Suisse : la médiation est encore méconnue des Genevois


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« Tous les conflits peuvent-ils être réglés par une médiation? Philippe Varhaege et Pierre-Alain Corajod, respectivement président et vice-président de la Fédération genevoise MédiationS (FGeM), aiment dire que oui. Pour sensibiliser les Genevois à ce mode de résolution alternatif, ils ont organisé au cinéma Les Scala une projection gratuite du film de Xavier Legrand «Jusqu’à la garde», suivie d’un débat. Une trentaine de personnes étaient présentes.

Pris en otage

Le film raconte l’histoire de Julien, 11 ans, pris en otage par ses parents en plein divorce. Alors que la mère accuse le père de violences et demande la garde exclusive, la juge tranche pour une garde partagée. S’ensuit une escalade de violences dans laquelle Julien fera tout pour éviter le pire. En vain. Le long-métrage se clôt sur un drame. Aurait-on pu l’éviter? «En tant que médiateur, on est frappé par l’incompréhension qui règne entre le père et la mère, répond Philippe Varhaege. Et l’incompréhension mène à la violence. Il faut absolument accompagner les parents dans le processus de divorce. La juge est très démunie pour prendre sa décision, c’est la parole de l’un contre celle de l’autre.»

Flexibilité

Selon la FGeM, seuls 2% des conflits sont aujourd’hui résolus par un médiateur. Son président assure pourtant que leur intervention offre de nombreux avantages. Le premier? Il s’agit d’une procédure «légère». «Il nous faut généralement entre un et quatre mois pour parvenir à un accord entre les deux parties, détaille Pierre-Alain Corajod. La justice peut, elle, prendre jusqu’à plusieurs années.» Mais le vice-président de la FGeM tient à préciser que la médiation n’a pas pour but de remplacer la justice.

«Elles sont complémentaires.»

Deuxième avantage avancé par les spécialistes: la flexibilité. «Nous faisons du sur-mesure, nous ne sommes pas là pour juger ou appliquer la même recette pour tout le monde, explique Pierre-Alain Corajod. Nous sommes des facilitateurs, la fée Clochette qui aide les gens à trouver des solutions.»

«Quand l’émotion est trop forte»

Comment procèdent-ils? «Nous aidons les gens à changer de regard face à une situation complexe et à ne pas camper sur leur posture d’attaque ou de défense», répond Philippe Varhaege. Souvent, les médiateurs commencent par laisser les gens s’exprimer, puis reformulent leurs propos. «En se réentendant, la personne se questionne et ajuste sa position», observent-ils. Dans certaines situations, les intervenants doivent en revanche être plus proactifs et aider les gens à chercher des solutions. «Quand l’émotion est très forte, beaucoup de personnes n’arrivent plus à réfléchir», constatent-ils. Le binôme relève enfin qu’une médiation sollicitée suffisamment tôt permet d’éviter qu’une situation ne dégénère. «Lors de conflits entre élèves, on a vu des jeunes décider de retirer leurs plaintes suite à une médiation», se souvient Pierre-Alain Corajod.  » -C. Garcin- (Extrait de tdg.ch du 8/04/2018)

En savoir plus sur https://www.tdg.ch/news/standard/La-mediation-est-encore-meconnue-des-Genevois/story/24413839

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