes personnes une plus grande activation dans le «noyau accumbens», une région clé du circuit de la récompense. C’est la première fois qu’une étude contrôlée et randomisée parvient à démontrer les avantages d’une médiation dans le cas de conflits de couples et à en identifier une signature biologique.

«On sait par de nombreuses études que le fait de penser à l’amour romantique et à son partenaire romantique active dans le cerveau le circuit dit de la récompense, qui est associé au sentiment de plaisir et de motivation, explique Olga Klimecki, chercheuse au Centre interfacultaire en sciences affectives (CISA) et à la Faculté de psychologie et des sciences de l’éducation de l’UNIGE. Cependant, on ignorait jusqu’à présent l’impact que pouvait avoir un conflit de couple ainsi que la médiation par un tiers sur cette activation. C’est précisément pour combler cette lacune que nous avons imaginé notre étude.»
Pour mener leur expérience, les chercheuses ont enrôlé 36 couples hétérosexuels (pour des raisons de statistiques et de comparaison avec des études antérieures), monogames (selon les dires des couples eux-mêmes) et ensemble depuis au moins un an. Avant de venir dans les locaux de l’UNIGE, les participants ont dû cocher, parmi une liste de 15 sujets standards (beaux-parents, sexualité, finances, tâches ménagères, temps passé ensemble, etc), lesquels alimentent le plus souvent des conflits avec leur partenaire.

Sujets conflictuels
«Nous les avons ensuite invités à lancer une discussion sur un de ces thèmes, précise Halima Rafi, doctorante à la Faculté de psychologie et des sciences de l’éducation et première auteure de l’article. Certains en ont choisi un coché par les deux partenaires. D’autre ont préféré partir sur un sujet considéré comme conflictuel par l’un mais pas par l’autre. Ça marche tout aussi bien, voire mieux. En général, les dix premières minutes sont un peu embarrassantes mais ensuite les choses s’enchaînent avec un naturel impressionnant et débouchent immanquablement sur un conflit.»
La séance, qui dure une heure, est suivie par un médiateur professionnel. Dans la moitié des cas, il intervient dans la dispute. Dans l’autre, il reste parfaitement passif. Avant et après le conflit, les participants remplissent un questionnaire comportemental visant à mesurer leur état affectif avant de passer dans un appareil de neuro-imagerie qui mesure l’activité de leur cerveau lorsqu’ils sont confrontés aux images de leur partenaire romantique ou à celles d’une personne inconnue.

Désactivation générale
Les données provenant des questionnaires indiquent que les couples ayant bénéficié de la médiation active sont plus aptes à résoudre les conflits, plus satisfaits du contenu et du déroulement de la discussion et ont moins de désaccords résiduels.
«Quant aux résultats de neuroimagerie, ceux effectués avant le conflit reproduisent des études précédentes sur l’amour romantique, montrant un schéma d’activation dans des régions du cerveau comme le striatum et le cortex orbitofrontal, poursuit Halima Rafi. Après le conflit, nous avons observé assez logiquement une désactivation générale chez les deux groupes dans les régions associées à l’amour romantique, y compris le striatum.»
En revanche, en comparant les couples ayant bénéficié d’une médiation active avec ceux qui en ont été privés, les chercheuses ont découvert que les premiers ont tendance à avoir, après le conflit, une plus grande activation dans le noyau accumbens, qui est une région clé dans le circuit de la récompense du cerveau. Par ailleurs, les participant-es qui se sentent le plus satisfait-es après la résolution du conflit sont aussi celles et ceux chez qui l’activation du noyau accumbens est la plus importante lorsqu’ils contemplent leur partenaire romantique par rapport à une personne inconnue.
«Nos résultats suggèrent, pour la première fois, que la médiation par un tiers a un impact significatif et positif sur la façon dont les couples se disputent, et ce tant au niveau comportemental que neuronal, conclut Olga Klimecki. Cette signature biologique de l’amour romantique est très intéressante car elle ne peut pas être manipulée comme pourrait l’être une réponse à un questionnaire. Nous aimerions maintenant poursuivre les recherches et voir, par exemple, si l’on peut mesurer des effets similaires dans des conflits d’une autre nature et ne concernant pas forcément l’amour.» (Extrait de unige.ch du 29/07/2020)

