« LA MÉDIATION : CONCEPT, MODÈLES, APPROCHES ET PRATIQUES » Ngan Jules-Alain, Communication à la première journée doctorale du Grand Est en Sciences humaines et sociales « Les identités plurielles », université Strasbourg, 2018, 22p.


Résumé: Outil de régulation sociale, la médiation est basée sur la communication et la neutralitéd’un tiers, intermédiaire entre deux personnes en conflit ou entre une personne et uneinstitution. Le médiateur est également sollicité lorsqu’un individu vit un conflit identitaireimpliquant une transformation de son mode de vie ou une remise en question de sa cultured’origine. Les questions de construction identitaire, d’acculturation, de déracinement, demigration, d’adaptation ou d’intégration sociale sont alors traitées dans le cadre de la médiationinterculturelle. En prenant en compte les résistances au changement et changements généréspar la rencontre des cultures, le médiateur intervient en tant que « passerelle d’identités » pouraccompagner des individus dans leur processus d’intégration sociale. Or, la professionnalisationde la médiation est controversée, certaines actions sociales étant considérées, à tort comme de lamédiation. Quatre modèles (pragmatique, attributif, spécialisé et professionnel) et quatreapproches (médiation scolaire, médiation familiale, médiation sociale, médiation interculturelle)de la médiation sont identifiés. L’objectif de la communication est de clarifier le concept demédiation, d’examiner ses modèles et approches et de l’illustrer en comparant deux pratiques.Dans le premier cas, la médiation est réalisée par un assistant social en accompagnant despersonnes sans domicile fixe dans l’acquisition d’un logement d’urgence (Modèle attributif). Ledeuxième cas rend compte de notre pratique de médiation auprès de jeunes venus d’Afrique,d’Europe, d’Asie et fréquentant un terrain de football situé en milieu défavorisé à Schiltigheim.Le médiateur sportif œuvre pour la prévention et la gestion de conflits intergroupes. Il entraîneet oriente des joueurs de 16 à 25 ans vers des clubs de football, favorisant ainsi leur intégrationsociale par le sport (Modèle pragmatique, modèle professionnel). Les résultats indiquent que cesdeux pratiques de médiation induisent un processus de construction identitaire.

Mots-clés : médiation, concept, modèle, approche, pratique, construction identitaire

Communication à consulter sur https://www.researchgate.net/publication/336987685_LA_MEDIATION_CONCEPT_MODELES_APPROCHES_ET_PRATIQUES

« NOUS AVONS BESOIN D’UNE REDEFINITION DE LA MEDIATION » Entretien Romain CARAYOL, Président FFCM (Gazette du Palais)


Article à consulter sur https://twitter.com/ffcmediation/status/1453363267632513030/photo/1

Webinaire (rediffusion) : « Les mots grecs de la Médiation » en partenariat avec la Fédération Française des Centres de Médiation, avec Me Claude BOMPOINT-LASKI, organisé le 16/10/2021 par le CEMA


Webinaire à consulté sur https://www.youtube.com/watch?v=j70eDMk5ECA

« Faut-il une médiation sous la tutelle du ministère de la justice ? » par Edith Delbreil  (officiel de la mediation.fr)


« Le monde judiciaire est dans un état de difficultés tel que ministre de la justice et parlementaires ont envisagé l’élaboration d’une loi intitulée « loi pour la confiance dans l’institution judiciaire ». Et, tandis que de nombreux citoyens manifestent leurs inquiétudes sur le grignotement de leurs droits, dans cette période pré-électorale pour les présidentielles 2022, le gouvernement met en place une consultation dite « Etats Généraux de la justice », avec un site dédié « Parlonsjustice.fr »

Restons sur le projet de loi. Était concerné principalement le champ pénal. Les motivations déclarées du garde des Sceaux, ministre de la Justice, relativement à ce projet de loi sont de vouloir « restaurer la confiance des français dans la justice » ; pour ce faire, il s’est agi de recourir à une technique hors cadre : la médiation ! Qu’en penser ? La solution peut bien paraître paradoxale, puisque la décision de médiation est confiée à ceux-là même en qui la confiance est à restaurer !

