Sahara : Le médiateur de l’ONU annonce une nouvelle table ronde pour le début 201


 

 

 

« La table ronde de deux jours sur le conflit du Sahara, tenue à l’invitation de l’émissaire de l’ONU, Horst Köhler s’est achevée ce jeudi 6 décembre, au Palais des Nations à Genève, sur une note d’optimisme de toutes les parties participantes (Maroc, Algérie, Mauritanie et Polisario).

Lors d’un point de presse tenu jeudi après-midi, l’envoyé personnel du Secrétaire Général de l’ONU pour le Sahara a annoncé avoir invité les quatre délégations à une seconde rencontre similaire au courant du premier trimestre de 2019, précisant que toutes “les parties ont convenu de trouver un règlement consensuel au conflit” du Sahara.

Les discussions de cette rencontre ont porté sur «le bilan sur les récents développements» au Sahara, les défis régionaux, ainsi que les prochaines étapes dans le processus de règlement politique du conflit territorial autour du Sahara marocain.

Toutes les délégations, précise un communiqué final dont lecture a été donnée par Köhler, ont reconnu «que la coopération et l’intégration, et non pas la confrontation, constituent les meilleurs moyens de faire face aux défis de la région», admettant que le fait de «résoudre le conflit, permettrait de contribuer à l’amélioration des vies des habitants de la région». -A. Haida – (Extrait de saharanews.org du 7/12/2018)

En savoir plus sur http://saharanews.org/5207-sahara-le-mediateur-de-lonu-annonce-une-nouvelle-table-ronde-pour-le-debut-2019.html

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CNUDCI : les accords de médiation internationale pourront produire leurs effets à l’étranger à certaines conditions


La médiation sur le devant de la scène internationale

« Tandis que la fonction de médiateur se professionnalise peu à peu en France1, les accords conclus par les parties à l’issue d’un processus de médiation pourraient bientôt bénéficier d’une efficacité internationale accrue, à la faveur d’une nouvelle Convention CNUDCI.

Bien que la médiation favorise par nature l’exécution spontanée des accords en résultant puisqu’ils sont élaborés par les parties elles-mêmes, de nombreuses entreprises ont fait part de leur besoin de pouvoir obtenir l’exécution forcée d’accords de médiation à l’étranger.

La Commission des Nations unies pour le droit commercial international s’est saisie de la question, et vient de publier sa proposition de solution : une Convention internationale dédiée -la Convention de Singapour-qui sera ouverte à la signature à compter du 1er août 2019, et un complément à sa loi-type sur la conciliation datant de 2002.

La nouvelle Convention prévoit que les accords de médiation internationale, appelés « accords de règlement », pourront produire leurs effets à l’étranger si certaines conditions sont réunies :

  • la médiation doit être internationale, avoir donné lieu à un accord écrit, et viser à résoudre un litige commercial ;
  • l’accord de règlement ne doit pas être intervenu dans le cadre d’une procédure judiciaire ou arbitrale ni être exécutoire en tant que jugement ou sentence ;
  • l’accord doit être véritablement issu d’une médiation, ce que devra prouver la partie qui cherche à s’en prévaloir ;
  • aucun des motifs devant conduire à refuser de faire produire effet à l’accord ne doit être caractérisé. Parmi ces motifs limitativement énumérés à l’article 5 figurent notamment les cas dans lesquels l’accord de règlement serait « caduc, inopérant ou non susceptible d’être exécuté (…) » ou le médiateur aurait « manqué à l’obligation de déclarer aux parties des circonstances de nature à soulever des doutes légitimes sur son impartialité ou son indépendance (…) ».

Ces prévisions ne sont pas sans rappeler celles de la Convention de New-York pour la reconnaissance et l’exécution des sentences arbitrales étrangères, dont les rédacteurs de la nouvelle Convention se sont officiellement inspirés.

