Médiation nomade du MAN : quartiers libres à Vénissieux et Saint-Fons


« En juillet, août et septembre 2017, le MAN (Mouvement pour une alternative non-violente) a repris l’idée de médiation nomade initiée dans la banlieue parisienne par Yazid Kherfi, en partenariat avec le Commissariat général à l’égalité des territoires. Avec le soutien du délégué du gouvernement Laurent de Galard, c’est à donc Saint-Fons et Vénissieux que les bénévoles du MAN ont installé leur camionnette douze soirées dans chaque commune, chaque fois entre 20 heures et minuit. À chaque fois, tables et chaises étaient sorties, des boissons et des gâteaux offerts à ceux qui le voulaient, des jeux pour les plus petits… Le but ? “S’installer dans un quartier, raconte l’un des bénévoles du MAN, pour aller à la rencontre de tous ceux qui, le soir venu, sont là sans savoir que faire. Yazid Kherfi dit que la nuit, dans ces rues, on ne trouve que les flics et les barbus. Nous cherchions à ce qu’il y ait une autre composante.”

Une vingtaine de bénévoles se sont relayés tout au long de ces 24 soirées, rencontrant quelque 400 personnes : un tiers d’ados, des adultes et des familles avec enfants. Pour le bilan de l’opération, communiqué lors d’une réunion du MAN ce 15 janvier, on note un très bon accueil, de la convivialité — avec, par exemple, un couscous offert par une maman aux bénévoles —, des discussions faciles en groupes et des propos lâchés qui font chaud au cœur, tels que : “C’est bien ce que vous faites !” ou “Quand est-ce que vous revenez ?”


Les deux municipalités ont bien entendu suivi ces médiations nomades, que le MAN aimerait prolonger l’été prochain. D’où, également, un appel à bénévoles. Quant à Yazid Kherfi, venu assister aux premières rencontres, il sera présent au salon Primevère, à Eurexpo, le 25 février à 14h15 pour une conférence : “(Re)créer du lien grâce à la médiation nomade”. J-C Lemeunier – (Extrait de expressions-venissieux.fr du 18/01/2018)

En savoir plus sur https://www.expressions-venissieux.fr/2018-01-18-mediation-nomade-du-man-quartiers-libres-a-venissieux-et-saint-fons/

« Médiateur social, un métier créateur de valeur et une profession d’avenir » par Alain Brevet (SYME)


« Passée, en moins de quarante ans, du statut d’occupation pour personnes en mal d’insertion à celui de métier à part entière, la médiation sociale est en train d’achever sa mue. D’après le Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET) : 12 000 personnes exercent une activité de médiation sociale en France dont 4 000 postes d’adultes-relais. Mais obtenir une vue précise de la médiation sociale et des profils qui la composent demeure un exercice délicat. En cause, l’éclatement des structures sur le territoire mais surtout leur hétérogénéité, comme on peut le lire dans La Gazette des communes (1).

Jean-Pierre Bonafé-Schmit parle de la médiation dans les termes suivants : « La médiation vise à responsabiliser les citoyens, à leur permettre d’apprendre à vivre ensemble en respectant leur singularité. (…) C’est un mode de régulation sociale. La médiation a pour objet la gestion de conflits, mais aussi de socialisation en favorisant la (re)construction de communautés “ existentielles” reposant sur un désir de vivre ensemble. Au lieu de s’appuyer sur une idéologie de l’harmonie, la médiation se veut un modèle de justice « compréhensive » qui permet de renouveler le “contrat social” » (2).

Cependant, elle ne reste pas à l’abri de difficultés. Une des principales reste une identité professionnelle confuse. En France, la vision d’une crise sociale déclinée en crise de l’appareil judiciaire, policier et administratif a favorisé une approche de la médiation proche de la logique de sous-traitance, au détriment de la logique d’intégration sociale. Cela n’a pas favorisé la lisibilité de la médiation comme une activité en elle-même avec ses professionnels. Il y a 20 ans par exemple, les emplois-jeune ont permis la naissance de nombreux services autour de la médiation, dont certains furent confortés par la signature des Contrats Locaux de Sécurité. Ce double cadre juridique a pénalisé ces nouveaux métiers d’un manque de repères clairs. D’ailleurs, en 2002, la non-reconduction du dispositif des emplois jeunes n’a pas permis de renouveler les postes de 7000 Agents Locaux de Médiation Sociale. Ainsi en s’appuyant principalement sur des financements d’aide à l’emploi qui vont à l’encontre du développement d’une profession à part entière, le statut d’emploi précaire des jeunes médiateurs sociaux peut constituer une réelle source d’angoisse et donner lieu à un faible sentiment d’appartenance professionnelle.

