Ouvrage à paraître : « Nouvelle-Calédonie Négocier pour la Paix Des Accords de Matignon au référendum de 2018 », Stéphane Bliek, Médias§Médiations, 2018


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A paraître

Nouvelle Calédonie

Négocier pour la paix

De la Mission du dialogue aux Accords de Matignon

En Nouvelle-Calédonie, la guerre civile avait commencé… Elle a été arrêtée in extremis en 1988.

Cette histoire inspirante a commencé à Nouméa avec la Mission du dialogue, pour se conclure sur la poignée de main scellant l’Accord de Matignon en juin 1988 à Paris.

Une aventure humaine encore jamais écrite, ou de façon parcellaire.

A l’approche du référendum du 4 novembre 2018 sur  l’accession à l’indépendance de la Calédonie, cet ouvrage propose :

– d’entrer dans les coulisses de la négociation de l’accord de Matignon, l’année de son 30ème anniversaire,

– de faire le point sur les négociations qui ont suivi, depuis l’Accord de Nouméa en 1998 jusqu’à aujourd’hui,

– d’analyser les phases critiques des accords à l’aide de plusieurs théories de communication, négociation et médiation, pour en extraire des principes méthodologiques essentiels dans la résolution de conflits et la négociation.

Souscription ouverte jusqu’au 15 septembre 2018

En savoir plus sur https://www.medias-mediations.fr/

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Politique: Jean-Raphaël Alventosa est nommé « médiateur du crédit aux candidats et aux partis politiques » pour une durée de six ans


Financement politique : nomination du médiateur du crédit

« Jean-Raphaël Alventosa est nommé « médiateur du crédit aux candidats et aux partis politiques » par un décret du président de la République publié samedi au Journal officiel. Jean-Raphaël Alventosa, haut fonctionnaire, est nommé pour une durée de six ans.

Concourir « au financement légal et transparent de la vie politique ».

Le « médiateur du crédit aux candidats et aux partis politiques » a été institué par la loi « pour la confiance dans la vie politique » de septembre 2017. Il est chargé de concourir « au financement légal et transparent de la vie politique », en facilitant le dialogue entre les candidats à un mandat électif et les partis politiques, d’une part, et les établissements de crédit et sociétés de financement, d’autre part. La loi sur la confiance dans la vie publique avait également rendue possible par ordonnances la création d’une « banque de la démocratie », pour un financement public des campagnes électorales, mais ce projet, initialement porté par le président du MoDem, François Bayrou, a été abandonné par le gouvernement.

Abandon de la « banque de la démocratie ».

La Garde des Sceaux, Nicole Belloubet, avait expliqué à la mi-juillet que, selon une « analyse » de l’inspection générale de l’administration et de l’inspection générale des finances, « les questions notamment d’accès au crédit relèvent moins d’une absence d’offre bancaire (…) que de questions d’information ou de délai qui pourraient être réglées par le médiateur du crédit ». L’abandon du projet de « banque de la démocratie » avait été dénoncé par le Rassemblement national de Marine Le Pen comme un « mépris » du « parlement et de la démocratie ».

L’ex-Front national est en difficulté après la saisie par la justice d’une aide publique de deux millions d’euros, dans le cadre de l’enquête sur de présumés emplois fictifs d’assistants parlementaires d’eurodéputés. Le recours du RN contre cette saisie doit être examiné lundi par la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris. » (Extrait de msn.com du 04/08/2018)

En savoir plus sur ttps://www.msn.com/fr-fr/actualite/politique/financement-politique-nomination-du-médiateur-du-crédit/ar-BBLtRaE

Centrafrique: La Russie tente une médiation entre pouvoir et groupes armés


« Prévue le 12 juillet à Khartoum, la rencontre organisée par Moscou entre le gouvernement centrafricain et les représentants des milices opérant sur le territoire du pays n’a pu avoir lieu, a-t-on appris de source gouvernementale.

« Le chef de l’Etat estime qu’il n’y a pas lieu d’engager d’autres processus tant que celui de l’Union africaine est toujours en cours », a indiqué Albert Yaloké-Mokpème, porte-parole de la présidence, qui démentait une présence officielle des autorités dans la capitale soudanaise. La tentative de médiation russe intervient alors que le panel de l’Union africaine (UA) a rencontré le même jour, pour la première fois, l’ex-président François Bozizé, en Ouganda.

