Médiation familiale : Le ministère de la Justice organise une médiation internationale dans l’affaire Aude Torrent de Langeac (43)


Le ministère de la Justice intervient dans l'affaire Torrent
« L’affaire Aude Torrent vient de connaître un nouveau rebondissement : le ministère de la Justice a ordonné de surseoir à l’exécution de l’arrêt de la cour d’appel de Riom, le temps d’organiser une médiation internationale.

La Langeadoise Aude Torrent et son comité de soutien ont appris la nouvelle mardi 30 janvier au soir : le ministère de la Justice a ordonné de surseoir à l’exécution de l’arrêt de la cour d’appel, le temps d’organiser une médiation internationale.

Une décision de justice avait été prise en avril 2017 par la cour d’appel de Riom, qui enjoignait à Aude Torrent de ramener ses garçons chez leur père, en Irlande, pays qu’elle a quitté avec eux il y a un an et demi. Depuis quelques jours déjà, les soutiens à Aude Torrent étaient mobilisés car ils avaient appris une mise en application imminente de cette décision, sur requête du parquet.

La mère stoppe sa grève de la faim

Mais si les gendarmes se sont bien rendus chez Aude Torrent mardi soir, c’était pour une toute autre raison. En effet, « le ministère de la Justice a ordonné de surseoir à l’exécution de l’arrêt de la cour d’appel et il a décidé d’organiser une médiation internationale. La Chancellerie doit désormais contacter Mme Torrent », expliquait, ce mercredi 31 janvier, l’avocat de la jeune femme, Jean-Hubert Portejoie. « Le sursis est valable jusqu’à cette médiation. Le souhait de ma cliente étant qu’ensuite, il soit prolongé jusqu’au résultat du pourvoi en cassation. »

Aude Torrent a mis un terme à la grève de la faim qu’elle avait entamé le 20 janvier dernier. Mercredi 31 janvier, elle se déclarait « satisfaite de cette décision du ministère de la Justice. Et j’espère qu’enfin, un accord sera trouvé dans l’intérêt des enfants. »

La Chancellerie est intervenue rapidement

« La cellule de médiation internationale dépend du ministère. Cette médiation devrait se faire dans le mois », expliquait pour sa part le parquet.

Cette décision du ministère, le comité de soutien, coprésidé par Guy Vissac, l’espérait : « Nous sommes contents. Aude va pouvoir, nous l’espérons, vivre une vie normale jusqu’à la décision de la Cour de cassation. Car nous savons qu’il est possible d’obtenir une suspension jusque-là. Nous avons fait beaucoup de démarches, y compris auprès de personnalités. La Chancellerie a été sollicitée en début de semaine, sa réponse est arrivée très rapidement. Et cela soulage tout le monde. » – P. Hébrard – (Extrait de lamontagne.fr du 31/01/2018)

En savoir plus sur https://www.lamontagne.fr/langeac/justice/haute-loire/2018/01/31/le-ministere-de-la-justice-intervient-dans-l-affaire-torrent_12722798.html

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Médiation de paix: une formation suisse prisée dans le monde entier


Gros plan sur des mains posées sur une table

« Comment amener les parties d’un conflit armé à s’asseoir à la même table? Quels éléments doit contenir un accord de cessez-le-feu pour avoir une chance de durer? Un programme d’études destiné aux médiateurs et mis en place à Zurich répond en particulier à ces questions. Unique, il accueille des participants venant du monde entier.

Cette formation est particulière parce qu’elle se concentre exclusivement sur la médiation de paix dans les conflits politiques internationaux, explique son responsable Andreas Wenger, de l’École polytechnique fédérale de Zurich (ETH Zurich). Elle l’est aussi parce qu’elle dure non pas quelques semaines mais s’étend sur 18 mois.

Dans le premier module jusqu’à la fin de l’année dernière, les participants ont approfondi les questions touchant à l’analyse des conflits et à leur résolution. Le deuxième qui débutera en mars sera consacré aux méthodes de négociation. Les étudiants découvriront ensuite à l’aide de jeux de rôle comment réagir  lorsque, par exemple, un participant quitte la table des négociations par frustration.