Ces emplois aidés sont un tremplin vers insertion professionnelle, une transition vers un « vrai métier » après avoir développé des habiletés personnelles de relations humaines et de sens du contact à défaut de qualification initiale certifiant des savoirs-faire dans un domaine.

L’année 2017, un bon cru vers la professionnalisation

La médiation sociale avait mal débuté l’année 2017. Son inscription dans la loi « Égalité et citoyenneté » votée en décembre 2016 au Parlement n’a pas pu se concrétiser. La médiation sociale n’entre pas dans le code de l’action sociale et des familles, son adoption étant contraire à la Constitution. Cependant, « Un processus de maturation du secteur de la médiation sociale est en cours » déclare Laurent Giraud, Directeur de France Médiation (3). Ce réseau s’est lancé dans une démarche de certification qualité auprès de l’AFNOR.

Le métier de médiateur social ne disposait pas de véritable cadre de référence jusqu’à la publication de la première norme AFNOR de référence nationale (Norme XP X60-600). Cette norme expérimentale est le fruit d’un groupe de travail avec l’AFNOR, le CGET et le Secrétariat général du Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (SG-CIPDR) et ouvre une porte vers une véritable reconnaissance professionnelle (4).

Nous pouvons regretter qu’il n’existe pas de passerelle entre la médiation conventionnelle et la médiation sociale, et très peu avec le travail social, même si une étude de terrain présentée en décembre 2017 précise que la médiation sociale entend jeter des ponts entre ces médiateurs sociaux et les éducateurs « de rue » professionnels de la prévention spécialisée auprès des jeunes (5).

Un secteur dont la viabilité économie est désormais démontrée

D’un point de vue économique, la médiation sociale vient d’évaluer son empreinte économique. Une étude du cabinet Goodwill auprès d’une association francilienne, Promevil , qui porte sur 2015 et 2016 démontre que la médiation sociale stimule l’activité (6). « On démontre que les emplois aidés, ça sert à l’économie, assure Lamine Thiam. Un euro dépensé par l’Etat dans la médiation sociale peut rapporter 13 fois plus. » Concrètement, les contribuables français ont financé les contrats aidés de Promevil, à hauteur de 1,5 M€ par an, pour un retour sur investissement de 20,2 M€, d’après les auteurs du rapport. Des entreprises privées lorgnent déjà sur ce marché (7).

Si le retour sur investissement de la médiation sociale se dévoile, reste à imaginer des modalités de financement pérennes. Alors que l’Etat a institutionnalisé la pratique dans le cadre de la politique de la ville, en faisant d’une pierre deux coups : améliorer le vivre-ensemble dans des territoires en difficulté tout en y créant de l’emploi, la médiation sociale doit s’appuyer sur d’autres types de financements que l’aide à l’emploi. D’autant plus que le secteur est prometteur.

Un vivier important d’emplois et des besoins en formation

Selon une étude du réseau France médiation, la région Ile-de-France offrirait un gisement d’emplois potentiels, non délocalisables, compris entre 650 et 1 100 postes. En 2011, une étude comparable avait permis de recenser un besoin de 1 000 médiateurs dans la région Hauts-de-France, et six ans plus tard, environ 800 emplois ont été créés dans la région (8). Les besoins de formation à venir sont donc importants. Dans un rapport de 2016 sur les adultes-relais, le Sénat recommande par exemple « le recensement des formations de médiation sociale à l’Inventaire des certifications et des habilitations de la Commission nationale de la certification professionnelle, permettant une reconnaissance officielle des compétences et une prise en charge facilitée par les organismes paritaires collecteurs agréés (OPCA) » (9). Nous pouvons donc estimer les besoins à 4000 médiateurs environ. Les médiateurs conventionnels et judiciaires ont donc intérêt à suivre l’évolution de ce champ de médiation, afin de faire valoir leurs compétences. Ceci sous réserve que ces compétences puissent être complétées avec la mise en place d’un module optionnel de médiation sociale dans la formation des médiateurs conventionnels.