En première mouture, avec l’article 29 le greffe avait « pour apposer la formule exécutoire pour les transactions et accords issus de médiations de conciliation ou de procédure participative lorsqu’ils sont contresignés par les avocats de chacune des parties ».

Subrepticement, un amendement déposé le 4 mai 2021, a été accroché tendant à instituer un conseil national de la médiation sous la tutelle du ministère de la justice, avec pour mission de rendre des avis et proposer aux pouvoirs publics toutes mesures propres à améliorer la médiation, par le biais notamment d’un recueil déontologique proposé par les promoteurs de la médiation traditionnelle avec ses référentiels de formation.  Et la polémique s’est animée.

La médiation, un vieux fer de lance au service du système judiciaire ?

Ce conseil, insiste un magistrat dans un article publié récemment sur Dalloz« pourrait ainsi devenir le fer de lance d’une politique nationale volontariste de développement de la médiation au sein de l’institution judiciaire. »  Le constat se fait aisément que le vocabulaire typique des rapports d’adversité est utilisé pour parler d’un mode voulu pacifique de règlement des conflits. Difficile de sortir de son cadre sémantique. Avec ce langage guerrier, toute proposition nouvelle subit les distorsions qui au final la font entrer dans le cadre des habitudes.

Par ailleurs, l’idée d’un conseil national n’est pas nouvelle. Nous en avons déjà fait la critique en 2014, lorsque le ministère de Christiane Toubira avait esquissé l’idée. « En plaçant la médiation sous la tutelle du ministère de la justice on pourrait croire que le droit ouvre la porte à la médiation mais en réalité, le droit à la médiation n’est pas respecté. »

Le débat juridique sur la médiation, un débat infondé ?

Dans l’environnement juridique, la discussion se disperse autour d’évidences qui ont des difficultés à pénétrer les esprits procéduraux : oui, la médiation peut intervenir à tout moment, avant, pendant ou après une décision judiciaire ; non, il n’y a pas besoin d’avocat, oui, dès lors que les parties trouvent une entente après une décision judiciaire, c’est leur accord qui prévaut. Le juriste tend à s’emparer de la thématique, parce qu’il n’y trouve pas plus sa place que son compte. Il joue des mots et nomme soudain la médiation « post-sentencielle » et en fait débat, alors même qu’en réalité elle n’apporte rien de nouveau. On a ainsi connu les discussions oiseuses sur la place du contradictoire en médiation ainsi que sur la spécificité juridique de l’accord de médiation. De fait, il va bien falloir y venir, la médiation ouvre un nouveau paradigme et ce nouveau droit ne s’enferme pas dans le débat juridique.

Avant toute chose, il serait opportun de s’interroger sur le fait de savoir ce qu’il est attendu de la médiation : un palliatif à une administration judiciaire en berne ou une réelle possibilité offerte à tous justiciables de trouver librement, hors de tout système d’autorité, une solution basée sur un tout autre paradigme ? (Extrait de officieldelamediation.fr du 26/10/2021)

En savoir plus sur https://www.officieldelamediation.fr/2021/10/26/quelle-mediation-sous-la-tutelle-du-ministere-de-la-justice/

Webinaire du CEMA : « LES MOTS GRECS DE LA MÉDIATION – Comment les Grecs éclairent-ils notre pratique de la Médiation ? » avec Claude BOMPOINT LASKI, 16/10/2021 de 18h30 à 20h


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« Les Médiateurs croient au pouvoir des mots. Mais sommes-nous toujours conscients de ce qu’ils veulent dire ? Le plus souvent, d’ailleurs, chaque mot résonne de manière spécifique pour chacun des protagonistes. D’où les nombreux malentendus, sources de conflit, et ce quand bien même nous parlerions la même langue. En réalité, pour s’entendre, encore faut-il s’accorder sur le sens des mots.

