Rapport 2017 du Médiateur des télécoms


 

« L’année 2016 avait été « très intense », l’année passée a encore été « très dense », indique Claire Mialaret, Médiateur des télécoms, en préambule de son rapport 2017. De fait, les dossiers constitués par les utilisateurs des services télécoms ont encore bondi l’an passé, avec encore beaucoup de griefs formulés sur le mobile. Et une crue des litiges liés à la résiliation. Si la hausse est moins marquée qu’en 2016, « deux gros opérateurs » ont joué les mauvais élèves.

Le délai de réponse baisse fortement

Saisines (13 030) et avis rendus (6 026) sont en hausse de 8%, mais pour le Médiateur, il serait hâtif d’en déduire une « plus grande conflictualité du secteur ». Notamment parce que l’année 2016 avait été beaucoup plus mouvementée, avec des bonds de 26% de saisines et surtout de 65% des avis rendus. Un surcroît d’activité qui avait du reste obligé l’organisme à muscler sa main d’œuvre : grâce aux renfort de nouveaux juristes, il est ainsi parvenu à faire descendre son délai de réponse de 135 jours en moyenne l’an dernier, à 80 jours en 2017. Soit sous le délai exigible des 90 jours.

La moitié des litiges sur le mobile

Sur la typologie des litiges, quelques changements. Si près de la moitié des dossiers concerne toujours le mobile, la part de ce segment continue néanmoins à « s’effriter ». Le fait de la généralisation des forfaits sans engagement, analyse le Médiateur, qui sont pour beaucoup dans le déminage du terrain. En valeur absolue, cela n’empêche pas les litiges liés à la résiliation d’exploser sur la partie mobile: +50% en un an, pour des raisons « liées à l’engagement ou la durée d’engagement contestés par les consommateurs », dans le cadre de la loi Châtel par exemple, explique le médiateur.

Ce dernier souligne, en parallèle la forte baisse des avis rendus portant sur la facturation, notamment sous l’effet de la fin des surfacturations sur les usages en Europe et dans les DOM.

Les litiges internet et mobiles 2017

Internet : la qualité de service dans le viseur

Sur la partie « Internet et offres combinées », même constat : les litiges traités par le Médiateur sont en forte hausse sur les parties contrat et surtout résiliation. Ce qu’il met en lien avec les « attentes fortes des consommateurs en matière de qualité de service », à l’heure où Internet devient un bien de première nécessité. Un problème forcément moins visible sur la fibre, plus fiable… à condition qu’on puisse l’installer ! Dans ce domaine, les litiges portent essentiellement sur « l’impossibilité de mise en œuvre d’un contrat souscrit ou à des travaux d’installation non réalisés dans les règles de l’art à l’intérieur des domiciles ».

Deux mauvais élèves

Le ton du Médiateur se veut globalement rassurant, ce qui ne l’empêche pas de dire sa «préoccupation face aux dysfonctionnements répétés et durables de la relation clientèle de deux gros opérateurs ». La liste des critiques à l’endroit de ces fautifs est longue : « défauts de réponse aux courriers et appels des clients, absences ou insuffisances des réponses à leurs demandes, défauts de mise en œuvre des avis du Médiateur ». Ce dernier s’en tient à son devoir de réserve, mais ne mâche pas ses mots : parlant de « carences (…) manifestes et préoccupantes », il pose la question qui fâche : « Les services clients seraient -ils une variable d’ajustement commode de certains opérateurs en période de réduction d’effectifs ? ».

Médiateur télécoms et opérateurs

Comme chaque année, il publie également le taux d’acceptation de ses avis par les opérateurs : celui baisse de 97% en 2016 à 93% en 2017, « du fait notamment d’un très faible taux d’acceptation des avis du Médiateur par un opérateur ». Clairement identifié, cette fois : il s’agit de Free, qui, avec 68% d’acceptation contre 100% ou peu s’en faut pour ses concurrents, s’est manifestement montré très réticent à appliquer les avis signifiés.  » -Ariase -(Extrait de http://www.ariase.com/fr/news/litiges-operateurs-mediateur-telecoms-2017-article-5247.html 

Rapport à consulter sur http://rapportmediateur2017.mediation-telecom.org/

 

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Québec : Pourquoi aller en cour lorsque vous pouvez régler vos litiges en ligne?


