Liban : « vendetta et médiation », un article d’Ornella ANTAR publié dans l’Orient-Le jour


 

« La même tradition qui régit le « droit » de la vengeance dicte, parallèlement, les rituels et protocoles de la médiation et de la réconciliation entre les familles en conflit. Comme beaucoup de sociétés traditionnelles de la Méditerranée, la société libanaise, dans certaines régions du pays, compte toujours sur un réconciliateur pour mettre fin au cycle infernal de « reprise de sang ». Voici un portrait d’un médiateur libanais de la Békaa.
« Il y a quelques années, plus de dix victimes sont tombées entre les familles Jaafar et Zeaïter avant qu’une tentative de médiation entre les deux tribus n’ait été entamée. Tout ça pour une histoire de dérapage volontaire de voitures ! » s’indigne Talal Chreif, médiateur réputé entre les familles en conflit dans la région de la Békaa.
Tout le monde ne peut pas être médiateur. Autrement dit, n’importe quel homme ne saurait jouer le rôle de Talal Chreif entre les familles impliquées dans des crimes de vendetta. Il s’agit de répondre à une longue liste de critères avant d’accéder à ce statut.

C’est un profil bien précis que Talal Chreif s’efforce de dresser à L’Orient-Le Jour: « Un médiateur est un homme appartenant à une famille respectée de tous, connue pour son histoire irréprochable, que le sang n’est jamais venu tacher. Il doit être respecté au sein de sa propre famille, voire même être une personnalité qui susciterait l’admiration de tous. Populaire et connu dans la région, son statut social est censé être élevé. N’oublions pas aussi le facteur de l’âge, mais surtout celui de l’expérience. »
Âgé lui-même de 65 ans et deux fois président de la municipalité békaaiote de Yammouné, Talal Chreif a sur son compteur environ 60 réconciliations réalisées entre des familles de la Békaa. « La tâche n’a jamais été facile. Pourtant, la plupart des fois, les litiges reposent sur des banalités, telles que des affaires commerciales ou des accidents de voiture, même lorsque tout le monde s’en sort intact », se désole-t-il.

Le constat qu’il partage est glaçant: « La famille du mort ne pourra pas trouver la sérénité avant d’avoir vengé son fils. » Cette coutume, selon laquelle la vengeance devrait avoir lieu le plus tôt possible, fait en sorte que les médiateurs interviennent souvent un peu trop tard. « Nous ne cessons de répéter aux familles concernées qu’il ne faudrait pas attendre que le nombre de victimes s’élève à sept ou dix avant qu’elles ne fassent appel à un médiateur », reprend M. Chreif. « Pourquoi ne nous mettons-nous pas à table dès le premier incident ? Pourquoi ne mettons-nous pas fin à cet échange de morts dès le début de ce chemin sanglant ? » s’interroge-t-il avec amertume.

Tout un rituel…
Souvent, les médiateurs n’attendent l’appel de personne. Ils se rassemblent et décident d’embarquer sur une nouvelle aventure, parce que « chaque cas est différent de l’autre et chaque tribu a ses propres considérations. C’est par amour pour notre région et dans son pur intérêt que nous intervenons », affirme Talal Chreif, conscient de l’importance de la fonction qu’il remplit au sein de sa région.
Tout un rituel accompagne les tentatives de réconciliation. À force d’œuvrer pour la paix entre les familles de sa région, M. Chreif connaît par cœur toutes ses règles d’or. Cependant, une seule est primordiale à l’entame du processus: « Toutes les parties concernées par une vendetta doivent respecter les médiateurs. Il ne faudrait en aucun cas tirer profit de la trêve pour assassiner un membre de la famille opposée. »

Une fois respectée, cette clause du « droit de la vendetta », appellation adoptée par Massoud Younès en fonction des traditions et des coutumes qui régissent cette pratique, ouvre la porte aux autres directives suivies par les médiateurs dans leur aventure. Un autre facteur de réussite de la médiation est le nombre du groupe intervenant. « Plus les médiateurs sont nombreux, plus la pression sur les deux familles peut être fructueuse », dit-il. Mais le nombre seul n’est pas suffisant, selon M. Chreif, qui insiste encore une fois sur les qualités requises chez les intervenants et leur statut social, qui contribuent à convaincre les deux parties de déposer leurs armes.
Parfois, les pourparlers s’étalent sur quelques jours, ou quelques mois, et parfois même sur de très longues années. « Tout dépend de la gravité du conflit et du nombre de victimes tombées », souligne le médiateur.

