» La viabilité économique de l’uberisation de la médiation » (2ème partie) par Alicia Musadi (Hema Médiation)


Main, Humaine, Robot, Touch, Geste
Le contexte économique actuel favorise grandement l’éventualité d’une uberisation de la médiation
par de nouveaux acteurs économiques. Tous les critères semblent en effet présents, tant pour appuyer le financement d’une telle entreprise (§2), que pour démarrer et faire prospérer cette activité d’uberisation (§1).
§1 – Une éventualité confortée par une tendance à la déprofessionnalisation des activités et une logique de réduction des charges
Parfois qualifiée « d’économie de l’ombre », l’uberisation a cependant la vertu de faire le jour sur la digitalisation de l’économie, ainsi que sur ses répercussions. Et justement, celles-ci ne sont pas des moindres puisque l’uberisation a provoqué une véritable mutation des relations commerciales et professionnelles telles que nous les connaissions jusqu’à présent.
Ce changement de paradigme résulte de l’intégration par le consommateur de multiples facteurs qui semblent bouleverser la répartition des activités professionnelles entre les individus.
En premier lieu, le consommateur, a évolué en prenant conscience de son potentiel inexploité jusque-là. Le consommateur a pris conscience du fait qu’il lui était possible de mettre ses biens ou sa personne et parfois même les deux à la fois, au service d’un autre consommateur et ce, afin d’en tirer une manne pécuniaire.
En outre, le consommateur a dans sa démarche, bénéficié du vecteur internet qui lui a permis tout à la fois, de diffuser son offre et de recevoir en retour des demandes.
La venue de sociétés d’intermédiation sur le marché a amplifié le mouvement. Celles-ci les encouragent en effet, à se prêter au jeu de l’exercice d’une activité rémunérée sans pour autant en faire leur métier. L’action de ces consommateurs empiète ainsi sur l’action des professionnels traditionnels.
L’amplification de ce phénomène de la déprofessionnalisation des activités a ainsi propulsé sur le marché des consommateurs transformés par ces sociétés intermédiaires, en travailleurs à la demande. Cela a pour conséquence de réduire considérablement le coût du travail à la charge de ces sociétés intermédiaires. En effet, ce sont les travailleurs à la demande qui doivent selon la même logique, assumer eux-mêmes charges et assurances relatives à leurs activités.
Si ce phénomène a pu prendre l’ampleur que l’on connait, c’est que la crise économique a constitué un puissant déclencheur qui poussé les consommateurs à envisager plus ou moins ponctuellement de rechercher de nouveaux revenus.
Il s’agit d’un bouleversement profond car ce changement n’a pas seulement transformé les agents économiques. Ce changement a également ébranlé les acteurs traditionnels du secteur qui n’avaient pas anticipé l’ascension de l’économie collaborative qui repose sur l’exploitation par les sociétés intermédiaires du travail et des actifs tangibles détenus par les consommateurs, tandis que ces dernières ne possèdent que peu ou pas d’actifs tangibles.
§2 – Une conjoncture encouragée par une dimension financière propice à l’uberisation de la médiation
La digitalisation de l’économie aidant, le phénomène d’uberisation de l’économie s’installe durablement. A l’image de la société Uber, il paraît désormais vraisemblable que toute personne issue de la société civile, puisse être en mesure de remettre en cause les parangons suivis jusqu’à présent par toute une profession ou par un corps de métier.
En outre, non content de déstabiliser ainsi des professions historiques en ébranlant la conception qu’elles avaient de leur exercice, voir les fondements moraux ou éthiques de leurs métiers, ce nouvel acteur pourrait également disposer des moyens financiers parfois colossaux, pour cette fois-ci, terrasser les acteurs traditionnels désormais perçus comme de simples concurrents dépassés par les évolutions technologique.
A l’image de la société Uber, une startup exerçant dans le domaine de la médiation n’aurait d’autre choix pour se démarquer, que de faire appel à des investisseurs dans le but de parvenir à réaliser une importante levée de fonds.
A ce titre, la société Uber est en effet parvenue à devenir le « géant » de son secteur, grâce à une veille stratégique de ses investisseurs. Ceux-ci ont décelé en elle un potentiel financier susceptible de leur procurer des gains conséquent et ont choisi d’en faire la société dominante de son secteur. Pour y parvenir, Uber a été saturée d’actifs financiers, afin de couvrir ses premières pertes et de se développer rapidement.
De la sorte, cette startup pourrait ainsi parvenir à dominer les concurrents de son secteur d’activité en bénéficiant d’investissements massifs.
Cette opération de survalorisation n’aurait en réalité d’autre but que de « noyer » les acteurs traditionnels du secteur en créant peu de temps après son entrée sur le marché, un fort avantage concurrentiel au bénéfice de cette startup. Cet avantage aurait vocation à assurer sa viabilité à moyen voir à long terme et devrait lui permettre de détenir un réel monopole de fait sur le marché qu’elle a investi.
Cet apport financier lui offrirait également la possibilité de se montrer concurrentielle dans la détermination des tarifs de ses prestations de services, dans le but d’attirer à elle toujours plus de nouveaux clients. » (extrait de hemamediation.blogspot.fr )
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SAINT-DENIS : Un médiateur de nuit condamné à six mois ferme pour délit de fuite et possession de cartouches de 357 Magnum