La Suisse assume près d’un tiers du budget

Le budget pour la phase de planification et les deux premiers cycles pilote s’établit à 5,5 millions de francs. La Suisse en assume au maximum 1,6 million. Les autres partenaires de l’ETH Zurich participent aussi aux frais. À moyen terme, le coût d’un cycle devrait s’établir entre 800’000 et 1,2 million de francs, financés par des frais de participation de 55’000 francs par personne.

«La médiation est un travail d’équipe», souligne Andreas Wenger. Une des principales responsabilités d’un médiateur est de structurer le processus de négociation. Mais il doit aussi connaître les éléments essentiels qu’un traité de paix doit contenir pour qu’il tienne le plus longtemps possible. Ce master n’est cependant qu’une formation de base, souligne le professeur: «Il y a ensuite encore un long chemin pour se retrouver médiateur en chef chargé par exemple de diriger des négociations de paix.»

La formation s’adresse surtout au personnel des ministères des affaires étrangères, mais elle peut aussi être suivie par des membres d’organisations internationales telles que les Nations unies ou l’Union européenne. Elle est aussi ouverte aux particuliers.

«Toutes les zones de conflit sont représentées»

L’ETH Zurich a enregistré plus de 150 demandes d’inscription. «Nous nous réjouissons de l’intérêt manifesté», indique Andreas Wenger. Finalement, 18 candidatures ont été acceptées.

Un bon mélange d’étudiants est important et nous l’avons trouvé, dit-il. «Toutes les régions du monde sont représentées, donc toutes les zones de conflits, et le groupe inclut aussi bien les perspectives occidentales que celles des pays du Sud. Les femmes constituent la moitié des participants.»

Tous apportent au moins quatre ans d’expérience dans la politique de paix. «Certains possèdent des connaissances particulières sur un conflit et ont même grandi dans la zone touchée», indique encore le responsable. D’autres sont spécialisés dans l’analyse comparative des conflits.

Experts du Département fédéral des affaires étrangères

Deux participants aux cours viennent du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) qui a soutenu le projet dès le début. Il met notamment à disposition des experts pour certains cours. Nous comblons ici un vide, a déclaré une porte-parole de DFAE. Cette formation doit permettre à la Suisse d’apporter sa contribution pour que les futurs accords de paix s’avèrent encore plus durables.

Les ministères des affaires étrangères d’Allemagne, de Finlande, de Suède, les Nations unies et l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) soutiennent également le projet et y envoient aussi des étudiants. Ces partenaires d’ETH Zurich financent en outre la formation de huit participants venant d’autres régions du monde.

La Suisse en tant que médiatrice

Les bons offices de la Suisse sont une tradition. À côté des mandats de puissance protectrice, ils jouent un rôle essentiel dans la politique de paix du pays. La Suisse est internationalement reconnue pour son rôle dans la médiation des conflits. Au cours des années passées, elle a accompagné plus de 30 processus de paix dans plus de 20 pays.

En tant qu’intermédiaire neutre, elle offre ses services comme médiatrice ou comme facilitatrice. Dans ce second cas, elle facilite par des mesures logistiques le contact entre les parties en conflit, mais elle n’est impliquée ni dans l’organisation du processus ni dans le contenu des négociations. La médiation en revanche inclut un soutien substantiel des parties dans la recherche de solutions.

La voie solitaire dans le domaine des bons offices a de moins en moins de chances de succès, en particulier pour les petits États. La Suisse a pris en compte cette évolution et offre désormais toujours davantage ses services dans le cadre de partenariats, notamment avec les Nations unies. Comme médiatrice elle travaille aussi étroitement avec des organisations non-gouvernementales et d’autres institutions suisses, en particulier la fondation Swisspeace et l’ETH Zurich. (Source: DFAE) (Extrait de swissinfo.ch du 29/01/2018)

En savoir plus sur https://www.swissinfo.ch/fre/politique/r%C3%A9solution-des-conflits-politiques_m%C3%A9diation-de-paix–une-formation-suisse-pris%C3%A9e-dans-le-monde-entier/43856118

Sant’Egidio, la communauté catholique qui œuvre pour la paix en Afrique


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La communauté catholique Sant’Egidio est souvent citée pour son rôle actif de médiation dans des négociations de paix en Afrique. Notamment récemment en Casamance (Sénégal) ou en Centrafrique. Enquête sur une communauté très discrète. Admirée. Mais aussi critiquée.

