Médiation : Accord pour le déblocage de la faculté de lettres de Limoges


Accord pour le déblocage de la faculté de lettres de Limoges
« Un accord pour le déblocage de la faculté de lettres de Limoges a été signé, vendredi après-midi, entre le Comité pour la Protection de l’Université et la direction d’Unilim.
Protégé par un accord de confidentialité, il sera effectif aujourd’hui à 10 heures.

Les étudiants se sont engagés à lever le blocage ce lundi matin, à 10 heures et à restituer le site, en remettant les lieux en l’état et en dégageant les accès, bloqués depuis trois mois maintenant.

La fac de Lettres de Limoges était une des dernières à être occupée pour dénoncer l’application de la loi Orientation et Réussite des étudiants et la mise en oeuvre de la plateforme Parcoursup.

La nomination d’un médiateur, l’ancien doyen Jacques Migozzi a permis de trouver une issue positive à cette occupation, qui menaçait la tenue des sessions de rattrapage, difficiles à organiser à l’extérieur de la fac de lettres.

Dans un tweet, la fac de lettres annonce la tenue du soutien dès ce lundi et celle de la session de rattrapage, à partir du 18 juin.

 « Le blocage n’est pas un fin mais un outil, commente Damien, un des signataires de l’accord entre le CPPU et l’Université. ca nous a permis d’obtenir des avancées qu’on réclamait depuis longtemps.

L’instauration du rapport de force a permis d’obtenir un dialogue équitable

 

Reconnues par le contrat signé par les deux parties, vendredi, que Le Populaire a pu consulté, ces « avancées » sont les suivantes :

– liberté pour les enseignants de ne pas classer les candidats dans les filières hors tension,

– 1.000 heures supplémentaires de TD chargées, injectées dans les nouvelles maquettes dès 2018, « ce qui permttra d’atteindre les 1.500 heures légales dans de nombreuses licences », précise le représentant du CPPU

– maintien de l’offre actuelle de formation,

– plafond de 25 étudiants en TD en première année de licence et de 25 étudiants en en 2e et 3e année,

– publication de sept postes d’enseignants chercheurs en 2019, dont deux au bénéfice de la filière science de l’éducation, ainsi que d’un poste supplémentaire dans cette filière en 2020. « En ce qui concerne science de l’éducation, on arriverait à sept enseignants, ce qui  est juste le nombre de professeurs qu’il faudrait pour le nombre d’éléves actuels, note le porte-paroles. Aujourd’hui, ils ne sont que quatre et du coup, ils ont tous des responsabilités administratives en plus. »

– respect par l’UFR des « actions citoyennes pacifiques de soutien aux migrants», installés notemment dans le CRDP voisin de la fac de lettres. (Extrait de lepopulaire.fr du 11/06/2018)

En savoir plus sur https://www.lepopulaire.fr/limoges/social/education/2018/06/11/accord-pour-le-deblocage-de-la-faculte-de-lettres-de-limoges_12882046.html

 

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Suisse : « La médiation carcérale peine à émerger » par Camille Quehen (Le Courrier)


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« Peu connue dans notre pays, la médiation carcérale est proposée depuis plusieurs années en Belgique, aux Etats-Unis ou encore au Canada. L’Association pour la justice restaurative en Suisse (AJURES) promeut ce processus. Rencontre avec sa présidente, Camille Perrier Depeursinge, docteure en droit et avocate, pour le bulletin Infoprisons.

 

Auteure d’une thèse sur la médiation pénale, Camille Perrier Depeursinge a saisi l’importance de la justice restaurative en s’intéressant aux victimes et à leurs besoins de reconnaissance, de partager les conséquences de l’infraction et de pouvoir entendre l’auteur sur son ressenti. «En tant qu’ancienne victime, cela m’a parlé», relève la présidente de l’AJURES. Le système pénal suisse ne prévoit rien – ou si peu  – pour répondre à ces besoins. Quant aux auteurs d’infractions, il leur arrive souvent de regretter et d’être désolés. «Cela dit, dans un cadre pénal, si les éléments constitutifs de l’infraction ne sont pas clairement réalisés, on va plutôt leur conseiller de se taire.» D’où la nécessité de proposer un autre processus, à côté du système pénal, pour répondre à ces aspects et «donner aux auteurs une opportunité de tenter de réparer le mal qu’ils ont fait.» Pour Camille Perrier Depeursinge, il est essentiel de faire davantage confiance aux victimes et aux auteurs d’infraction, et «leur donner la capacité de s’exprimer et de réparer». Entretien.

