FORMATION : Diplôme Universitaire Médiation et Santé par l’IFOMENE


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« Le secteur de la santé, du social et du médico-social, comme toute organisation, est confronté à la complexité des relations entre les différentes parties prenantes. Cela concerne les relations entre les professionnels et les patients, les plaintes des usagers vis-à-vis des établissements, et les relations entre les professionnels.
Ces tensions sont accentuées dans un environnement dans lequel la demande en soins augmente, avec un sentiment d’urgence et des moyens jugés insuffisants. La pandémie virale a amplifié cette situation de crise du monde de la santé.

Les besoins de médiation au sein des établissements se multiplient, pour traiter les différends avec les usagers, leurs proches, et ceux qui existent entre professionnels. La médiation s’impose pour prévenir les conflits et pour permettre de rechercher des solutions amiables.

Différents dispositifs législatifs et réglementaires existent. Ils nécessitent d’être mis en œuvre par des médiateurs formés, que ces médiateurs soient professionnels de santé ou du médico-social, cadres en établissement ou qu’ils interviennent de l’extérieur. 

Diplôme Universitaire en 2 parties en 10 modules de 14 heures:
Partie 1 : 3 modules de bases
Partie 2 : 7 modules d’approfondissement

En présentiel et/ou distanciel »

(Extrait de icp.fr/formations )

En savoir plus sur https://www.icp.fr/formations/diplomes/diplomes-universitaires/diplome-universitaire-mediation-et-sante

Apport de la médiation en santé auprès des Gens du Voyage en Nouvelle-Aquitaine pendant l’épidémie de Covid-19


« Santé publique France publie les résultats d’une étude menée en 2020 dans 6 départements de Nouvelle-Aquitaine et le plan de lutte mis en place par l’ARS contre la Covid-19 auprès des Gens du voyage.

L’épidémie de Covid-19 a eu des conséquences directes ou indirectes au sein des populations en situation de vulnérabilité. C’est pourquoi, compte tenu des difficultés de recours au dépistage et d’accès aux soins pour les Gens du voyage et des difficultés de réalisation du contact tracing à distance, l’Agence régionale de santé (ARS) Nouvelle-Aquitaine a élaboré, dès le 30 mars 2020, un plan de lutte contre la Covid-19 spécifique à cette population. 

Pour cela, les acteurs locaux ont été interrogés sur : 

  • les actions d’accompagnement entreprises auprès des Gens du Voyage, 
  • l’implication des médiateurs en santé et des relais communautaires dans la sensibilisation de cette population, 
  • les adaptations du contact tracing et de dépistage suivant leurs conditions de vie spécifiques,
  • les résultats sur sa santé, etc.

(…)

Quels sont les enseignements à tirer ?

Selon les acteurs, le plan a mobilisé les cinq axes interventionnels bénéfiques pour promouvoir la santé des populations tout en renforçant l’équité en santé grâce à l’intégration des bonnes pratiques et par les démarches éthiques de la médiation en santé pour agir auprès d’une population éloignée du système de soins. 

L’étude met en lumière que la médiation en santé est une intervention prometteuse afin de prendre en compte les difficultés rencontrées par les personnes éloignées du système de soins. L’évaluation de son efficacité est actuellement en cours par un travail de recherche mobilisant Santé publique France, la Fnasat et l’Université de Bordeaux » (Extrait de santepubliquefrance.fr du 21/09/2021)

09/2021)En savoir plus sur https://www.santepubliquefrance.fr/les-actualites/2021/apport-de-la-mediation-en-sante-aupres-des-gens-du-voyage-en-nouvelle-aquitaine-pendant-l-epidemie-de-covid-19

Rapport à consulter sur https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/maladies-et-infections-respiratoires/infection-a-coronavirus/documents/rapport-synthese/plan-de-lutte-contre-la-covid-19-aupres-des-gens-du-voyage-en-nouvelle-aquitaine-2020.-investigation-de-clusters-complexes-par-la-mediation-en-sante

Santé : Claude Czech, magistrat honoraire, désigné Médiateur de Korian France


 « En application de ses engagements liés à sa Responsabilité Sociale et Environnementale, Korian a annoncé la désignation de Claude Czech comme Médiateur indépendant en France. Claude Czech a été désigné pour une durée de trois ans par un collège constitué paritairement par des associations de défense de consommateurs agréées ainsi que des représentants de l’entreprise, après avis de son Conseil des Parties Prenantes.