«La Communauté de Sant’Egidio naît à Rome en 1968, au lendemain du Concile Vatican II. C’est aujourd’hui un mouvement de laïcs auquel participent plus de 50.000 personnes, investies dans l’évangélisation et dans la charité à Rome, en Italie et dans plus de 70 (en fait 75, NDLR) pays des divers continents», raconte son site. Un demi-siècle après, elle est toujours installée dans un ancien monastère carmélite de la Ville éternelle, construit au XVIIe siècle. Elle tient son nom de l’église Sant’Egidio (Saint Egide en français, forme italienne de Saint Gilles l’ermite).

L’année 1968, celle notamment de grands changements sociétaux dans les pays occidentaux, ne doit rien au hasard. Sant’Egidio a donc été créée cette année-là par Andre Riccardi, fils de banquier, «et un groupe d’étudiants désireux de reconnecter l’Eglise avec les plus démunis», raconte Le Monde. Tous laïques. «Un temps imprégnés de marxisme, (ils) ont fait leurs classes dans les bidonvilles romains, mais aussi auprès des handicapés, des réfugiés et des personnes âgées esseulées».

Des interventions qui se poursuivent aujourd’hui. Dans le même temps, la communauté a essaimé ailleurs dans le monde, notamment dans une vingtaine de pays africains. En Côte-d’Ivoire, ses militants mènent par exemple des actions d’alphabétisation.

De fil en aiguille, Sant’Egidio s’est spécialisée dans les relations internationales. L’écart entre une action au niveau d’un quartier ou d’une ville d’un côté, à celui du vaste monde de l’autre peut paraître incommensurable à l’observateur moyen. Pas à Angelo Romano, recteur de la Basilique Saint-Barthélémy, professeur à l’Université pontificale urbanienne à Rome. Lui-même «fait partie du groupe travaillant actuellement pour la réconciliation en Casamance (Sénégal)», précise le site de la communauté.

«Action sociale et action internationale»
«Il y a une continuité entre notre action sociale et notre action internationale, qui correspondent toutes deux à notre vocation de communauté chrétienne. Quand nous agissons lors de négociations, il s’agit de se mettre au service de la paix et de répondre à des requêtes. Nous n’avons pas changé de voie. Nous restons enracinés dans la vie chrétienne et la charité. C’est ce qui nous donne notre crédibilité», explique Angelo Romano. La communauté est ainsi intervenue un peu partout dans le monde: au Guatemala, en Albanie, au Kosovo. Mais aussi, et beaucoup, en Afrique: en Algérie (pendant la guerre civile dans les années 90), au Burundi, en Centrafrique, en Côte-d’Ivoire, au Liberia, en Libye, au Mozambique, au Soudan du Sud

Sant’Egido a, en quelque sorte, fait ses classes lors de la guerre civile au Mozambique au début des années 90. «Les représentants du gouvernement et du mouvement de guérilla Renamo ont négocié chez nous pendant sept mois», se souvient l’universitaire catholique. Avant d’aboutir à un accord le 4 octobre 1992, qui reste visiblement un grand objet de fierté pour la communauté. Mais en 2016, des combats ont à nouveau opposé les ex-belligérants.

Les moyens pour parvenir à un tel accord? «Une structure très légère constituée de bénévoles», répond Angelo Romano. En l’occurrence une dizaine de personnes qui composent le bureau international de la communauté. Pour les négociations sur le Mozambique, Sant’Egidio avait mis sur pied une équipe de quatre personnes, dont un archevêque mozambicain. Angelo Romano reste discret quand on lui demande sur qui, en général, s’appuie la communauté au niveau local. «Nous sommes enracinés dans 75 pays, ce qui permet d’avoir une certaine connaissance du terrain et nous fournit une richesse de compréhension», répond-il sans plus de précision.

La «force» des bénévoles
Dans le même temps, le fait que les négociateurs de la communauté soient «des bénévoles est une force», poursuit l’universitaire. «Cela nous donne une énorme crédibilité». Une crédibilité pour aider à résoudre des conflits parfois insolubles pour les diplomates professionnels.

«Nous faisons quelque chose de différent», dit Angelo Romano. C’est-à-dire? «Nous n’avons pas de projet ni de solution préétablis. Nous essayons en premier lieu d’écouter et de comprendre les protagonistes. Chaque conflit a ses raisons et son histoire. Il s’agit de comprendre les peurs et les méfiances des uns et des autres. Cela nécessite du temps, ce que des diplomates professionnels ne peuvent pas forcément se permettre.» Pour autant, ces derniers peuvent être associés au travail de Sant’Egidio. Comme le fut l’ambassadeur de France au Vatican lors des discussions sur la Centrafrique.