Or, nous pensons le monde à travers le grec que nous parlons sans le savoir.

A cet égard, le retour à l’étymologie peut se révéler doublement précieuse : d’une part, elle donne le sens premier des mots, de manière quasi objective, ce qui permet de s’accorder sur un cadre de référence commun ; d’autre part, elle révèle, souvent pour ne pas dire toujours, un sens insoupçonné qui vient clarifier ou corriger notre pensée.

Ce faisant, on évite certaines confusions, un flou conceptuel et certains débats toujours ravivés en vain entre Médiateurs, notamment sur ce qui définit la Médiation, et ce qui la distingue, par exemple, de la Conciliation. Garantir la qualité de la pratique des Médiateurs suppose de bien penser la Médiation, et bien la penser implique de bien la nommer.

C’est la raison pour laquelle nous avons cru utile de revenir aux sources grecques des mots de la Médiation.

Mais d’aucuns auraient peut-être préféré le latin. Pour quoi ce retour au Grec ancien ? Pourquoi la Grèce ?

Parce que cela fait plus de 2 000 ans que « nous les avons pris pour maîtres, que nous nous en nourrissons, que nous les copions, que nous les trahissons, sans pouvoir jamais nous en détacher » (L’esprit de la Grèce, Le Point, Juin-juillet 2017, p. 3). Parce qu’il est difficile de revenir aux fondements de la Médiation sans revenir à la Grèce, « lieu des commencements » (selon la formule de Jean-Pierre Vernant). » (Extrait de cemaphores.org)

Inscription sur https://us02web.zoom.us/webinar/register/WN_2tCik0BMQT-SdMhIidPPUA

« La médiation ne doit pas être réduite au règlement du « conflit ». Pourquoi ? Michèle GUILLAUME HOFNUNG nous répond (Partie 3/3) », ManagerSanté.com N°11, Juin 2021


Les autres fonctions de la médiation

En redécouvrant les trois autres fonctions de la médiation, Jean-François SIX dans un ouvrage pionnier « Le temps des médiateurs » (Le Seuil) faisait remarquer dès 1990 que la médiation assume quatre fonctions :

« La médiation créatrice suscite des liens, la médiation réparatrice améliore, la médiation préventive devance les conflits, la médiation curative aide à les résoudre ».

Le caractère visible des conflits explique que l’on ait plus facilement perçu la fonction curative de règlement des conflits que les trois autres. Je me demande si ces trois autres ne donnent pas, une fournissent pas une piste de réponse à la question de savoir « où sont passés les contentieux ? » La médiation d’amont, selon la formule du Président Bézard les a désamorcés.

Il faut cependant relever nettement que le conflit ne constitue pas le critère indispensable de la médiation dont les seuls critères restent le processus et le tiers.

L’autonomie conceptuelle de la médiation

En reconnaissant son autonomie conceptuelle et en lui reconnaissant un régime juridique qui ne soit pas celui de la conciliation.

Les MARC forment aujourd’hui une nébuleuse dont la médiation pâtit :

  • Elle s’y trouve amputée de 3 de ses 4 fonctions pour n’être perçue que dans la fonction de règlement des conflits ;
  • Cette amputation permet une dénaturation puisque le concept cohérent elle passe au rang de notion floue que le législateur confond avec la conciliation.

Plus grave, on réduit la médiation à un moyen au service des MARC. Ainsi, la médiation serait le moyen qui doit conduire au règlement du conflit par une entente entre les parties, c’est-à-dire une conciliation.