Afin de régler le litige, les médiateurs se réunissent alternativement avec les deux parties concernées. M. Chreif énumère les principales étapes de la médiation: « Nous essayons tout d’abord de convaincre les parties que l’incident relève désormais du passé, que rien ni personne ne pourrait être récupéré et qu’il est temps de tourner la page, de trouver une solution, ou d’indemniser la famille de la victime, et donc de se mettre d’accord sur un chiffre. »
Une fois l’accord bouclé, le criminel se livre à la tribu du défunt. « La tribu de la victime a le devoir de pardonner au criminel une fois qu’il est entre ses mains », révèle M. Chreif. Dès que le criminel est sous la garde de la tribu, celle-ci est censée lui assurer la plus grande protection. « Le droit de la vendetta comprend sa part d’éthique », conclut-il. (Extrait de lorientlejour.com du 6/07/2017)

En savoir plus sur https://www.lorientlejour.com/article/1061281/iii-toutes-les-parties-concernees-par-une-vendetta-doivent-respecter-les-mediateurs-.html

 

Liban : REMISE DES DIPLÔMES AUX ÉLÈVES MÉDIATEURS – PROMO 2017 du Lycée Lamartine de Tripoli


« C’est dans une ambiance enthousiaste et joyeuse que le proviseur et la Directrice du Centre Professionnel de Médiation, Mme Johanna Hawari Bourgeily, ont remis les diplômes d’élèves médiateurs à la promotion 2017 des classes de 5ème.

Dans leurs discours, le Proviseur ainsi que Mme Bourgeily, ont félicité les élèves et insisté sur l’importance du climat pacifique que la médiation peut instaurer dans un établissement scolaire. » (Extrait de lycee-tripoli.edu.lb)

En savoir plus sur http://www.lycee-tripoli.edu.lb/2017/05/29/remise-des-diplomes-aux-eleves-mediateurs-promo-2017/

ouvrage : Vincent Borie, La médiation à l’usage des professionnels de la construction – BTP, immobilier, architecture, urbanisme, Eyrolles, Collection Blanche BTP, mai 2017, 136 p.


V.Borie- La médiation à l'usage des professionnels de la construction

« Didactique, alliant théorie et pratique, ce guide favorisera le développement des modes amiables de résolution des différends dans le domaine de la construction qui est un poumon de notre économie.

Comme la justice, la construction est d’abord une oeuvre humaine. Et la justice apporte désormais des réponses diversifiées correspondant aux besoins, aux intérêts et aux moyens des parties, dans le respect de leurs droits fondamentaux. Au nombre de ces réponses figurent la conciliation, la médiation, le droit collaboratif ou encore la convention de procédure collaborative.

Avec l’aide d’un tiers – indépendant, impartial et compétent – la médiation permet aux parties en conflit de nouer ou de renouer un dialogue. L’auteur expose tous les avantages que les modes amiables de résolution des différends offrent aujourd’hui aux acteurs du domaine de la construction. Tout en analysant finement les freins, souvent culturels, qui peuvent s’opposer à leur adoption, il donne des clés pour s’approprier le processus de médiation. »
Fabrice Vert, conseiller à la cour d’appel de Paris, coordinateur de l’activité des conciliateurs de justice et des médiateurs

(Extrait de editions-eyrolles.com )

En savoir plus sur http://www.editions-eyrolles.com/Livre/9782212674224/la-mediation-a-l-usage-des-professionnels-de-la-construction

LIBAN : L’ Université Saint-Joseph se classe 3ème à la Compétition internationale de médiation commerciale à Paris