Une fois les négociations sur les rails, les protagonistes en choisissent le rythme. Pendant les discussions, «nous nous efforçons de mettre au centre ce qui les réunit et de mettre de côté ce qui désunit». Objectif: échafauder des compromis pour arriver à un accord. «Il s’agit de ne pas être pressé: il faut tester les plus petites chances pour parvenir à une solution pacifique. Cela peut donc prendre des années.» Comme en Casamance où les pourparlers ont commencé en 1991 et où un accord de paix a été signé en 2004. Mais où la situation n’est toujours pas stabilisée. «Nous avons aussi la liberté d’échouer», estime Angelo Romano. Comme en Algérie en 1995 où le pouvoir n’est finalement pas venu à la table des négociations.

«Acceptation de l’ordre injuste des rapports de force»?
Certains apprécient la méthode. Comme l’ancien ministre français des Affaires étrangères Hubert Védrine qui évoque «une belle diplomatie», «à contre-courant» et qui «s’abstient de donner des leçons». Mais l’institution est aussi critiquée. «La paix de Sant’Egidio est devenue celle de l’acceptation de l’ordre injuste des rapports de force», estime ainsi Médiapart. Selon le site, l’accord politique de Kinshasa, signé sous le patronage de l’épiscopat congolais fin 2016 avec l’aide de la communauté permet «d’abord au régime de Kabila de gagner du temps et de se renforcer». Une communauté qui s’inscrirait «dans une tradition ecclésiale classique, celle de la compassion au bénéfice de l’ordre établi».

Des analyses auxquelles Angelo Romano ne juge pas nécessaire de répondre directement. Et d’expliquer : «Nous agissons comme avec un blessé. Il ne s’agit pas d’ouvrir une discussion avec le malade. Mais de soigner ses blessures. Si elles ne sont pas soignées, il risque une infection. Or la guerre est une blessure horrible. Quand vous parlez avec des personnes engagées dans un conflit, ils ne vous diront jamais qu’il s’agit là d’une expérience positive. Comme le dit Erasme de Rotterdam, « Dulce bellum inexpertis »: « La guerre est douce pour ceux qui ne la connaissent pas. »» -L . Ribadeau Dumas- (Extrait de m.geopolis.francetvinfo.fr du 18/01/2017)

En savoir plus sur http://m.geopolis.francetvinfo.fr/sant-egidio-la-communaute-catholique-qui-oeuvre-pour-la-paix-en-afrique-175253#xtref=acc_dir

 

Sénégal : Les limites de la médiation de Sant’Egidio dans le conflit de la Casamance


« Depuis son accession à la magistrature suprême, le président de la république a senti l’urgence de régler définitivement le conflit casamançais.
C’est ainsi qu’il internationalisé le conflit en faisant appel à la Communauté Sant « Egidio pour une médiation qui pourrait découler sur une paix entière.
Cependant, après une période d’accalmie observée durant un certain moment, revoilà les tensions qui reviennent semant la peur dans la région et troublant la paix publique du pays.

Lors de son récent message à la nation du 31 décembre 2017, le président de la république, Monsieur Macky Sall, avait réitéré son intention de résoudre complètement le conflit casamançais.
Il a lancé un appel aux rebelles de Casamance pour la poursuite des pourparlers en vue « d’une paix définitive » dans cette région sud du Sénégal où sévit depuis trente-cinq ans un conflit armé, dans son message de fin d’année.
« Je lance un appel à tous nos compatriotes du MFDC (Mouvement des forces démocratiques de Casamance, rébellion indépendantiste armée, ndlr) pour la consolidation de la paix », a dit Macky Sall.
« Consolidons la paix, car nos progrès sont déjà substantiels, par le dialogue confiant que nous avons poursuivi toutes ces années avec le soutien constant des facilitateurs, que je salue et apprécie », a-t-il ajouté.
« Consolidons la paix pour que les mesures d’accompagnement déjà initiées par le gouvernement soit confortées et produisent leurs pleins effets. Faisons le pas décisif vers la paix définitive, une paix sans vainqueur ni vaincu », a poursuivi le dirigeant sénégalais.
Cependant la volonté semble insuffisante et la médiation de la célèbre Communauté Sant « Egidio, fut-elle secrète n’augure guère l’avènement d’une paix définitive dans la région.
En effet, malgré la période d’accalmie observée durant ces derniers temps, malgré la libération récente de deux membres du Mfdc, les tensions reviennent avec un lourd bilan de 13 morts et des blessés.