Enfin, alors qu’à première vue, il ne devrait pas exister de confusion entre l’arbitrage qui confère à l’arbitre le pouvoir de trancher et la médiation qui stimule la totale autonomie des partenaires, dans la dérive terminologique qui fait appeler l’expert « médiateur », il arrive que les parties s’en remettent par avance à l’avis du médiateur, coinçant ce dernier dans un rôle d’arbitre. La seule qualité de tiers, pour indispensable qu’elle soit à la médiation, ne suffit pas à caractériser un médiateur, encore faut-il qu’il mette en œuvre un processus exempt du pouvoir de trancher. Encore faut-il aussi qu’il rencontre les parties. Les procédures sur dossier, même avec une dose d’équité que le « médiateur » introduira, ne transformera pas une procédure allégée en véritable processus. La confiance des parties à l’égard d’un tiers présenté comme un arbitrage, il y a là abandon et non codirection dans la recherche de solution. » (Extrait de https://managersante-com juin 2021)

En savoir plus sur https://managersante-com.cdn.ampproject.org/c/s/managersante.com/2021/06/21/pourquoi-la-mediation-ne-doit-elle-pas-etre-reduite-au-reglement-du-conflit-michele-guillaume-hofnung-nous-explique-partie-3-3/amp/

Médiation sociale : mise à jour du guide des pratiques professionnelles


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« Le réseau France médiation a présenté mardi 29 juin son nouveau guide des pratiques professionnelles. Un ouvrage de plus de 170 pages qui se veut être un outil de travail au quotidien pour les médiateurs eux-mêmes, mais aussi pour mieux faire connaître leur métier à leurs partenaires.

« Définir les manières communes d’agir, tout en laissant le jeu suffisamment ouvert pour préserver et stimuler la capacité d’innovation sociale du médiateur et des employeurs. » C’est l’objectif du guide des pratiques professionnelles de la médiation sociale présenté par France médiation, mardi 29 juin. Une version largement augmentée du premier volet, paru en 2011.

Dix ans plus tard, ses auteurs, en collaboration avec les directeurs de structure, les encadrants et les médiateurs, ont souhaité l’enrichir pour l’adapter aux évolutions du métier. A la clé, un outil de référence qui ancre les pratiques professionnelles et enracine le métier qui fait désormais l’objet d’une norme-métier depuis 2016.  » – M. Elie -(Extrait lagazettedescommunes.com du 29/06/2021)

En savoir plus sur https://www.lagazettedescommunes.com/753237/mediation-sociale-mise-a-jour-du-guide-des-pratiques-professionnelles/

« Nous avons besoin d’un langage plus clair de règlement des différends » par John Lande, Center for the Study of Dispute Resolution, University of Missouri School of Law, Kluwer Mediation Blog (Traduction Google)


Kluwer Mediation Blog

« En 2015, j’ai pris ma retraite en tant que professeur de droit américain. Pendant la majeure partie de ma carrière, j’ai utilisé certains des concepts de base de notre domaine tels que la négociation, BATNA, la négociation axée sur les positions par rapport à l’intérêt, et la médiation facilitative vs évaluation. Je n’étais pas toujours à l’aise avec ces termes, mais je les ai utilisés parce que je ne pouvais pas imaginer passer à des alternatives.

Grâce à mes propres recherches et à celle d’autres, je peux maintenant imaginer des solutions de rechange et un processus de développement.

Ce poste appuie une proposition visant à élaborer un langage plus clair de règlement des différends. Cela pourrait offrir de nombreux avantages pour la recherche, la pratique, l’enseignement, la formation et la collaboration dans notre domaine.

Imaginez un monde où nous utilisons généralement le même langage, en particulier les mots que les profanes utilisent couramment. Cela pourrait améliorer la communication entre les praticiens, les partis, les enseignants et les formateurs, les chercheurs et les étudiants du monde entier. Bien que les gens soient libres d’utiliser n’importe quelle langue qu’ils veulent, un accord sur le sens de certains termes importants, et l’utilisation généralisée de ces termes aiderait à améliorer notre communication et notre compréhension.

Considérons les problèmes avec certains de nos termes de base qui causent la confusion, puis un processus pour développer un langage plus clair.