Selon des sources concordantes, deux groupes armés issus de l’ex-Seleka (coalition à dominante musulmane qui avait attaqué et pris Bangui en 2013) avaient préalablement annoncé qu’ils n’allaient pas prendre part à ces discussions organisées en parallèle de la médiation officielle menée par l’UA depuis juillet 2017. Il s’agit notamment du Mouvement patriotique pour la Centrafrique et l’Union pour la paix en Centrafrique.

La Russie joue un rôle majeur en Centrafrique, facilité par sa présence au Soudan voisin. En effet, Moscou forme des militaires centrafricains depuis plusieurs mois. Les autorités russes ont, par ailleurs, depuis début 2018, déployé des formateurs militaires à Bangui, livré des armes à l’armée nationale et assurent la sécurité du président Faustin-Archange Touadéra.

Notons qu’outre la médiation de l’organisation panafricaine, plusieurs autres ont tenté sans succès par le passé de ramener la paix en Centrafrique, un pays rongé par un conflit meurtrier depuis 2013. » (Extrait de allafrica.com du 12/07/2018)

En savoir plus sur https://fr.allafrica.com/stories/201807130083.html

Cameroun : la commission Musongue invitée à s’imprégner de l’expérience française de la médiation


« L’ambassadeur de France a invité la Commission de promotion du bilinguisme et du multiculturalisme à aller s’imprégner de l’expérience française de la médiation.

La commission nationale de promotion de bilinguisme et du multiculturalisme est invitée en France pour découvrir le système de médiation de ce pays.

La proposition faite le 4 juillet par le chancelier de la France au Cameroun survient près de  deux semaines après une mission de cette Commision en Suisse. Elle y apprenait les pratiques suisses en matière de bilinguisme.

Ce pays avec ses neuf langues que sont l’allemand, le français, l’italien, le romanche, le bavarois, le walser, le franco-provençal, le yiddish et le yeniche, s’était porté volontaire pour accompagner le Cameroun dans ce défi que vient mettre en exergue la crise anglophone.

La mission de la commission Musonge en Suisse figurait au menu des échanges avec le diplomate français.

Celui-ci a fait valoir le fait que la France recourait aux services de médiateurs indépendant à l’échelle nationale. Mais que d’autres médiateurs intervenaient au niveau des régions, départements et communes, pour résoudre les problèmes.

Pour le Cameroun, il s’agit de sortir de l’impasse dans laquelle le pays est tombé en novembre 2016, après une manifestation des avocats anglophones qui réclamaient la prise en compte des deux systèmes juridiques existants au Cameroun. Ces manifestations, violemment réprimées, ont débouché sur une récupération des enseignants anglophones, puis des activistes séparatistes. Depuis, les positions se sont durcies. Le gouvernement arguant que le Cameroun est un et indivisible tarde à ouvrir un dialogue inclusif tel que demandé. Pour lui, pas question de négocier avec des « terroristes ». De l’autre côté, les actions de certains sympathisants de la cause sécessionniste se sont muées en attentats. Populations civiles, militaires et autorités administratives sont leurs cibles au quotidien. » (Extrait de journalducameroun.com du 8/07/2018)

En savoir plus sur https://www.journalducameroun.com/256702-2/

« Nouvelle-Calédonie : d’Ouvéa à Matignon, du 22 avril au 26 juin 1988 » par Odile Paul (Archives d’Outre-mer)


d'Ouvéa à Matignon
Il y a trente ans, jour pour jour, débutait les « événements d’Ouvéa ». Les archives d’Outre-mer vous propose un rappel chronologique de ces jours sanglants qui ont conduit à la signature des Accords de Matignon, qui permirent de rétablir la paix civile en Nouvelle-Calédonie.

22 avril : l’attaque de la gendarmerie de Fayaoué

Un groupe de Kanak, indépendantistes et membres du FLNKS, décide de faire un action symbolique et pacifique, comme cela s’était déjà fait en novembre 1984 à Thio, pour marquer leur désaccord avec la politique gouvernementale et le statut Pons en vigueur sur le territoire. L’opération se déroule le 22 avril 1988, deux jours avant le premier tour des élections présidentielles françaises. L’attaque tourne mal, quatre gendarmes sont tués par balles, 27 sont pris en otage. A partir de ce jour, l’île d’Ouvéa est coupée du monde et investie par les militaires.

La prise d’otages

En métropole, l’atmosphère politique est tendue. C’est la fin de la première cohabitation, Jacques Chirac est Premier ministre, François Mitterrand est président de la République. Les deux hommes s’affronteront au second tour de la présidentielle.