C’est pourquoi, sans verser dans le débat de l’opportunité ou non de saisir Sant’Edigio pour une médiation, il est légitime de demander son bilan et son apport dans la crise vieille de plus de trente ans.
Et les prémices d’un échec semblent se profiler au grand regret de la nation sénégalaise qui est une et indivisible. » (Extrait de sen360.fr du 9/01/2018)

En savoir plus sur http://www.sen360.fr/actualite/conflit-de-la-casamance-la-limite-de-la-mediatrice-sant-egidio-955372.html

Article : « La médiation des conflits violents » par Jonas Baumann et Govinda Clayton (Politique de sécurité: analyses du CSS, No 211, Juin 2017)


 

Capture.PNG223.PNGCes dernières années, la médiation et d’autres formes d’intervention de tierces parties semblent changer. Cela est illustré par les cas de la Colombie, du Myanmar, de la Syrie, de la Libye ainsi que du Yémen. Bien que les futurs développements de la médiation restent flous, l’aperçu suivant tente de fournir une orientation en se basant sur des aperçus des milieux académiques et de la médiation appliquée. La médiation est la forme la plus courante de gestion et de règlement des conflits par un tiers. Entre 1946 et 2015, environ la moitié des conflits civils et interétatiques ont impliqué un type d’intervention désigné sous le terme de «médiation» (même si pas toutes ces interventions correspondaient à la définition mentionnée ci-dessus qui est également utilisée par l’ONU). Pendant cette période, la médiation était plus susceptible d’intervenir lors de conflits interétatiques (42% des années de conflit) que pour des guerres civiles (28% des années de conflit). La médiation était relativement rare entre 1945 et 1979, et plus souvent appliquée aux conflits interétatiques qu’aux guerres civiles en raison des dynamiques de la guerre froide. Cette tendance a commencé à changer dans les années 1980, période durant laquelle la médiation des conflits civils est devenue plus courante. La médiation est alors devenue le principal instrument mis en œuvre par la communauté internationale pour tenter de résoudre les différends violents intra étatiques et de pré- venir la reprise de conflits récemment terminés. (Extrait de css.ethz.ch )

Article à consulter sur http://www.css.ethz.ch/content/dam/ethz/special-interest/gess/cis/center-for-securities-studies/pdfs/CSSAnalyse211-FR.pdf

Article : « La fin du rôle de « médiateur impartial » des Etats-Unis dans le conflit israélo-palestinien » par Gilles Paris (Le Monde)


Capture.PNG14.PNG« La décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël met à l’épreuve, sans doute de manière décisive, le rôle de médiateur impartial (« honest broker ») dans le conflit israélo-palestinien revendiqué par les Etats-Unis depuis quatre décennies. L’équilibre entre les deux parties a toujours été une gageure compte tenu de la très grande proximité de Washington avec l’Etat juif, nourrie par le soutien militaire décisif apporté lors des guerres israélo-arabes de 1967 et de 1973 et qui s’est transformé au fil des années en programme d’aides massif. Mais le défi que constitue cette reconnaissance est sans précédent.

Le démocrate Jimmy Carter a été le premier président à endosser ces habits d’« honest broker ». L’accord de Camp David conclu entre le premier ministre, Menahem Begin, et le président égyptien, Anouar Al-Sadate, en 1978, comporte en effet une partie qui prévoit une autonomie transitoire pour les territoires palestiniens occupés après 1967 (Gaza et la Cisjordanie).

Faute de contact direct avec l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), non reconnue par les Etats-Unis, ce plan, comme celui de Ronald Reagan qui envisage également une autonomie palestinienne cinq ans plus tard, n’est cependant pas négocié directement avec des représentants palestiniens.