Négociation

La négociation est un processus de base dans notre domaine, mais nous ne pouvons pas nous mettre d’accord sur ses caractéristiques essentielles. J’ai passé en revue treize livres de négociation générale dans une variété de domaines et a constaté que les définitions étaient partout sur la carte. Diverses définitions indiquaient que la négociation est interpersonnelle, implique la communication, les parties interdépendantes, les parties ayant des intérêts différents et les questions d’intérêt commun. Les définitions indiquaient que les parties à la négociation avaient pour objectif d’élaborer des ententes communes, de coordonner les comportements, d’allouer des ressources limitées ou de modifier les relations des gens. Les processus de négociation sont définis comme impliquant des efforts visant à parvenir à un accord et à utiliser la discussion raisonnée et la résolution de problèmes. Dans la vraie vie, certains processus que nous considérons comme des négociations impliquent certaines de ces caractéristiques, mais pas toutes.

Une autre illustration du problème est la discussion entre Andrea Kupfer Schneider, Noam Ebner, David Matz, et moi résultant en quatre définitions différentes de la négociation. Nous ne pouvions pas convenir si la « égiotio » exige que plus d’une personne a un certain pouvoir, il ya des efforts pour persuader les autres, il ya un certain « ésa » entre les parties, les gens discutent de leurs intérêts, ils perçoivent qu’ils négocient, ils sont interdépendants, ils cherchent à parvenir à un accord, leur comportement apparaît aux observateurs comme la négociation, ou il ya un accord ou un changement de comportement.

En 2016, le Centre d’étude sur le règlement des différends de l’Université du Missouri a organisé un symposium intituléDéplacer la théorie de la négociation de la Tour de Babel vers un monde de compréhension mutuelle. Un aperçu du symposium est que nous pouvons aider à améliorer la théorie de la négociation en clarifiant notre vocabulaire. La théorie n’est utile que dans la mesure où elle est significative au sein d’une communauté particulière. Si les théoriciens utilisent une terminologie différente se référant à des concepts similaires ou utilisent les mêmes termes pour signifier des choses différentes, il est difficile de développer une théorie cohérente et utile.

Batna

BATNA (la meilleure alternative à un accord négocié) est un concept fondamental dans la théorie du règlement des différends, mais beaucoup d’experts dans notre domaine mal comprendre. Par exemple, bon nombre d’entre nous ne savent pas que batna se réfère à un plan d’action (comme l’essai ou l’auto-assistance), pas la valeur prévue d’un plan d’action. Après avoir identifié les pistes d’action, les gens estiment la valeur probable des plans d’action. Par exemple, le procès est un plan d’action et le montant d’un jugement est la valeur de ce plan d’action. Dans ce contexte, le procès lui-même est le BATNA et le montant prévu du jugement est la valeur BATNA.

Si vous pensez que WATNA (la pire alternative à un accord négocié) est un concept utile, vous comprenez mal ce concept aussi. Bien que l’on puisse considérer le pire plan d’action possible (par exemple, assassiner un adversaire), il n’est généralement pas utile de le faire. Au lieu de cela, les négociateurs devraient considérer les valeurs possibles de différentes voies de conduite et choisir la ligne d’action qui semble la meilleure. Étant donné que l’avenir est incertain, les négociateurs devraient tenir compte de l’éventail des résultats possibles de cette ligne de conduite. Par exemple, compte tenu de la ligne de conduite de l’essai, on devrait tenir compte des meilleurs, des pires et des résultats les plus probables de l’essai. Le procès lui-même est le cours de l’action et ces résultats sont des valeurs possibles qui pourraient résulter de l’essai.

Nous pourrions mieux nous comprendre si nous utilisions des termes tels que les options et les résultats attendus au lieu de BATNA, par exemple.

