Histoire : « CONFLITS FAMILIAUX ET MÉDIATION CLÉRICALE  » PAR ANNE BONZON, Maître de conférence à l’Université Paris 8 (CHJ@édition électronique – 2011 )


« En 1663, l’assemblée des curés de Beauvais (1) met à l’ordre du jour de ses débats la question suivante : que faire envers une femme qui « en derrière de son mary souffre la hantise et familiarité d’un jeune homme avec sa fille, la recherchant en mariage, quoy qu’elle sache que son mary n’y veut pas consentir, dans l’esperance qu’elle a de luy pouvoir persuader ! ». Elle conclut que « ceste mere ne debvoit souffrir ceste familiarité et hantise d’autant que le Pere est le chef de sa famille et qu’on ne peut sans commettre une grande injustice engager sa fille a une affaire si importante que le mariage contre son gré, et que d’ailleurs il y a trop de peril en ceste conversation ». Tout en soulignant le caractère dangereux de cette fréquentation, les curés précisent toutefois que si le père n’est pas raisonnable, qu’il ne veut pas « pourvoir » ses enfants, le confesseur peut conseiller à la mère d’intervenir auprès de son époux afin de l’amener à une attitude plus compréhensive vis-à-vis de sa fille (2) Pourtant, et surtout lorsque ces conflits se rapportent au mariage, ils sont à la fois du ressort de l’Eglise et de celui de la société. On connaît les discordances révélées dans la période post-tridentine entre les positions de l’une et de l’autre sur ce sujet . Ce cas de conscience, fondé sur un conflit interne à la cellule familiale, vient nous rappeler que les curés, ainsi que toute la hiérarchie cléricale, sont fréquemment amenés, par l’exercice même de leur ministère, à résoudre des conflits familiaux de manière plus ou moins directe. Mais cette activité ayant essentiellement pour cadre le secret du confessionnal, elle n’est habituellement pas saisissable par l’historien (3). Il s’agira ici d’examiner comment, de manière quasi -indépendante de la justice civile, l’appareil ecclésiastique s’efforce de résoudre ce type d’affaire. Peut -on désigner par le terme de médiation l’intervention cléricale en vue de la résolution de ces conflits ! Quelles préoccupations animent les gens d’Eglise lorsqu’ils se mêlent de ces questions ! Ce faisant, l’image de la famille qui se dégage de leurs positions est -elle en concordance ou en décalage avec celle qui domine alors ! (Extrait de CHJ@édition électronique – 2011 )

Article à consulter sur https://www.observatoiredesmediations.org/Documentation/Bibliographie?ID=119

« Peut-on être coach et médiateur ? » par Anne Pichon, Médiateur (Village-justice.com)


La différence essentielle entre le coach et le médiateur est que le coach s’intéresse à la personne, qu’il accompagne, alors que le médiateur s’intéresse uniquement à la relation qu’il tend à renouer. Peut-on être les deux à la fois ?

« Après 30 années d’exercice de la profession d’avocate, je suis devenue médiatrice. J’ai alors cessé d’être avocate. En tant qu’avocate, j’ai souvent recherché pour mon client une solution amiable. Cette négociation avec le confrère de la partie adverse, pour aboutir à une transaction, n’a pas fait de moi un médiateur. La médiation repose sur la présence des parties et le nécessaire dialogue qui doit s’instaurer entre elles. Dans une négociation, le client est généralement absent. On discute entre confrères et parlons le même langage. Dans une médiation, pour renouer le dialogue le médiateur doit être à l’écoute de chacune des parties, qui n’ont pas nécessairement les mêmes codes de communication.

Le médiateur doit donc amener les parties à s’écouter. Le médiateur ne donne jamais son avis sur la règle de droit. Si ma connaissance du droit me donne une légitimité à me comporter comme un « aviseur » en avançant une recommandation que je juge sage, les parties ont l’entière liberté dans leur décision de la suivre ou non. Dans les négociations entre avocats, la règle de droit est toujours présente et j’ai été parfois amenée à imposer à mon client une solution négociée avec le confrère adverse.

En devenant médiateur, j’ai changé de costume. J’ai lâché le verbe pour l’écoute. J’ai oublié le droit pour me consacrer à la solution. J’ai abandonné mon désir de vaincre.
Depuis j’ai rencontré des coach médiateurs et je me suis demandée si on pouvait être les deux à la fois.

Qu’est-ce qu’un coach ?