« C’est avec beaucoup de fierté que l’équipe de l’Université Saint-Joseph, composée de Marianne Salamé et Stéphanie Nasnas, ainsi que des coachs Karim Mounayar et César Ghaleb, et qui a bénéficié du soutien de l’Agence universitaire de la francophonie (AUF), raconte sa victoire à la 3e place de la compétition internationale de médiation commerciale à Paris. Un événement qui a eu lieu du 3 au 8 février dernier.
De leur expérience, les deux étudiantes se rappellent le « stress ressenti face à ces grands médiateurs internationaux » et surtout « leur fierté d’être arrivées en demi-finale dans cette compétition » qu’elles qualifient de très haut niveau international. « Nous étions plus de 65 équipes universitaires de plus de 30 pays, dont les universités d’Oxford, Cornell, Fordham ou de New South Wales. Notre cas consistait en une négociation commerciale dans une grande entreprise, où nous devions résoudre un litige entre un chef d’entreprise et son salarié, pour arriver à un accord entre eux, explique Marianne Salamé. Tous les jours, nous devions débattre d’un cas différent. Le but était de déceler les intérêts cachés et les informations confidentielles de l’autre partie, tout en protégeant nos propres intérêts, et cela en présence d’un médiateur qui gère la conversation. Il fallait par la suite proposer des stratégies de négociations en faisant preuve de beaucoup de créativité et de savoir-faire. »
L’étape réussie, elles devaient passer à la suivante qui était de plus en plus difficile avec un temps de préparation plus court, surtout à partir de la 8e finale. « Contrairement aux étapes précédentes, nous ne recevions les informations que quelques heures plus tôt, ce qui fait que souvent nous faisions des nuits blanches, aidées de nos coachs pour préparer la session du lendemain. Un exercice très fatigant et excessivement stressant » –Lamia SFEIR DAROUNI » (Extrait de lorientlejour.com du 20/05/2017)

En savoir plus sur https://www.lorientlejour.com/article/1052733/lusj-se-classe-3e-a-la-competition-internationale-de-mediation-commerciale-a-paris.html

Vidéo : La médiation se développe au TGI de Guéret (France Info et France 3 Limousin)


Capture1.PNG« Mise en place du nouveau dispositif de médiation au TGI de Guéret

Depuis novembre dernier à Guéret (Creuse) de nouvelles permanences juridiques sont proposées au Tribunal de Grande Instance. Elles s’inscrivent dans le dispositif de médiation impulsé par le ministère de la Justice. le but : régler les litiges par conciliation ou à l’amiable. Intervenants : Nathalie Courtois, présidente TGI de Guéret; Maître Muriel Nogues, avocate et médiatrice; Maître Blandine Marty, avocate spécialisée droit des étrangers; Rachid, migrant (Soudan, Darfour). Reportage : Marielle Camp; Nicolas Chigot; Marion Haranger.  –  France 3 Limousin

La médiation est encouragée par le ministère de la Justice qui a mis en place un dispositif d’accès au droit. C’est ainsi que depuis novembre dernier, de nouvelles permanences juridiques sont proposées au public au Tribunal de Grande Instance de Guéret (Creuse). Une demi-douzaine d’avocats répond à la demande de justiciables de plus en plus nombreux.

Il s’agit de simplifier les démarches en cas de litige en optant pour une conciliation entre les parties opposées soit en tentant de régler un conflit à l’amiable. Plus simple, plus souple et plus rapide dans bien des cas, la médiation se veut aussi plus humaine. » (Extrait de france3-regions.francetvinfo.fr/limousin du 2/1/2017)

Liban : le Centre professionnel de médiation de l’USJ célèbre son 10e anniversaire


« La cérémonie de remise des diplômes de deux nouvelles promotions du Centre professionnel de médiation (CPM) de l’USJ, à Beyrouth et Tripoli, vient de se tenir sur le campus des sciences humaines de l’Université Saint-Joseph, marquant le 10e anniversaire de la fondation de ce centre unique en son genre.
« Venus d’horizons professionnels variés : avocats, ingénieurs, acteurs de la vie associative, responsables de ressources humaines, employés dans le milieu médical, enseignants (…) vous avez pu devenir une communauté de médiateurs compétents en travaillant ensemble, en faisant de l’apprentissage en groupe et en menant des stages et des mémoires qui reflètent vos pouvoirs et vos savoirs », s’est félicité le recteur de l’USJ, le père Salim Daccache s.j., en s’adressant aux nouveaux diplômés.
Pour sa part, Johanna Hawari-Bourjeily, directrice du CPM, a remercié tous ceux qui ont coopéré au succès de ce centre, qui à ce jour a déjà formé et équipé plus de 372 médiateurs : 37 formateurs généralistes, 59 formateurs en gestion des conflits scolaires, plus de 400 étudiants formés à la médiation dont 67 étudiants-médiateurs qui ont constitué le premier club d’étudiants-médiateurs au sein de l’USJ.
S’exprimant au nom de la promotion de Tripoli, Katia el-Cham a choisi de souligner combien toute médiation est sensible à l’attitude corporelle et combien cette dernière peut engendrer de malentendus, dans une situation conflictuelle. » (Extrait de lorientlejour.com du 15/11/2016)

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