« Plus d’un Québécois sur deux achète déjà en ligne. Pourquoi ne seraient-ils pas en mesure également de régler leurs litiges sur le web? Et bien c’est fait. Depuis un peu plus d’un an, l’Office de la protection du consommateur (OPC) propose aux citoyens l’outil PARLe, une plateforme d’aide au règlement des litiges en ligne.

En quoi ça consiste? Cet outil, qui s’inspire d’exemples provenant de la Colombie-Britannique et du Mexique, vise à favoriser l’accès à la justice et la résolution rapide des litiges en matière de consommation au Québec, explique Patrick Lahaie, administrateur d’État chargé de projet pour la médiation en ligne à l’OPC. M. Lahaie viendra justement parler de cette plateforme lors de la conférence Expérience Citoyen, présentée par les Événements Les Affaires, le 13 mars prochain, à Montréal. Il sera accompagné de Marjorie Théberge, vice-présidente aux affaires publiques et organisationnelles à l’OPC.

Déjà une soixantaine de commerçants l’utilisent

Développé en collaboration avec le Laboratoire de cyberjustice de la Faculté de droit de l’Université de Montréal, la plateforme PARLe bénéficie du soutien technique d’une vingtaine de médiateurs. « Plus d’une soixantaine d’entreprises principalement des magasins à grande surface, des détaillants de meubles et d’électroménagers, des commerçants d’automobiles d’occasion et des commerçants du domaine du voyage ont rejoint la plateforme », signale M. Lahaie.

La plateforme, qui est simple, rapide et surtout gratuite, permet aux consommateurs et aux commerçants de négocier entre eux. Et, s’il y a lieu, de recourir aux services d’un médiateur indépendant, ajoute M. Lahaie.

Une plateforme qui vient désengorger les tribunaux

Cet outil, insiste le conférencier, a pour avantage de désengorger les tribunaux, notamment la Cour des petites créances. De plus, l’autre atout de cette plateforme est son mode de règlement. Puisqu’il facilite la communication en ligne entre le consommateur et le commerçant, la plupart des litiges se règlent désormais au département du service à la clientèle, et non plus dans le bureau du vice-président au service juridique des entreprises.

Slon les statistiques de l’OPC, PARLe a permis de traiter plus de 1680 dossiers depuis son lancement en novembre 2016. Près de sept cas sur dix se sont réglés en ligne. « Mais ce qui nous rend encore plus fiers de ce produit, c’est le taux de satisfaction des utilisateurs qui frôle les 90%. Autrement dit, on peut même supposer que certains litiges se sont réglés en dehors de la plateforme », mentionne M. Lahaie.

Le délai moyen d’un règlement, dit-il, est de 28 jours. « Mais nous avons eu un cas record qui s’est réglé en moins de 20 minutes », indique M. Lahaie. La valeur des litiges a jusqu’à maintenant varié de 50$ à 50 000$. Le montant moyen est toutefois de 2034 $, précise-t-il.

Rayonnement et lien de confiance auprès des citoyens

M. Lahaie tient à souligner que tout ce qui s’écrit sur la plateforme demeure confidentiel entre le consommateur et le commerçant. « Nous sommes convaincus que les entreprises qui joignent PARLe contribuent au rayonnement de leur marque. Elles renforcent le lien de confiance entre elles et les consommateurs », estime M. Lahaie.

En attendant de convaincre davantage d’entreprises québécoises à recourir à ce nouveau service, la plateforme conçue au Québec prend déjà ses aises ailleurs au pays. L’Office ontarien du secteur des condominiums l’a adapté pour sa clientèle depuis l’automne dernier. Certaines organisations européennes se sont également montrées intéressées.  » (Extrait de lesaffaires.com

En savoir plus sur http://www.lesaffaires.com/blogues/evenements-les-affaires/pourquoi-aller-en-cour-lorsque-vous-pouvez-regler-vos-litiges-en-ligne/600289

Publication de la LA LETTRE D’INFORMATION N°30 DE JANVIER 2018 du médiateur national de l’énergie


 

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Lettre à consulter sur http://www.energie-mediateur.fr/lettre-dinformation-n30-de-janvier-2018-consacree-a-mediation-secteurs-de-consommation-domaine-de-lenergie-particulier/

Matinée d’échange le 9 janvier 2018 : 2 ans de médiation de la consommation en France et et Europe


 

Capture.PNG21.PNG« Le médiateur national de l’énergie organise une matinée d’échange sur la médiation en France et en Europe le mardi 9 janvier 2018.