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« Recruté comme médiateur de nuit malgré un casier judiciaire pour le moins conséquent, Maoulida Moëla-Moiha a eu du mal à expliquer pourquoi il avait gardé sur lui des cartouches de 357 Magnum qu’il avait « saisies » après une bagarre.

Chargée de présider l’audience de comparution immédiate, la juge Fabienne Moulinier a tenté tant bien que mal de faire comprendre au jeune Maoulida Moëla-Moiha, 23 ans, que le fait de prendre la fuite à la vue des policiers, tout comme de se balader avec des munitions de 357 Magnum dans sa sacoche, n’était pas du tout compatible avec sa fonction d’agent de prévention et de médiation.

Mardi soir, s’il a préféré s’engager dans une course-poursuite avec les policiers au guidon d’un scooter, c’est parce qu’il n’avait pas de permis. Quid des cartouches ‘ « Je les ai saisies ! euh, récupérées sur quelqu’un pendant que je travaillais, vendredi soir, au carré Ktdral », se rattrape le médiateur de nuit.

« Comme je l’ai écrit dans mon rapport, il y avait un mec qui foutait le bordel et qui était saoul. J’avais dû le calmer », explique encore le prévenu. « Mais pourquoi l’aviez-vous encore sur vous, mardi soir ‘ », lui demande la présidente. Silence gêné de l’intéressé.

« Vous vous rendez compte de l’image que vous donnez aux agents de médiation ‘ », interroge encore la magistrate qui ne manque pas de tacler avec ironie les récents propos du maire Gilbert Annette. « Est-ce que c’est le rôle des policiers, qui travaillent la nuit, d’arrêter un agent de médiation ‘ C’est le décalage des faits avec ce que vous représentez qui pose problème ! »

La présidente Moulinier s’est également étonnée du profil pour le moins particulier du mis en cause. Celui-ci cumule sept condamnations dont la dernière remonte au 13 novembre 2015. Il avait écopé de trois ans de prison ferme avec mandat de dépôt pour avoir participé à un enlèvement suivi d’une séquestration et de violences avec ses dalons de la « bande du KFC ».

Il n’est d’ailleurs sorti de prison qu’en janvier dernier et était encore sous le coup d’un contrôle judiciaire, qui lui imposait donc de se tenir à carreau. « Je ne dis pas que quand on a un passé judiciaire, on n’a pas le droit de se réinsérer mais là, ce recrutement peut poser problème. Vous considérez être légitime pour arrêter les gens avec votre parcours ‘ », a encore demandé la présidente au prévenu.

À la barre, Maoulida MoÀ«la-Moiha a répondu qu’il avait été accompagné par la Mission locale dans le cadre de sa recherche d’emploi jusqu’à cet entretien avec ce boxeur dionysien à la tête d’une association sportive. Comme le maire Annette l’avait expliqué lors de sa sortie polémique, ce sont effectivement les structures associatives qui sont chargées du recrutement de ses fameux « médiateurs de nuit » censés répondre plus promptement que les policiers « quand il n’y a pas de sang » !

« Moi, je connais les jeunes de tous les quartiers de Saint-Denis, a argué le jeune mis en cause. C’est plus facile pour eux de parler avec moi que de parler aux policiers. » Il a dans le même temps reconnu consommer régulièrement du zamal, trahi par les SMS envoyés par ses amis pendant sa garde à vue.