Le Professeur Jean-Michel Jacquet, dans sa communication du 5 octobre 2018 au Comité Français de Droit International Privé, a ainsi regretté à certains égards l’application pure et simple des dispositions de la Convention de New-York aux accords de règlement, relevant qu’elle pourrait s’avérer inadéquate et aboutissait à traiter ces accords comme des clauses d’arbitrage, et non comme des sentences arbitrales.

D’autres éminents membres du Comité ont également relevé certaines zones d’ombre, tenant notamment à :

  • la condition de commercialité : les accords conclus entre des entreprises et des associations afin de mettre un terme à une violation des droits de l’Homme pourront-ils bénéficier du nouveau régime ?
  • la loi applicable à la validité de l’accord de règlement : les références aux règles de conflit étant rares dans la Convention , comment déterminer la loi applicable à cette question?
  • la notion de « normes applicables au médiateur » dont la violation pourrait empêcher à l’accord de règlement de produire effet dans l’Etat où il est invoqué : il n’existe pas de standards internationaux applicables aux médiateurs, de sorte qu’il conviendrait vraisemblablement de se référer aux obligations contractuellement prévues par le médiateur et les parties.

Nul doute cependant que l’arrivée d’un tel instrument doit être saluée, dès lors qu’elle favorisera le recours à la médiation, dont les avantages ne sont plus à démontrer (rapidité, maintien des relations commerciales, maîtrise des coûts, etc.).

Un accord de règlement considéré comme efficace au sens de la Convention pourra ainsi donner lieu à des mesures d’exécution forcée mais aussi être invoqué comme moyen de défense dans le cas où l’une des parties serait impliquée dans un litige déjà réglé par un tel accord.

Les questions liées à l’application pratique de la Convention ne pourront trouver leur réponse qu’une fois celle-ci entrée en vigueur, c’est-à-dire après sa ratification par au moins trois Etats.

Il semble qu’il ne s’agirait que d’une formalité, dans la mesure où il est espéré que la Convention de Singapour rencontrera le même succès que celle de New-York dont elle s’inspire, et à laquelle pas moins de 159 Etats sont aujourd’hui parties. « 

Jean-Fabrice Brun, avocat associé, Contentieux et Arbitrage

Laura Bourgeois, avocat, Contentieux

NOTE

1 La Cour de cassation vient de préciser qu’un diplôme n’est pas obligatoire pour figurer sur les listes des médiateurs inscrits près les cours d’appel (Cass. civ. 2ème 27 sept. 2018 n°18-60091) et qu’une demande d’inscription ne peut être rejetée pour un motif ne figurant pas dans les conditions d’inscription expressément énumérées par le décret n°2017-1457 du 9 octobre 2017 (Cass. civ. 2ème 27 sept. 2018, n°18-60.132).

Article à consulter sur http://www.lexplicite.fr/mediation-sur-le-devant-de-la-scene-internationale/

Dialogue entre Alger et Rabat : la Tunisie propose sa médiation


« La Tunisie propose une réunion à huis-clos des ministres Affaires étrangères de l’Union du Maghreb arabe, a indique son ministre des Affaires étrangères Khemaies Jhinaoui

“La Tunisie poursuit ses efforts diplomatiques avec les frères au niveau des pays du Maghreb pour appuyer les initiatives visant à relancer les institutions de l’Union du Maghreb arabe, et nous avons proposé des dates précises, pour organiser une rencontre de consultation à huis-clos, loin des projecteurs, entre les cinq ministres maghrébins des Affaires étrangères”, a déclaré Khemaies Jhinaoui dans un entretien à Assabah news, ce mercredi 28 novembre.

Pour lui, l’appel de Mohamed VI en faveur d’un dialogue avec Alger, et les déclarations des responsables algériens, peuvent “contribuer  à la relance” des relations entre l’Algérie et le Maroc et “mettre fin” au conflit entre les deux pays.