AJURES: œuvrer pour la restauration du lien

L’Association AJURES a été créée à la fin de l’année 2015, sur l’impulsion d’un aumônier de prison et de deux médiateurs. Elle est aujourd’hui composée de deux médiateurs pénaux, d’un criminologue, d’une psychologue, d’une psychothérapeute FSP, d’un juriste et cinéaste, d’un aumônier de prison et d’une sociologue. Camille Perrier Depeursinge, docteure en droit et avocate, en assume la présidence. Au départ, l’idée était de promouvoir et de mettre en œuvre la justice restaurative en général. Le premier projet a été un programme de médiation carcérale dans les prisons, mais l’association s’est heurtée à des problèmes de bureaucratie, d’autorisations et à des enjeux politiques. Le deuxième projet porte sur des dispositions visant l’entrée en vigueur d’une base légale pour la justice restaurative, qu’AJURES a proposées à l’Office fédéral de la justice. Le retour a été assez positif mais le travail de sensibilisation doit être poursuivi. En outre, un documentaire intitulé Je ne te voyais pas a été réalisé par un membre du comité, présentant des médiations carcérales et pénales en Belgique avec l’association Médiante, et le programme Sycomore (dialogue entre victimes et détenus qui ne se connaissent pas mais concernant le même type d’infractions) mené en Argovie. Le film, qui doit sortir prochainement, montre les effets positifs d’un processus de justice restaurative.

 

Infoprisons: Quel est le fonction­nement et l’utilité de la justice restaurative, et de la médiation carcérale en particulier?

Camille P. Depeursinge: La justice restaurative est complémentaire à la justice pénale. Elle devrait être possible à tout moment, depuis la commission de l’infraction jusqu’à plusieurs années après le règlement de l’exécution de la sanction. Le temps de la reconstruction pour les auteurs et les victimes ne correspond pas au temps de la procédure pénale.

Il faut bien noter que la finalité de la procédure pénale est de répondre à un besoin de sanction, en déterminant l’infraction, la culpabilité et la sanction appropriée. En revanche, la justice restaurative répond aux besoins de la victime et de l’auteur de l’infraction en prenant en compte le fait que l’infraction a causé toutes sortes de dommages, et se demande comment il est possible de réparer ce qui est arrivé. La plupart du temps, on n’imagine pas que le détenu peut avoir envie de s’excuser; pourtant cette envie peut être présente. Et il me semble qu’il faut encourager la responsabilisation du détenu.

La médiation carcérale est proposée depuis plus de vingt ans dans des établissements pénitentiaires en Belgique, aux Etats-Unis et au Canada. Quelle place a-t-elle en Suisse?

Nous essayons de la développer. A Genève, nous avons parlé à des personnes ouvertes avec une véritable envie de promouvoir la réinsertion du détenu. Nous travaillons actuellement avec le personnel [de la prison] de la Brenaz. Dans beaucoup d’autres cantons, la médiation carcérale n’est actuellement pas une priorité. En Suisse alémanique, des dialogues restauratifs sont réalisés à la prison de Lenzburg. Ce sont des rencontres entre des groupes de victimes ayant subi un certain type d’infractions et des auteurs ayant commis le même type d’infractions. C’est probablement un peu moins difficile d’accepter de participer, en tant que victime, car on ne va pas rencontrer son propre agresseur. Lors de ces rencontres, il y a de véritables échanges, des métamorphoses de la part des détenus qui réalisent à quel point leur acte a fait du mal. C’est un processus important dans la réinsertion du détenu et pour la reconstruction des victimes.

Avec quels impacts positifs pour les victimes et pour les détenus?

Du coté des victimes, la possibilité d’accéder à ce processus de médiation leur redonne du pouvoir et une possibilité d’avancer. C’est important de comprendre et d’avoir une reconnaissance du statut de victime pour se reconstruire. Concernant les détenus, la médiation leur permet de prendre conscience du mal qu’ils ont fait et d’exister autrement. Ceux qui ont choisi d’avoir recours à ce type de processus avancent souvent l’envie de se réhabiliter, de réparer et d’expliquer à la victime pourquoi ils en sont arrivés là.

Concernant le taux de récidive des auteurs d’infraction, beaucoup d’études ont été réalisées dans le monde. La tendance générale qui ressort de méta-analyses et de la littérature est que la justice restaurative réduit le taux de récidive d’environ 7%. C’est le taux le plus prudent. En réalité, la baisse est probablement de plus de 7% lorsqu’on applique la justice restaurative à des infractions qui supposent de la violence contre des personnes. Dans ces cas-là, il existe un véritable impact car l’auteur prend conscience du mal qu’il a créé.

La médiation pénale peut-elle influer sur la durée des peines?

Avec la médiation carcérale, nous sommes hors de l’enjeu de sanction; le détenu n’a pas la possibilité d’instrumentaliser le processus pour tenter d’obtenir une sanction plus faible.

La question est différente si on envisage la justice restaurative avant le jugement. Une infraction pénale lèse souvent un intérêt privé, l’intérêt de la personne, comme son intégrité corporelle ou sa propriété, mais elle lèse également un intérêt public, comme la sécurité. Si on réalise un processus de justice réparatrice et que, dans ce cadre-là, on a satisfait aux intérêts privés, il ne reste à la justice criminelle qu’à prononcer une sanction pour la lésion de l’intérêt public. L’article 48 du Code pénal prévoit la possibilité de réduire la sanction en cas de repentir sincère. Il serait possible d’appliquer l’art. 53 CP qui prévoit l’exemption de peine en cas de réparation. La médiation carcérale peut avoir une influence sur la durée de la peine, mais indirectement. Si l’auteur fait particulièrement preuve de bonne volonté, entreprend un processus de justice réparatrice et qu’une vraie prise de conscience existe, les personnes dans son entourage carcéral vont probablement envisager de façon plus positive son retour à la vie en société, et donc sa libération conditionnelle.