Magistrat honoraire, il est ancien président du tribunal de grande instance d’Avesnes-sur-Helpe (59). Médiateur diplômé de l’Université Paul Valéry de Montpellier (2017), il est membre du Groupement européen des magistrats pour la médiation (Gemme), dont il a organisé les Assises de 2018, à Bordeaux, sur le thème  » Développer une culture de la médiation « . Il est également vice-président de l’Institut régional de médiation d’Occitanie (IRMOC). » (Extrait de maison-de-retraite.korian.fr 7/09/2021)

En savoir plus sur https://maison-de-retraite.korian.fr/2020-lg-v2?source=adwords_marque&utm_medium=cpc&utm_campaign=marque&utm_content=korian_exact&utm_term=korian&gclid=Cj0KCQjwm9yJBhDTARIsABKIcGY-8WLR6cstRC3e4whtuUu5K8mJPDbrmQQKx1pAdNo8rfiLP2PEIgcaAjlTEALw_wcB

« Pourquoi le contenu de la déontologie du médiateur doit-il se fonder sur l’ADN de la médiation ? » par Michèle GUILLAUME HOFNUNG (Partie 2/3), N°13, Août 2021, MANAGERSANTE.COM


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« Fondé  sur l’ A.D.N. de la profession, la définition de la médiation

L’intérêt de définir la médiation est, on l’a vu,  parfois contesté en invoquant le pragmatisme. La possibilité même de le faire est aussi parfois mise en doute. Existe-t-il une définition qui réponde à plusieurs besoins, tout en ayant une identité rigoureuse grâce à des critères spécifiques? Existe-t-il une définition qui garantisse l’unité fondamentale de la médiation tout en s’adaptant à ses divers secteurs d’exercice ? Les affirmations récurrentes sur le flou conceptuel, l’antienne sur le besoin de la définir, ou au contraire le caractère dogmatique de l’ambition de définir parcourent la brève histoire de la médiation contemporaine.

Qu’il me soit permis d’affirmer une fois de plus, que ne pas définir condamne à ne pas savoir ce qu’on fait, ce qui ne constitue pas un viatique professionnel porteur. Il faut au contraire « bien nommer pour bien faire ». [4] et même tout simplement pour savoir ce qu’on fait et garantir à ceux qui s’adressent à nous que nous savons ce que nous faisons. Sans substrat, sans définition de « ce » à quoi elle forme, l’exigence déontologique principielle de la formation des médiateurs devient une simple invocation.

Ne peut on considérer qu’il existe ce que j’ai proposé d’appeler « SMIC terminologique », Seuil d’Intelligibilité Conceptuel [5] et dont j’ai tenté de poser les bases  en 2000 ? Le témoignage permet de traiter la question de manière pragmatique et vérifiable sur la base des documents publics cités.

 Pour honorer la commande officielle que j’avais reçu d’élaborer une   définition de la médiation [6] j’ai procédé avec l’aide d’une équipe de chercheurs,  à une étude préalable de la médiation dans l’Union européenne. Pour assurer un débat scientifique autour de ma proposition de définition j’avais veillé à ce que la composition groupe d’experts amenés à la discuter reflète la diversité géographique des 15 pays la composant à l’époque et la plus grande diversité d’opinions. Elle fut validée au delà de mes espérances, en raison de la validation du mot processus au lieu du mot  procédure et de  la reconnaissance des  fonctions de lien social  de la médiation. Voici la définition de Créteil :   « Processus de création et de réparation du lien social et de règlement des conflits de la vie quotidienne, dans lequel un tiers impartial et indépendant tente, à travers l’organisation d’échanges entre les personnes ou les institutions, de les aider à améliorer une relation ou de régler un conflit qui les oppose. ». [7] Tout au long de la discussion j’avais demandé aux  experts invités à retrancher mentalement l’adjectif « sociale » pour vérifier  que la définition fonctionnerait avec tout  autre adjectif. Ma préoccupation constante et explicite  fut d’assurer la base terminologique de l’unité fondamentale de la médiation. Je fis donc de même lors des premières réunions du Conseil National Consultatif de la Médiation Familiale. Le Conseil  accepta de transposer l’esprit de la définition de la médiation sociale. Voici la définition de la médiation du Conseil National Consultatif de la Médiation familiale : [8]   

