» La viabilité économique de l’uberisation de la médiation » (2ème partie) par Alicia Musadi (Hema Médiation)


Main, Humaine, Robot, Touch, Geste
Le contexte économique actuel favorise grandement l’éventualité d’une uberisation de la médiation
par de nouveaux acteurs économiques. Tous les critères semblent en effet présents, tant pour appuyer le financement d’une telle entreprise (§2), que pour démarrer et faire prospérer cette activité d’uberisation (§1).
§1 – Une éventualité confortée par une tendance à la déprofessionnalisation des activités et une logique de réduction des charges
Parfois qualifiée « d’économie de l’ombre », l’uberisation a cependant la vertu de faire le jour sur la digitalisation de l’économie, ainsi que sur ses répercussions. Et justement, celles-ci ne sont pas des moindres puisque l’uberisation a provoqué une véritable mutation des relations commerciales et professionnelles telles que nous les connaissions jusqu’à présent.
Ce changement de paradigme résulte de l’intégration par le consommateur de multiples facteurs qui semblent bouleverser la répartition des activités professionnelles entre les individus.
En premier lieu, le consommateur, a évolué en prenant conscience de son potentiel inexploité jusque-là. Le consommateur a pris conscience du fait qu’il lui était possible de mettre ses biens ou sa personne et parfois même les deux à la fois, au service d’un autre consommateur et ce, afin d’en tirer une manne pécuniaire.
En outre, le consommateur a dans sa démarche, bénéficié du vecteur internet qui lui a permis tout à la fois, de diffuser son offre et de recevoir en retour des demandes.
La venue de sociétés d’intermédiation sur le marché a amplifié le mouvement. Celles-ci les encouragent en effet, à se prêter au jeu de l’exercice d’une activité rémunérée sans pour autant en faire leur métier. L’action de ces consommateurs empiète ainsi sur l’action des professionnels traditionnels.
L’amplification de ce phénomène de la déprofessionnalisation des activités a ainsi propulsé sur le marché des consommateurs transformés par ces sociétés intermédiaires, en travailleurs à la demande. Cela a pour conséquence de réduire considérablement le coût du travail à la charge de ces sociétés intermédiaires. En effet, ce sont les travailleurs à la demande qui doivent selon la même logique, assumer eux-mêmes charges et assurances relatives à leurs activités.
Si ce phénomène a pu prendre l’ampleur que l’on connait, c’est que la crise économique a constitué un puissant déclencheur qui poussé les consommateurs à envisager plus ou moins ponctuellement de rechercher de nouveaux revenus.
Il s’agit d’un bouleversement profond car ce changement n’a pas seulement transformé les agents économiques. Ce changement a également ébranlé les acteurs traditionnels du secteur qui n’avaient pas anticipé l’ascension de l’économie collaborative qui repose sur l’exploitation par les sociétés intermédiaires du travail et des actifs tangibles détenus par les consommateurs, tandis que ces dernières ne possèdent que peu ou pas d’actifs tangibles.
§2 – Une conjoncture encouragée par une dimension financière propice à l’uberisation de la médiation
La digitalisation de l’économie aidant, le phénomène d’uberisation de l’économie s’installe durablement. A l’image de la société Uber, il paraît désormais vraisemblable que toute personne issue de la société civile, puisse être en mesure de remettre en cause les parangons suivis jusqu’à présent par toute une profession ou par un corps de métier.
En outre, non content de déstabiliser ainsi des professions historiques en ébranlant la conception qu’elles avaient de leur exercice, voir les fondements moraux ou éthiques de leurs métiers, ce nouvel acteur pourrait également disposer des moyens financiers parfois colossaux, pour cette fois-ci, terrasser les acteurs traditionnels désormais perçus comme de simples concurrents dépassés par les évolutions technologique.
A l’image de la société Uber, une startup exerçant dans le domaine de la médiation n’aurait d’autre choix pour se démarquer, que de faire appel à des investisseurs dans le but de parvenir à réaliser une importante levée de fonds.
A ce titre, la société Uber est en effet parvenue à devenir le « géant » de son secteur, grâce à une veille stratégique de ses investisseurs. Ceux-ci ont décelé en elle un potentiel financier susceptible de leur procurer des gains conséquent et ont choisi d’en faire la société dominante de son secteur. Pour y parvenir, Uber a été saturée d’actifs financiers, afin de couvrir ses premières pertes et de se développer rapidement.
De la sorte, cette startup pourrait ainsi parvenir à dominer les concurrents de son secteur d’activité en bénéficiant d’investissements massifs.
Cette opération de survalorisation n’aurait en réalité d’autre but que de « noyer » les acteurs traditionnels du secteur en créant peu de temps après son entrée sur le marché, un fort avantage concurrentiel au bénéfice de cette startup. Cet avantage aurait vocation à assurer sa viabilité à moyen voir à long terme et devrait lui permettre de détenir un réel monopole de fait sur le marché qu’elle a investi.
Cet apport financier lui offrirait également la possibilité de se montrer concurrentielle dans la détermination des tarifs de ses prestations de services, dans le but d’attirer à elle toujours plus de nouveaux clients. » (extrait de hemamediation.blogspot.fr )
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COLLOQUE INTERNATIONAL : L’ESSENTIEL DE LA MÉDIATION. VERS UN CONSENSUS SUR LE CONCEPT DANS LES SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES (UNIVERSITÉ DE PADOUE, LES 1-2 MARS 2018)