Avez-vous de l’expérience dans la médiation pénale, avant jugement? Votre point de vue sur le sujet?

Nous essayons de promouvoir la médiation après jugement car, pour la médiation avant jugement, nous avons besoin d’une base légale. C’est donc beaucoup plus difficile. En Suisse, il est possible de faire de la médiation pénale (avant jugement) avec les mineurs. Ce système montre de vrais résultats. Dans le canton de Fribourg, la pratique est courante. Une fois le conflit résolu et la procédure pénale classée, le jeune n’a pas de casier, ni d’antécédent judiciaire. Mais cette solution est sous-utilisée dans les autres cantons.

C’est l’autorité d’instruction qui décide en Suisse de l’opportunité d’entreprendre ou non une médiation selon les dossiers. Souvent, elle considère qu’il ne faut pas envoyer le cas en médiation, peut-être en raison du coût, ou parce qu’elle estime qu’une sanction s’impose. C’est souvent une question de moyens et de volonté politique. A Fribourg, les médiateurs sont salariés et les autorités ont été sensibilisées à la justice restaurative. L’usage est donc beaucoup plus large. Pour les adultes, nous essayons de faire adopter une base légale pour pouvoir aussi proposer la médiation avant jugement.

Quels sont les coûts de la mise en place de la médiation carcérale? Qui finance ces programmes?

AJURES a reçu des dons et nous pouvons donc, depuis début 2018, défrayer nos médiateurs. Nous sommes une association à but non lucratif. Nous ne gagnons pas d’argent sur nos activités et ne coûtons rien aux cantons dans lesquels nous essayons de nous implémenter.

En Suisse, la médiation est la plupart du temps rémunérée à l’heure et le coût horaire dépend des cantons. Dans les cantons qui fixent un tarif horaire, le prix d’un processus de médiation abouti est de l’ordre de 1000 CHF (pour 3 à 5 séances). Cela ne coûte rien ni aux parties, ni aux établissements pénitentiaires. Une étude réalisée en Angleterre montre que, même si on ne réduit que faiblement le taux de récidive, le gain financier est important: le coût de la récidive est si élevé que cela rembourse largement celui de mise en place d’un tel programme.

Quelle est l’attitude des autorités politiques par rapport à la médiation carcérale? Il y a déjà eu des objections fortes de ce côté…

Le climat actuel est à l’exigence du risque zéro. Pour se faire élire, les politiques doivent montrer une certaine dureté à l’égard du crime. Quand on parle de justice restaurative ou de médiation pénale, on imagine l’auteur de l’infraction qui s’excuse et s’en sort favorablement. C’est ce qui ressort dans l’opinion publique. Aussi, quand on arrive avec des propositions comme les nôtres, on est rarement bien reçu parce que ces préjugés existent. A l’opposé, quand on prend le temps d’expliquer nos activités, les gens sont très souvent enthousiastes. En milieu carcéral spécialement, il y a beaucoup de monde à convaincre et il suffit qu’une personne doute pour empêcher la mise en place du projet.

A Genève, le canton s’est donné les moyens de réfléchir et de faire autre chose. On y a vu les limites de la politique extra-sécuritaire, notamment avec la surpopulation carcérale. On ne peut pas continuer à enfermer les gens le plus longtemps possible et faire des sorties sèches. Il faut ouvrir la réflexion, mettre en place d’autres solutions. Cela dit, le nouveau droit des sanctions va plutôt dans l’autre sens. Le message de cette réforme nous montre que, politiquement, le climat n’est pas optimal pour promouvoir la justice restaurative. Mais il suffit peut-être d’un ou deux politiciens courageux pour pouvoir prouver que la justice restaurative fonctionne.

 

Article paru dans le bulletin Infoprisons n°22, mars 2018. A retrouver (version longue) sur www.infoprisons.ch (Extrait de lecourrier.ch du 27/05/2018)

En savoir plus sur https://lecourrier.ch/2018/05/27/la-mediation-carcerale-peine-a-emerger/

Médiation scolaire : Les élèves-médiateurs, pacificateurs du collège Signoret de Bruay-La-Buissière (62)


Une douzaine d’élèves font parti du dispositif des médiateurs au collège Simone Signoret.

Une douzaine d’élèves font parti du dispositif des médiateurs au collège Simone Signoret.

«  Depuis que nous avons commencé le dispositif des élèves-médiateurs, on a vu une vraie différence sur ce qui se passe dans mais aussi en dehors du collège.  » Ce constat, c’est Corinne Veche, CPE au collège Signoret qui le dresse. L’origine du projet remonte à 3 ans, quand l’assistante d’éducation Betty Staniewski propose l’idée de responsabiliser les élèves en les intégrant totalement dans la démarche de médiation » Antoine Hasbroucq | (Extrait de lavoixdunord.fr du 06:06/2018)

En savoir plus sur http://www.lavoixdunord.fr/391745/article/2018-06-06/les-eleves-mediateurs-pacificateurs-du-college-signoret

« La neutralité et les discours religieux en médiation » par Ikram Ben Aissa, Chercheure associée MEDEA (The HuffPost édition MG-04/01/2018).