« La médiation familiale est un processus de construction ou de reconstruction du lien familial axé sur l’autonomie et la responsabilité des personnes concernées par des situations de rupture ou de séparation dans lequel un tiers impartial, indépendant, qualifié et sans pouvoir de décision, le médiateur familial, favorise à travers l’organisation d’entretiens confidentiels, la communication, la gestion de leur conflit, dans le domaine familial entendu dans sa diversité et son évolution. »  Elle est beaucoup plus proche de ce que je souhaitais sur la base de la définition donnée dans le « Que-sais-je ? » « La médiation »,  dans la mesure où la liberté des participants et l’absence de pouvoir du médiateur y sont explicitement actés, ce que j’avais échoué à faire officialiser à Créteil. En effet, malgré  mon insistance pour les inclure les experts avaient répondu que la liberté des médiés et l’absence de pouvoir du médiateur, allaient tellement de soi que le mentionner alourdirait la définition. Il faut donc prendre acte de ce qu’il, est évident que le médiateur n’a pas de pouvoir et que l’entrée en médiation est libre. Mais comme l’enseignait Talleyrand « Ce qui va sans dire va mieux en le disant ».

 La définition qui ouvre le Code national de déontologie du médiateur de 2009 s’inscrit dans cette filiation et la couronne, cette fois en enlevant tout adjectif. La consolidation et la circulation du SMIC terminologique ont  pris moins de 10 ans. C’est la définition du Code qui servira de référence pour les développements qui suivent. » (Extrait de managersante.com août 2021)

En savoir plus sur https://managersante.com/2021/08/30/la-mediation-michele-guillaume-hofnung-nous-repond-partie-2-3/?s=03

Médiation santé : Adapter aux besoins des Gens du voyage et des habitants de bidonvilles et squats la stratégie nationale de lutte contre la Covid-19


« Depuis un an, la crise sanitaire de la Covid-19 aggrave les inégalités sociales et territoriales de santé 1
, face à l’exposition au virus, à ses facteurs aggravants et dans sa prise en charge mais aussi face au confinement. 2 Elle exacerbe les vulnérabilités et les situations d’urgence sociale, économique, alimentaire, d’isolement et de discriminations 3. La crise voit progresser, en particulier, le non recours aux soins des populations déjà éloignées du système de santé 4. « Le
contexte épidémique actuel expose de façon considérable les populations en situation de précarité (…). Les répercussions de l’épidémie de Covid-19 et des mesures de gestion de la crise sont démultipliées pour ces populations vulnérables
(…) ».5

Parmi les Gens du voyage et les habitants de bidonvilles et squats que nous accompagnons, beaucoup présentent
plusieurs fragilités et désavantages vis-à-vis de la santé ; ils et elles ont été particulièrement impactés par la crise
sanitaire. En effet, ces populations présentent généralement un état de santé dégradé par rapport à la population
générale et peuvent connaître un cumul de déterminants économiques, sociaux et environnementaux défavorables à
leur santé6 . Elles peuvent rencontrer de nombreux freins dans leur accès aux systèmes de prévention et de soins, parmi lesquelles des difficultés de mise en relation liées aux représentations et pratiques des acteurs – institutions, services et professionnels de santé ; elles subissent, en outre, des situations de discrimination dans leur accès aux droits et à la citoyenneté. Elles peuvent présenter enfin des facteurs de risque de développer des formes graves de la maladie Covid 19, liés à leur état de santé (comorbidités, surpoids, diabète notamment) et à leurs conditions de vie et d’habitat
(promiscuité dans les lieux de vie informels, accès entravé à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène, insalubrité, …).