DéséquilibreLa première Intifada en décembre 1987, qui met en lumière la situation des territoires palestiniens, puis la reconnaissance d’Israël par l’OLP en 1988, à Alger, ouvrent progressivement la voie au dialogue et à des contacts directs. Lors de la conférence de Madrid, en 1991, l’OLP n’est cependant pas représentée en tant que telle et son président, Yasser Arafat, reste boycotté par les Israéliens et les Etats-Unis.  » G. Paris-(Extrait de lemonde.fr du 7/12/2017)

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/international/article/2017/12/07/la-fin-du-role-de-mediateur-impartial-des-etats-unis-dans-le-conflit-israelo-palestinien_5226079_3210.html#b8uzi8xX0PfCfmbI.99

ONU : Le Conseil consultatif sur la médiation souhaite jouer un rôle d’alerte auprès du Secrétaire général


 

 

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« Les membres du Conseil consultatif de haut niveau sur la médiation, qui se sont réunis cette semaine au siège de l’ONU à New York, souhaitent jouer un rôle d’alerte auprès du Secrétaire général pour contribuer à éviter que des crises latentes dans certains pays ne se transforment en conflit.

« Notre rôle c’est d’être un peu une structure d’alerte précoce. Chacun de nous a ses réseaux. Quand on se rend compte qu’une situation menace de tourner à la crise, c’est d’être prêt à avertir le Secrétaire général. Cela est un aspect du rôle. Un autre aspect, c’est peut-être de temps en temps de faire un peu de brainstorming sur ce que sont les bonnes stratégies », a expliqué à ONU Info un des membres du Conseil consultatif, Jean-Marie Guéhenno, ancien Secrétaire général adjoint des Nations Unies pour les opérations de maintien de la paix entre 2000 et 2008 et actuellement Président de l’International Crisis Group, une organisation indépendante qui vise à prévenir les conflits.

Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a annoncé en septembre la création de ce Conseil consultatif chargé de lui prodiguer des conseils sur les initiatives de médiation et de soutenir des efforts spécifiques de médiation dans le monde entier.

Le Conseil consultatif compte 18 membres

Le Conseil est formé de 18 dirigeants internationaux, passés et actuels, de hauts fonctionnaires et d’experts renommés. La création du Conseil fait partie de la « montée en puissance de la diplomatie pour la paix » que le Secrétaire général a préconisée.

M. Guterres a rencontré lundi 27 novembre les membres du Conseil consultatif. « Le Secrétaire général a souligné que, dans un environnement mondial caractérisé par de multiples défis affectant la paix et la sécurité, il est urgent d’investir dans la prévention et de s’attaquer aux causes profondes des conflits et de poursuivre les efforts de médiation », a dit son porte-parole dans un compte-rendu de la rencontre.

« L’avis du Conseil sur la manière d’aborder ces défis sera particulièrement pertinent. Dans des situations spécifiques, et selon le cas, le Secrétaire général sera peut-être amené à solliciter l’engagement individuel et informel des membres du Conseil », a-t-il ajouté.

Un membre du Conseil facultatif, Tarja Halonen, qui a été Présidente de la Finlande de 2000 à 2012, a estimé dans un entretien à ONU Info que « la communauté internationale a souvent attendu trop longtemps».

« Le moment approprié, comme l’ont dit de nombreux membres du Conseil, est très important (…) vous ne pouvez pas attendre trop longtemps sinon les problèmes s’aggraveront », a-t-elle ajouté. « La communauté internationale fait très souvent les choses à la dernière minute ou plusieurs minutes après ».

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« VIDEO: Jean-Marie Guéhenno, membre du Conseil consultatif de haut niveau sur la médiation.Crédit: Nations Unies

Selon M. Guéhenno, « la médiation est très importante en particulier très en amont dans le domaine de la prévention ». « Très souvent on laisse des situations pourrir et une fois que la crise est ouverte, c’est trop tard », a-t-il ajouté.

« Eviter un conflit, plutôt que d’avoir à le résoudre, cela doit toujours être la priorité. C’est aussi moins coûteux pour la communauté internationale. La prévention c’est l’action politique intelligente et donc cela peut se faire quelquefois avec relativement peu de moyens », a-t-il encore estimé. « La prévention c’est aussi traiter les causes profondes et les causes profondes appellent des efforts de développement, elles appellent des efforts qui coûtent de l’argent ». (Extrait de

En savoir plus sur http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=40592#.WiHWeLpFy71

Vidéo à consulter sur http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=40592#.WiHWeLpFy71