 

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Programme et inscription sur https://mediation-shs18.sciencesconf.org/data/pages/Programme_Colloque_Padoue_2018.pdf

Vidéo : « Entretiens avec Jacqueline Morineau, la médiation humaniste », Extraits du film de Jean-Charles Dumont, réalisé par Clément Gourand, les films de Clem, en septembre 2014.


 

Capture.PNG32.PNG« Extraits du film de Jean-Charles Dumont, réalisé par Clément Gourand, les films de Clem, en septembre 2014.
Après des études d’archéologie classique, J.Morineau s’est spécialisée dans la numismatique grecque. En 1983, elle s’est trouvée impliquée dans une réflexion sur la médiation pour le ministère de la justice, alors sous l’égide de Robert Badinter. Elle a été chargée de créer la première expérience de médiation pénale en France et en Europe pour le parquet de Paris. Pour répondre à cette demande, elle a fondé le CMFM (Centre de médiation et de formation à la médiation) qui perdure à ce jour. Elle a enseigné la médiation humaniste en France, et à l’étranger, dans un cadre social, éducatif (scolaire et universitaire) et international, particulièrement dans un programme de paix pour les jeunes dans les Balkans, pour le conseil de l’Europe.

Auteur de 3 livres sur la médiation:

l’esprit de la médiation, Erès 2014
la médiation Humaniste, Erès 2016
le médiateur de l’âme, nouvelle cité 2008″ (Extrait de dailymotion.com )

Vidéo à consulter sur https://www.dailymotion.com/video/x6d2la6

Article : « La neutralité et les discours religieux en médiation » par Ikram Ben Aissa, Huffpost Tunisie, 4/01/2018


ISLAM

« Comment maintenir sa neutralité en tant que médiateur, dans le cadre de médiations où les discours religieux sont présents chez les médieurs/médiants? »

Introduction

A partir de mes différents stages qui ont duré deux années complètes au sein du Centre Culturel et Islamique de Belgique, je me suis retrouvée à rencontrer des personnes majoritairement de confession musulmane qui venaient en médiation et qui dans leurs discours apportaient toujours un ou plusieurs éléments en lien avec la religion.

Il n’était pas question d’évoquer simplement un élément religieux, il s’agissait d’une référence à laquelle ces derniers se basaient. Au départ, cet élément m’a énormément déstabilisée puisque je me devais d’être neutre et impartiale en tant que médiatrice et de ce fait, ne pas trancher des questions d’ordre religieux ou autres d’ailleurs, ce que les médieurs demandaient.
Certaines de ces thématiques posaient également des questions déontologiques.

Plusieurs réflexions sur ce sujet ont durant trois années été travaillées, que cela soit dans le cadre de mes rapports de stage, au sein de mon lieu de stage ou encore durant les différents cours.

Aussi, dans le cadre de mon travail de fin de spécialisation en médiation, j’ai souhaité à partir de plusieurs exemples, mais aussi de différentes sources académiques, trouver différentes techniques.
Cela permettra d’appréhender au mieux ces discours religieux dans une médiation et ce, afin de maintenir au mieux cette posture de la neutralité.

Ce qui m’a intéressée dans ce travail et dans le cadre de cette thématique, c’est l’approche de la médiation humaniste mise en avant par la française Jacqueline Morineau. Si je souligne sa nationalité, c’est uniquement pour pointer du doigt le fait qu’il s’agit d’une approche particulière et d’une mentalité précise.

En effet, la médiation dans un contexte français n’est pas la même que la médiation dans un contexte anglo-saxon par exemple. Aussi, le fait que choisir cette approche, c’est renoncer à d’autres et qu’aborder une spécialiste de la médiation, n’exclut pas le fait que d’autres spécialistes aient apportés d’autres éléments de réponses sur ce sujet.

Ainsi, il a été question dans mon travail de recherche, de répondre à cette question : « Comment maintenir sa neutralité en tant que médiateur, dans le cadre de médiations où les discours religieux sont présents chez les médieurs/médiants? ».

Justification de l’intérêt porté à ces discours religieux

Il faut d’abord souligner ma formation de base et l’intérêt porté aux phénomènes religieux, plus particulièrement au sein des communautés musulmanes.