Le 6 novembre, le roi du Maroc a proposé la mise en place d’un « mécanisme politique conjoint de dialogue et de concertation » destiné à permettre de régler les différends entre Rabat et Alger. » (Extrait de tsa-algerie.com du 28/11/2018)

En savoir plus sur https://www.tsa-algerie.com/dialogue-entre-alger-et-rabat-la-tunisie-propose-sa-mediation/

Togo : les médiateurs appellent pouvoir et opposition à faire des concessions


Les présidents de la Guinée et du Ghana, Alpha Condé et Nana Akufo-Addo, sont dans la capitale du Togo en tant que médiateurs de la Cédéao. Ils ont rencontré ce mercredi 27 juin les représentants du pouvoir et de l’opposition, pour discuter de la crise que traverse le pays depuis près d’un an.

L’enjeu est d’ouvrir la voie à un climat socio-politique décrispé et apaisé, entre pouvoir et opposition. Et pour y arriver, il est donc demandé à chaque camp de faire des concessions.

Trois à choses sont à retenir à la fin de cette journée marathon de la reprise du  dialogue inter-togolais : le gouvernement devra poursuivre les mesures d’apaisement notamment la libération des personnes arrêtées pendant les manifestations. Toutes les villes – Bafilo, Sokodé, Mango – jusque-là interdites de manifestations pourront en faire ; l’actuel Parlement dont le mandat arrive à terme le 19 août prochain selon la Cour constitutionnelle, pourra également poursuivre ces travaux.

Les préparatifs des élections prévues à cette échéance restent suspendus selon le communiqué final tout sachant que ces élections devront se tenir avant la fin novembre 2018.

C’est une étape importante confie, sceptique, un membre de la coalition de l’opposition qui ajoute qu’il faut attendre la mise en oeuvre pour aboutir à un environnement apaisé qui permette d’aborder les questions de fond.

De toutes les manières le processus du dialogue est sur les rails, il se poursuivra par le biais des ministres et ambassadeurs des deux facilitateurs en attendant que les autres points de discorde fassent l’objet de recommandations des chefs d’Etat lors du prochain sommet de la Cédéao.

Les discussions ont commencé après une cérémonie inaugurale très brève à l’hôtel 2 Février. Une cérémonie au cours de laquelle les facilitateurs ont appelé les deux parties à faire des concessions pour aboutir à un résultat consensuel.

Au cours de la cérémonie, le président de la commission de la Cédéao a déclaré que « les facilitateurs soutiendront les acteurs politiques togolais dans la réalisation des réformes constitutionnelles, dans le respect des délais légaux des réformes de la démocratie et des principes de l’Etat de droit ». (Extrait de rfi.fr du

En savoir plus sur http://www.rfi.fr/afrique/20180627-dialogue-togo-pouvoir-opposition-mediation-cedeao

Belgique : « La médiation, solution efficace dans le cas d’un enlèvement parental international « 


La médiation, solution efficace dans le cas d'un enlèvement parental international

« En cas d’enlèvement parental international, un type de faitsqui représente plus de 20% des dossiers traités par Child Focus, une médiation s’avère souvent très efficace, souligne cette organisation jeudi.

A l’occasion de la « Semaine de la médiation », la Fondation pour Enfants Disparus et Sexuellement Exploités souhaite mettre en avant cette possibilité trop méconnue selon elle, à laquelle peu ont recours. Dans le but de faciliter cette pratique, un « bureau de pré-médiation » a même été créé au sein de la fondation l’an dernier.

La multiplication des mariages internationaux, corollaire de la migration, entraîne son lot d’évènements tragiques en cas de divorce houleux, parfois sous la forme de l’enlèvement d’un enfant. On parle d' »enlèvement parental international » lorsqu’un parent décide de s’enfuir à l’étranger avec son enfant sans le consentement de l’autre parent. Plus d’un dossier sur cinq traités chaque année par Child Focus concerne de tels faits, indique l’organisation jeudi. Dans une large majorité de cas, il s’agit d’enlèvements intra-européens. Et 75% des médiations entamées dans un tel cadre (enlèvement parental international en Europe) débouchent sur un accord au moins partiel.

