Médiation santé : Adapter aux besoins des Gens du voyage et des habitants de bidonvilles et squats la stratégie nationale de lutte contre la Covid-19


« Depuis un an, la crise sanitaire de la Covid-19 aggrave les inégalités sociales et territoriales de santé 1
, face à l’exposition au virus, à ses facteurs aggravants et dans sa prise en charge mais aussi face au confinement. 2 Elle exacerbe les vulnérabilités et les situations d’urgence sociale, économique, alimentaire, d’isolement et de discriminations 3. La crise voit progresser, en particulier, le non recours aux soins des populations déjà éloignées du système de santé 4. « Le
contexte épidémique actuel expose de façon considérable les populations en situation de précarité (…). Les répercussions de l’épidémie de Covid-19 et des mesures de gestion de la crise sont démultipliées pour ces populations vulnérables
(…) ».5

Parmi les Gens du voyage et les habitants de bidonvilles et squats que nous accompagnons, beaucoup présentent
plusieurs fragilités et désavantages vis-à-vis de la santé ; ils et elles ont été particulièrement impactés par la crise
sanitaire. En effet, ces populations présentent généralement un état de santé dégradé par rapport à la population
générale et peuvent connaître un cumul de déterminants économiques, sociaux et environnementaux défavorables à
leur santé6 . Elles peuvent rencontrer de nombreux freins dans leur accès aux systèmes de prévention et de soins, parmi lesquelles des difficultés de mise en relation liées aux représentations et pratiques des acteurs – institutions, services et professionnels de santé ; elles subissent, en outre, des situations de discrimination dans leur accès aux droits et à la citoyenneté. Elles peuvent présenter enfin des facteurs de risque de développer des formes graves de la maladie Covid 19, liés à leur état de santé (comorbidités, surpoids, diabète notamment) et à leurs conditions de vie et d’habitat
(promiscuité dans les lieux de vie informels, accès entravé à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène, insalubrité, …).

1. L’efficacité reconnue de la médiation en santé pour améliorer l’accès aux droits, à la prévention et aux soins des
populations concernée
s

Depuis mars 2020, nos associations – fédérées au sein du réseau Fnasat-GV (Fédération nationale des associations
solidaires d’action avec les tsiganes et Gens du voyage) et/ou réunies au sein du Programme National de Médiation en Santé (PNMS)8 et du Collectif National Droits de l’Homme Romeurope– sont mobilisées pour accompagner les publics
Gens du voyage et habitants de bidonvilles et squats et répondre à leurs besoins de santé au sens global, démultipliés
par la crise. Le PNMS est un projet inter-associatif de partage de moyens pour développer et soutenir des projets de
médiation en santé, visant à favoriser l’accès à la prévention et aux soins des populations en situation de vulnérabilité
par leur intégration dans le système de santé de droit commun. Il est mis en œuvre depuis 10 ans, avec le soutien
financier et la validation du Ministère de la Santé.

Dans le contexte de la crise sanitaire, nous continuons de mettre en œuvre, dans la proximité, la confiance et la
connaissance fine de nos territoires d’intervention, la médiation en santé comme « processus temporaire de « l’aller vers» et du « faire avec » », comme « fonction d’interface » entre les publics et les acteurs du système de santé. Cette
approche reconnue pour améliorer l’accès aux droits, à la prévention et aux soins, en particulier comme intervention
efficace contre le non recours aux soins, est inscrite dans l’article 90 de la Loi de modernisation de notre système de
santé du 26 janvier 2016 et définie à l’article D. 1110-5 du Code de la Santé Publique.
Notre expérience en la matière s’appuie sur les compétences, le positionnement éthique, les savoir-faire et les savoir être de nos professionnels – en particulier, les médiatrices et les médiateurs en santé, dont le métier a fait l’objet en octobre 2017 d’un « Référentiel de compétences, formation et bonnes pratiques » élaboré par la Haute Autorité de
Santé. Elles et ils ont construit une posture professionnelle bienveillante, dans le non jugement, la libre adhésion des
personnes, leur montée en compétences, l’accroissement de leur pouvoir d’agir pour prendre elles-mêmes des
décisions éclairées favorables à leur santé. » (Extrait de romeurope.org du 7/06/2021)

En savoir plus sur https://www.romeurope.org/wp-content/uploads/2021/07/NOTEAR1.pdf

Bourgoin-Jallieu : Le CSBJ, la ville de Bourgoin-Jallieu et la Brasserie Esprit XV résoudront-ils leur différend grâce à une procédure de médiation ?