Sur le site https://generation-coaching.com/que…, il est écrit : « L’origine du mot « coach » vient du vieil anglais. Autrefois, ce mot désignait alors un carrosse destiné au transport des passagers, qui les transportait d’un point de départ à un point de destination. Le coach vous accompagne de là où vous êtes à là où vous voulez aller. De là où vous êtes à là où vous n’êtes jamais allé, ou encore de là où vous êtes, à là où vous n’auriez jamais cru possible d’aller. La plus grande confusion, c’est de penser qu’un coach est là pour vous dire quoi faire et comment le faire. Son rôle est plutôt de vous aider à faire émerger vos propres solutions, de vous faire découvrir votre propre vérité. A travers l’objectif que vous vous fixez, vous êtes le seul à décider de votre propre mouvement, de votre avancée, de la route que vous allez emprunter ou non. Le coach estime que vous êtes l’expert de votre propre vie, que vous avez déjà en vous toutes les réponses à vos questions. »

Qu’est-ce qu’un médiateur ?

Le médiateur est le « tiers » neutre, impartial, indépendant et sans pouvoir décisionnel ou consultatif visé par les textes sur la médiation.

La Médiation est un processus structuré reposant sur la responsabilité et l’autonomie des participants qui, volontairement, avec l’aide du médiateur, favorise par des entretiens confidentiels, l’établissement et/ou le rétablissement des liens, la prévention ou le règlement des conflits.

Le coach et le médiateur ont tous les deux un rôle d’accompagnateur et l’un comme l’autre aide à l’émergence d’une ou plusieurs solutions.

La différence essentielle entre eux est que le coach s’intéresse à la personne, qu’il accompagne, alors que le médiateur s’intéresse uniquement à la relation qu’il tend à renouer.

C’est une différence essentielle qui me porte à penser qu’il est difficile d’être coach et médiateur à la fois.

En effet, le médiateur coach peut avoir tendance à vouloir s’intéresser à la personne alors que c’est uniquement à la relation qu’il doit se consacrer.

Comment faire en sorte que deux personnes, qui ne se parlent plus, alors qu’elles doivent, de fait, continuer à vivre ensemble, travailler ensemble, se côtoyer, renouent le dialogue ?

Comment amener deux ou plusieurs personnes à lâcher les armes ? A sortir de cette pensée « j’ai raison, il a tort » ?

Pour pouvoir avancer dans le processus, le coach comme le médiateur doivent être en mesure de créer un climat de confiance et leur posture personnelle sur ce point est la même.

Cependant dans une médiation, la confiance qui se noue au départ entre les parties et le médiateur, confiance sans laquelle les parties n’accepteront pas de confier leurs différents à ce tiers qu’elles ne connaissent pas, doit progressivement se déplacer vers les parties.

Au commencement du processus de médiation les parties sont souvent incapables de se parler voire de se rencontrer. Le médiateur se positionne alors, en face à face, avec chacune des parties et leur donne les clefs pour « libérer leur sac ». Le but de cette première phase est non seulement de comprendre les causes, l’origine du litige, mais également de libérer la parole.

Sur ce point le coach et le médiateur se rejoignent car tous deux ont pout mission première de libérer la parole. Cependant sur ce point encore il existe une divergence importante.

Le processus de médiation est enfermé dans l’écrin de la confidentialité.

Le médiateur est comme un prête et ne peut en aucune façon révéler ce qu’il a entendu. 
Le médiateur doit donc amener l’une et l’autre des parties à mettre des mots sur les causes du conflit et à désigner verbalement tout ce qui nuit à la relation avec l’autre. Il intervient comme un accoucheur des besoins réciproques non satisfaits de chacune des parties à l’origine du conflit. Sur ce point encore la posture du médiateur se rapproche de celle du coach. Cependant, si le coach accompagne son client pour lui permettre d’aller là ou il veut aller, le médiateur doit se garder d’accompagner l’une ou l’autre des parties dans une direction qui lui conviendrait mais qui ne serait pas de nature à renouer le dialogue et la relation.

Le processus de médiation permet une compréhension réciproque des comportements et des besoins de chacun pour finalement faire cheminer les parties jusqu’à l’élaboration de leur solution. C’est pourquoi la restauration du dialogue constitue un élément déterminant tant du processus de médiation que de son résultat.

Pour restaurer le dialogue la confiance partie/médiateur doit se déplacer vers partie/partie et le médiateur doit donc progressivement s’effacer.