La substitut du procureur Fanny Gauvin a requis deux ans de prison dont un avec sursis et mise à l’épreuve. « M. Moëla-Moiha doit entendre qu’il n’est pas la loi et qu’il ne le sera jamais ! » Mais son avocat, Me Julien Maillot s’est chargé de « dégonfler un peu l’affaire ». « Il ne faut pas retourner contre mon client ce statut, qui n’en est pas un, de médiateur ! Il sort de prison et on lui donne ce boulot. Il n’allait pas le refuser ! ».

L’intéressé a finalement été condamné à six mois de prison ferme avec mandat de dépôt. La fin de sa carrière de médiateur de nuit ‘ » – H. Amourani – (Extrait de clicanoo.re du 13/04/2018)

En savoir plus sur https://www.clicanoo.re/Faits-Divers/Article/2018/04/13/Le-mediateur-de-nuit-prend-six-mois-ferme_524851

Reims : les médiateurs de quartier manifestent devant la mairie


 

Hier, sur les marches de la mairie, une dizaine de médiateurs sociaux s’étaient mobilisés.

« Dans cette histoire, ils dénoncent autant les faits que l’effet. Une dizaine des médiateurs de quartiers s’était mobilisée, hier matin, devant la mairie afin de sensibiliser à leur cause. Ici, point de licenciement ou de renégociations salariales mais la crainte de « se voir éloigné de notre cœur de métier », selon l’expression de Saïd Bouyafran, médiateur depuis la création du service, en 2004. Leur mission  ? Déminer les tensions dans les quartiers – conflits de voisinage, etc. Autour de M. Bouyafran et ses collègues, une intersyndicale s’est constituée, formée par la CGT, FO et le Syndicat autonome (SAFPT)  » (Extrait de lunion.fr du 12/04/2018)

En savoir plus sur http://www.lunion.fr/85524/article/2018-04-12/reims-les-mediateurs-de-quartier-manifestent-devant-la-mairie

« Les couacs de la réforme de la médiation judiciaire » par J-P Jacquin (Le Monde du 5/03/2018)


 

Nicole Belloubet, ministre de la justice, le 22 janvier, à Paris.

« Alors que la réforme de la justice que concocte le gouvernement devrait comporter un nouveau volet pour développer le recours à la médiation judiciaire, mode alternatif de règlement des différends, la mise en œuvre de la loi de novembre 2016 sur le sujet, non achevée, provoque bien des remous. La loi de modernisation de la justice du XXIe siècle avait en particulier prévu que les cours d’appel établissent des listes de médiateurs afin de faciliter leur identification tant par les juges que par les justiciables. Mais la loi ne définit ni ce qu’est un médiateur ni les conditions pour figurer sur ces listes. De quoi produire couacs et mécontentements. Le décret d’application du 9 octobre 2017 et la circulaire que le ministère de la justice a publiée le 8 février n’ont guère clarifié la situation. Ils mettent en place, en outre, un deux poids deux mesures entre les professions juridiques et les autres médiateurs.

Concrètement, les cours d’appel vont établir d’ici la fin de l’année des listes de médiateurs, sur le modèle des listes d’experts judiciaires. Une référence étonnante alors que ces derniers sont des auxiliaires de justice, contrairement aux premiers. Les rapports des experts sont des pièces de procédure dont on peut jauger la qualité. Au contraire, lorsqu’une médiation demandée par un juge réussit, celui-ci n’a pas à en être informé. Encore moins du contenu de l’accord dont la confidentialité est garantie. Certains magistrats très investis pour le développement des modes alternatifs de règlement des différends, telle Chantal Arens, première présidente de la cour d’appel de Paris, auraient préféré une labellisation des formations ou des associations de médiateurs, plutôt que de devoir établir ces listes. » (Extrait de lemonde.fr du 5/03/2018)

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2018/03/05/les-couacs-de-la-reforme-de-la-mediation-judiciaire_5265894_1653578.html#P81CoOc6mThZB3Bb.99

Article : « Le DEMF entre spécificité et paradoxe » par Laurence Hanin-Jamot (SYME)


SYME

« La médiation familiale, introduite dans le Code Civil à l’article 373-2-7-10 par la loi du 4 mars 2002 relative à l’autorité parentale, est ‘un processus de construction ou de reconstruction du lien familial axé sur l’autonomie et la responsabilité des personnes concernées par des situations de rupture ou de séparation’. Peu de temps après le DEMF [1] voit le jour par un décret de décembre 2003. A partir de son décret d’application, le DEMF a vu son organisation évoluer notamment en 2012 (voir Annexe.)