« Pour résoudre ce genre de conflit, intenter une action en justice semble être le choix le plus évident, mais cette initiative peut être traumatisante tant pour l’enfant, qui est tiraillé entre ses deux parents, que pour les parents, qui se lancent souvent dans une longue procédure judiciaire », assure la Fondation. Lors d’une médiation, menée par des professionnels, il est pourtant possible de trouver « des solutions acceptables pour les deux parties », des accords qui sont souvent « plus solides » puisqu’ils découlent d’une « démarche volontaire », selon les mots d’Hilde Demarré, policy officer chez Child Focus et médiatrice familiale.

« Pour nous, l’enlèvement est avant tout le résultat d’un conflit familial, et nous allons donc essayer de trouver une solution pour ce conflit familial qu’il y a derrière », ajoute-t-elle. C’est notamment le rôle de Child Focus de recommander une médiation quand elle peut aider. Grâce au bureau de « pré-médiation » qui y a été créé l’an dernier, « on fait le premier relais, on prépare la médiation, de telle sorte que les médiateurs puissent se concentrer sur le travail en lui-même », explique Hilde Demarré. « Nous recommandons des médiateurs du réseau Missing Children Europe, il y en a alors deux sur chaque dossier, un dans chaque pays ». L’organisation n’est pas des plus simples, et a un certain coût, qui « dépend des médiateurs, indépendants »: il faut penser aux déplacements des médiateurs, du parent délaissé… Mais les résultats sont là, assure-t-elle. » (Extrait de levif.be du 18/10/2018)

En savoir plus sur https://www.levif.be/actualite/belgique/la-mediation-solution-efficace-dans-le-cas-d-un-enlevement-parental-international/article-normal-1042113.html

Centrafrique : primauté de la médiation de l’Union africaine, affirme le président Touadéra


Le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra à la tribune de l'ONU, le 26 septembre 2018 à New York

« La médiation pour une paix en Centrafrique relève de l’Union africaine, a déclaré jeudi le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra, jugeant que l’implication récente de la Russie dans des pourparlers avec des groupes armés n’avait qu’un but de « facilitation ».

Lors d’une réunion tenue en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, à laquelle n’assistait pas la Russie, « un appui fort a été donné à l’initiative africaine (pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine), qui fédère toutes les initiatives et qui a le soutien du gouvernement et du peuple centrafricains », a-t-il dit à la presse après la rencontre.

« Nous sommes en train de travailler pour un prochain dialogue avec les groupes armés pour rechercher la paix et la réconciliation », a précisé le président centrafricain.

Fin août, Moscou avait réuni chez son allié soudanais, à Khartoum, quatre des principaux groupes armés pour y signer une « déclaration d’entente ». Cette médiation parallèle a « agacé » les partenaires de la RCA et a été clairement rejetée par la France.

« Dans le cas de la réunion à Khartoum, la Russie n’a joué qu’un rôle de facilitation, tout au moins en matière de logistique », a assuré M. Touadéra, rappelant que son gouvernement n’était pas présent. « Les résultats, les propositions, sont une contribution dans le cadre » de l’initiative de paix menée par l’Union africaine, a-t-il ajouté.

Lors de la réunion, à huis clos, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a demandé que « la coopération entre l’Union africaine, l’Organisation des Nations unies, la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale et tous les autres partenaires, y compris les membres du Conseil de sécurité actifs dans le pays, (soit) resserrée », selon un communiqué de ses services.

A la tête de la commission Paix et sécurité de l’Union africaine, Ismail Chergui, présent à la réunion, a aussi souligné devant la presse que cette instance était « au centre de tous les efforts ».

« Les efforts notés à Khartoum sont complémentaires et ne sauraient remplacer l’initiative africaine ». Elle est « la seule à pouvoir fédérer tous les efforts devant permettre aux groupes armés de signer un accord de paix avec le gouvernement, de remettre leurs armes et de s’intégrer dans l’effort de développement du pays », a-t-il insisté.