1. L’efficacité reconnue de la médiation en santé pour améliorer l’accès aux droits, à la prévention et aux soins des
populations concernée
s

Depuis mars 2020, nos associations – fédérées au sein du réseau Fnasat-GV (Fédération nationale des associations
solidaires d’action avec les tsiganes et Gens du voyage) et/ou réunies au sein du Programme National de Médiation en Santé (PNMS)8 et du Collectif National Droits de l’Homme Romeurope– sont mobilisées pour accompagner les publics
Gens du voyage et habitants de bidonvilles et squats et répondre à leurs besoins de santé au sens global, démultipliés
par la crise. Le PNMS est un projet inter-associatif de partage de moyens pour développer et soutenir des projets de
médiation en santé, visant à favoriser l’accès à la prévention et aux soins des populations en situation de vulnérabilité
par leur intégration dans le système de santé de droit commun. Il est mis en œuvre depuis 10 ans, avec le soutien
financier et la validation du Ministère de la Santé.

Dans le contexte de la crise sanitaire, nous continuons de mettre en œuvre, dans la proximité, la confiance et la
connaissance fine de nos territoires d’intervention, la médiation en santé comme « processus temporaire de « l’aller vers» et du « faire avec » », comme « fonction d’interface » entre les publics et les acteurs du système de santé. Cette
approche reconnue pour améliorer l’accès aux droits, à la prévention et aux soins, en particulier comme intervention
efficace contre le non recours aux soins, est inscrite dans l’article 90 de la Loi de modernisation de notre système de
santé du 26 janvier 2016 et définie à l’article D. 1110-5 du Code de la Santé Publique.
Notre expérience en la matière s’appuie sur les compétences, le positionnement éthique, les savoir-faire et les savoir être de nos professionnels – en particulier, les médiatrices et les médiateurs en santé, dont le métier a fait l’objet en octobre 2017 d’un « Référentiel de compétences, formation et bonnes pratiques » élaboré par la Haute Autorité de
Santé. Elles et ils ont construit une posture professionnelle bienveillante, dans le non jugement, la libre adhésion des
personnes, leur montée en compétences, l’accroissement de leur pouvoir d’agir pour prendre elles-mêmes des
décisions éclairées favorables à leur santé. » (Extrait de romeurope.org du 7/06/2021)

En savoir plus sur https://www.romeurope.org/wp-content/uploads/2021/07/NOTEAR1.pdf

Covid-19 en Guyane: le choix de la médiation face aux réticences des populations à la vaccination


RFI

« Alors qu’en Guyane la diffusion rapide du variant Delta, beaucoup plus contagieux, fait craindre une reprise des hospitalisations et une intensification de la troisième vague, les vaccinés restent peu nombreux. La Croix-Rouge opte pour la médiation de terrain. 

Le taux de vaccination stagne autour de 20% de la population et les guyanais restent très hésitants. Margot Oberlis est coordinatrice pour la Croix-Rouge en Guyane et fait partie des équipes de sensibilisation sur les questions d’hygiène et de maladies. Souvent mobilisée auprès des habitants, elle constate leurs réticences.

(…)

Sensibilisation de terrain

Dans les communes de l’intérieur du territoire, la Croix-Rouge intervient depuis des mois sur le terrain. « On aurait pu baisser les bras et se dire : “Bon ben pffff il y a une grosse réticence de la part des populations, on va les laisser tranquilles, on va arrêter.” Et le fait d’y retourner, d’avoir des maraudeurs, des agents de terrain ou des médiateurs nous a vraiment permis d’adapter. C’est pour cela que ça prend beaucoup de temps avec une adaptation pas quotidienne mais quasi », rapporte Margot Oberlis. Il y a par exemple un recensement de ces freins à la vaccination, des fake news et du vécu des populations. 