Pour entreprendre la formation au DEMF, il faut être titulaire d’une Licence (bac+3) ou bien d’un diplôme du travail social (assistant social, éducateur spécialisé…), mais au Répertoire National des Certifications Professionnelles, RNCP [2], le DEMF est de niveau II Licence. Ainsi l’obtention du DEMF n’apporte pas de niveau supplémentaire à la formation initiale des personnes concernées.

Ce diplôme est obtenu par formation [3], sur deux ans avec 595 heures dont 105 heures de formation pratique, ou par validation des acquis de l’expérience (VAE), et dans des organismes de formation habilités. Plusieurs centres [4] se sont attachés à former les médiateurs familiaux via le DEMF. L’AMPF [5]reconnait sur son site que « Sur la base de ce contenu (socle commun), chaque établissement agréé construit son projet pédagogique. » On peut néanmoins se poser la question de savoir ce qu’il en est de ces formations, et si elles sont toutes de même niveau dans ce cas ? Il en est de même pour l’écrit et la soutenance du mémoire de fin de formation dit mémoire professionnel d’initiation à la recherche qui est devant un jury composé et présidé par les Directions Régionales de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion Sociale, DRJSCS[6]. Comment sont formés les jurys ? Comment sont contrôlées les notations ?

Les médiateurs familiaux titulaires de ce DEMF, aimeraient plus de visibilité sur ces données. C’est en effet une formation longue, onéreuse et, en France, la seule formation de niveau universitaire qui encadre l’exercice de la médiation familiale. Aucun autre secteur de la médiation, que ce soit civile, commerciale, du travail ou de la consommation n’offre un tel niveau de formation.

De plus si ce diplôme d’Etat est encadré par la loi, il ne s’agit pas pour autant d’un titre protégé pour l’exercice de la médiation familiale. Et le « marché » de la médiation familiale est ouvert à d’autres médiateurs de formations différentes. Comme le fait remarquer Jean-Pierre Bonafé-Schmitt dans son article « Les enjeux de la formation à la médiation [7] », « la question de la formation des médiateurs constitue un enjeu important, dans le contrôle de ce nouveau mode d’intervention ou marché que constitue la médiation. Elle représente un enjeu non seulement pour les médiateurs qui veulent en faire une profession à part entière, mais aussi pour d’autres acteurs, comme les professions juridiques ou du social, qui veulent annexer cette nouvelle fonction dans leur champ d’intervention. » Ce qui provoque des tensions, voire des rivalités, comme l’écrit Jean-Pierre Bonafé-Schmitt, entre chaque acteur de la médiation.

Existe t il une corrélation entre médiation familiale et diplôme d’état de médiateur familial ? Le paradoxe actuel repose sur la nécessité de ce diplôme pour travailler comme médiateur familial dans les services conventionnés par les CAF, et à la fois la possibilité donnée à toute personne, formée ou non, d’exercer librement en médiation familiale en dehors de ces services. Par ailleurs, pour ce qui est de la Justice, selon les mots de Ségolène Pasquier adjointe du chef du bureau de l’accès au droit et de la médiation au ministère de la Justice, « Le DEMF fixe les conditions de la formation et du diplôme, mais il ne conditionne pas l’exercice de la médiation familiale. »

Il semble qu’en France se soit installé un exercice de la médiation familiale à deux vitesses, l’une demandant obligatoirement le DEMF pour pratiquer en service conventionné et l’autre ne formulant aucune nécessité pour exercer comme indépendant ou être inscrit sur la liste des médiateurs des cours d’appel. A l’heure où l’exercice de la médiation familiale semble devoir se généraliser, cette situation va devenir inacceptable. Il semble urgent qu’une exigence minimale de formation professionnelle en médiation familiale soit définie, afin que les médiateurs familiaux puissent tous être placés dans une concurrence moins malsaine.