Bernard Pons, ministre des DOM-TOM, arrive en Nouvelle-Calédonie, le 25 avril 1988. Le 26 avril, onze otages sont libérés dans le sud d’Ouvéa. Le même jour, la grotte de Gossanah, où est retenu l’autre groupe d’otages, est repérée dans le nord de l’île. Le capitaine Legorjus du GIGN, Jean Bianconi, le substitut du procureur de Nouméa, et des gendarmes venus négocier sont à leur tour faits prisonniers. Legorjus et Bianconi sont libérés le lendemain afin de servir de médiateurs. L’espoir d’une sortie de crise pacifique semble alors possible.

L’opération Victor​

Le 5 mai 1988 l’assaut militaire est lancé sur la grotte de Gossanah. L’opération Victor permet la libération de tous les otages mais le bilan humain est dramatique : vingt-et-un morts, dix-neuf Kanak et deux militaires . C’est une tragédie. Dès le lendemain, une polémique naît autour de la mort suspecte d’au moins trois Kanak, notamment celle d’Alphonse Dianou, le chef des preneurs d’otages, blessé après l’assaut.

La mission du dialogue

François Mitterrand est réélu le 8 mai 1988. Il confie à Michel Rocard, Premier ministre, la mission de renouer le dialogue en Nouvelle-Calédonie afin de pacifier le territoire. Rocard fait appel à trois personnalités chrétiennes et spirituelles : le pasteur Jacques Stewart, protestant, le Chanoine Paul Guiberteau, catholique et Roger Leray, franc-maçon et ancien Grand Maître du Grand Orient de France. Christian Blanc et Pierre Steinmetz, deux anciens préfets connaissant la Nouvelle-Calédonie, complètent la mission. A la demande de François Mitterrand s’ajoute un spécialiste du droit, Jean-Claude Périer. La mission du dialogue arrive à Nouméa le 16 mai. Ils parcourent le pays à la rencontre des différentes communautés vivant en Nouvelle-Calédonie et renouent les fils du dialogue.

Les accords de Matignon

A partir du 15 juin 1988, des négociations secrètes débutent à Paris entre Jean-Marie Tjibaou, président du FLNKS, Jacques Lafleur, président du RPCR et Michel Rocard, Premier ministre. Moins de deux mois après Ouvéa, Jacques Lafleur et Jean-Marie Tjibaou signent, le 26 juin 1988 à l’hôtel Matignon, les accords du même nom. Une poignée de main entre les deux hommes concrétise ces accords historiques.

Nous avons réussi à comprendre, tous autant que nous sommes, que nous devions savoir donner, savoir pardonner

– Jacques Lafleur, Paris, juin 1988

 

L’avenir saura reconnaître, que ces accords ont constitué un pas… important.

– Jean-Marie Tjibaou, Paris, juin 1988

« Il y a 30 ans »

Trente ans après ces événements, La1ere.fr est allée à la rencontre des différents protagonistes qui ont vécus ces jours dramatiques afin de recueillir leurs témoignages. Certains n’avaient jamais accepté de parler, jusqu’à aujourd’hui.

Nos journalistes Laura Philippon et Steeven Gnipate ont recueilli ces témoignages, souvent très émouvants. Ils sont diffusés quotidiennement sur France Ô, sur notre site, ainsi que sur notre chaîne Youtube La1ere.fr.  » (Extrait de la1ere.francetvinfo.fr du 22/04/2018)

Madagascar : Le médiateur de l’ONU est à Antananarivo pour sortir le pays de la crise institutionnelle


Manifestation syndicale à l’occasion du 1er mai 2018 à Antananarivo.

 

« Alors que Madagascar entre dans sa troisième semaine de crise ouverte entre le président Hery Rajaonarimampianina et l’opposition, le médiateur désigné par le secrétaire général des Nations unies, Abdoulaye Bathily, est arrivé dimanche 6 mai à Antananarivo. Il doit rencontrer toutes les parties dans un contexte tendu de manifestations quasi quotidiennes dans le centre de la capitale. Celles-ci rassemblent entre quelques centaines et quelques milliers de personnes. La mort d’au moins deux manifestants et dix-sept blessés lors de la première manifestation interdite par le pouvoir, le 21 avril, ont fait basculer la contestation politique contre les nouvelles lois électorales adoptées en vue de l’élection présidentielle de décembre en mouvement pour la démission du chef de l’Etat.