Dans ces conditions, la médiation sur le territoire est primordiale. « Sans les médiateurs en santé, on ne serait arrivé à rien du tout. C’est vraiment la pierre angulaire de la communication avec les populations et les institutions. C’est un travail énorme qui demande beaucoup de présence sur le terrain mais qui demande beaucoup de réflexion en équipe », insiste Margot Oberlis. « Nos médiateurs et agents de terrain ont parfois un peu souffert aussi. Ils se sont faits un peu rabrouer voire agresser. Il y a vraiment eu des moments un petit difficiles pour les personnes qui étaient sur le terrain », déplore-t-elle aussi. » (Extrait de msn.com du 13/08/2021)

En savoir plus sur https://www.msn.com/fr-fr/actualite/france/covid-en-guyane-le-choix-de-la-mdiation-face-aux-rticences-des-populations-la-vaccination/ar-AANgH5U

Amiante : la médiation avec Renault Trucks se fait dans le secret


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« Plus de 1 400 salariés anciens ou actuels sont aux Prud‘hommes contre Renault Trucks afin de faire condamner l’entreprise pour préjudice d’anxiété en raison de présence d’amiante sur le site de Vénissieux entre 1964 et 1996. Une première vague a concerné 1 200 dossiers. Sur ce lot, 800 plaignants ont été déboutés après l’audience de départage le 8 avril. Ils ont fait appel.

« Une confidentialité à respecter »

L’audience est prévue le 8 septembre devant la cour d’appel de Lyon. Mais au préalable, une médiation a débuté le lundi 21 juin afin d’éviter d’encombrer le palais de Justice de Lyon à la rentrée. De cette dernière, nous n’avons rien pu savoir. En effet, Jean-Paul Carret, le président de l’Association prévenir et réparer (Aper) qui mène les débats pour les plaignants, indique « qu’il y a une confidentialité à respecter sur tout ce qui se dit lors des rencontres ».

Le secret est donc de mise jusqu’à l’issue du processus. L’Aper pourra cependant communiquer sur le résultat. Mais pas sur le contenu. « On pourra dire s’il y a accord ou pas mais on ne pourra pas révéler les détails » cadre Jean-Paul Carret. Rendez-vous est donc donné à la rentrée pour savoir si la médiation a abouti ou non. » (Extrait de leprogres.fr du 5/06/2021)

En savoir plus sur https://www.leprogres.fr/amp/economie/2021/06/25/amiante-la-mediation-avec-renault-trucks-se-fait-dans-le-secret

Quelles seraient les limites juridiques et sociologiques de la médiation ? Michèle GUILLAUME HOFNUNG nous éclaire (Partie 2/3) N°10, Mai 2021, managersante.com


Il faut penser le droit avec le social, et refuser d’enfermer l’étude de la médiation dans un strict positivisme juridique qui ne permettrait pas de la saisir dans sa totalité. Il faut bien sûr présenter le cadre juridique qui s’impose à la médiation comme à toute activité humaine, mais si on veut essayer de comprendre comme nous le demandent les organisateurs la relative stagnation de la médiation dans les litiges commerciaux, il faut adopter une démarche scientifique lucide de base, nous ferons une mise au point sur les entraves que sa défaillance apporte au développement de la médiation.

Son cadre juridique

Toute réflexion qui aborderait le droit et la médiation comme des blocs indifférenciés resterait sommaire. Il faut dans la réflexion sur les rapports entre le droit et la médiation procéder à des distinctions opérationnelles tant pour le droit que pour la médiation. La distinction entre règles de procédure et les règles de fond pertinente en droit devra probablement se combiner avec la distinction entre la médiation conventionnelle, la médiation judiciaire, la médiation citoyenne.