Le médiateur doit donc amener les parties à ce jeu de bascule de la confiance. » (Extrait de www.village-justice.com du 3/01/2019)

En savoir plus sur https://www.village-justice.com/articles/peut-etre-coach-mediateur,30335.html

 

 

 

E

Algérie : L’UE forme 26 médiateurs judiciaires de la wilaya de Béjaïa


L'Expression - Le Quotidien

« Dans le cadre du partenariat avec la collaboration de l’Union européenne(UE), un groupe de 26 médiateurs de la wilaya de Béjaïa a bénéficié d’un programme de formation spécialisée aux techniques de la «médiation conventionnelle».

Cette formation, qui s’est déroulée en une vingtaine de sessions à l’École supérieure de la magistrature (ESM) d’El-Biar, a été organisée par l’Association nationale des médiateurs judiciaires, en coordination avec le ministère de la Justice et le Programme d’appui à la gouvernance économique et politique (Spring). Elle a porté sur la formation de base et la formation approfondie, visant à développer la posture des médiateurs judiciaires exerçant auprès des juridictions du premier degré du pays afin d’acquérir une bonne amélioration des capacités de communication, de négociation et de dialogue dans le règlement de différends. Animées par des experts internationaux dont docteur Jeanne-Marie Layoun, professeure des universités, spécialiste en médiation, experte en réforme institutionnelle et chef de mission de l’Union européenne (UE) et Maître Zeina Kesrouani, membre du comité exécutif de l’Union internationale des avocats (UIA), experte internationale et formatrice en médiation, les conférences avaient également pour objectif d’élargir leurs connaissances et de renforcer leur rôle en matière de règlement des contentieux juridiques dans le cadre de la justice douce et de découvrir notamment de nouvelles approches dans le domaine.

Au terme de ces cycles de formation, les participants auraient disposé d’un large éventail d’outils et d’attitudes pour aborder de manière pertinente les différentes facettes d’une situation, dans le respect de leur rythme et de la nature des litiges qui leur seront présentés jusqu’à l’élaboration de l’accord. De plus, un diplôme d’État leur sera remis incessamment. Le chef de bureau des médiateurs de la wilaya de Béjaïa, M. Mohamed Khimoum, a indiqué que «les médiateurs sont formés dans les nouvelles techniques de communication pour améliorer les liens avec la tutelle et le citoyen», estimant que «la médiation» doit s’élargir aux affaires pénales (contraventions et délits mineurs), comme cela avait été promis en 2012 par Tayeb Belaiz, alors ministre de la Justice. Il en est de même pour les affaires prud’homales (sociales) ainsi que cela ressort de l’article 10 de la loi du 6 février 1990 relative à la prévention des conflits collectifs de travail, relevant au passage, la contradiction flagrante de cet article avec les dispositions de l’article 994 du Code de procédure civile et administrative qui interdit carrément au médiateur de gérer les affaires sociales. D’autre part, la médiation devrait s’introduire, en particulier, dans les affaires du statut personnel (affaires familiales). A cet effet, l’Office national des statistiques (ONS), fait état de 68.000 cas de divorce enregistrés en 2017 au niveau des tribunaux du pays, et les litiges de tous ordres sur lesquels les juridictions doivent se prononcer pour les régler ne cessent de s’accroître. Des chiffres effarants et les conclusions de l’enquête de l’ONS le montrent assez clairement.

La demande judiciaire est en telle augmentation que les juridictions sont engorgées et les magistrats débordés. À l’évidence, le secteur judiciaire se trouve complètement asphyxié par le volume important de dossiers qui ne cesse d’augmenter au fil des années.
En conséquence, les juges du siège (Ndlr, magistrats spécialisés des tribunaux) ne peuvent résoudre, à eux seuls, tous les conflits. Aujourd’hui, notre pays s’est rangé aux normes internationales en matière de médiation, grâce à l’initiative de la chancellerie qui a mis en place de vraies compétences. » – A. Slimani-(Extrait delexpressiondz.com du 3/01/2019)

En savoir plus sur http://www.lexpressiondz.com/actualite/306973-l-ue-forme-26-mediateurs-juridiques.html

ONU-Sahara : Horst Köhler présentera le 29 janvier devant le Conseil de sécurité les prochaines actions sur la relance du processus de règlement du conflit