Pour Claudio Jacob, dans la lettre des Médiations n°3, « La France reste en effervescence en raison de sa particularité´ : seul pays à avoir créé un diplôme d’Etat, ce qui aurait pu être un gage de lisibilité´, et seul pays à ne pas réglementer le métier pour lequel il a créé ce diplôme » [8]. Le DEMF est donc condamné à évoluer : en restant tel qu’il est aujourd’hui, il sera rapidement et définitivement marginalisé par la concurrence de nombreux autres acteurs de la médiation.


[1] http://www.alfacentre.org/vae/MAS_fiche_diplomeDEMF.htm http://candidat.pole-emploi.fr/marche-du-travail/fichemetierrome?codeRome=K1101

[2] Le Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP) http://www.rncp.cncp.gouv.fr/grand-public/visualisationFiche?format=fr&fiche=2028

[3] http://www.parisnanterre.fr/offre-de-formation-/preparation-au-diplome-d-etat-de-mediateur-familial-97313.kjsp

[4] https://www.apmf.fr/la-mediation-familiale/diplome/centres-de-formation/

[5] https://www.apmf.fr/la-mediation-familiale/diplome/

[6] http://drdjscs.gouv.fr/ Directions Régionales de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion Sociale.

[7] Négociation 2017/2 n°28 https://www.cairn.info/revue-negociations-2017-2.htm

[8] Lettre de Médiations N°3 p.34 – Article de Claudio Jacob – https://www.observatoiredesmediations.org/Asset/Source/refBibliography_ID-19_No-01.pdf


Annexe


[1] https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000796961&dateTexte=&categorieLien=id

[2] https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000610856

[3] https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?cidTexte=LEGITEXT000006070721&idArticle=LEGIARTI000006426767

[4] https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?cidTexte=LEGITEXT000006070721&idArticle=LEGIARTI000006423535

[5] http://solidarites-sante.gouv.fr/fichiers/bo/2004/04-34/a0342432.htm

[6] https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=?cidTexte=JORFTEXT000025586710&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id

[7] https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000026304972&fastPos=1&fastReqId=1322956841&categorieLien=id&oldAction=rechTexte (Extrait de syme.eu du 9/11/2017)

En savoir plus sur https://www.syme.eu/articles/20391-le-demf-entre-specificite-et-paradoxe

La mission de « médiation » sur Notre-Dame-des-Landes : un premier bilan.


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« Les trois personnalités chargées de la médiation sur le dossier du nouvel aéroport nantais ont publié, mardi, un premier bilan de leur mission.

En consultant le site qui vient d’être ouvert (et rendu public), mardi 26 septembre, par la « mission de médiation au projet d’aéroport du « Grand Ouest « , les visiteurs seront peut-être déçus.

Sur ce site, www.mediation-aeroport-du-grand-ouest.fr, les trois personnalités choisies, au début de juin, par les ministres Nicolas Hulot, pour la transition écologique et solidaire, et Elisabeth Borne, pour les transports, publient un point d’étape de leur mission qui doit s’achever par la remise de leur rapport final au plus tard le 1er décembre.

Mais la préfète, Anne Bocquet, l’ancien président de l’autorité environnementale et toujours membre du Conseil économique, social et environnemental, Michel Badré, et Gérard Feldzer, spécialiste d’aéronautique et chroniqueur radio, ne livrent rien, à ce jour, de leurs avis sur le transfert de l’actuel aéroport de Nantes Atlantique sur le site de Notre-Dame-des-Landes, à une vingtaine de kilomètres au nord de l’agglomération nantaise.

Ils ne laissent rien entrevoir de ce qui sera, dans un peu plus de deux mois, leur avis et peut-être leur proposition au gouvernement : maintenir le projet de construction du nouvel aéroport de Notre-Dame-des-Landes, ou l’abandonner et retravailler l’alternative de l’aménagement de l’actuelle plate-forme aéroportuaire, située à Bouguenais, au sud-ouest de Nantes. Autant dire, qu’après de nombreuses missions du dialogue, de concertation et de rapports d’experts – dont le dernier commandé par Ségolène Royal avait, en avril 2016, laissé ouvert deux scénarios, celui d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes mais redimensionné à une piste et celui d’une alternative sur le site actuel –, l’avis de cette nouvelle mission est très attendu.