Universitaire de formation, je me suis spécialisée dans l’Histoire de l’islam, avec ses différents courants musulmans mais aussi, sa place actuelle dans le monde arabo-musulmans et ce, d’un point de vue sociologique, historique et politique.

Par la suite, je me suis intéressée aux conflits actuels dans ces pays musulmans en guerre, ce qui a abouti à la publication aux éditions l’Harmattan, d’un ouvrage sur la Syrie intitulé « Hommage à la Syrie: Nouvelles d’un pays en crise ».

De plus, c’est en tant que blogueuse que j’ai eu l’occasion de publier plusieurs articles sur les communautés musulmanes notamment pour le média américain « The HuffPost ».

Grâce à la formation en médiation, j’ai pu travailler deux années au sein des communautés musulmanes par le biais d’un centre, le Centre Islamique et Culturel de Belgique, plus précisément avec la cellule « Médiation Sociale » afin de rencontrer et d’offrir un espace de communication pour les personnes qui en font la demande.

Actuellement, je suis doctorante à l’ULB au sein de la Faculté de Sciences Sociales. J’y réalise des recherches sur les minorités musulmanes en Belgique. Ainsi, mes formations expliquent en partie mon choix d’avoir effectué mes stages dans un Centre islamique en particulier.

En effet, les réalités de terrain, qui s’y retrouvent et qui touchent un public précis, expliquent notamment mon sujet de recherche. Entendons-nous, l’objectif principal de la médiation est d’offrir un espace de communication et un cadre où le médiateur n’aurait pas une posture de « savoir » mais il serait avant tout à l’écoute, mettant en avant une posture de « non savoir ». Ainsi, je comprenais dès le départ que mes connaissances de ce milieu n’influenceraient en rien ma pratique de la médiation.

Pourquoi donc s’intéresser aux discours religieux et à la posture neutre du médiateur?
C’est parce que nous avons été confrontés à plusieurs cas de médiation où les médieurs évoquaient des thématiques religieuses comme références dans leur quotidien. Ces discours religieux aux expressions diverses en fonction des protagonistes du processus de médiation revenaient à chaque fois.

Majoritairement en médiation de couple, ces personnes venaient en médiation au Centre Islamique et Culturel de Belgique pour l’aspect religieux. En effet, ces derniers se disaient mieux compris dans ce cadre que dans un centre non islamique.

A plusieurs reprises, ces médieurs nous ont expliqué s’être dirigés vers des cellules de médiation où le professionnel rencontré ne comprenait pas ces éléments religieux. Le choix des personnes qui venaient en médiation était donc avant tout motivé par l’élément religieux et leur spiritualité. Si la décision d’aller vers tel ou tel médiateur incombe à la responsabilité des individus, il était essentiel de savoir ce qu’ils attendaient de la médiation.

De plus, si la thématique du religieux est présente ce n’est pas non plus un hasard. En effet, l’individualisation des sociétés étant une réalité sociologique, les différents domaines de la vie (dont la religion) vont être par conséquent appropriés par les personnes afin d’effectuer ce que l’on appelle un syncrétisme.

Ainsi, certains médiateurs ont décidé d’aborder la thématique « religieuse » comme n’importe quelle autre thématique en médiation. Cependant, toute l’actualité en lien avec les attentats, le terrorisme, la radicalisation, les musulmans et l’islam, a fait écho au sein de la société, les conséquences et ces thématiques ont pu être découvertes dans certaines des médiations vécues en stage.

Ainsi, parler de religion, de phénomènes religieux, de la pratique religieuse, de la manière dont les médieurs se représentent la religion dans un contexte particulier et une époque précise, n’est pas, selon nous, une tâche à prendre à la légère.

Nous pensons en effet que le simple fait d’en parler est déjà une étape importante et que cela puisse se faire dans un espace de médiation aussi. Nous pensons par exemple à ce jeune qui est venu en médiation avec ses parents et qui souhaitait partir en Syrie.

Ce dernier était prêt à entendre le point de vue d’un spécialiste de l’islam pour savoir si le fait de partir au djihad était mal comme le défendaient ses parents. Dans cette situation, il y avait un travail de communication à effectuer entre les parents et le jeune mais aussi entre l’expert de la religion et le jeune en question.

Voici un exemple qui prouve le sens de la médiation sur ces thématiques liées à la religion. Aussi, si la religion musulmane a des bases communes avec les différents courants musulmans, nombreuses en sont les interprétations.

Ces interprétations émises en fonction de la personne que l’on rencontre seront communément admises ou complètement opposée à « la norme ». C’est tant mieux, puisque dans le cadre des médiations, il n’y a ni norme, ni approche de la religion à favoriser plutôt qu’une autre. Cependant, accepter d’entendre ces différentes approches nécessite des méthodologies, des outils et un cadre particulier.