La Commission de l’Union européenne dans une recommandation du 30 Mars 1998 relative à la résolution extrajudiciaire des litiges de consommation préconise le respect de sept principes fondamentaux proches de ce que l’article 6 de la CEDH (Cour Européenne des Droits de l’Homme) impose aux procédures juridictionnelles.

D’une manière générale, le droit encadre la médiation comme toute activité humaine

Cela se comprend d’autant mieux que la médiation vient de la base alors que le droit vient du haut. Entre la médiation et le droit, il y a complémentarité et non pas concurrence. Le droit ne peut prétendre remplir tout l’espace social. Selon certains, il y aurait un vide juridique en matière de médiation ; c’est tout à fait faux. Mais le droit des contrats (y compris de la responsabilité contractuelle) et des associations assurent de toute façon à la médiation un régime juridique cohérent.

Des limites juridiques à la médiation en résultent nécessairement :

La médiation ne peut intervenir que dans des domaines où la justice d’Etat peut ne pas intervenir sans violer les règles d’ordre public. La médiation ne peut se substituer à l’intervention de la justice. C’est pourquoi en matière pénale, il vaut mieux parler de conciliation déléguée que de médiation. Une réponse non juridictionnelle peut s’analyser comme une violence sociale et un refus d’accès au droit et à la justice.

La médiation ne saurait déboucher sur une solution illégale, quand bien même cette dernière recevrait l’accord des participants à la médiation. Les nullités de protection gardent leur pertinence, notamment celles prévues par le droit du travail. Quand la sagesse populaire proclame qu’n mauvais arrangement vaut mieux qu’un bon procès, elle fait fi à la fois de la valeur positive des conflits et du rôle protecteur du droit.

L’assouplissement croissant de la notion d’ordre public de protection n’est pas sans danger pour les médiés les plus vulnérables.

Autre corollaire : les parties à la médiation ne peuvent par un accord de médiation disposer de droits indisponibles. On trouve là un garde-fou particulièrement utile à la médiation familiale qui se déroule dans la sphère de tels droits précisément, l’état des personnes avec ses répercussions sur le droit au nom. Les droits nés d’une infraction criminelle, les questions de filiation, les matières qui relèvent directement du Conseil d’Etat constituent le noyau des droits absolument indisponibles. Les autres droits font l’objet de discussion sur l’arbitrage et la transigeabilité.

Le développement de la médiation va intensifier les discussions sur la fonction du juge qui pourrait devenir une sorte de superviseur des accords obtenus en médiation et sur la portée de l’homologation. » (Extrait de managersante.com mai 2021)

En savoir plus sur https://managersante.com/2021/05/17/la-mediation-repose-t-elle-sur-des-fondements-solides-michele-guillaume-hofnung-interroge-les-limites-du-cadre-juridique-partie-2-3/

« La médiation est-elle une « méthode douce », exigeante et révolutionnaire ? » Michele GUILLAUME HOFNUNG nous explique pourquoi (Partie 1/3), N°9, Mars 2021, managersante.com


Le litige n’est plus tranché par un tiers, mais réglé par les parties elles-mêmes avec l’aide d’un tiers, le médiateur.

Il faut pour remplir de tels objectifs, partir d’une définition. Globalement, la médiation se définit comme « un processus de communication éthique reposant sur la responsabilité et l’autonomie des participants, dans lequel un tiers – impartial, indépendant, et neutre (sans pouvoir décisionnel ou consultatif) avec la seule autorité que lui reconnaissent les médieurs, – favorise par des entretiens confidentiels l’établissement, le rétablissement du lien social, la prévention ou le règlement de la situation en cause » (Michèle Guillaume-Hofnung, La médiation, PUF, 4ème édition, 2007).

Bien que j’en sois l’auteure, elle n’est plus ma définition personnelle puisque reprise comme référence par le rapport d’information N°3696, « La médiation un nouvel espace de justice en Europe », (présenté par Jacques Floch, député, en Février 2007 (p.16), définition de la médiation conventionnelle).

Il s’agit de décrire une méthode douce, mais exigeante car révolutionnaire. De même, je dépasserai la commande de traitre de ses limites juridiques pour m’interroger aussi sur les freins sociologiques et psychologiques à son développement.