Une indécision durable

D’autant qu’à la différence des gouvernements précédents – qu’ils soient UMPLes Républicains ou Parti socialiste, tous soutenaient vivement le projet d’aéroport –, le nouvel exécutif n’a pas d’histoire ancienne avec ce dossier qui encalmine le pouvoir depuis plus d’une cinquantaine d’années.

Pas d’avis donc des trois missionnés mais un bilan qui fait état de 80 rendez-vous, de près de 200 personnes ou structures rencontrées, du côté des opposants comme des partisans du projet de transfert. On y trouve aussi le point sur des questions techniques concernant les caractéristiques des deux aéroports, le futur et l’actuel, autant d’éléments qui pour beaucoup étaient déjà dans les précédents rapports. Pas de scoop donc, mais on reconnaîtra aux trois missionnés, Mme Bocquet, MM. Badré et Feldzer, des approches nouvelles de la concertation, comme celle d’avoir réuni, à cinq reprises, des experts et personnes des deux camps dans une même discussion, ce qui permet d’appréhender la confrontation d’arguments opposés.

Leur constat est d’abord sur la longueur du processus de décision. La situation relative au projet d’aéroport du Grand Ouest est d’abord celle d’une indécision durable, qui pénalise les acteurs locaux et le territoire.

« C’est le processus de décision qui semble apparaître “anormal” à la plupart des interlocuteurs rencontrés par la mission. Le processus est critiqué pour sa longueur excessive par certains, par d’autres pour l’absence continue de réponse aux objections émises aux différents stades du projet. La mission a aussi entendu les interrogations fortes vis-à-vis de la consultation du 26 juin 2016 : si des critiques ont été émises, quant à son périmètre géographique ou à l’information rendue disponible au moment du vote, beaucoup dénoncent la non-prise en compte de son résultat. »

Telle était la volonté affichée par Emmanuel Macron et le nouveau gouvernement d’Edouard Philippe, dont Nicolas Hulot, connu pour son opposition au projet. Le premier ministre demandait aux trois « experts », le 1er juin, « d’identifier la mesure apte à satisfaire les besoins de transport à long terme et de préservation de l’environnement, dans une vision cohérente de l’aménagement durable de la métropole nantaise, au service du plus grand nombre, tout en assurant le respect de l’Etat de droit ».

Une mission « viciée dès le départ »

Dans la lettre de mission qu’ont reçue Anne Bocquet, Michel Badré et Gérard Feldzer, la méthode est précisée : « pour chaque option, et après l’écoute des parties prenantes, vous vous attacherez à analyser avec impartialité et neutralité ses conséquences notables et prévisibles, notamment économiques, sociales, environnementales, agricoles, techniques (…) en tenant compte à la fois des perspectives de long terme et des coûts et avantages socio-économiques complets pour la collectivité. »

La création de cette nouvelle mission de concertation a, d’entrée de jeu, irrité les porteurs du projet, comme la région des Pays de la Loire, le conseil départemental et la ville de Nantes, ou le Syndicat mixte aéroportuaire. Ils ont vivement critiqué la nomination de deux des personnalités, MM. Badré et, surtout, Feldzer, qui étaient, selon eux, des opposants « notoires » au projet de transfert.

Quatre mois plus tard, leur position n’a guère varié et ils ne se font qu’assez peu d’illusions sur la tonalité finale du rapport. « Cette mission est partiale, elle est viciée depuis le départ. On ne peut pas faire de médiation avec deux personnes engagées et qui, au cours des rendez-vous, ont fait sentir à leurs interlocuteurs leur opinion », a confié au Monde, Bruno Retailleau, le président (LR) de la région. « Je l’ai dit au premier ministre, quel que soit l’avis de la mission, il devra traiter le problème du maintien de l’ordre public et évacuer. »

L’avenir de la ZAD en question

Le Syndicat mixte aéroportuaire (SMA) du Grand Ouest a aussi réagi, mardi en fin de journée. « Les collectivités, qui avaient dénoncé la partialité de cette médiation, voient aujourd’hui leurs craintes renforcées, avec une médiation d’apaisement qui tourne vers une médiation de contournement. Illustration : place accordée dans les ateliers contradictoires à une opposante appelant ouvertement à s’opposer physiquement au démarrage des travaux et aux forces de l’ordre. Un comble ! », écrit le SMA dans un communiqué.