C’est donc dans ce contexte que les travaux des spécialistes de la médiation humaniste peuvent nous aider. Pourquoi ? Il apparaît que le religieux et le spirituel sont intégrés dans ce concept de la médiation humaniste.

Présentation du lieu de stage: Le Centre Islamique et Culturel de Belgique

Description de l’institut (son projet institutionnel, son origine, son public, ses fidèles, etc.)
Nous pouvons lire sur le site officiel du Centre islamique et culturel de Belgique, l’historique de sa création. Il s’agit à la base d’un présent offert par le roi Baudouin Ier au roi Fayçal d’Arabie Saoudite qui était en visite à Bruxelles.

L’objectif étant que ce pavillon oriental, soit utilisé en tant que mosquée mais aussi en tant que siège pour le Centre Islamique et Culturel de Belgique. C’est donc dans les années 60 et 70 que l’évolution de ce centre se réalisera.

Il faut ajouter que le roi d’Arabie Saoudite décide de prendre en charge les coûts de construction et de rénovation de ce pavillon devenu dorénavant un centre. L’objectif de ce financement est un moyen d’en faire une référence au sein de ce territoire européen.

Concrètement, plusieurs activités sont réalisées au sein de ce centre : il y a la partie mosquée où les musulmans et les musulmanes peuvent y venir accomplir leur prière mais il y a également des salles de classe et de conférence où l’on enseigne différentes disciplines liées à l’islam. Enfin, il y a tout un secteur en lien avec l’administration du centre, un bureau de médiation et d’un conseiller.
Méthodologie appliquée (le processus d’accueil, d’analyse et de gestion de la demande de médiation)

Il y a une salle d’attente au deuxième étage du Centre islamique. Les personnes sont convoquées au sein des différents bureaux en fonction de leur demande. Lorsqu’il s’agit d’une médiation, elles sont invitées à entrer dans le bureau du médiateur. Ce dernier les reçoit, les invite à s’installer et écoute leur requête, « la demande ».

Le médiateur va alors poser une série de questions afin de mieux saisir la situation conflictuelle. Si tous les protagonistes sont présents, il va tenter en fonction de la demande, de chercher avec les médieurs des pistes de solutions.

Et au-delà, donner certains conseils en plus liés au centre même qui est un centre islamique. Il faut savoir que cela se fait toujours à la demande des médieurs, qui au-delà de trouver des pistes de solutions, souhaitent parfois recevoir des conseils en lien avec leur spiritualité.

C’est là que s’articule mon travail de recherche : cadrer le rôle du médiateur pour ne pas le mélanger à celui de conseiller ou de « savant « .

Déontologie (les règles de conduites professionnelles en vigueur au sein de l’institution, celles ayant fait l’objet d’une attention particulière (par le médiateur et/ou l’étudiant) :

Secret professionnel et autonomie vis-à-vis de la direction:

Bien qu’il puisse y avoir des fuites en dehors du bureau, et ce, parce que les murs ne sont pas bien isolés, le médiateur souligne qu’il est soumis au secret professionnel et que ce qui se dit dans ce bureau reste dans ce bureau.

Cela a réellement été le cas et comme nous avons pu le souligner, le médiateur ne doit pas rendre compte de ce qui s’y passe à la direction. Il n’a pas d’évaluation ou de rapport à rendre par exemple.

Ainsi, les situations restent confidentielles, rien n’est rapporté ou transmis au directeur et ce, malgré que le financement du médiateur soit effectué par le centre. En effet, bien qu’il y ait des réunions avec toute l’équipe et ce, plusieurs fois par mois, le contenu de ce qui se passe au sein du bureau de médiation n’est jamais abordé.

Cadre de médiation

Nous pouvons observer qu’il existe un cadre dans lequel la médiation s’effectue. Le bureau en question fait office de cadre de médiation et où l’on retrouve les ingrédients nécessaires pour rencontrer les médieurs.

Il y a donc, dans un premier temps, la séparation entre l’arrivée des médieurs et l’entrée dans le bureau. De ce fait, il y a le respect d’un cadre. L’accueil est également professionnel, comme nous avons pu l’étudier dans certains cours cette année. Le médiateur laisse entrer les médieurs, qui se placent là où ils le souhaitent et qui sont écoutés.

Les personnes qui viennent en médiation au CICB et l’aspect « musulman »

Les médieurs sont majoritairement des personnes de confession musulmane qui viennent au Centre Islamique et Culturel de Belgique parce que c’est « islamique ». Aussi, la question que l’on peut se poser, est de savoir ce qu’ils recherchent dans les médiations puisqu’il est question pour le médiateur d’être impartial et neutre.