« Nous sommes convenus de redonner une impulsion nouvelle, forte, aux efforts politiques, centrés sur l’initiative de l’Union africaine, qui est le moteur et la référence », a abondé le secrétaire général adjoint aux opérations de paix de l’ONU, Jean-Pierre Lacroix.

La Centrafrique, que se partagent des groupes armés, est embourbée dans un conflit meurtrier depuis six ans qui a déplacé plus d’un quart de ses 4,5 millions d’habitants. (Extrait de msn.com du 27/09/2018)

En savoir plus sur https://www.msn.com/fr-fr/actualite/monde/centrafrique-primauté-de-la-médiation-de-lunion-africaine-affirme-le-président-touadéra/ar-BBNEyCK

Faire de la recherche dans les zones touchées par un conflit: cinq leçons pour les bâtisseurs de la paix


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« Mener des recherches pour améliorer les programmes de prévention des conflits et de consolidation de la paix comporte de nombreux défis. Howard Ilona, ​​directeur du consortium pour le Partenariat pour la recherche de la paix (PRP), présente quelques-uns des défis éthiques et pratiques chercheurs doivent faire face et ce que nous pouvons faire pour y remédier.

Vous avez probablement vécu cela – vous répondre à votre téléphone et une voix préenregistrée vous demande votre avis sur un achat récent ou un client « interaction ». Si vous décidez de les rappeler, vous pouvez le faire sans même savoir ce qu’il adviendra des informations que vous fournissez.

Imaginez maintenant que vous vivez dans un pays en conflit actif, tel que le Sud-Soudan, le Yémen ou la Syrie. Il est peu probable que quelqu’un appelle pour connaître votre point de vue sur le service à la clientèle, sans parler de votre sécurité et de votre bien-être. Votre esprit porterait sur des préoccupations plus pressantes, telles que la sécurité de votre famille, si vous pouvez vous rendre dans les magasins ou au marché et s’il est sans danger que vos enfants aillent à l’école. Cela suppose que les écoles fonctionnent et qu’il y a de la nourriture disponible.

La vérité est que trop souvent, les personnes en conflit ne se font pas demander leur point de vue et leurs idées. Et trop souvent, personne n’est prêt à vraiment écouter. Mais de la même manière que les entreprises dépendent des retours de leurs clients, il est essentiel d’écouter les personnes de leurs expériences d’insécurité et de ce qui pourrait être fait pour les rendre plus sûres afin d’adapter le soutien aux personnes dans des contextes affectés par un conflit. besoins – pas ceux que nous assumons pour eux. Pour les organisations de consolidation de la paix, cela signifie la planification et la recherche qui est de la valeur pratique que nous apprenons et améliorer le soutien à ceux qui vivent par le conflit. La meilleure recherche est précieuse pour les participants ainsi que pour les chercheurs.

« Pas de recherche sans action, pas d’action sans recherche »

Le nombre de pays en conflit actif est en augmentation, de même que le nombre de groupes armés ( plus de sont apparus au cours des six dernières années par rapport aux 60 précédents ). Les personnes vivant dans ces zones connaissent des niveaux de violence croissants: au cours des 11 premiers mois de 2017, au moins 15 399 civils ont été tués par des armes explosives, ce qui représente une augmentation de 42% par rapport à 2016 .

Les enjeux ne pourraient pas être plus importants pour les personnes en conflit actif. Il est essentiel que nous recherchions leurs points de vue sur la manière de prévenir et de transformer les conflits et de construire la paix dans leurs communautés.

De toute évidence, demander des commentaires par le biais de messages préenregistrés n’est pas une voie à suivre lorsque vous posez des questions difficiles. Notre recherche doit être sensible et soigneusement examinée dans la façon dont nous (généralement des organisations et agences externes) essayons de comprendre le contexte, les perspectives des personnes en conflit, les dynamiques de pouvoir en jeu et, surtout, les changements nécessaires pour améliorer les choses. .