En savoir plus sur https://www.unige.ch/communication/communiques/?cID=1506&s=03

Vidéo : Entretien avec Jacqueline Morineau par INTER-Médiés lors du 1er Congrès International de la Médiation à Angers (Mise en ligne le 13 avril 2020)


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« INTER-Médiés a interviewé Jacqueline Morineau lors du 1er Congrès International de la Médiation à Angers. La médiation humaniste : Apprendre à être humain. Ecoutez cette grande dame qui explique comment la vie peut renaître de la mort… » (Extrait de https://www.linkedin.com/feed/update/urn:li:activity:6655518814236618756/

Vidéo à consulter sur https://www.youtube.com/watch?v=-Ur-iebhBXU&feature=youtu.be

« Médiation, justice et droit : un mélange hétéroclite » par Sylvette Guillemard, Les Cahiers de droit, Volume 53, numéro 2, juin 2012


Résumé de l’article
Pour diverses raisons, les citoyens semblent de plus en plus invités à régler leurs différends non plus par le biais de recours devant les tribunaux étatiques mais par la médiation. Ce processus par lequel ils sont accompagnés par un tiers dans leurs échanges, leur négociation, est utilisé aussi bien en matière familiale que dans le domaine civil et commercial. S’en tenant à ce dernier registre, l’auteure du présent article se penche sur ce mode de résolution des différends tant dans sa version extrajudiciaire que sous sa forme de conférence de règlement à l’amiable, également appelée « médiation judiciaire ».

Le discours officiel sur la médiation, en particulier celui tenu dans l’Avant-projet de loi instituant le nouveau Code de procédure civile qui propose un livre entier sur les modes de prévention et de résolution des différends, en fait un élément de la justice. Il rejoint en cela les propos de ceux qui font la promotion de la médiation et qui voient en elle un nouveau chemin vers la justice. L’auteure estime que cette assimilation ne repose sur aucun fondement solide et s’éloigne même plutôt de la raison d’être du processus et du choix que font les citoyens de l’utiliser. Sa seule vertu est peut-être de rendre plus prestigieuse l’incitation à délaisser le système judiciaire traditionnel. En outre, l’auteure dénonce une certaine ambiguïté que d’aucuns entretiennent en ce qui concerne les rapports entre la médiation et le droit.
En somme, l’auteure propose de prendre la médiation pour ce qu’elle est, ni cousine du judiciaire ni parente du juridique. En quelque sorte autonome, elle constitue un excellent moyen de rétablir des relations qui se sont dégradées. La considérer et la traiter autrement ne la sert pas et risque au contraire d’en éloigner les citoyens. (Extrait de erudit.org/)

En savoir plus sur https://www.erudit.org/fr/revues/cd1/2012-v53-n2-cd0121/1009441ar/

« Médiation et travail social : concurrence ou complémentarité ? » par Fathi Ben Mrad, Hommes & Migrations , 1998 , N°1215 pp. 67-80


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Résumé
Le concept de médiation sociale oppose aujourd’hui deux catégories d’acteurs sociaux. D’un côté , les travailleurs sociaux institutionnels, qui revendiquent leur légitimité d’experts et leur compétence professionnelle acquises au terme d’une longue formation spécialisée. De l’autre , les nouveaux agents locaux , ancrés dans les quartiers , se prévalent d’une connaissance plus intimiste de l’habitant. Par ailleurs, l’auteur met en évidence une autre contradiction : la démarche participative et responsable des citoyens préconisée par certains, ne peut, pour d’autres, être pleinement réalisée en l’absence d’outils fonctionnel

Article à consulter sur https://www.persee.fr/doc/homig_1142-852x_1998_num_1215_1_3224

 

 » Les conceptions de la compétence en médiation »par Ben Mrad Fathi (Recherches et Prévisions, n°53, septembre 1998. pp. 59- 71)


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Omniprésente dans le discours social, la notion de médiation est une des plus diverses qui soient. Son utilisation multiple la rend confuse, au point qu’il est urgent de tenter une mise au point pour préciser ses définitions, ses champs théoriques ainsi que les compétences requises pour exercer les fonctions de médiation dans ses différents domaines d’application. De surcroît, le foisonnement des pratiques se réclamant de la médiation renforce l’indétermination institutionnelle sur ces questions de compétences et de qualification des médiateurs. Pourtant, la question de la compétence en médiation
demeure l’une des préoccupations récurrentes qui traverse les débats chez les spécialistes et les praticiens de ce mode de régulation sociale. (Extrait de persee.fr )