Capture.PNG32.PNGIntroduction

A partir de mes différents stages qui ont duré deux années complètes au sein du Centre Culturel et Islamique de Belgique, je me suis retrouvée à rencontrer des personnes majoritairement de confession musulmane qui venaient en médiation et qui dans leurs discours apportaient toujours un ou plusieurs éléments en lien avec la religion.

Il n’était pas question d’évoquer simplement un élément religieux, il s’agissait d’une référence à laquelle ces derniers se basaient. Au départ, cet élément m’a énormément déstabilisée puisque je me devais d’être neutre et impartiale en tant que médiatrice et de ce fait, ne pas trancher des questions d’ordre religieux ou autres d’ailleurs, ce que les médieurs demandaient

Certaines de ces thématiques posaient également des questions déontologiques.

Plusieurs réflexions sur ce sujet ont durant trois années été travaillées, que cela soit dans le cadre de mes rapports de stage, au sein de mon lieu de stage ou encore durant les différents cours.

 Aussi, dans le cadre de mon travail de fin de spécialisation en médiation, j’ai souhaité à partir de plusieurs exemples, mais aussi de différentes sources académiques, trouver différentes techniques.

Cela permettra d’appréhender au mieux ces discours religieux dans une médiation et ce, afin de maintenir au mieux cette posture de la neutralité.

Ce qui m’a intéressée dans ce travail et dans le cadre de cette thématique, c’est l’approche de la médiation humaniste mise en avant par la française Jacqueline Morineau. Si je souligne sa nationalité, c’est uniquement pour pointer du doigt le fait qu’il s’agit d’une approche particulière et d’une mentalité précise.

En effet, la médiation dans un contexte français n’est pas la même que la médiation dans un contexte anglo-saxon par exemple. Aussi, le fait que choisir cette approche, c’est renoncer à d’autres et qu’aborder une spécialiste de la médiation, n’exclut pas le fait que d’autres spécialistes aient apportés d’autres éléments de réponses sur ce sujet.

Ainsi, il a été question dans mon travail de recherche, de répondre à cette question : « Comment maintenir sa neutralité en tant que médiateur, dans le cadre de médiations où les discours religieux sont présents chez les médieurs/médiants? ».

Justification de l’intérêt porté à ces discours religieux

Il faut d’abord souligner ma formation de base et l’intérêt porté aux phénomènes religieux, plus particulièrement au sein des communautés musulmanes.

Universitaire de formation, je me suis spécialisée dans l’Histoire de l’islam, avec ses différents courants musulmans mais aussi, sa place actuelle dans le monde arabo-musulmans et ce, d’un point de vue sociologique, historique et politique.

Par la suite, je me suis intéressée aux conflits actuels dans ces pays musulmans en guerre, ce qui a abouti à la publication aux éditions l’Harmattan, d’un ouvrage sur la Syrie intitulé « Hommage à la Syrie: Nouvelles d’un pays en crise ».

De plus, c’est en tant que blogueuse que j’ai eu l’occasion de publier plusieurs articles sur les communautés musulmanes notamment pour le média américain « The HuffPost ».

Grâce à la formation en médiation, j’ai pu travailler deux années au sein des communautés musulmanes par le biais d’un centre, le Centre Islamique et Culturel de Belgique, plus précisément avec la cellule « Médiation Sociale » afin de rencontrer et d’offrir un espace de communication pour les personnes qui en font la demande.

Actuellement, je suis doctorante à l’ULB au sein de la Faculté de Sciences Sociales. J’y réalise des recherches sur les minorités musulmanes en Belgique. Ainsi, mes formations expliquent en partie mon choix d’avoir effectué mes stages dans un Centre islamique en particulier.

En effet, les réalités de terrain, qui s’y retrouvent et qui touchent un public précis, expliquent notamment mon sujet de recherche. Entendons-nous, l’objectif principal de la médiation est d’offrir un espace de communication et un cadre où le médiateur n’aurait pas une posture de « savoir » mais il serait avant tout à l’écoute, mettant en avant une posture de « non savoir ». Ainsi, je comprenais dès le départ que mes connaissances de ce milieu n’influenceraient en rien ma pratique de la médiation.

Pourquoi donc s’intéresser aux discours religieux et à la posture neutre du médiateur?

C’est parce que nous avons été confrontés à plusieurs cas de médiation où les médieurs évoquaient des thématiques religieuses comme références dans leur quotidien. Ces discours religieux aux expressions diverses en fonction des protagonistes du processus de médiation revenaient à chaque fois.

Majoritairement en médiation de couple, ces personnes venaient en médiation au Centre Islamique et Culturel de Belgique pour l’aspect religieux. En effet, ces derniers se disaient mieux compris dans ce cadre que dans un centre non islamique.