Depuis le 1er janvier 2016, proposer une médiation est devenue obligatoire en France pour tout différend entre un consommateur et un professionnel  liés à l’exécution de contrats de prestations de services ou de ventes de marchandises.

Deux ans après la mise en place de cette obligation, le médiateur national de l’énergie, médiateur public depuis plus de 10 ans dans le secteur de l’énergie, organise une matinée pour réaliser un bilan et échanger sur la place de la médiation dans le règlement des litiges des consommateurs, dans les différents secteurs, en France et en Europe.

PROGRAMME

Accueil à partir de 8h30, autour d’un café.

Tables rondes animées par Gilles Leclerc.

9h – 9h15
Introduction de Mme Nocquet – Présidente de la Commission d’évaluation et de contrôle de la médiation de la consommation (CECMC)

9h15 – 10h15
1ère table ronde : Entre service après-vente et justice, la médiation de la consommation a-t-elle trouvé sa place en France ?
Claire Mialaret – Médiatrice des communications électroniques
Alain Bazot – Président de l’UFC Que Choisir
Renaud Le Breton de Vannoise – Juge au Tribunal de grande instance de Bobigny
Jean Gaubert – Médiateur national de l’énergie

10h30-11h
Exposé : Impact et légitimité des médiateur sen Europe, Naomi Creutzfeldt – Maître de conférence et chercheuse à l’Université de Westminster
(traduit de l’Anglais en simultané par casque)

11h-12h
2ème table ronde : Le point de vue européen. De l’intérêt des médiateurs dans le secteur de l’énergie.
Eric Houtman – Médiateur de l’énergie belge
Orsola Arianna – Médiatrice et formatrice à la Chambre nationale d’arbitrage de Milan
Marine Cornelis – ‎Secrétaire générale de NEON – National Energy Ombudsmen Network
Rafael Ribo – Médiateur de la Catalogne' » (Extrait de energie-mediateur.fr )

En savoir plus sur http://www.energie-mediateur.fr/2-ans-de-mediation-de-consommation/

Consommation : médiation dans le secteur HLM


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« L’Union Sociale pour l’Habitat (USH) met en place sa médiation des litiges de la consommation entre les organismes Hlm etleurs locataires et leurs accédants à la propriété. La médiation est l’intervention d’un tiers, appelé médiateur, pour faciliter ledialogue entre le professionnel et un particulier pour leur permettre de parvenir à la meilleure solution possible à leur conflit.

Les obligations réglementaires s’imposent désormais de manière large et à tous les secteurs d’activité et les organismes Hlmy sont soumis dans la relation contractuelle. C’est pourquoi la mise en place de ce dispositif répond aux dispositions en vigueur prévues dans l’ordonnance n°2015-1033 du 20 août 2015 relative au règlement extrajudiciaire des litiges de consommation et de son décret d’application n°2015-1382 du 30 octobre 2015 relatif à la médiation des litiges de la consommation.

Après avoir négocié une convention-type pour le compte des organismes HlM, l’USH avec les fédérations ont fait le choix du prestataire, Médicys pour opérer cette médiation. Les organismes Hlm qui le souhaitent pourront adhérer à ce dispositif de médiationdont les services sont actifs depuis le 5 décembre 2017. Ils pourront aussi faire le choix de mettre en place un médiateur interne ou confier la médiation à un autre médiateur qui devra être référencé par la Commission d’évaluation et de contrôle de la médiation de la consommation (CECM) dans le secteur de l’immobilier locatif. Le bailleur a l’obligation d’informer le locataire et l’accédant à la propriété de la mise en place de la médiation par le biais par exemple de son site internet, de la quittance de loyer, du journal de l’organisme, etc…

Les litiges éligibles à la médiation sont pour l’activité :

Locative :

– Les baux à usage d’habitation (charges, facturation de loyers, entretien, réparations, travaux, congés, jouissance paisible, etc…

– Les baux mixtes (habitation et professionnel),

– Autre contrat conclu entre le bailleur et le locataire (contrat multiservices, etc…).