  • Une crise institutionnelle

La Haute Cour constitutionnelle (HCC) a partiellement donné raison à l’opposition jeudi 3 mai en annulant certaines dispositions des lois électorales adoptées un mois plus tôt. Dans les trois décisions rendues, la plus haute juridiction malgache juge non conformes à la Constitution les articles portant sur la durée des campagnes, la révision des listes électorales, l’utilisation des bulletins uniques ou les conditions nécessaires pour se porter candidat à la présidence. Ce dernier point avait en particulier été dénoncé par le TIM (Tiako i Madagasikara), le parti de l’ex-chef de l’Etat de 2002 à 2009, Marc Ravalomanana, aujourd’hui candidat déclaré à l’élection de décembre prochain. L’article 6 de la loi stipule en effet qu’il faut être exempt de toute condamnation pour crime et délit. Or M. Ravalomanana a été condamné par contumace en août 2010 pour son rôle dans la mort d’une quarantaine de manifestants en 2009 (le bilan exact n’est pas connu). Il est accusé d’avoir donné l’ordre à la garde présidentielle de tirer sur la foule. A ce jour, il n’a pas encore été notifié de sa condamnation.

La Haute Cour a aussi extirpé l’article raccourcissant la durée de la campagne électorale du second tour de 15 jours à 7 jours. Ce projet avait été vivement critiqué par le SeFaFi, l’Observatoire de la vie publique : « Aucun investissement dans les nouvelles technologies n’a été fait pour la remontée des résultats du vote, explique Sahondra Rabenarivo, juriste et membre de l’organisation. Madagascar est un grand pays, avec des zones très difficiles d’accès. En décembre, nous serons de surcroît en pleine saison des pluies, comment voulez-vous que 7 jours soient suffisants ? » Au total, 16 articles sur 371 ont été censurés.

Reste la requête en déchéance du président de la République déposée à la HCC, mercredi 25 avril, par les députés TIM et Mapar, le parti du président de la transition Andry Rajoelina, au motif de « violations répétées de la Constitution ». Le verdict est attendu dans les prochains jours. « Nous continuerons à nous rendre au 13 mai tant que l’arrêt n’aura pas été rendu par la HCC », affirme Hawel Mamod’ali, député Mapar.

  • Corruption et pauvreté croissantes

L’adoption des lois électorales a été l’occasion de nouvelles accusations de corruption à l’encontre de certains députés. Les 79 élus sur 160 qui ont approuvé le texte du gouvernement ont été accusés d’avoir touché 50 millions d’ariary (13 000 euros) chacun en échange de leur voix. L’opposition a déposé une plainte auprès du Bianco, le Bureau indépendant anti corruption, qui a ouvert une enquête.

« Miala Rajao », « Stop kolykoly » (« Rajao dégage », « Stop à la corruption ») « Hery voleur » et « Hery assassin » : les slogans inscrits sur les banderoles des manifestants témoignent d’une exaspération croissante sur laquelle capitalisent les partis de l’opposition. A Madagascar, tout se monnaye. Des chauffeurs de taxi-brousse qui donnent de l’argent aux barrages de gendarmerie – sans quoi ils accumuleraient trop de retard – à l’étudiant qui veut se présenter à l’examen du permis de conduire, en passant par le citoyen qui veut déclarer une perte de carte d’identité au commissariat, le pot-de-vin est une pratique de la vie quotidienne.

C’est ainsi que dans la foule de la Place du 13 mai, plus que des fervents supporters du TIM et du Mapar, on trouve beaucoup de Malgaches excédés par des conditions de vie qui se dégradent. « Ce n’est pas possible de continuer à vivre comme ça, tout a augmenté, témoigne Doric, fraîchement retraité. Le prix du kapok [petite boîte de lait concentré Nestlé qui sert d’unité de mesure au riz] est passé de 400 ariary à 700 ariary. Le carburant atteint 4 000 ariary le litre, le même prix qu’en Europe. Et les PPN aussi ! (produits de première nécessité). Il [le président] avait promis d’en finir avec les délestages, il y en a de plus en plus. »

  • Plusieurs tentatives de médiation

Mercredi 2 mai, dans une déclaration lue à la presse, et signée par les responsables de la police, de la gendarmerie et de l’armée, le ministre de la défense nationale, le général Béni Xavier Rasolofonirina a demandé aux chefs des partis politiques de mettre un terme aux tensions actuelles et de trouver une solution. En 2009, lors du coup d’Etat, c’est l’armée qui avait porté Andry Rajoelina au pouvoir. L’homme s’était proclamé président d’une « Haute Autorité de transition », poussant alors Marc Ravalomanana à la démission le 17 mars. Ce scénario est resté dans les esprits. Les initiatives prises pour déminer la crise montrent que la situation est prise au sérieux par l’Union africaine et par les Nations unies. Les bailleurs, dont l’Union européenne, ont également proposé leur médiation.