Douce et satisfaisante dans son principe et ses effets

En ce sens, la médiation sort les acteurs d’un système binaire, celui du duel judiciaire, qui désigne un vainqueur et un vaincu. Elle permet la recherche de la compréhension réciproque, d’une issue par le haut qui grâce à son acceptabilité recevra une meilleure exécution. Cette dernière conséquence est un autre bienfait de l’autonomie/hétéronomie.

J’ajouterais que plus encore qu’une méthode douce, c’est un processus satisfaisant.

En effet, elle n’est pas une procédure mais un processus :

Elle repose sur le principe cardinal du consensualisme

En effet, parce qu’il préside à la création du lien contractuel, il doit prévaloir dans sa gestion intelligente. Les partenaires sont libres d’y recourir, la solution ne leur sera pas imposée par un acte d’autorité qui tranche ;

  • Qui privilégie la capacité des acteurs à s’entendre, à tous les sens du terme, y compris à s’écouter, au lieu d’officialiser bruyamment un échec relationnel et commercial. Dans le milieu professionnel, qui ne se renouvelle pas si vite et où de toutes façons, les réputations se colportent, même le vainqueur du procès perdra en réputation. Est-il chicanier, prépare-t-il mal ses contrats, ses opérations, choisit-il mal ses collaborateurs, ses partenaires ?
  • Qui cherche l’arrangement et dévoile des qualités humaines insoupçonnées ;
  • Qui remet les acteurs en capacité d’évaluer lucidement les intérêts mutuels au lieu de se laisser aveugler par l’exacerbation des oppositions que provoque le duel judiciaire. Un exemple suffira à établir cette logique d’escalade, vous le connaissez, il résulte de la nécessité de se protéger dès le début du procès par la saisie conservatoire du compte bancaire de l’adversaire. Elle va consommer définitivement la rupture avec un compagnon de route professionnelle, dont c’est peut-être le premier faux pas. Autre facteur de liberté, le choix du moment de la médiation, qui permet d’échapper à la violence du moment choisi par le calendrier juridictionnel, et la liberté d’en sortir.

C’est une méthode qui est avant tout un processus de communication éthique

La médiation repose sur la confiance dans la capacité de chaque acteur, et travaille sur le lien plutôt que sur les failles.

Il y a une réelle éthique de la médiation. La médiation est passeuse de compréhension. Le médiateur, neutre, n’ajoute rien au message de chaque partenaire, il facilite leur ajustement, permet les déplacements nécessaires à la rencontre.

Elle mobilise 

L’éthique de la communication

Fondamentalement, la communication suppose la reconnaissance de l’autre. L’émission du message n’a de sens que si l’émetteur reconnaît une valeur symétrique au récepteur.

La communication est trop souvent une émission unilatérale efficace, qui ne se préoccupe du récepteur-objet que pour s’assurer d’un enregistrement sans déperdition du message émis, elle instrumentalise. L’émetteur en « communiquant » ne cherche qu’à accroître sa puissance.

La médiation implique la reconnaissance mutuelle et l’autonomie des partenaires. Le médiateur garantit l’éthique de la communication. Alors qu’on peut imposer un jugement à une personne qui nie toute légitimité au juge, et à travers lui aux victimes que le jugement va reconnaître (c’est la posture de la plupart des criminels contre l’humanité), le processus de médiation requiert la reconnaissance de l’autre.

Dans la lutte pour la reconnaissance et l’économie du don (Journée de la philosophie à l’Unesco, 21 Novembre 2002), Ricoeur permet de mesurer le potentiel de conflictualité de l’absence de reconnaissance mutuelle.  » (Extrait de managersante.com 9 mars 2021 )

En savoir plus sur https://managersante.com/2021/03/29/la-mediation-est-elle-une-methode-douce-exigeante-et-revolutionnaire-michele-guillaume-hofnung-nous-explique-pourquoi-partie-1-2/