A plusieurs reprises, ces médieurs nous ont expliqué s’être dirigés vers des cellules de médiation où le professionnel rencontré ne comprenait pas ces éléments religieux. Le choix des personnes qui venaient en médiation était donc avant tout motivé par l’élément religieux et leur spiritualité. Si la décision d’aller vers tel ou tel médiateur incombe à la responsabilité des individus, il était essentiel de savoir ce qu’ils attendaient de la médiation.

De plus, si la thématique du religieux est présente ce n’est pas non plus un hasard. En effet, l’individualisation des sociétés étant une réalité sociologique, les différents domaines de la vie (dont la religion) vont être par conséquent appropriés par les personnes afin d’effectuer ce que l’on appelle un syncrétisme.

Ainsi, certains médiateurs ont décidé d’aborder la thématique « religieuse » comme n’importe quelle autre thématique en médiation. Cependant, toute l’actualité en lien avec les attentats, le terrorisme, la radicalisation, les musulmans et l’islam, a fait écho au sein de la société, les conséquences et ces thématiques ont pu être découvertes dans certaines des médiations vécues en stage.

Ainsi, parler de religion, de phénomènes religieux, de la pratique religieuse, de la manière dont les médieurs se représentent la religion dans un contexte particulier et une époque précise, n’est pas, selon nous, une tâche à prendre à la légère.

Nous pensons en effet que le simple fait d’en parler est déjà une étape importante et que cela puisse se faire dans un espace de médiation aussi. Nous pensons par exemple à ce jeune qui est venu en médiation avec ses parents et qui souhaitait partir en Syrie.

Ce dernier était prêt à entendre le point de vue d’un spécialiste de l’islam pour savoir si le fait de partir au djihad était mal comme le défendaient ses parents. Dans cette situation, il y avait un travail de communication à effectuer entre les parents et le jeune mais aussi entre l’expert de la religion et le jeune en question.

Voici un exemple qui prouve le sens de la médiation sur ces thématiques liées à la religion. Aussi, si la religion musulmane a des bases communes avec les différents courants musulmans, nombreuses en sont les interprétations.

Ces interprétations émises en fonction de la personne que l’on rencontre seront communément admises ou complètement opposée à « la norme ». C’est tant mieux, puisque dans le cadre des médiations, il n’y a ni norme, ni approche de la religion à favoriser plutôt qu’une autre. Cependant, accepter d’entendre ces différentes approches nécessite des méthodologies, des outils et un cadre particulier.

C’est donc dans ce contexte que les travaux des spécialistes de la médiation humaniste peuvent nous aider. Pourquoi ? Il apparaît que le religieux et le spirituel sont intégrés dans ce concept de la médiation humaniste.

Présentation du lieu de stage: Le Centre Islamique et Culturel de Belgique

Description de l’institut (son projet institutionnel, son origine, son public, ses fidèles, etc.)

Nous pouvons lire sur le site officiel du Centre islamique et culturel de Belgique, l’historique de sa création. Il s’agit à la base d’un présent offert par le roi Baudouin Ier au roi Fayçal d’Arabie Saoudite qui était en visite à Bruxelles.

L’objectif étant que ce pavillon oriental, soit utilisé en tant que mosquée mais aussi en tant que siège pour le Centre Islamique et Culturel de Belgique. C’est donc dans les années 60 et 70 que l’évolution de ce centre se réalisera.

Il faut ajouter que le roi d’Arabie Saoudite décide de prendre en charge les coûts de construction et de rénovation de ce pavillon devenu dorénavant un centre. L’objectif de ce financement est un moyen d’en faire une référence au sein de ce territoire européen.

Concrètement, plusieurs activités sont réalisées au sein de ce centre : il y a la partie mosquée où les musulmans et les musulmanes peuvent y venir accomplir leur prière mais il y a également des salles de classe et de conférence où l’on enseigne différentes disciplines liées à l’islam. Enfin, il y a tout un secteur en lien avec l’administration du centre, un bureau de médiation et d’un conseiller.

Méthodologie appliquée (le processus d’accueil, d’analyse et de gestion de la demande de médiation)

Il y a une salle d’attente au deuxième étage du Centre islamique. Les personnes sont convoquées au sein des différents bureaux en fonction de leur demande. Lorsqu’il s’agit d’une médiation, elles sont invitées à entrer dans le bureau du médiateur. Ce dernier les reçoit, les invite à s’installer et écoute leur requête, « la demande ».

Le médiateur va alors poser une série de questions afin de mieux saisir la situation conflictuelle. Si tous les protagonistes sont présents, il va tenter en fonction de la demande, de chercher avec les médieurs des pistes de solutions.

Et au-delà, donner certains conseils en plus liés au centre même qui est un centre islamique. Il faut savoir que cela se fait toujours à la demande des médieurs, qui au-delà de trouver des pistes de solutions, souhaitent parfois recevoir des conseils en lien avec leur spiritualité.

C’est là que s’articule mon travail de recherche : cadrer le rôle du médiateur pour ne pas le mélanger à celui de conseiller ou de « savant « .