« L’envoyé personnel du S.G de L’ONU pour le Sahara, Horst Köhler est attendu le 29 janvier à New-York, pour son briefing devant le Conseil de Sécurité (CS) sur les conclusions des discussions quadripartites (Maroc, Algérie, Mauritanie, Polisario) sur le dossier du Sahara, tenues les 5 et 6 décembre 2018 à Genève.
Le médiateur onusien devrait également exposer aux quinze membres du CS, les prochaines actions qu’il envisage pour la relance du processus de règlement du conflit du Sahara sous les auspices de l’ONU, a annoncé le Conseil de Sécurité dans son programme prévisionnel mensuel pour le mois de janvier, publié sur son site internet.
«Ces consultations interviennent en application de la résolution 2440 qui demande au secrétaire général de l’ONU de tenir le Conseil de sécurité informé de l’évolution de la situation au Sahara, trois mois après l’adoption de la résolution ou à chaque fois qu’il le juge opportun», précise l’organe exécutif de l’ONU dans un communiqué.
A l’issue de la table ronde de Genève tenue à l’invitation de l’émissaire onusien, les délégations du Maroc, de l’Algérie, de la Mauritanie et du Polisario, rappelle-t-on, avaient donné leur accord pour la tenue d’un nouveau round des discussions au courant du premier trimestre 2019.
Cette nouvelle rencontre qui fait partie des futures actions de Horst Köhler, devrait normalement baliser le terrain pour la reprise des pourparlers surtout que l’Algérie a finalement consenti d’y participer sur injonction du Conseil de Sécurité, en tant que partie-prenante dans ce litige territorial.
Si le pouvoir en Algérie à jusqu’à cette date clamé sa neutralité et son statut d’observateur, en plaidant pour des négociations directes entre Rabat et le Polisario, le Maroc considère que son voisin algérien est partie-prenante dans ce dossier et constitue même la pièce maîtresse du puzzle, puisque c’est l’Algérie qui abrite le QG et les camps du Polisario et le soutient ouvertement aux plans diplomatique, politique, financier et militaire.
Le rôle et le budget de la mission de l’ONU au Sahara «MINURSO» dont le mandat expire le 31 mars prochain, sera sûrement inclus à la demande de Washington, au menu des discussions du Conseil de Sécurité le 29 janvier. – K. Junger – (Extrait de droits-humains.org du 3/01/2019)

En savoir plus sur http://droits-humains.org/1541-onu-sahara-horst-kohler-attendu-le-29-janvier-devant-le-conseil-de-securite.html

Sports : Une médiation proposée entre le PSG et L’Equipe par l’Union des journalistes de sport en France (UJSF)


« De nombreux journalistes avaient noté son silence depuis maintenant plusieurs semaines, certains agissant de leur côté, et l’Union des journalistes de sport en France (UJSF) vient enfin de communiquer concernant le conflit opposant le PSG au journal L’Equipe depuis plusieurs semaines. C’est par le biais d’un communiqué que l’UJSF s’est emparé de ce dossier entre le plus médiatique des clubs français et le seul quotidien sportif du pays, opposés depuis la mi-décembre suite à la publication d’un article sur une possible vente de Neymar et Mbappé qui avait été jugé déplacé par la direction du club.

En réponse à cet article, le PSG avait restreint puis carrément empêché d’accéder aux conférences de presse les journalistes du journal et l’UJSF « a pris acte des difficultés rencontrées par les différents médias de L’Équipe à exercer librement leur métier lors des conférences de presse organisées par le Paris Saint-Germain. L’UJSF n’est pas restée sans réaction et s’est tout d’abord assurée que la convention signée avec la LFP a été respectée afin que les journalistes de L’Équipe puissent librement accéder dans les enceintes sportives les soirs de matches. »

Après avoir expliqué que « le président de l’UJSF s’est également entretenu avec le directeur de la rédaction de L’Équipe », le syndicat de journalistes rappelle « que le club doit organiser un point presse d’avant match » et que « ce point presse doit être ouvert à l’ensemble des journalistes, sans censure, choix ou discrimination. » Comme l’explique le communiqué, «une issue doit être trouvée à cette situation. Aussi, l’UJSF a proposé une médiation au Paris Saint-Germain et à L’Équipe.»

En conclusion, l’UJSF demande aussi l’aide de personnes censées être neutres : «Parce que la liberté d’informer de la presse en France doit être un principe fort à ne pas bafouer, l’UJSF demande aux instances de le faire appliquer.» (Extrait de culturepsg.com du 4/01/2019)

En savoir plus sur http://www.culturepsg.com/news/club/une-mediation-proposee-entre-le-psg-et-l-equipe/24730