Accession :

– Commercialisation de logement,

– Construction de maisons individuelles,

– Garantie de rachat du logement,- Location-accession,

– Vente de logement Hlm.

Le médiateur peut réaliser des médiations par mail, par téléphone, par visio-conférence ou téléconférence, présentielles.

Notification de la demande, délais et suites données

Dès réception des documents sur lesquels est fondée la demande du locataire ou de l’accédant, le médiateur notifie aux parties par voie électronique ou par courrier simple sa saisine.

Cette notification rappelle aux parties qu’elles peuvent à tout moment se retirer du processus. Cette notification comporte un numéro de dossier et les références nécessaires à l’identification du locataire ou de l’accédant par l’organisme HLM. La notification précise la manière dont la médiation sera réalisée. La notification à l’organisme comporte un rappel des tarifs de la médiation. L’acceptation de la médiation par l’organisme Hlm vaut bon de commande. La médiation est gratuite pour le locataire ou l’accédant à la propriété. Le coût pour le bailleur est entre 72 et 540 euros.

L’issue de la médiation intervient, au plus tard, dans un délai de quatre-vingt-dix jours (90) à compter de la date de la notification évoquée ci-dessus. Le médiateur peut prolonger ce délai, à tout moment, en cas de litige complexe. Dans ce cas, il en avise immédiatement les parties. – M. Derobert- » (Extrait de miroirsocial.com du 28/12/2017)

En savoir plus sur http://www.miroirsocial.com/membre/mderobert/post/mediation-dans-le-secteur-hlm

Commission européenne : « ONLINE DISPUTE RESOLUTION: WEB-SCRAPING OF EU TRADERS’ WEBSITES » – Final Report, december 2017, 107 p.


 

 

 

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Abstract
The study “Online Dispute Resolution: Web-Scraping of EU Traders’ Websites”
examines the current state of compliance of online traders in the EU with the ODR
Regulation, requiring online traders to make the link to the ODR platform and their email
address available on their website. For this study, a database of 19,580 EU online
traders was developed and web-scraped. In addition, a mystery-shopping audit of
1,005 websites that include the ODR link was conducted to examine the ease with
which the ODR-link and e-mail address is found by consumers on the traders’
websites.
In detail, this report is structured as follows:
 Background chapter on the legal background and purpose of the study
 Chapter dedicated to the methodology with which the database was constructed
and the web-scraping and mystery shopping was performed
 Chapter dedicated to the composition of the database of 19,580 EU online traders
 Chapter presents the findings regarding the EU online traders’ compliance with the
ODR Regulation, including both findings on the availability of the ODR link (webscraping)
and the accessibility of the ODR link (mystery shopping). (Extrait de ec.europa.eu )

Rapport (en anglais) à consulter sur https://ec.europa.eu/info/sites/info/files/odr-webscraping-study_dec2017_en.pdf

Article : « La médiation de dettes : une solution au surendettement ? » par Renaud Vivien , Alexis Martinet , Youssef Benhoui, CADTM , 3/8/2017


 

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« L’objectif de la médiation de dettes est de trouver une solution « durable » au surendettement individuel pour permettre à la personne de mener une vie digne et, dans la mesure du possible, de payer les dettes que les créanciers lui réclament. Selon cette définition communément admise, les droits fondamentaux des personnes priment donc sur ceux du créancier. C’est ce que dit également le droit international à propos des États : leurs obligations à l’égard de la population sont prioritaires par rapport au remboursement de leurs dettes. Mais qu’en est-il dans la pratique ? Pour le savoir, nous avons interviewé Youssef Benbouih, médiateur de dettes en Belgique depuis sept années. Il travaille à Bruxelles Laïque avec Alexis Martinet, juriste et membre de la cellule socio-politique.

