La « médiation par les pairs » existe depuis plusieurs années dans les établissements mosellans.


A l’occasion de la visite de la secrétaire d’Etat chargée de la Jeunesse et de l’Engagement ce mardi à Metzles élèves médiateurs du collège Ernest-Jacques Barbot ont été mis à l’honneur. Leur mission : réconcilier les copains, éviter les bagarres, bref, apaiser les tensions entre collégiens.

« On a parlé du harcèlement »

Ce dispositif existe depuis plusieurs années dans l’académie de Nancy-Metz et se développe petit à petit en Moselle. Concrètement, il s’agit de sensibiliser tous les élèves de cinquième à la nécessité de régler les conflits du quotidien sans violence. Ensuite, certains se portent volontaires pour suivre une nouvelle formation auprès des enseignants. Enfin, quand un problème survient entre plusieurs élèves, ils sont invités par leurs camarades (toujours sur la base du volontariat) à se réunir pour une médiation. 

« Les élèves en conflits sont reçus dans une salle, chacun raconte sa version, exprime son ressenti et essaie de trouver une solution, explique Agathe, nouvelle médiatrice de quatrième. En fait, on essaie d’aider les autres. Pendant notre formation, on a parlé notamment du harcèlement qui peut tous nous toucher, » ajoute son camarade devant toute la classe. (…)

Les nouveaux élèves médiateurs ont été félicités par la secrétaire d'Etat Sarah El Haïry ce mardi matin au collège Barbot de Metz
Les nouveaux élèves médiateurs ont été félicités par la secrétaire d’Etat Sarah El Haïry ce mardi matin au collège Barbot de Metz © Radio France – Lucas Valdenaire

« Apprendre la médiation, c’est apprendre à écouter les autres »

Cette médiation a donc vocation à améliorer l’ambiance générale dans l’établissement, comme l’explique le principal Hervé Dufossé, qui a déjà participé à l’expérience à Petite-Rosselle et à Stiring-Wendel. « Ici à Barbot, ce n’était pas très connu, mais les professeurs se sont vraiment emparés du projet et c’est devenu au cœur du projet d’établissement, confie-t-il. A partir du moment où on apprend aux élèves la médiation, ils apprennent à écouter les autres. On le constate dans mes anciens établissements : depuis qu’on fait de la médiation, il n’y a plus aucune bagarre dans la cour. Ça fonctionne ! Ce n’est pas de l’angélisme, c’est la réalité. » – L Valdenaire- (Extrait de francebleu.fr du 1/9/2020)

En savoir plus sur https://www.francebleu.fr/infos/education/une-mediation-entre-eleves-pour-eviter-les-conflits-dans-plusieurs-colleges-mosellans-1598976541

Christian Rousse, président de la Fédération française des centres de médiation : »La médiation, c’est gagnant-gagnant »


Christian Rousse : « La médiation, c'est gagnant-gagnant »

« Le Marseillais Christian Rousse est depuis le 6 juillet le président de la Fédération française des centres de médiation, qui regroupe 70 structures et environ un millier de médiateurs sur l’ensemble de la France. A la fois médiateur et avocat, président de Marseille Médiation depuis 2016, il évoque les enjeux de son mandat national de trois ans.

Les Nouvelles Publications : Quelle est votre feuille de route à la tête de Fédération française des centres de médiation (FFCM) ?
Christian Rousse :
 La croissance de la médiation a été très forte depuis six ans et on le doit notamment à mon prédécesseur, le président sortant Claude Duvernoy, un ancien bâtonnier. Au cours de ses deux mandats à la tête de la fédération, on a ouvert le plus possible la médiation à d’autres professions que celle d’avocat. Pour une raison simple : c’est le mélange des cultures qui fait la richesse de la médiation. Aujourd’hui, sur nos 1 000 médiateurs, on compte ainsi 60 % d’avocats et 40 % venus d’autres professions. Administrateur depuis trois ans de la fédération, fort de la confiance du conseil d’administration, je souhaite poursuivre dans cette voie avec deux objectifs. Tout d’abord, je veux ouvrir encore plus le champ des adhérents à d’autres univers professionnels quels qu’ils soient. Et je désire que nous soyons encore plus proches de nos centres sur le terrain pour leur donner tous les outils de développement. (…)

Sur les 1 000 médiateurs recensés dans l’Hexagone, y a-t-il des régions qui ont plus d’attirance pour ce dispositif ?
Oui, le Sud a moins d’appétence pour la médiation que le reste du pays. Par exemple, les avocats marseillais ont longtemps été rebutés par la médiation. Ceux qui sont réticents ont dans l’idée que cela va coûter plus cher car il faut payer le médiateur, que ça va être plus long, le temps de faire la médiation, et que leurs clients vont être frustrés. Or, ces arguments ne tiennent pas. La médiation coûtera un petit peu plus mais elle va permettre de terminer plus vite avec une charge financière moins lourde pour le client dans le temps. Cela n’est pas plus long car la médiation peut se régler en quelques semaines voire mois, alors qu’un procès peut durer des années. Au contraire de la frustration, la médiation crée ou de recrée un lien de communication entre les parties, ce qui permet aux personnes de comprendre les besoins de l’autre et de trouver des solutions qui soient satisfaisantes pour les deux : c’est du gagnant-gagnant. La compréhension mutuelle permet de devenir plus intelligent à deux.

Enfin, c’est un processus où l’avocat a toute sa place. Car si le médiateur permet aux parties de résoudre leur conflit, l’avocat dispense son conseil juridique et rédige des accords satisfaisants pour son client. » – S. Payrau- (Extrait de nouvellespublications.com du 1/9/2020)

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