Article à consulter sur https://www.persee.fr/doc/caf_1149-1590_1998_num_53_1_1829

« Médiation et médiateurs sociaux : entre nomination et professionnalisation » par Demazière Didier (Formation Emploi. N.86, 2004. p 11-2


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Résumé
La médiation sociale est une appellation professionnelle récente, produite par les pouvoirs publics, en particulier dans le cadre du programme « nouveaux emplois et nouveaux services » ou « emploisjeunes ». Ce processus d’imposition d’une catégorie professionnelle invite à analyser les traductions de cette dénomination en activités et, ce faisant, à interroger la production éventuelle d’un groupe professionnel. Cet article rend donc compte des modalités de formalisation, d’explicitation, de mise en oeuvre et de réalisation du travail des médiateurs. Trois dimensions sont explorées : les relations avec
la hiérarchie, avec des professionnels reconnus, et enfin avec les destinataires et usagers. En raison de décalages persistants entre ces registres, la dynamique de professionnalisation, annoncée comme un objectif prioritaire du dispositif, apparaît problématique et défaillante. Ces décalages rendent le travail de médiation invisible en dehors des scènes particulières où il est effectué. (Extrait de

Article à consulter sur https://www.persee.fr/doc/forem_0759-6340_2004_num_86_1_1689

ETIENNE LE ROY NOUS A QUITTE LE 28 FEVRIER 2020


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De nombreux hommages ont été publiés à la suite du décès d’Étienne Le Roy, car il fut un enseignant-chercheur aux multiples facettes : anthropologue du droit, africaniste,… et je voudrais à travers ces quelques lignes souligner son apport dans le domaine de la médiation. En effet dans un entretien récent accordé à la revue Négociations, il avait indiqué que si la médiation avait tenu une place marginale dans sa production académique, en revanche, elle avait représenté pour lui « la plus belle école de citoyenneté » qu’il avait pu observer et qu’elle avait continué à irriguer ses démarches les plus contemporaines (1) . S’il est vrai que la médiation a constitué, selon ses propres termes, un « trentième » de sa production de chercheur, cela n’empêche pas pour moi qu’Étienne fut en matière de médiation, un visionnaire. J’ai pu le constater lors du premier colloque sur la médiation que j’avais organisé en avril 1987 à l’université Lyon II où il fut le seul chercheur présent, car il menait à l’époque une recherche sur la conciliation. À l’époque, j’ai été impressionné par sa vision de la médiation à partir de son approche anthropologique et d’africaniste. Il fut un des premiers à l’instar de ses homologues nord-américains à nous montrer à partir de son analyse des sociétés traditionnelles africaines que nos sociétés post-modernes avaient perdu en raison de la juridicisation et judiciarisation des relations sociales, ces tiers traditionnels qui jouaient un rôle de médiateur dans la gestion des conflits et qu’il était nécessaire de les réinventer. Pour illustrer son propos, il nous a rappelé, à partir de ses recherches sur le foncier au Sénégal, qu’il convenait de ne pas oublier ce principe, de toujours rechercher à régler les conflits au sein du groupe qui les a vus naître, c’est-à-dire dans « le ventre de la famille » comme le disent les Wolofs. C’est cette vision de la médiation qui m’a conforté dans mon idée de développer la médiation de quartier en formant des habitants à la gestion des conflits du quotidien, c’est-à-dire dans « le ventre du quartier » pour reprendre l’expression des Wolofs.