Que le projet se concrétise ou soit abandonné, se posera la question de la ZAD, la zone d’aménagement différé devenue zone à défendre, et de ses quelque 200 occupants, agriculteurs, militants écologistes, alternatifs qui, pour certains, se sont engagés dans des projets agricoles ou divers, boulangerie, conserverie, restaurant, studio d’enregistrement…

En précisant à la mission qu’elle devait, dans ses choix finaux, assurer « le respect de l’Etat de droit », le gouvernement sait qu’il ne pourra pas faire l’économie de ce délicat problème de l’évacuation, un challenge à haut risque. Tout au plus, imagine-t-il, qu’en écartant le problème d’un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes, il réduira le camp des soutiens aux zadistes et rendra plus facile, voire légitime, l’évacuation des dizaines de cabanes et lieux de vie qui parsèment le bocage nantais.

Pour les opposants, on n’est en est pas encore là. Satisfaits d’avoir été reçus à plusieurs reprises par la mission de médiation, satisfaits plus encore de voir que le scénario alternatif de l’aménagement de Nantes Atlantique a réellement été étudié (à la différence des missions précédentes, dont ce n’était pas l’objet), ils attendent le résultat final. « On a de l’espoir, ils vont peut-être dire que Nantes Atlantique peut faire l’affaire. On sent nos adversaires très énervés, mais même si l’issue nous est favorable au niveau des médiateurs, cela ne veut pas dire que le gouvernement suivra », estime Julien Durand, de l’Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Acipa).

Alors, sur la ZAD, on continue de planter, de créer des chemins de randonnée et de bâtir. Et le gouvernement, quel que sera son choix, sait qu’il ne pourra pas faire l’impasse sur cet autre chapitre du dossier aéroportuaire. » – R. Barroux -(Extrait de lemonde.fr du 26/09/2017)

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/09/26/la-mission-de-mediation-sur-notre-dame-des-landes-irrite-les-partisans-du-projet_5191874_3244.html

Article : « L’ambiguïté de la médiation. Le cas de la médiation scolaire » Baptiste Dethier, Christophe Dubois, université de Liège, 2017


« Parmi les études de sciences sociales ayant pris pour objet les pratiques de
médiation dans différents champs, citons notamment les contributions récentes
d’Élisabeth Volckrick (2015) sur l’enlèvement parental international d’enfants (voir
également sa contribution au présent colloque), de Fabrizio Cantelli (2015) sur la
médiation en milieu hospitalier et de Christophe Dubois (2008 et 2012) sur la justice
réparatrice en milieu carcéral. Ces auteurs ont en commun d’étudier des pratiques et
des dispositifs s’étant développés comme alternatives ou compléments aux modalités
juridiques traditionnelles de prise en charge des droits de l’enfant, des droits du patient
et du droit pénal notamment.
L’entrée empirique que nous proposons pour cette contribution est celle de la
politique de médiation scolaire en Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB), dont le
Service de Médiation Scolaire (SMS) est le dispositif central. Composé de 86 médiateurs
scolaires, les missions de ce service consistent à prévenir la violence et le décrochage
scolaire et à rétablir un climat de confiance entre les acteurs scolaires au sein des
établissements. Cet objet va nous permettre d’analyser l’ambiguïté des discours
politiques, le travail d’interprétation des médiateurs et la polyphonie qui en résulte,
ainsi que les liens entre la médiation scolaire et le droit. L’ambiguïté caractérise en effet
la politique de médiation scolaire dès son origine, les objectifs de celle-ci étant non
seulement peu définis et consistant tout à la fois à introduire la médiation dans les
écoles, prévenir les situation de violence, lutter contre le décrochage ou encore
favoriser un climat de confiance.  » (Extrait de la Version pré-définitive du chapitre Dethier, B., & Dubois, C. (2017). L’ambiguïté de la médiation. Le cas
de la médiation scolaire. La médiation: littéralement et dans tous les sens, Bruxelles, EME Editions)

Texte à consulter sur https://orbi.ulg.ac.be/bitstream/2268/210324/1/DethierDubois%202017%20La%20m%C3%A9diation%20lit%C3%A9ralement%20et%20dans%20tous%20les%20sens.pdf

ou sur https://www.observatoiredesmediations.org/Documentation/Bibliographie?ID=54