« Le CSBJ, la ville de Bourgoin-Jallieu et la Brasserie Esprit XV résoudront-ils leur différend grâce à une procédure de médiation ? C’est ce qu’a proposé la présidente de la chambre des référés du tribunal administratif de Grenoble.

(…)

Devant la chambre des référés du tribunal administratif de Grenoble, ce n’est pas le CSBJ que la brasserie Esprit XV a retrouvé ce mercredi mais la mairie de Bourgoin-Jallieu. En effet, le restaurant est sur le domaine public de la commune. Et c’est le maire, Vincent Chriqui qui demande l’expulsion en urgence de la brasserie, au motif que « la convention d’occupation du domaine public se terminait le 31 juillet dernier ».

Dans ce dossier les parties ne se parlent plus. En fin de séance, la présidente Jourdan leur a proposé une procédure de médiation. « J’ai cru comprendre que la médiation n’était pas forcément suggérée avec la commune », répond Me Anne-Cécile Vivien, avocat de la ville. D’autant que pour elle « la commune est tenue d’assurer la sécurité du chantier. Si elle n’agissait pas, elle mettrait en cause sa responsabilité« .

De son côté Sébastien Bourillon, avocat de la brasserie, était plus favorable à la médiation : « La difficulté dans ce dossier c’est que le dialogue a été rompu depuis plusieurs mois. Il faut qu’on arrive à restaurer un dialogue, non pas directement avec la ville, mais avec la SAS BJ Groupe puisque ce sont eux qui sont titrés sur ces emprises du stade. Et je préférerais que ça se fasse par l’entremise du tribunal. Ça mettrait un cadre. » (Extrait de francebleu.fr du 18/08/2021)

En savoir plus sur https://www.francebleu.fr/amp/infos/faits-divers-justice/bourgoin-jallieu-pierre-rajon-ne-repond-plus-1629296939

Covid-19 en Guyane: le choix de la médiation face aux réticences des populations à la vaccination


RFI

« Alors qu’en Guyane la diffusion rapide du variant Delta, beaucoup plus contagieux, fait craindre une reprise des hospitalisations et une intensification de la troisième vague, les vaccinés restent peu nombreux. La Croix-Rouge opte pour la médiation de terrain. 

Le taux de vaccination stagne autour de 20% de la population et les guyanais restent très hésitants. Margot Oberlis est coordinatrice pour la Croix-Rouge en Guyane et fait partie des équipes de sensibilisation sur les questions d’hygiène et de maladies. Souvent mobilisée auprès des habitants, elle constate leurs réticences.

(…)

Sensibilisation de terrain

Dans les communes de l’intérieur du territoire, la Croix-Rouge intervient depuis des mois sur le terrain. « On aurait pu baisser les bras et se dire : “Bon ben pffff il y a une grosse réticence de la part des populations, on va les laisser tranquilles, on va arrêter.” Et le fait d’y retourner, d’avoir des maraudeurs, des agents de terrain ou des médiateurs nous a vraiment permis d’adapter. C’est pour cela que ça prend beaucoup de temps avec une adaptation pas quotidienne mais quasi », rapporte Margot Oberlis. Il y a par exemple un recensement de ces freins à la vaccination, des fake news et du vécu des populations. 

Dans ces conditions, la médiation sur le territoire est primordiale. « Sans les médiateurs en santé, on ne serait arrivé à rien du tout. C’est vraiment la pierre angulaire de la communication avec les populations et les institutions. C’est un travail énorme qui demande beaucoup de présence sur le terrain mais qui demande beaucoup de réflexion en équipe », insiste Margot Oberlis. « Nos médiateurs et agents de terrain ont parfois un peu souffert aussi. Ils se sont faits un peu rabrouer voire agresser. Il y a vraiment eu des moments un petit difficiles pour les personnes qui étaient sur le terrain », déplore-t-elle aussi. » (Extrait de msn.com du 13/08/2021)

En savoir plus sur https://www.msn.com/fr-fr/actualite/france/covid-en-guyane-le-choix-de-la-mdiation-face-aux-rticences-des-populations-la-vaccination/ar-AANgH5U