Parallèlement, la FFKM (Fiangonan’i Jesoa Kristy eto Madagasikara), l’Eglise de Jésus-Christ à Madagascar, la plus grande église protestante du pays, a elle aussi tenté de mettre autour de la table les protagonistes de la crise. Mais jusqu’à présent, l’opposition continue d’exiger le départ d’Héry Rajaonarimampianina. Une option que ce dernier a officiellement écartée dans une interview à la presse le 30 avril. » – Laure Verneau -(extrait de  lemonde.fr du 7/05/2018)

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2018/05/07/le-mediateur-de-l-onu-a-madagascar-pour-sortir-de-la-crise_5295536_3212.html#O0J7UQ4qd8jKpkO8.99

Document audio : La médiation du président ghanéen dans la crise togolaise (DW.com)


 

Capture.PNG 65.PNG« L’opposition togolaise, qui proteste depuis environ sept mois contre le président Faure Gnassingbé, a appelé à de nouvelles manifestations de rue cette semaine. Alors même que le président ghanéen, qui est médiateur dans cette cris,e a proposé la suspension de toutes manifestations de rue pendant les négociations.

C’est dans cette ambiance que pouvoir et opposition se retrouvent à compter de ce lundi à Accra la capitale Ghanéenne pour un autre round de cette médiation. Quelle est la marge de manœuvre du président Nana Akufo-Addo ?

La réponse de Dany Ayida, expert international des questions politiques en Afrique, au micro de Julien Adayé.

« Je pense que, en décidant de reprendre les manifestations de rue, la coalition de l’opposition n’a plus véritablement confiance en ce processus de dialogue politique qui a commencé sous l’égide du président du Ghana, et cela se remarque aussi par le fait que l’opposition ait accepté à la demande du président Akufo-Addo de suspendre ses manifestations. Le processus électoral s’est poursuivi. Donc je trouve que c’est de bonne guerre que l’opposition redescende dans la rue mais le gouvernement ne semble pas l’entendre de cette oreille pour le moment. »

DW : Au regard de cette ambiance délétère ou encore de défiance, quelles sont les chances pour le président Akufo-Addo du Ghana de réussir cette médiation ?

« Il faut avouer que ce dossier est très complexe. Le président ghanéen avait pris un peu de précautions en commençant sa médiation. On se rappelle que le gouvernement togolais, le parti au pouvoir ,et le président Faure Gnassingbé ne semblaient pas être favorables à l’implication de la communauté internationale dans cette crise qu’il considérait comme interne. La marge de manœuvre du président Akufo-Addo est assez étroite à mon avis. Mais s’il y a échec de ce dialogue, ce qui se profile à l’horizon d’ailleurs, ce ne sera pas parce que le président Ghanéen n’aura pas réussi sa médiation. Akufo-Addo reste l’un des plus fins diplomates de la sous-région ouest-africaine, il connait très bien les acteurs politiques togolais. Et l’approche qu’il avait mise en œuvre en essayant de rapprocher les différentes parties à mon avis était assez efficace. Mais la crise togolaise comporte plusieurs facettes que certains acteurs ne voient que rarmenent. S’il y a échec, c’est que les conditions étaient réunies pour ça. On ne s’attendait pas à ce que le président ghanéen réussisse d’un coup à renouer les cordes d’une conférence démocratique au Togo. »

DW : Pouvoir et opposition se retrouvent dès aujourd’hui à Accra, à votre avis, qu’est-ce que chacune des parties devraient pouvoir dire au médiateur ?

« La tension qui règne actuellement à Lomé avec l’incertitude d’une manifestation n’est pas faite pour rassurer les populations qui sont impatientes; qui veulent voir les choses se tenir au plus vite jusqu’ à ce que l’alternance revienne au Togo. » – J. Adayé-  (Extrait de dw.com du 9/04/2018)

Docuemnt audio à écouter sur http://www.dw.com/fr/la-m%C3%A9diation-du-pr%C3%A9sident-ghan%C3%A9en-dans-la-crise-togolaise/a-43314678