Modèles de négociation

Pour encadrer une étude de la pratique de négociation réelle, j’ai passé en revue neuf textes de négociation de faculté de droit américaine, ce qui a illustré une grande confusion au sujet des modèles de négociation de base. Les textes identifiaient deux modèles généraux de négociation, bien qu’ils aient utilisé des termes différents pour les décrire. Les textes de négociation désignent un modèle comme « distributif », « concurrentiel », « contradictoire » ou « négociation positionnelle » et l’autre modèle comme « intégratif », « résolution de problèmes » ou « résolution de problèmes coopératifs ». Bien qu’aucun des textes n’utilise le terme « négociation fondée sur les intérêts », il est largement utilisé dans la pratique.

Les textes décrivent différentes caractéristiques de la « négociation positionnelle », y compris les objectifs, les hypothèses, les relations, la structure des processus et les tactiques. Par exemple, divers textes identifient l’objectif de maximiser les résultats des négociateurs, d’avoir des hypothèses à somme nulle, de traiter l’autre partie comme des opposants, d’utiliser un processus de contre-offre pour commencer par des offres extrêmes et d’utiliser diverses tactiques de négociation dure.

En décrivant la « négociation de résolution de problèmes », les textes font généralement référence aux efforts visant à satisfaire les intérêts des deux parties, à créer des résultats positifs, à avoir un processus amical et efficace. Les textes énumèrent de nombreuses techniques spécifiques avec très peu de chevauchement entre eux.

Dans mon étude, j’ai interviewé 32 avocats au sujet de cas qu’ils ont récemment réglés. J’ai constaté que certains cas s’inscrivaient parfaitement dans les modèles théoriques, mais que de nombreux cas ne présentaient pas toutes les caractéristiques d’un modèle donné. Par exemple, certains négociateurs ont utilisé différents modèles pour aborder différentes questions ou ils ont utilisé un modèle à un moment donné et ont utilisé un autre modèle plus tard dans le processus.

Modèles de médiation

De nombreux universitaires et praticiens font la distinction entre la médiation « facilitative » et la médiation « évaluative ». Dans La formulation originale de Len Riskin de la « grille Riskin », la médiation « évaluative » désigne une combinaison de choses très différentes. Il a plus tard critiqué les concepts de médiation facilitative et évaluative, suggérant des solutions de rechange, mais les universitaires et les praticiens de la médiation utilisent encore les anciens concepts et utilisent rarement les nouveaux.

Les différences entre les éléments de la médiation « évaluative » sont illustrées par les résultats d’une enquête auprès des médiateurs civils menée par l’American Bar Association Section of Dispute Resolution Task Force on Improving Mediation Quality. Des pourcentages variables de médiateurs ont dit qu’ils croient que les techniques suivantes seraient utiles dans la plupart des cas :

  1. faire l’analyse des cas, y compris les forces et les faiblesses: 66%
  2. recommander un règlement spécifique : 38 %
  3. faire des prédictions sur les résultats probables des tribunaux : 36 %
  4. exercer une certaine pression pour accepter une solution spécifique : 30 %

Plus récemment, le Groupe de travail sur les techniques de médiation de la Section de l’ABA sur le règlement des différends a analysé 47 études empiriques des quatre dernières décennies qui ont produit des données sur les effets de mesures particulières prises par les médiateurs. Le Groupe de travail a constaté que les chercheurs utilisaient divers termes faisant référence à des concepts connexes mais distincts. Par exemple, diverses études ont défini des actions « urgentes » ou « directives » qui :

  1. Press parties, pousser les parties dur pour changer de position ou d’attentes;
  2. Exhorter les parties à faire des compromis, à concéder ou à parvenir à un accord;
  3. Plaider pour / d’accord avec les positions / idées d’un côté; argumenter la cause d’une partie;
  4. Pousser avec biais pour / contre un côté;
  5. Dites aux parties ce que devrait être le règlement; les presser vers cette solution; essayer de faire voir les choses aux parties à leur façon;
  6. Contrôlez, dominez, dirigez la session.

Voir Roselle Wissler, Met méthodologies et terminologie pour la recherche avec un focus réel, dans Theories of Change for the Dispute Resolution Movement: Actionable Ideas to Revitalize Our Movement 263 (2020), which can be downloaded for free.