Affichant ouvertement ma confession musulmane, il est possible que la représentation que les médieurs auront de ma personne, va influencer leur choix et leur manière d’entrer en médiation.

C’est pour cela qu’il est important pour moi que les médieurs puissent choisir le médiateur avec lequel ils entreront dans le processus de médiation mais aussi, de leur faire comprendre que mon travail ne consiste pas à trancher sur des questions religieuses, que je ne suis pas là en tant que porteuse de savoir et donc de clarifier mon cadre dès le début de la médiation.

C’est dans ce contexte que plusieurs réflexions vont avoir lieu et en lien avec ma pratique de stage.

Les réponses apportées dans le cadre de mes différents travaux tout au long de ma spécialisation en médiation en lien avec cette question du religieux

Concernant le cadre :

Lors de mon premier stage en médiation au sein du Centre Culturel et Islamique de Belgique, mes recherches portaient beaucoup plus sur le cadre dans lequel la médiation et les discours religieux devaient idéalement se réaliser.

En effet, j’avais remarqué et ce, grâce aux différents modules que j’avais pu suivre durant ma première année de spécialisation en médiation, que plusieurs éléments pouvaient poser problème : le fait que l’on puisse entendre ce qui se dit dans les différents bureaux et ce compris là où les médiations avaient lieu.

Un autre exemple est la présence du téléphone fixe dans le bureau de la médiation et qui interrompait souvent le processus de médiation par les nombreux appels des demandes de médiation. J’ai donc pu clarifier mon cadre dans ce contexte, en expliquant la manière idéale et de construction mon propre cadre durant ce stage.

Ainsi, j’ai changé de bureau afin de ne pas avoir ce problème de manque de confidentialité, le bureau dans lequel je me trouvais n’avait pas de téléphone fixe etc. Concernant l’aspect purement « religieux », les médieurs venaient au CCIB pour des médiations mais attendaient également de la médiation et du médiateur des réponses à leur questionnement au niveau islamique.

Ils avaient besoin d’éclaircissements lors de la médiation ou souhaitaient que le médiateur tranche sur certains éléments religieux. La neutralité du médiateur était donc menacée à chaque fois qu’un discours religieux des médieurs se terminait par un questionnement, ou une demande de clarification à ce sujet auprès du médiateur.

Aussi, il m’a été possible de confirmer ma neutralité dans ma posture de médiatrice en clarifiant ce qu’était la médiation et quel était le rôle du médiateur dès le début du processus de médiation ou durant le processus.

Les réponses théologiques attendues par les médieurs/médiants

Même si mon cadre était clair pour les médieurs, un autre élément que j’ai pu travailler lors de mon deuxième stage en deuxième année de médiation est celui des réponses théologiques demandées par les médieurs/médiants.

En effet, lors des médiations vécues, il était question dans les discours religieux des médieurs (pour beaucoup en tout cas) de trancher sur certains éléments islamiques et de demander ce qu’il en est au médiateur.

Je me suis donc retrouvée à plusieurs reprises avec les médieurs coincés sur plusieurs questions religieuses qui ne permettaient pas d’avancer dans la médiation. Si le travail de la représentation des uns et des autres sur ces thématiques se réalisait, il n’empêche qu’au bout du compte, il y avait une demande des médieurs d’obtenir la réponse d’un expert en religion.

Nous pouvons citer comme exemple cette question: « Est-ce que l’islam donne le droit au mari de décider si l’épouse peut travailler ou pas? ».

Après en avoir discuté avec mes différents formateurs et ce, à plusieurs reprises durant la deuxième année, nous avons pensé qu’il serait intéressant de proposer deux situations aux médieurs/médiants durant la médiation.

La première était d’inviter les médieurs à aller s’informer par eux-mêmes auprès du spécialiste de la religion, à savoir, l’imam (les imams) ou d’inviter un expert de la religion au sein de la médiation afin de clarifier et de faire avancer le processus de médiation à propos des discours religieux. Nous avons essayé la deuxième proposition, la médiation a permis de clarifier certains éléments et d’améliorer la communication entre les médieurs.

La première proposition nous semble aussi pertinente même si elle n’a pas été expliquée pour le moment. En effet, chercher l’information par soi-même, c’est une manière de responsabiliser les personnes qui entrent en médiation.

Illustration de la médiation avec l’arrivée de l’expert en islam.

Le premier cas de médiation

Dans le premier cas de médiation, nous remarquons que la confusion entre culture et religion est effectuée par Monsieur.

Puis, lors de la reformulation qui se fait sans jugement, sans un discours savant, Monsieur en arrive à nuancer en expliquant que tout compte fait, il y avait peut-être une distinction entre la religion et la culture et que cela provenait plutôt de la culture que de la religion.