Lorsque nous parlons aux participants, nous devons définir clairement le but de notre recherche et impliquer un large éventail de personnes dans la planification et la conception afin de nous assurer qu’elles sont pertinentes et utiles. Une fois la recherche terminée, nous devons mieux faire en sorte que les participants à la recherche puissent en connaître les résultats. Ce type de recherche est connu sous le nom de recherche pratique ou action.

Recherche axée sur la pratique: quels sont les défis et comment pouvons-nous les résoudre?

Il existe de nombreux obstacles à prendre en compte tant pour les chercheurs que pour ceux qui participent à la recherche. Des questions d’accès et de sécurité aux décisions difficiles de la taille de l’échantillon et aux défis éthiques posés à la demande aux personnes de décrire des expériences qui peuvent être traumatisantes, personnelles ou risquées – les facteurs à prendre en compte ne manquent pas.

Les employés de Saferworld , de International Alert and Conciliation Resources – trois organisations internationales de premier plan pour la consolidation de la paix – ont passé du temps ensemble au début de l’année en abordant certaines de ces questions controversées mais vitales. Certains thèmes clés ont émergé.

  1. Utilisez le processus de recherche comme une opportunité de consolidation de la paixet non pas simplement comme un moyen de parvenir à une fin (la «fin» étant le document de recherche qui atterrit sur le bureau de quelqu’un ou dans nos boîtes de réception). Nous devons examiner attentivement nos méthodes de recherche, notre cadre de responsabilisation et nos cadres éthiques pour nous assurer de tirer le meilleur parti des possibilités de renforcer la confiance et de soutenir les efforts de consolidation de la paix.
  2. Placez le devoir de diligence envers les participants à la recherche au cœur de nos activitéset assurez-vous que des normes éthiques et de responsabilité claires sont en place. Celles-ci doivent être partagées et comprises par les chercheurs et les participants à la recherche. Nous sommes responsables vis-à-vis des personnes que nous interrogeons et nous devons garder cela au premier plan dans nos esprits afin de minimiser la détresse de ceux qui posent ou répondent aux questions.
  3. Soyez équilibré et responsableenvers les donateurs et les participants à la recherche. La responsabilité envers les donateurs qui financent notre recherche est indéniablement importante, mais nous devons trouver un équilibre entre cette responsabilité et la responsabilité envers les participants à la recherche. La recherche de résultats peut conduire à des résultats trop prometteurs pour le nombre de produits de recherche auxquels une organisation s’engage. Des délais courts et des budgets limités pour la recherche participative aggravent un travail déjà difficile et qui prend du temps. Cela peut impliquer de réduire le nombre de résultats de recherche afin de donner suffisamment de temps au processus de recherche et à une participation significative.
  4. Expliquez clairement le but de la recherche et son impact sur les populations locales. Il se peut que la meilleure décision soit de ne pas entreprendre de recherche du tout, par exemple s’il y a une ‘fatigue de recherche’ parmi une population ou si la recherche sera trop extractive – ce qui signifie que la recherche prend des informations sans redonner aux communautés. Ce blog soutient que toutes les recherches sont extractives dans une certaine mesure, nous devrions donc nous efforcer de les minimiser autant que possible.
  5. Appliquez des critères de validitépour accroître la confiance dans le processus et dans les résultats finaux de la recherche. Un cadre de recherche-action utilisé par l’ Institut d’études sur le développement met l’accent sur les bonnes relations, les résultats concrets, la rigueur scientifique, la résolution des problèmes importants et les conséquences durables. Il fournit une rubrique à partir de laquelle nous pouvons mesurer la validité de la recherche pratique et nous permet d’intervenir régulièrement pour interroger des domaines tels que les méthodes de recherche, les modèles de partenariat et l’analyse. Les critères peuvent aider à évaluer, par exemple, combien de participants doivent être interrogés pour qu’une recherche qualitative soit considérée comme valide et rigoureuse.