Moving Forward

A major problem with the terms described above is that they are so general that they don’t fit the complexities of reality very well.

Rather than trying to develop consensus about such general terms, I think it would be helpful if our community could identify more specific, concrete terms that can be readily mapped onto specific behaviors or concepts. For example, instead of focusing on overbroad models of negotiation and mediation, we could communicate more clearly if we focus on component elements of the models using commonly understood words. We would understand each other better if we refer to elements of negotiation models, such as the extent parties are concerned about each other’s interests, use a friendly tone, use a particular procedure (such as exchanging offers), rely on particular types of norms, or exert power.

The Mediation Techniques Task Force recommended that we seek consensus about preferred language. This initiative might engage the range of stakeholders who might begin by reviewing academic and practice literature. It might involve discussion by experts; focus groups with academics, practitioners, and disputants; public forums; and/or public comments. It should not be limited to mediation.

Clearer communication could help in many contexts. For example, using clear language could be particularly valuable in dealing with disputants and other dispute resolution stakeholders. Professional jargon can promote communication between professionals but it confuses laypeople and thus excludes them from conversations. Jargon is helpful in some technical fields but it isn’t helpful for dispute resolution, which benefits from active participation of a wide range of stakeholders.

Clearer language could help students in clinical and externship courses navigate the different worlds of practitioners, clients, and faculty. These courses could become more useful laboratories of knowledge at the intersection of academia and practice.

L’utilisation de définitions plus uniformes pourrait favoriser des collaborations entre les chercheurs et les praticiens afin de produire une théorie et une recherche plus utiles.

Cette initiative pourrait produire une liste standard de mots clés pour la recherche bibliographique, qui pourrait aider les auteurs à atteindre les lecteurs intéressés et aider les chercheurs à trouver ce qu’ils recherchent.

L’élaboration d’une terminologie commune en matière de règlement des différends pourrait être une tâche difficile parce qu’une grande partie de notre langue a des connotations qui reflètent des sentiments forts à l’égard de ce que certains croient être les approches de règlement des différends « bonnes » ou « mauvaises ». Idéalement, nous pourrions développer une terminologie moins ambiguë et chargée d’émotions. Nous aurions encore de fortes différences philosophiques, mais j’espère que nous serions en mesure de nous concentrer plus directement sur les questions en utilisant un vocabulaire partagé, moins distrait par les réactions à la langue elle-même. En effet, l’utilisation d’un langage plus clair et communément accepté améliorerait vraisemblablement ces discussions.1)

Références

1.Pour plus de description de cette idée, voir mon article, Understanding Actual Dispute Resolution Practice and Communication Clearly About It, dans le Theory of Change book, aux pages 254-56.

(Extrait de mediationblog.kluwerarbitration.com du 20/10/2020)

Article original à consulter sur http://mediationblog.kluwerarbitration.com/2020/10/28/we-need-clearer-dispute-resolution-language/

Vidéo : (Re)voir le Webinaire du CEMA « Profession Médiateur : faut-il (re)définir ou institutionnaliser la Médiation ? » entre Michèle GUILLAUME-HOFNUNG et Bertrand DELCOURT du 26/9/2020


« Le CEMA a la joie de vous offrir la possibilité de (re)voir le Webinaire débat « Profession Médiateur : faut-il (re)définir ou institutionnaliser la Médiation ? » entre Madame la Professeure Michèle GUILLAUME-HOFNUNG et Maître Bertrand DELCOURT. Ce Webinaire a été animé par Madame Catherine EMMANUEL, Directrice pédagogique du CEMA, le 26 septembre 2020 à 18h.Profession Médiateur : faut-il (re)définir ou institutionnaliser la Médiation ? » (Extrait de linkedin.com du 18/10/2020

Vidéo à consulter sur https://www.linkedin.com/posts/cema_profession-m%C3%A9diateur-faut-il-red%C3%A9finir-activity-6723648618307366912-dT3a/