C’est au cours de cette première rencontre que nous avons décidé d’organiser en commun un séminaire sur la médiation pour dresser un état des lieux de la médiation mais aussi engager une réflexion conceptuelle autour des « alternatives à la justice » comme on disait à l’époque. Ce séminaire s’est déroulé sur deux années de novembre 1989 à juin 1991 et il fut itinérant de Lyon à Paris en passant par Onati dans le Pays Basque espagnol. Il s’agissait d’un séminaire universitaire, mais nous avions fait le choix d’inviter à la fois des chercheurs mais aussi des praticiens pour favoriser une confrontation des idées et des pratiques de médiation. Comme anthropologue du droit Étienne Le Roy avait beaucoup insisté à l’époque sur la nécessité de développer une approche interdisciplinaire dans l’analyse de la médiation, ce qui nous avait amené à inviter des juristes, des sociologues, des psychologues… De même son souci de prendre en compte l’approche comparée nous a amené donner une dimension internationale à ce séminaire en organisant une séance du séminaire à l’Institut International de Sociologie du droit à Onati où furent conviés des chercheurs et des praticiens d’autres pays comme les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l’Espagne, l’Autriche….
C’est à partir de ce séminaire, que notre relation de travail s’est peu à peu transformée au fil des mois en amitié et il fut pour moi un véritable « compagnon de route » de la médiation. Le terme de compagnon n’est pas galvaudé, car Etienne fut de toutes les aventures notamment celle de la création en 1995 du premier DU de gestion des conflits et de médiation à Paris 5. Une fois de plus, la création de ce DU concrétisait son souhait, formulé au cours de la séance du séminaire de médiation de Lyon en 1990, de développer la formation des médiateurs. Il existait des formations à la médiation, mais aucune n’était de niveau universitaire et Étienne Le Roy fut un des co-fondateurs de ce D.U. au même titre qu’Hubert Touzard, Jacques Salzer, Jacques Faget et moi-même. Dans ses enseignements, il apporta une fois de plus sa vision anthropologique de la médiation en montrant que ce n’était pas seulement une technique de gestion des conflits mais qu’elle participait à la création d’un nouvel ordre normatif, un ordre négocié qui s’opposait à l’ordre imposé de nos sociétés.
Il m’est difficile dans cet hommage de retracer tout l’apport d’Étienne dans le champ de la médiation, mais je voulais plus particulièrement insister sur ces premières années de collaboration commune pour montrer qu’Étienne fut pour moi, non seulement un acteur important du développement de la médiation mais surtout, un ami sur qui j’ai pu toujours compter pour intervenir dans un colloque, un séminaire, un enseignement…
Pour montrer que sa pensée est toujours vivante, je terminerai cet hommage en invoquant ce choix qu’Étienne nous propose et que je ferai mien pour rester fidèle à sa mémoire et à notre amitié car nous partagions la même vision de la médiation :
« Nous pouvons encore choisir entre la dictature du nomologisme décliné dans toutes les ressources de la marchandisation, et la libération par une pratique citoyenne où la médiation aurait un rôle renouvelé, nous faisant oublier son côté « servante du château » pour en faire un cadre central d’une philosophie politique où la médiation, les communs et la démocratie participative, l’économie solidaire et la valeur du partage seraient préférés. Dans ce cheminement, le premier pas est toujours le plus délicat. Ensuite, on trouve la marche en marchant ! »

Jean-Pierre BONAFE-SCHMITT

 

J’ai reproduit une petite biographie d’Etienne Le Roy pour une présentation plus complète de son activité de recherche et d’enseignement :
« Étienne Le Roy fut professeur émérite d’anthropologie du droit à l’Université Paris 1 Panthéon- Sorbonne où il a dirigé le Laboratoire d’Anthropologie Juridique de Paris de 1988 à 2007 et le DEA d’Études africaines, puis le master d’Anthropologie du droit. Docteur en Ethnologie (Université Paris 7) et en Droit (Faculté de droit et des sciences économiques de Paris), il a réalisé une observation participante et une expertise des pratiques juridiques en privilégiant deux domaines, la justice et les politiques foncières sur des terrains africains, européens et américains. Auteur de nombreux ouvrages dont Le jeu des lois, une anthropologie « dynamique » du droit (LGDJ, Paris, 1999) et Les Africains et l’Institution de la Justice (Dalloz, Paris, 2004), et La terre de l’autre (2011), Étienne Le Roy considère le « foncier » comme un fait social total à partir duquel il renouvelle l’anthropologie juridique à la base de la reconnaissance d’une expertise française à l’échelle internationale. » (Extrait de https://wiki.remixthecommons.org/index.php/Entretien_avec_%C3%89tienne_Le_Roy)

Note

1 La voie étroite de la médiation, entre les ordonnancements imposé et négocié de régulation des différends – Entretien avec Étienne Le Roy, dans Négociations 2017/2 (n° 28), pages 107 à 117 à consulter sur https://www.cairn.info/revue-negociations-2017-2-page-107.htm#

2-Ibidem