Mettre les gens et le changement au cœur de la recherche

Saferworld , International Alert et Conciliation Resources collaborent dans le cadre du Peace Research Partnership, placer les personnes et les changements positifs au cœur de la recherche sur la pratique dans des contextes de conflit à travers le monde. Nous pensons que cette approche est plus susceptible de générer des connaissances « nouvelles » et applicables – en fournissant des preuves qui soutiennent une réduction de la violence en s’attaquant aux facteurs sous-jacents du conflit. Notre travail auprès des personnes en situation de conflit nous permet de fournir un soutien immédiat et de contribuer à un changement et à des solutions à long terme. Apprendre au fur et à mesure (y compris auprès de personnes extérieures au secteur de la consolidation de la paix telles que les universitaires) en remettant en question et en interrogeant nos propres hypothèses et approches est crucial pour améliorer nos propres pratiques. Grâce à cette approche d’apprentissage, nous visons à fournir un soutien plus ciblé et à permettre à ceux qui vivent dans des conflits d’être habilités.

Combler les divisions

La valeur de la recherche sur les pratiques réside dans le fait qu’elle éclaire un problème et cherche à faire partie de la solution – dans ce cas-ci, à améliorer la sécurité des personnes et leur sentiment de sécurité. Mais ce type de recherche n’existe pas en vase clos. Parfois, il se heurte à des chevauchements avec d’autres instances et, dans d’autres cas, renforce et fournit des preuves des conclusions qui se dégagent de la recherche universitaire et des objectifs des décideurs.
Il existe un fossé entre la pratique et la recherche universitaire et on peut parfois avoir l’impression qu’ils habitent des mondes différents en termes d’ échelles de temps, de financement, de styles de communication et de ce qui motive la recherche. Une réflexion intéressante sur la manière dont cette fracture s’étend à la collecte de données peut être trouvée ici:La fracture des données: combler le fossé croissant entre praticiens et universitaires.

Les discussions au sein du Partenariat pour la recherche sur la paix , et entre la communauté des praticiens au sens large, des représentants du monde universitaire et du gouvernement britannique sont essentielles pour combler le fossé qui existe entre la recherche universitaire et la recherche sur la pratique, car les deux sont nécessaires. Les deux sont des outils précieux qui fournissent des preuves de ce qui alimente ou minimise les facteurs de conflit afin que ces connaissances puissent être intégrées dans la prise de décision et que la paix et la stabilité puissent être instaurées et maintenues.

À l’avenir, nous espérons continuer à trouver des espaces de réflexion partagée et de débat honnête sur la meilleure manière de mener des recherches qui placent les personnes et les changements pacifiques au cœur de leurs préoccupations.

Lisez et explorez les recherches récemment publiées par le Peace Research Partnership sur l’ inclusion dans les processus de paix , les partenariats dans la consolidation de la paix , les perspectives locales sur la réponse à la violence dans le nord-est du Nigeria et le transfert de responsabilités au Kenya.affecte la dynamique des conflits. Des publications à venir sont prévues sur un éventail de sujets, notamment: les systèmes judiciaires pluriels au Myanmar, les conséquences du conflit au Yémen sur les rôles des femmes et les hommes, la sécurité et la justice au Soudan du Sud, le développement économique inclusif en Syrie et au Népal, la paix et la stabilité dans la gestion des ressources naturelles au Mali et au Myanmar, facteurs déterminants des normes de genre dans les groupes violents organisés en Ukraine et en Syrie, consolidation de la paix entre les sexes et les hommes, soutien aux processus de paix et de transition et moyens de sortir de la violence pour les groupes armés.

Ilona Howard 
Ilona Howard est responsable du consortium pour le partenariat de recherche avec la paix, un projet commun de Saferworld, Conciliation Resources et International Alert

En savoir plus sur https://www.saferworld.org.uk/resources/news-and-analysis/post/798-doing-research-in-conflict-affected-areas-five-lessons-for-peacebuilders