Audio : « Harcèlement scolaire : des élèves médiateurs pour « faire régner la paix » dans les cours de récré » par Adrien Bossard et Alexis Morel (France Info)


Le harcèlement scolaire touche un enfant sur dix en France.

Alors que le ministre de l’Éducation nationale doit récompenser toutes les initiatives permettant de lutter contre le harcèlement scolaire, lundi, franceinfo est allé à la rencontre d’élèves médiateurs en CM1 dans une école de Saint-Ouen.

À chaque récréation, dans cette école de Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, deux élèves enfilent un dossard jaune. Ils sont les médiateurs du jour et miment une altercation entre deux écoliers. « J’étais devant la classe et Thomas m’a poussé », explique le premier au deuxième. Petits conflits ou grosses humiliations, voilà ce que doivent gérer les médiateurs, des élèves portés volontaires pour améliorer les relations entre camarades. Leur rôle a été créé de toutes pièces dans certains établissements en France pour lutter contre les tensions scolaires, et notamment le harcèlement, qui touche aujourd’hui un enfant sur dix.

Les élèves ont tendance à parler beaucoup plus franchement avec nous qu’avec les professeurs parce qu’on ne peut pas les punir. Ça apaise les choses.Mona et Carlinen, élèves médiateursà franceinfo

Parmi la trentaine de médiateurs dans l’école de Saint-Ouen, Léo, en classe de CM1, s’est immédiatement porté volontaire « pour faire régner la paix dans l’école, parce qu’avant il y a plein de conflits. Et moi, je n’aimais pas ça, parce qu’on ne pouvait pas jouer tranquillement. »

Comme Léo, Mona et Carlinen ont reçu une formation bien précise de « médiation par les pairs », avec une règle principale : susciter et encourager la discussion pour apaiser les tensions avant qu’elles ne dégénèrent. « S’il y a un conflit, des gens viennent nous voir et on leur propose une médiation. En quelque sorte, on les aide à trouver une solution, explique les deux jeunes filles. Nous ne sommes pas des policiers, des avocats ou des  juges. Donc, on ne va pas être dans le jugement, ni punir des élèves. »

Des confidences à révéler, ensuite, aux adultes

Si ces élèves médiateurs sont aussi utiles contre les intimidations et le harcèlement, c’est que rien ne leur échappe dans la cour de récréation. « Les adultes vont toujours se poser des questions, de savoir si on a bien les critères du harcèlement scolaire, estime Natacha Dumay, enseignante et coordinatrice du dispositif. Un enfant, il ne va réagir comme ça. Il va y aller, il va voir qu’un autre élève est triste dans un coin de la cour, il va aller lui parler. » Les médiateurs ont un impératif : ne pas garder les confidences de leurs camarades pour eux. Ils doivent en parler systématiquement à un adulte. Jean-Michel Blanquer récompensera les meilleures initiatives à l’occasion de la remise du prix « Non au Harcèlement » lundi 3 juin. (Extrait de francetvinfo.fr du 03/06/2019)

Document audio à consulter sur https://www.francetvinfo.fr/societe/education/harcelement-a-l-ecole/harcelement-scolaire-des-eleves-mediateurs-efficaces-pour-faire-regner-la-paix-dans-l-ecole_3471647.html

 

Vidéo sur la Justice Restaurative : « Rencontre avec mon agresseur » réalisée par Maiana Bidegain, Sébastien Koegler (France.tv)


 

Capture.PNG 1248.PNG« Ce mardi à 20.50, Le monde en face, présenté par Marina Carrère d’Encausse, propose le documentaire « Rencontre avec mon agresseur » produit par Mélissa Theuriau : une femme victime de viol se retrouve à dialoguer avec son agresseur, 33 ans après les faits. Cette femme c’est Maiana Bidegain réalisatrice de ce documentaire. Une rencontre rendue possible grâce à la mise en place de la justice restaurative entrée dans la loi française en 2014.   « Ce documentaire présente un témoignage inédit, vécu de l’intérieur, car la jeune femme, la petite fille qui a été violée et qui décide de témoigner aujourd’hui, c’est moi, Maiana, la réalisatrice du film. 

J’ai retrouvé mon agresseur au détour d’un article de journal, quand celui-ci comparaissait au tribunal pour d’autres agressions sexuelles sur mineur.
Ce jour-là, en 2013, ma vie a basculé. J’ai décidé d’aller à sa rencontre pour avoir enfin des réponses à des questions qui m’ont hantée toute ma vie. Et aussi, peut-être, pour essayer de réduire la probabilité que cet homme récidive.
Cette rencontre directe est l’une des toutes premières en France.
Ce voyage et les échanges avec toutes ces personnes vont me pousser à m’interroger sur ma propre vision de la justice, sur notre système français, ainsi que sur ce que j’attends de ma propre démarche.
Ne jamais laisser qui que ce soit de côté, même ceux que la société qualifie de monstres, précisément, pour mieux protéger la communauté : est-ce réellement possible, réalisable, souhaitable ?
Aurais-je la force moi-même d’aller au bout d’une démarche, qui pour le moment me trouble ? Saurai-je à mon niveau donner une autre chance à celui qui se révélera face à moi ?
Au bout de ce cheminement, je serai alors en mesure de faire mon choix : continuer et aboutir peut être à une deuxième rencontre avec mon agresseur, ou bien arrêter là ».    (Extrait de france.tv du 04/06/2019))

Vidéo à consulter sur https://www.france.tv/france-5/le-monde-en-face/995607-rencontre-avec-mon-agresseur.html