Cette nuance est accueillie par le médiateur mais aussi par l’autre médieur, l’épouse qui fait part de son avis. Cette dernière est beaucoup plus catégorique: la religion n’invite pas à ne pas exprimer ses sentiments, bien au contraire.

Lorsque l’épouse explique cela, il y a une reconnaissance de ses propos par Monsieur, ce qui permet de clarifier un élément en lien avec le religieux. La posture du non savoir a permis cela, mais aussi, le silence et l’écoute du médiateur. Ce sont plusieurs techniques que l’on a mentionnées comme étant des éléments de la médiation humaniste.

Le fait que Monsieur passe d’une référence à la religion à une référence à la culture met en avant l’incertitude qu’il a à propos de ce qu’il avance. Il est possible aussi que les deux éléments soient reliés pour lui. En tout cas, ce qui se joue, ce sont des éléments identitaires, que cela soit au niveau religieux que culturel.

Il aurait été intéressant de travailler cet aspect avec Monsieur, de lui poser certaines questions comme : « Qu’entendez-vous par religion et culture? », « Que signifie pour vous la religion et la culture? », « En quoi est-ce important pour vous d’en parler », « Est-il important pour vous de distinguer les deux ? ».

L’idéal serait vraiment de formuler des questions ouvertes afin de ne pas colorer la suite de l’échange qu’il y aura entre les personnes présentes, dont moi-même, la médiatrice. Ce que Monsieur permet, c’est aussi le fait de pouvoir ouvrir le débat sur la question, il n’est pas dans une certitude, cela peut favoriser un échange sur le sujet.

Aussi, le fait de parler d’un sujet ne veut pas dire que l’on soit tous d’accord sur ce que cela voulait dire, aussi, il était et il est d’ailleurs toujours important de clarifier en posant une question qui commence par « que voulez-vous dire par… ». Cela permet de comprendre et de saisir ce que les médieurs veulent dire.

Un exemple concret où j’ai pu mettre en œuvre cette posture de l’humilité c’est lorsqu’un couple de confession musulmane est venu en médiation, la femme est d’obédience chiite et l’homme est de tendance sunnite, ils ont un problème à régler sur une journée islamique importante et qui se nomme l’Achoura.

J’ai une idée en tête de ce que cet événement est, mais je demande aux médieurs de m’expliquer de quoi il s’agit et en quoi est-ce problématique pour eux. « Qu’entendez-vous par l’Achoura? », « Qu’entendez-vous par le fait que cela soit un problème? » etc.

Il s’avère que le jour de l’Achoura est un événement islamique qui se fait chaque année au sein des communautés musulmanes, mais qui a une représentation différente que l’on soit sunnite ou chiite.

Pour les chiites, c’est un jour de deuil m’expliqua la femme alors que pour les sunnites, c’est un jour de célébration. Du coup, le couple voulait savoir ce qu’ils allaient faire pour pouvoir combiner leurs appartenances distinctes et cet événement religieux.

L’humilité est de ne pas prétendre savoir et ce, même si cela fait plus de dix ans que j’étudie les phénomènes religieux islamiques, la posture du médiateur dans le non savoir permet justement de délaisser ce que l’on sait de toutes ces notions et de se concentrer sur ce que les médieurs disent et pensent de leur propos.

Enfin, pour faire un lien avec la médiation humaniste, « l’humilité » est définie comme une attitude où l’on accueil le ou les médieurs « sans jugement, sans volonté de ne rien faire, sans projet sur l’autre, afin d’être seulement le facilitateur, l’éveilleur de la voix intérieure ». Une tâche sans fin et qui n’est donc « jamais terminée ».

Le deuxième cas de médiation

Le deuxième cas de médiation nous a permis de comprendre l’importance de l’outil miroir évoqué dans l’approche de la médiation humaniste. C’est vraiment l’élément -selon nous- qui a permis aux différents médieurs d’entendre le point de vue de l’autre et ce, sans pour autant être d’accord entre eux.

Par la suite, nous pouvons constater que cela a abouti à des propositions de solution qui pourraient permettre une meilleure entente entre les deux.

Les questions liées à la religion et à la culture ont été abordées. Le médiateur n’a pas tranché, ce n’est pas son rôle. Cependant, il a effectué une reconnaissance (dans la compréhension et non dans l’accord des propos des médieurs), sans jugement et avec impartialité. Du moins, le plus possibl

Ce que ce travail de terrain a permis de mettre en avant, c’est que les principales techniques de la médiation humaniste et de la médiation en général sont avant tout, des attitudes à acquérir beaucoup plus que des savoirs.

Cependant, il est essentiel d’apprendre le concept du « savoir-être » lorsque l’on propose un espace de médiation parce que cette notion amène plusieurs postures qui permettent de maintenir sa neutralité.

Ce qui est important à soulever, c’est que les méthodes sont utiles pour n’importe quel sujet abordé dans les médiations car ce qui compte, c’est l’importance que la thématique a pour les médieurs.