Quand est apparue la médiation de dettes en Belgique et quelles sont les conditions pour bénéficier de ce service ?

Alexis Martinet (AM) : La médiation de dettes date du début des années 1990 et a été renforcée suite à l’adoption de la loi du 5 juillet 1998 sur le règlement collectif de dettes. Cette loi a été adoptée sous la pression des travailleurs sociaux des CPAS (Centres publics d’action sociale) qui étaient confrontés de plus en plus à des cas de surendettement mais aussi d’organisations de la « société civile ». Notre service est gratuit et ouvert à toutes les personnes endettées qui ne reçoivent pas d’allocation des CPAS, vu que ces derniers ont leurs propres services de médiation.

Youssef Benbouih (YB) : J’ajouterai une autre condition fondamentale qui est que la personne s’engage à coopérer avec le médiateur de dettes. Pour cela, la priorité est de créer une relation de travail et de confiance avec cette personne. La médiation de dettes est un processus qui s’inscrit dans le temps. La première chose que je fais c’est de bien les informer en leur indiquant les démarches à faire, les documents utiles qu’ils doivent réunir, notre marge de manoeuvre face aux créanciers, etc. C’est très important pour moi que ces hommes et ces femmes puissent reprendre le contrôle de leur vie, qu’ils retrouvent l’estime d’eux-mêmes. En effet, les personnes ont souvent honte de leur situation et sont réticentes à dévoiler leurs dettes. Du coup, elles viennent parfois nous voir assez tard, lorsqu’une saisie de leurs biens est déjà programmée. Or, si le créancier a déjà un jugement et un titre exécutoire |1| dans les mains, lui permettant d’ordonner des saisies, nous ne sommes plus en phase amiable mais judiciaire, ce qui réduit notre marge de manoeuvre face aux créanciers.


Une fois que la relation de confiance est établie, quelle est votre stratégie face aux créanciers ?

YB : La première chose est de vérifier la légalité et la légitimité des dettes. On fait un audit de la dette en quelque sorte. Le b.a.-ba est de vérifier qu’il n’y a pas d’anomalie. Parmi les vices de forme pouvant entraîner la réduction ou la nullité de la dette, on trouve souvent la prescription. Passé un certain délai, le créancier ne peut plus légalement exiger le remboursement. On examine aussi les conditions générales du contrat pour s’assurer qu’il n’y ait pas de clause abusive, comme des frais excessifs à payer en cas de retard de paiement et que la clause de réciprocité est bien présente. En effet, le débiteur n’est pas le seul à avoir des obligations. Les conditions générales du contrat doivent dès lors prévoir explicitement les obligations du créancier dans le respect de la législation en vigueur. Dans le cas contraire, des sanctions sont prévues. Rappelons par exemple qu’un organisme de crédit à l’obligation de s’assurer de la solvabilité de l’emprunteur au moment de conclure le contrat. D’où l’importance de l’enquête de solvabilité, si elle n’est pas réalisée correctement, en cas de défaut de paiement, le prêteur assume le risque qu’il a pris. L’étape suivante c’est d’établir un budget avec la personne sur base de ses revenus et de ses dépenses incompressibles pour vivre, telles que le paiement du loyer, de l’eau, du gaz, de l’électricité, de la nourriture, des vêtements, des frais scolaires, des soins médicaux, etc. Sur cette base, nous regardons s’il existe une somme disponible pour payer les dettes qui sont valides. C’est seulement après toutes ces étapes que je contacte les créanciers pour entamer les négociations.