En conclusion, le métier de médiateur social est désormais structuré par une norme et des formations reconnues et validées par différents ministères (10), une organisation dont les médiateurs et leur syndicat professionnel pourraient s’inspirer dans d’autres champs de médiation. Mais il reste encore du travail à faire pour permettre aux médiateurs sociaux d’accéder à des emplois plus qualifiés, ce qui implique de proposer d’autres modules de formation. Ces sujets pourraient motiver la mise en place d’une commission ‘médiation sociale’ au sein du syndicat professionnel des médiateurs SYME.

Notes

1- La Gazette des communes du 3/11/2017

2- Jean-Pierre BONAFE-SCHMITT, Les médiations, la médiation, Une contre-culture entre évitement et sanction, L’école des parents, Hors série « la médiation », p. 8, septembre 2002. Dans le même ouvrage, Michèle Guillaume-Hofnung, auteur du « Que-sais-je ? » La médiation, reprend une définition plus large de la médiation empruntée à Jean-François Six dans ‘Le temps des médiateurs’.

3- La Gazette des communes du 8/11/2017

4- AFNOR, Médiation sociale : une première norme volontaire française pose le cadre.  2017. ( normalisation.afnor.org/actualites/mediation-sociale-premiere-norme-volontaire-francaise-pose-cadre )

5- Le rapport « Rapprochement et Partenariat entre Médiation Sociale et Prévention Spécialisée » a été réalisé par Le Réseau des Villes Correspondants de Nuit et de la Médiation Sociale. Décembre 2017

6- Promevil, La new’s 06 : CONFÉRENCE DE PRESSE : Mesure de la performance économique de la médiation sociale pour Promevil. Juin 2017 sur www.promevil.org et : Le parisien du 29/05/2017

7- La Gazette des communes du 2/11/2017 et : Les cahiers du Développement Social Urbain, N°65 premier semestre 2017. Médiation sociale, parlons métier ! P38.

8- Laurent GIRAUD, France Médiation Hélène DUCLOS, Culture et Promotion : Diagnostic territorial sur les gisements d’emplois en médiation sociale dans la région Nord-Pas de Calais. Juillet 2011.

9- Sénat : Le contrat adultes-relais, un dispositif de la ville à préserver. Rapport d’information N° 128 (2016-2017). P 28, Recommandation N°5 : Garantir aux adultes-relais un vrai parcours de formation (www.senat.fr/rap/r16-128/r16-128.html)

10- Notons les formations avec un code ROME (Répertoire Opérationnel des Métiers et des Emplois) et des CCP (Certificats de compétences professionnelles) du Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP). Les titres du ministère de l’emploi : Technicien (e) de Médiation services, de niveau IV, Agent (e) de Médiation, Information, Services (AMIS), de niveau V. Le diplôme du ministère de l’éducation nationale : CAP d’agent de prévention et de médiation, de niveau V. Le diplôme du ministère chargé de l’enseignement supérieur : Master Sciences Humaines et Sociales Mention Sociologie Spécialité: Médiation, intervention sociale (MIS), de niveau I.

Bibliographie

Sophie Divay. La médiation sociale : une professionnalisation inachevée. Knowledge, Work & Society, 2005.

Jean-Edouard Grésy : Pratiques professionnelles de la médiation sociale Editions France Médiation, mai 2011.

Projet européen ArleKin pour la création de cet espace européen de la médiation sociale : Etat des lieux de la Médiation pour l’Inclusion Sociale (MIS) dans les pays partenaires. 2013

Rapport final de la recherche-action : Valoriser les interventions des médiateurs sociaux et culturels Cabinet KiMSO Janvier 2016. (Sur www.professionbanlieue.org)

Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET) – Enquête Adultes-relais 2015 – synthèse nationale. Octobre 2015.