Déontologie (les règles de conduites professionnelles en vigueur au sein de l’institution, celles ayant fait l’objet d’une attention particulière (par le médiateur et/ou l’étudiant) :

Secret professionnel et autonomie vis-à-vis de la direction:

Bien qu’il puisse y avoir des fuites en dehors du bureau, et ce, parce que les murs ne sont pas bien isolés, le médiateur souligne qu’il est soumis au secret professionnel et que ce qui se dit dans ce bureau reste dans ce bureau.

Cela a réellement été le cas et comme nous avons pu le souligner, le médiateur ne doit pas rendre compte de ce qui s’y passe à la direction. Il n’a pas d’évaluation ou de rapport à rendre par exemple.

Ainsi, les situations restent confidentielles, rien n’est rapporté ou transmis au directeur et ce, malgré que le financement du médiateur soit effectué par le centre. En effet, bien qu’il y ait des réunions avec toute l’équipe et ce, plusieurs fois par mois, le contenu de ce qui se passe au sein du bureau de médiation n’est jamais abordé.

Cadre de médiation

Nous pouvons observer qu’il existe un cadre dans lequel la médiation s’effectue. Le bureau en question fait office de cadre de médiation et où l’on retrouve les ingrédients nécessaires pour rencontrer les médieurs.

Il y a donc, dans un premier temps, la séparation entre l’arrivée des médieurs et l’entrée dans le bureau. De ce fait, il y a le respect d’un cadre. L’accueil est également professionnel, comme nous avons pu l’étudier dans certains cours cette année. Le médiateur laisse entrer les médieurs, qui se placent là où ils le souhaitent et qui sont écoutés.

Les personnes qui viennent en médiation au CICB et l’aspect « musulman »

Les médieurs sont majoritairement des personnes de confession musulmane qui viennent au Centre Islamique et Culturel de Belgique parce que c’est « islamique ». Aussi, la question que l’on peut se poser, est de savoir ce qu’ils recherchent dans les médiations puisqu’il est question pour le médiateur d’être impartial et neutre.

Affichant ouvertement ma confession musulmane, il est possible que la représentation que les médieurs auront de ma personne, va influencer leur choix et leur manière d’entrer en médiation.

C’est pour cela qu’il est important pour moi que les médieurs puissent choisir le médiateur avec lequel ils entreront dans le processus de médiation mais aussi, de leur faire comprendre que mon travail ne consiste pas à trancher sur des questions religieuses, que je ne suis pas là en tant que porteuse de savoir et donc de clarifier mon cadre dès le début de la médiation.

C’est dans ce contexte que plusieurs réflexions vont avoir lieu et en lien avec ma pratique de stage.

Les réponses apportées dans le cadre de mes différents travaux tout au long de ma spécialisation en médiation en lien avec cette question du religieux

Concernant le cadre :

Lors de mon premier stage en médiation au sein du Centre Culturel et Islamique de Belgique, mes recherches portaient beaucoup plus sur le cadre dans lequel la médiation et les discours religieux devaient idéalement se réaliser.

En effet, j’avais remarqué et ce, grâce aux différents modules que j’avais pu suivre durant ma première année de spécialisation en médiation, que plusieurs éléments pouvaient poser problème : le fait que l’on puisse entendre ce qui se dit dans les différents bureaux et ce compris là où les médiations avaient lieu.

Un autre exemple est la présence du téléphone fixe dans le bureau de la médiation et qui interrompait souvent le processus de médiation par les nombreux appels des demandes de médiation. J’ai donc pu clarifier mon cadre dans ce contexte, en expliquant la manière idéale et de construction mon propre cadre durant ce stage.

Ainsi, j’ai changé de bureau afin de ne pas avoir ce problème de manque de confidentialité, le bureau dans lequel je me trouvais n’avait pas de téléphone fixe etc. Concernant l’aspect purement « religieux », les médieurs venaient au CCIB pour des médiations mais attendaient également de la médiation et du médiateur des réponses à leur questionnement au niveau islamique.

Ils avaient besoin d’éclaircissements lors de la médiation ou souhaitaient que le médiateur tranche sur certains éléments religieux. La neutralité du médiateur était donc menacée à chaque fois qu’un discours religieux des médieurs se terminait par un questionnement, ou une demande de clarification à ce sujet auprès du médiateur.

Aussi, il m’a été possible de confirmer ma neutralité dans ma posture de médiatrice en clarifiant ce qu’était la médiation et quel était le rôle du médiateur dès le début du processus de médiation ou durant le processus.

Les réponses théologiques attendues par les médieurs/médiants

Même si mon cadre était clair pour les médieurs, un autre élément que j’ai pu travailler lors de mon deuxième stage en deuxième année de médiation est celui des réponses théologiques demandées par les médieurs/médiants.

En effet, lors des médiations vécues, il était question dans les discours religieux des médieurs (pour beaucoup en tout cas) de trancher sur certains éléments islamiques et de demander ce qu’il en est au médiateur.

Je me suis donc retrouvée à plusieurs reprises avec les médieurs coincés sur plusieurs questions religieuses qui ne permettaient pas d’avancer dans la médiation. Si le travail de la représentation des uns et des autres sur ces thématiques se réalisait, il n’empêche qu’au bout du compte, il y avait une demande des médieurs d’obtenir la réponse d’un expert en religion.