EVOLUTIONS
Avant la crise (fin 2007) Aujourd’hui (fin 2016)
Endettement total des ménages sous forme de crédits 165 milliards € 255 milliards €
Taux d’endettement moyen des ménages (par rapport à leurs revenus) 75 % 100 %
Part de la population majeure endettée en crédits 56 % 70 %
Procédures de règlement collectif de dettes en cours 65.000 96.000
1. On ne connaît pas les chiffres concernant les autres types de dette (dettes envers d’autres particuliers, l’État, l’école, les compagnies d’assurance, d’électricité, du téléphone, les fournisseurs d’accès à internet…)
2. Cette augmentation ne s’explique pas uniquement pas la crise et l’austérité mais également par le fait que depuis 2011, la Centrale des crédits aux particuliers intègre dans ses chiffres de petits crédits qu’elle n’intégrait pas auparavant.
3. Il faut garder à l’esprit qu’une partie très importante des personnes endettées n’ont pas recours au réglement collectif de dettes (par exemple, seules 10 % des personnes en défaut de paiment y ont recours)Sources : Centrale des crédits aux particuliers, Observatoire du crédit et de l’endettement


Et si le créancier refuse de négocier ?

YB : En phase amiable, le créancier comme le débiteur auront toujours intérêt à négocier. À ce stade, le créancier ne dispose pas de titre exécutoire , il préfère recevoir un paiement même si ce n’est pas la totalité du montant exigible plutôt que rien du tout. En règle générale, si un plan échelonné est en place, un créancier hésitera avant d’aller en justice car qui dit « jugement » dit « jurisprudence » et celle-ci risque de ne pas lui donner entièrement raison. De plus, il devra engager des frais de justice pour un résultat incertain. Si le débiteur n’est pas solvable, il ne le sera pas davantage une fois l’action en justice lancée. C’est même le contraire. Je pars donc du principe que quand il n’est pas trop tard, le créancier acceptera de négocier. Ma stratégie est d’y aller crescendo car en recouvrement amiable, les débiteurs disposent d’un peu de temps. Il y a une partie « négociation » et une partie « mise en place ». En effet, si le créancier refuse de négocier ou s’il propose un plan qui n’est pas tenable, cela ne nous empêche pas de prendre les devants et de mettre en place notre propre plan de paiement. C’est important car cela prouve la bonne foi de la personne endettée et jouera donc en sa faveur si le créancier décide de passer par les tribunaux.


Mais les huissiers ne peuvent-ils pas saisir les biens et les revenus de la personne pour faire pression ?

AM : S’il n’y a pas de titre exécutoire, ils n’ont pas le droit. C’est vrai qu’on constate plusieurs abus de certains huissiers comme des lettres dans lesquelles ils menacent de saisir pour des montants qui excèdent les sommes réellement dues et dans lesquelles ils incluent des frais abusifs comme des frais de sommation, etc. Les huissiers ont l’obligation de justifier les montants. Si ce n’est pas le cas, ils commettent un abus de droit et s’exposent donc à des sanctions.

YB : Même si un jugement a déjà été rendu en faveur du créancier, il est possible d’éviter les saisies. Les revenus inférieurs à 1085 euros par mois |2| auxquels il faudrait additionner 67 euros par enfant à charge sont immunisés, sauf pour les arriérés de créancesalimentaires (pensions alimentaires à verser à son ex-conjoint-e et ses enfants). D’autre part, certains meubles de 1re nécessité sont protégés. Ensuite, il ne faut pas perdre de vue que l’huissier doit engager des frais pour la mise en vente publique du mobilier. Si l’huissier programme une vente publique et que le produit de la vente ne permet même pas le remboursement des frais engagés par l’huissier dans cette action, alors cela pourrait être qualifié comme un abus de droit par le juge. Dans ce cas, d’un point de vue économique, toute l’opération se révèle inutile et contre-productive.


Quels sont les types de dettes que vous rencontrez et quel est le profil des personnes qui font appel à votre service de médiation ?