Sites utiles

www.francemediation.fr
www.cget.gouv.fr/citoyennete/mediation-sociale
www.cree-a.eu

(Extrait de syme.eu du 7/01%2018)

En savoir plus sur https://www.syme.eu/articles/21796-mediateur-social-un-metier-createur-de-valeur-et-une-profession-d-avenir

Colloque : médiation et entreprise – 26 Janvier 2018 – université de Limoges


 

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« La médiation, mode alternatif de résolution des différends, est un mécanisme désormais bien connu en Droit. L’entreprise apparaît comme l’un des lieux privilégiés de son application, qu’il s’agisse d’aplanir un différend dans ses relations tant internes qu’externes. Toutefois le concept de médiation apparaît beaucoup moins familier en Sciences de gestion qu’en Droit.

C’est la raison pour laquelle, dans une démarche innovante associant des universitaires juristes et gestionnaires, les étudiants des deux Master 2 DEPP (Droit de l’Entreprise et des Patrimoines Professionnels) et MAE (Management et Administration des Entreprises) et différents professionnels, nous avons souhaité porter un regard croisé et bi-disciplinaire sur la médiation.

L’objet de cette journée d’étude consiste ainsi en une analyse de la place réelle de la médiation dans les entreprises et plus largement dans les organisations, afin de déterminer si elle constitue un outil mobilisé par ces entités dans les relations avec leurs différentes parties prenantes (salariés, clients, partenaires extérieurs…). (Extrait de fdse.unilim.)

En savoir plus sur http://www.fdse.unilim.fr/article1098.html

Formation : PARCOURS DE FORMATION POUR DEVENIR MEDIATEUR CNV


 

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CYCLE 1 – FORMATION INITIALE MEDIATEUR CNV

Le Cycle 1 propose deux types de formations initiales :

Le cursus « Devenir médiateur » : Il s’adresse à toute personne qui souhaite devenir Médiateur CNV et suivre une formation intensive, en immersion, pour un apprentissage pratique du métier. Sur 19 jours répartis en 6 modules et sur 9 mois, les stagiaires seront formés au métier de médiateur et coachés par une équipe de Médiateurs CNV expérimentés afin d’être dotés d’une solide expérience à l’issue de la formation.

Le cursus « Renforcer votre posture de médiateur » : Il s’adresse à des médiateurs qui exercent le métier ou qui ont déjà suivi une formation de médiation et souhaitent devenir Médiateur CNV. Sur 13 jours répartis en 6 modules sur un semestre, ces médiateurs pourront intégrer le processus spécifique de la médiation CNV et la posture de médiateur CNV dans leur pratique de médiateur.

CYCLE 2 – FORMATION CONTINUE MEDIATEUR CNV

Le Cycle 2 s’adresse aux médiateurs qui :

  • ont suivi l’une des formations initiales du Cycle 1 ;
  • désirent s’engager dans le parcours d’accréditation Médiateur CNV ; et
  • souhaitent répondre aux exigences de la profession concernant la formation continue obligatoire.

Des thématiques variées, sous forme de modules d’approfondissement de 21 heures sur 3 jours, sont proposées à cette fin. Les médiateurs intéressés par le parcours d’accréditation Médiateur CNV devront obligatoirement suivre la thématique « médiation & droit », composée de deux modules, ainsi qu’un module complémentaire à choisir parmi les autres thématiques proposées.  Tous les ans, les Médiateurs CNV pourront approfondir leur pratique et justifier de leur formation continue en suivant une nouvelle thématique à choisir parmi les modules d’approfondissement proposés.

Trois thématiques composent ce Cycle 2 :

  • « Médiation & droit » : l’objectif est de transmettre au Médiateur CNV des connaissances juridiques indispensables au service de sa posture et de sa pratique de la médiation.

« Médiation & différents contextes »: l’objectif est de permettre au Médiateur CNV (Extrait de ecoledesmediateurscnv )

En savoir plus sur http://ecoledesmediateurscnv.typepad.com/