Nous pouvons citer comme exemple cette question: « Est-ce que l’islam donne le droit au mari de décider si l’épouse peut travailler ou pas? ».

Après en avoir discuté avec mes différents formateurs et ce, à plusieurs reprises durant la deuxième année, nous avons pensé qu’il serait intéressant de proposer deux situations aux médieurs/médiants durant la médiation.

La première était d’inviter les médieurs à aller s’informer par eux-mêmes auprès du spécialiste de la religion, à savoir, l’imam (les imams) ou d’inviter un expert de la religion au sein de la médiation afin de clarifier et de faire avancer le processus de médiation à propos des discours religieux. Nous avons essayé la deuxième proposition, la médiation a permis de clarifier certains éléments et d’améliorer la communication entre les médieurs.

La première proposition nous semble aussi pertinente même si elle n’a pas été expliquée pour le moment. En effet, chercher l’information par soi-même, c’est une manière de responsabiliser les personnes qui entrent en médiation.

Illustration de la médiation avec l’arrivée de l’expert en islam.

Le premier cas de médiation

Dans le premier cas de médiation, nous remarquons que la confusion entre culture et religion est effectuée par Monsieur.

Puis, lors de la reformulation qui se fait sans jugement, sans un discours savant, Monsieur en arrive à nuancer en expliquant que tout compte fait, il y avait peut-être une distinction entre la religion et la culture et que cela provenait plutôt de la culture que de la religion.

Cette nuance est accueillie par le médiateur mais aussi par l’autre médieur, l’épouse qui fait part de son avis. Cette dernière est beaucoup plus catégorique: la religion n’invite pas à ne pas exprimer ses sentiments, bien au contraire.

Lorsque l’épouse explique cela, il y a une reconnaissance de ses propos par Monsieur, ce qui permet de clarifier un élément en lien avec le religieux. La posture du non savoir a permis cela, mais aussi, le silence et l’écoute du médiateur. Ce sont plusieurs techniques que l’on a mentionnées comme étant des éléments de la médiation humaniste.

Le fait que Monsieur passe d’une référence à la religion à une référence à la culture met en avant l’incertitude qu’il a à propos de ce qu’il avance. Il est possible aussi que les deux éléments soient reliés pour lui. En tout cas, ce qui se joue, ce sont des éléments identitaires, que cela soit au niveau religieux que culturel.

Il aurait été intéressant de travailler cet aspect avec Monsieur, de lui poser certaines questions comme : « Qu’entendez-vous par religion et culture? », « Que signifie pour vous la religion et la culture? », « En quoi est-ce important pour vous d’en parler », « Est-il important pour vous de distinguer les deux ? ».

L’idéal serait vraiment de formuler des questions ouvertes afin de ne pas colorer la suite de l’échange qu’il y aura entre les personnes présentes, dont moi-même, la médiatrice. Ce que Monsieur permet, c’est aussi le fait de pouvoir ouvrir le débat sur la question, il n’est pas dans une certitude, cela peut favoriser un échange sur le sujet.

Aussi, le fait de parler d’un sujet ne veut pas dire que l’on soit tous d’accord sur ce que cela voulait dire, aussi, il était et il est d’ailleurs toujours important de clarifier en posant une question qui commence par « que voulez-vous dire par… ». Cela permet de comprendre et de saisir ce que les médieurs veulent dire.

Un exemple concret où j’ai pu mettre en œuvre cette posture de l’humilité c’est lorsqu’un couple de confession musulmane est venu en médiation, la femme est d’obédience chiite et l’homme est de tendance sunnite, ils ont un problème à régler sur une journée islamique importante et qui se nomme l’Achoura.

J’ai une idée en tête de ce que cet événement est, mais je demande aux médieurs de m’expliquer de quoi il s’agit et en quoi est-ce problématique pour eux. « Qu’entendez-vous par l’Achoura? », « Qu’entendez-vous par le fait que cela soit un problème? » etc.

Il s’avère que le jour de l’Achoura est un événement islamique qui se fait chaque année au sein des communautés musulmanes, mais qui a une représentation différente que l’on soit sunnite ou chiite.

Pour les chiites, c’est un jour de deuil m’expliqua la femme alors que pour les sunnites, c’est un jour de célébration. Du coup, le couple voulait savoir ce qu’ils allaient faire pour pouvoir combiner leurs appartenances distinctes et cet événement religieux.

L’humilité est de ne pas prétendre savoir et ce, même si cela fait plus de dix ans que j’étudie les phénomènes religieux islamiques, la posture du médiateur dans le non savoir permet justement de délaisser ce que l’on sait de toutes ces notions et de se concentrer sur ce que les médieurs disent et pensent de leur propos.

Enfin, pour faire un lien avec la médiation humaniste, « l’humilité » est définie comme une attitude où l’on accueil le ou les médieurs « sans jugement, sans volonté de ne rien faire, sans projet sur l’autre, afin d’être seulement le facilitateur, l’éveilleur de la voix intérieure ». Une tâche sans fin et qui n’est donc « jamais terminée ».