En effet, qu’il s’agisse de religion ou de culture, de la famille ou d’un problème de voisinage, lorsque les médieurs viennent en médiation, c’est pour parler d’un élément qu’ils n’ont pas pu résoudre seul.

Aussi, confier leur situation, l’exprimer à une tierce personne n’est pas à prendre à la légère. Notre devoir, selon nous, en tant que médiateur, c’est d’honorer les médieurs et ainsi, d’être capable de leur offrir cet espace. Ces espaces qui ne sont pas forcément connus ou exploités parce que la médiation reste dans plusieurs cas, un espace peu clair, qu’il est donc important de clarifier dès le départ.

Si les discours religieux en médiation ont fait l’objet de plusieurs travaux, il y a bien une piste où les médiations pourraient être forts utiles au regard de l’actualité. Il s’agit de la question de la radicalité, des attentats et de l’islamophobie.

En effet, il y a réellement possibilité -et la médiation peut être cette possibilité-, d’offrir un espace de rencontre (et de communication) sur ces différentes thématiques. C’est un fait : les sociétés et les individus sont de plus en plus divisés, aussi, avoir un endroit pour se rencontrer, parler et surtout être compris dans les réalités de chacun restent d’un intérêt public.

Un exemple nous revient en tête, celui d’avoir rencontré dans un espace de médiation, deux voisins, l’un de confession musulmane et l’autre qui ne l’était pas, ces derniers étaient venus avec pour objectif de se comprendre dans leur croyance ou dans leur non croyance. Cet exemple était une manière d’utiliser la médiation qui selon nous, permettra à la société d’intégrer cette notion du vivre ensemble.

Enfin, ce vivre ensemble ne peut faire sens que si chacun d’entre nous se responsabilise en ce sens.

« Nous sommes tous concernés par la dégradation du tissu social et nous sommes tous concernés par sa réparation. Le « vivre ensemble » se tisse et hélas se détisse d’abord entre les individus. L’unité nationale ne se décrète pas elle se tisse humblement quotidiennement, patiemment, continûment, horizontalement. Il nous revient à nous médiateurs, humbles tisserands du dialogue de nous mobiliser.

Bibliographie

Articles scientifiques

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https://www.mediationsasbl.be/lesprit-de-la-mediation-humaniste-jacqueline-morineau , consulté le 09/04/2017
http://www.css.ethz.ch/content/dam/ethz/special-interest/gess/cis/center-for-securities-studies/pdfs/CSS-Analysen-105-FR.pdf , consulté le 09/04/2017
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https://www.cairn.info/la-mediation–9782130575580.htm, La médiation, Michèle Guillaume-Hofnung,
https://www.cairn.info/revue-de-psychotherapie-psychanalytique-de-groupe-2003-2-page-29.htm
https://www.cairn.info/revue-les-cahiers-dynamiques-2008-2-page-67.htm, Les sens de la médiation, Fabrice Audebrand
https://www.cairn.info/revue-le-journal-des-psychologues-2011-5-page-16.htm, Médiation : définition et problématique, Claude Tapia

Articles d’opinion

http://www.huffingtonpost.fr/michele-guillaumehofnung/mediation-dialogue_b_11292626.html « La médiation et ses humbles tisserands du dialogue », Consulté le 22/04/2017.
Livres :
MORINEAU, J., « Le médiateur de l’âme « , Nouvelle Cité, France, 2008.
IULA, E., & MORINEAU, J., « Face au conflit: les ressources anthropologiques, sociologiques et théologiques de la médiation », ETHIQUE, France, 2012.
MORINEAU, J., « L’esprit de la médiation », Eres, France, 2005.
SIX, J-F, « Le temps des médiateurs », SEUIL, France, 1990.
Vidéos :
https://www.youtube.com/watch?v=6TbYvFYRuH0 : Témoignage d’un couple qui témoigne sur son expérience en médiation familiale.
https://www.youtube.com/watch?v=glHjgYO8-ok : Médiation familiale : un intermédiaire pour un meilleur dialogue.
https://www.youtube.com/watch?v=FAHOT13YG1M : Médiation familiale – Divorce – Consentement mutuel – Séparation.
https://www.youtube.com/watch?v=gOAsD5ZwHj4 bx1 tv – médiations en Belgique (avec Jaqueline Morineau)

 Chercheure associée MEDEA, Doctorante en Sociologie, Master en sciences sociales et sciences politiques, Bachelier en Orientalisme, Médiatrice, enseignante, auteure et écrivaine.