YB : Les dettes sont multiples. Je traite en priorité les dettes alimentaires, de logement, liées à l’énergie et la santé. Car ce sont les dettes qui ont les répercussions les plus graves sur la vie des personnes si on ne réagit pas à temps. Si on te coupe le gaz et l’électricité, l’eau, si on t’expulse, si tu ne manges pas, est-ce que tu peux encore vivre ? Si après ces dépenses prioritaires, il apparaît qu’il n’y a pas de somme disponible suffisante pour payer de manière durable ses dettes, alors on s’oriente vers soit vers une déclaration d’insolvabilité, soit vers une règlement collectif de dettes (une procédure judiciaire du type « faillite personnelle ») qui est l’ultime recours pour espérer une remise de dettes sur le capital, les intérêts et les frais. Concernant le profil des personnes avec qui je travaille, je dirais simplement qu’il n’existe pas un seul profil. Ce que j’observe ces dernières années c’est que de plus en plus de personnes sont surendettées alors qu’elles ont un salaire ou qu’elles sont propriétaires de leur logement. Ce sont des nouvelles catégories sociales que je ne voyais pas avant. Je vois aussi de plus en plus d’étudiants qui parfois arrêtent leurs études car ils doivent tout de suite travailler pour payer leurs dettes liées au coût du logement et des études.

De plus en plus de personnes sont surendettées alors qu’elles ont un salaire ou qu’elles sont propriétaires de leur logement

AM : Ce sont les effets directs de la crise économique de 2007 et des politiques d’austérité qui ont suivi. Ces politiques génèrent un surendettement structurel qui peut entraîner une destructuration de la personne au niveau individuel et familial avec des impacts sur la santé mentale. Vu que les salaires et les allocations sociales diminuent, que les loyers et le prix des services « publics » (transport, éducation, santé, énergie) augmentent, les personnes sont contraintes de s’endetter pour faire face à des dépenses vitales. L’image véhiculée dans les médias présentant la personne surendettée comme quelqu’un d’irresponsable qui dépense sans compter, consomme à outrance, n’est qu’un cliché. Comme l’indiquent les statistiques officielles de la Banque nationale, une partie de plus en plus importante des personnes surendettées n’ont même pas de dettes liées à des crédits ! [NDLR : Un tiers des personnes en règlement collectif de dettes l’est pour des dettes qui ne sont pas liées à des crédits |3| ]. Plus les revenus des ménages surendettés sont faibles, plus l’endettement non lié au crédit est fréquent.

- Le 5e le plus riche de la population détient plus de 60 % du patrimoine total en Belgique alors que le 5e le plus pauvre en détient environ 0,20 %. Les 10 % les plus riches en détiennent presque 50 % et le 1 % le plus riche +- 18 %.
- 1 Belge sur 2 s’est déjà retrouvé dans l’incapacité de payer ses dettes.
- 1/4 de la population ne peut pas faire face à une dépense imprévue.
- 50 % des travailleurs avec emploi gagnent moins que le salaire moyen.
- 6 % de la population est en situation de privation matérielle sévère.

Pour Bruxelles Laïque, la négociation et l’utilisation des outils juridiques que les médiateurs de dette ont à leur disposition sont nécessaires mais insuffisants pour lutter contre le surendettement. C’est pourquoi nous travaillons en étroite collaboration avec les autres services de médiations de dette et des organisations de la « société civile » pour améliorer les lois sur ce thème et proposer des solutions plus globales liées à la lutte contre la pauvreté qui touchent aussi bien aux politiques liées au revenu, au logement, à l’enseignement qu’à la santé.

NDLR  : Le CADTM pense que les solutions à l’endettement des ménages se situent principalement à l’échelle collective : augmentation des salaires (sécurité sociale incluse), renforcement des services publics, annulation des dettes privées illégales et/ou illégitimes, socialisation des banques pour des crédits à la population dans de meilleures conditions, etc.

Une grève des loyers inspiranteEn mai 2016, des locataires et les Équipes populaires ont mené une action au slogan « Si le logement est cher et indécent, le bailleur n’est pas innocent ». Cela a permis de faire diminuer leurs loyers de respectivement 100 et 200 euros, en utilisant le droit de grève du loyer.

Source : Le Soir


Cet article est extrait du magazine du CADTM : Les Autres Voix de la Planète

Notes

|1| Un titre exécutoire est un acte juridique reconnaissant une créance et permettant au créancier d’en exécuter le paiement forcé sur les biens de son débiteur.

|2| Ce montant est majoré de 67 € par enfant à charge.

|3Ibid., page 14.

(Extrait de .cadtm.org/ du 3/08/2017)

Article à consulter sur http://www.cadtm.org/spip.php?page=imprimer&id_article=15074