Le deuxième cas de médiation

Le deuxième cas de médiation nous a permis de comprendre l’importance de l’outil miroir évoqué dans l’approche de la médiation humaniste. C’est vraiment l’élément -selon nous- qui a permis aux différents médieurs d’entendre le point de vue de l’autre et ce, sans pour autant être d’accord entre eux.

Par la suite, nous pouvons constater que cela a abouti à des propositions de solution qui pourraient permettre une meilleure entente entre les deux.

Les questions liées à la religion et à la culture ont été abordées. Le médiateur n’a pas tranché, ce n’est pas son rôle. Cependant, il a effectué une reconnaissance (dans la compréhension et non dans l’accord des propos des médieurs), sans jugement et avec impartialité. Du moins, le plus possibl

Ce que ce travail de terrain a permis de mettre en avant, c’est que les principales techniques de la médiation humaniste et de la médiation en général sont avant tout, des attitudes à acquérir beaucoup plus que des savoirs.

Cependant, il est essentiel d’apprendre le concept du « savoir-être » lorsque l’on propose un espace de médiation parce que cette notion amène plusieurs postures qui permettent de maintenir sa neutralité.

Ce qui est important à soulever, c’est que les méthodes sont utiles pour n’importe quel sujet abordé dans les médiations car ce qui compte, c’est l’importance que la thématique a pour les médieurs.

En effet, qu’il s’agisse de religion ou de culture, de la famille ou d’un problème de voisinage, lorsque les médieurs viennent en médiation, c’est pour parler d’un élément qu’ils n’ont pas pu résoudre seul.

Aussi, confier leur situation, l’exprimer à une tierce personne n’est pas à prendre à la légère. Notre devoir, selon nous, en tant que médiateur, c’est d’honorer les médieurs et ainsi, d’être capable de leur offrir cet espace. Ces espaces qui ne sont pas forcément connus ou exploités parce que la médiation reste dans plusieurs cas, un espace peu clair, qu’il est donc important de clarifier dès le départ.

Si les discours religieux en médiation ont fait l’objet de plusieurs travaux, il y a bien une piste où les médiations pourraient être forts utiles au regard de l’actualité. Il s’agit de la question de la radicalité, des attentats et de l’islamophobie.

En effet, il y a réellement possibilité -et la médiation peut être cette possibilité-, d’offrir un espace de rencontre (et de communication) sur ces différentes thématiques. C’est un fait : les sociétés et les individus sont de plus en plus divisés, aussi, avoir un endroit pour se rencontrer, parler et surtout être compris dans les réalités de chacun restent d’un intérêt public.

Un exemple nous revient en tête, celui d’avoir rencontré dans un espace de médiation, deux voisins, l’un de confession musulmane et l’autre qui ne l’était pas, ces derniers étaient venus avec pour objectif de se comprendre dans leur croyance ou dans leur non croyance. Cet exemple était une manière d’utiliser la médiation qui selon nous, permettra à la société d’intégrer cette notion du vivre ensemble.

Enfin, ce vivre ensemble ne peut faire sens que si chacun d’entre nous se responsabilise en ce sens.

« Nous sommes tous concernés par la dégradation du tissu social et nous sommes tous concernés par sa réparation. Le « vivre ensemble » se tisse et hélas se détisse d’abord entre les individus. L’unité nationale ne se décrète pas elle se tisse humblement quotidiennement, patiemment, continûment, horizontalement. Il nous revient à nous médiateurs, humbles tisserands du dialogue de nous mobiliser.

(Extrait de huffpostmaghreb.com du 04/01/2018

En savoir plus sur https://www.huffpostmaghreb.com/ikram-ben-aissa/la-neutralite-et-les-discours-religieux-en-mediation_b_18931568.html

Bibliographie

Articles scientifiques

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https://www.cairn.info/revue-le-journal-des-psychologues-2011-5-page-16.htm, Médiation : définition et problématique, Claude Tapia

Articles d’opinion

https://www.huffingtonpost.fr/michele-guillaumehofnung/mediation-dialogue_b_11292626.html « La médiation et ses humbles tisserands du dialogue », Consulté le 22/04/2017.

Livres :

MORINEAU, J., « Le médiateur de l’âme « , Nouvelle Cité, France, 2008.

IULA, E., & MORINEAU, J., « Face au conflit: les ressources anthropologiques, sociologiques et théologiques de la médiation », ETHIQUE, France, 2012.

MORINEAU, J., « L’esprit de la médiation », Eres, France, 2005.

SIX, J-F, « Le temps des médiateurs », SEUIL, France, 1990.

Vidéos :

https://www.youtube.com/watch?v=6TbYvFYRuH0 : Témoignage d’un couple qui témoigne sur son expérience en médiation familiale.

https://www.youtube.com/watch?v=glHjgYO8-ok : Médiation familiale : un intermédiaire pour un meilleur dialogue.

https://www.youtube.com/watch?v=FAHOT13YG1M : Médiation familiale – Divorce – Consentement mutuel – Séparation.

https://www.youtube.com/watch?v=gOAsD5ZwHj4 bx1 tv – médiations en Belgique (avec Jaqueline Morineau)