(Extrait de huffpostmaghreb.com du 4/01/2018)

En savoir plus sur http://www.huffpostmaghreb.com/ikram-ben-aissa/la-neutralite-et-les-discours-religieux-en-mediation_b_18931568.html?utm_hp_ref=maghreb

VIDÉO : ENTRETIEN AVEC Frank Sander, Harvard Law Professor, founder of the Multi-Door Courthouse PAR ROBERT BENJAMIN (MEDIATE.COM)


Capture.PNG64.PNGBiography


Professor Frank Sander is a leading expert on alternative
methods of dispute resolution and is one of the pioneers of the field. Among other innovations, one of his early papers put forth the idea of the « Multi-Door Courthouse, » a court system that helps direct disputants to the most appropriate route to resolution. Multi-Door Courthouse systems are presently in use in the United States in Colorado, Georgia, Massachusetts, Texas, and Washington D.C., among other places, and internationally in Nigeria and Singapore. (Extrait de mediate.com )

Vidéo à consulter sur https://www.mediate.com/articles/CompleteSander.cfm

Appel à souscription pour deux ouvrages sur la médiation publiés par « Médias & Médiations »


Catherine Guy, éditrice de Médias & Médiations lance une souscription pour deux ouvrages sur la médiation et je ne peux que soutenir cette initiative:

Truelle Jean-Luc , Meralli-Ballou Monnot Shabname , Solal Cohen Henri, Médiation et santé- la médiation, un nouveau droit de l’homme, Médias & Médiations, parution décembre 2017 (prix de souscription 18€)

« Médiateurs diplômés, praticiens et formateurs en médiation, les auteurs intègrent les pratiques de médiation dans l’univers du soin et du handicap. Ils sont ainsi au service de la qualité des relations entre patients (et leur famille) et professionnels de santé en pratique libérale, comme dans les hôpitaux et établissements médico-sociaux, les entreprises et toute organisation concernée par la santé au travail. Ils conjuguent leurs spécialités respectives – médecine, droit, éthique, psychologie – pour une ambition commune : promouvoir la médiation au rang d’un nouveau droit  » (Présentation de l’éditeur)

– COREM, Neutralité plurielles en médiation – Quand les médiateur s’interrogent, Médias & Médiations, parution janvier 2018 (prix de souscription 10€)

Neutralités plurielles en médiation nous invite à une réflexion constructive sur les pratiques, les concepts, les règles et les codes de la médiation. Une douzaine de membres du COllectif de REcherche sur les pratiques de Médiation (COREM) s’interrogent sur la manière dont la neutralité traverse l’espace de médiation, et la posture devant garantir leur éthique professionnelle. En publiant leurs travaux, ils choisissent de partager plus largement leur questionnement, leurs expériences et leurs échanges. Et relancent un débat toujours vif chez tous les professionnels » (Présentation de l’éditeur)

Pour souscrire aux ouvrages  : https://www.medias-mediations.fr/nos-ouvrages/

Médias & Médiations
1 Place Charles de Gaulle – 78180 Montigny-le-Bretonneux
Tél 06 25 49 10 47 – contact@medias-mediations.fr


 

Article : « What Is A Humanistic Approach to Mediation? An Overview » par Mark Umbreit and Ted Lewis, Center for Restorative Justice and Peacemaking, January 2015


 

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« To what extent can the human-element be subtracted from or added to a mediation process? That is the main question revolving around a humanistic approach to mediation and dialogue. By way of analogy, consider how a computer-generated voice could provide an audio bedtime story to a child who turns the pages of a picture book when prompted by a beep. Consider now what is added when a parent’s voice resonates near the child’s head, when the child can snuggle near the parent’s body, and the parent can reply to questions or comments raised by the child. The latter scenario simply has more of the human-element in it.

There is little question as to whether mediation processes according to any approach can have good results. Compared to most litigative processes, a mediation that is strictly settlement-driven or technique-oriented can deliver positive outcomes, no less than an audio tape can deliver good story content and put a child to sleep with inspiring thoughts. The question at hand is whether a mediation process that allows for more of the human-element can have greater results. While more research is needed in this area, anecdotal evidence from post-mediation evaluations and conversations affirms that a humanistic approach does lead to more satisfying outcomes. Central to this evidence is the concept that when parties do more of their own work to solve an issue, they get more out of the process. This article will provide an overview of what this approach actually entails.

A humanistic approach to mediation is fully aligned with a transformative approach as set forth by Bush and Folger, and yet it also adds several new emphases. In The Promise of Mediation the authors even use the term “humanize”, recognizing the inherent strengths within parties that help them gain greater confidence in themselves and greater empathy for the other party. Developed at the same time in the early 1990s, largely in the context of working with victims and offenders of severe crimes, humanistic mediation has emphasized three things that complement transformative mediation:

• the power of preparation meetings

• the power of mediator presence

• the power of party-to-party conversation (Extrait)

Document à consulter sur https://www.observatoiredesmediations.org/Documentation/Bibliographie?ID=49