Franche-Comté : La médiation, alternative au tribunal, se développe.


« La médiation ? C’est un vrai changement de société ! Beaucoup plus actif et participatif ! C’est aussi une alternative au juge qui, lui, tranche les litiges en droit, quitte à être parfois injuste », lance Hélène Abelson-Gebhardt.

Déléguée régionale Grand Est de l’ANM (Association nationale des médiateurs), elle a passé 30 ans dans la magistrature avant de se reconvertir dans la médiation en se formant à Besançon, « par amour de l’efficacité, car dans la justice, vous avez parfois de beaux jugements mais impossible de les faire exécuter ! Ça me rendait malade ! »

Quant à l’injustice dont elle parlait ? « Je me souviens, par exemple, d’un ascenseur installé à la cave, dans une partie privative d’un immeuble. Le juge n’aurait rien pu faire d’autre que d’ordonner sa démolition. En médiation, les deux parties ont trouvé la solution : ils ont échangé les lots ! C’est ça la médiation : on recherche les besoins, pas les intérêts. Mais cela ne peut fonctionner que si les personnes adhèrent à la démarche. »

Avec plus de 160 dossiers bouclés en 9 ans, l’ancienne juge qui a créé le site media-logie.com et partage sa vie entre l’Allemagne et Paris résume le processus ainsi : « Il faut être deux pour se disputer mais il faut aussi être deux pour faire la paix ! En médiation, contrairement au tribunal, on vient pour comprendre, pas pour convaincre. Je commence souvent mes médiations en disant aux gens :’’Je ne vous mettrai jamais d’accord !’’ L’idée n’est pas de réécrire l’histoire mais de comprendre que le même événement a été vécu et interprété par l’autre d’une manière différente. Et lorsque les gens disent ’’Oh ! C’est vrai, je n’avais pas du tout vu ça comme ça !’’, c’est le déclic, le point de bascule vers une possible solution. »

« 80 % des gens sont sceptiques au début »

Le rôle du médiateur entre les deux parties opposées ? « C’est un traducteur, il reformule les messages. Il redit ce qu’il pense avoir compris, en tenant compte de la personnalité de chacun. La reformulation est le pilier de la médiation. Cela rend audible les arguments de l’un pour l’autre. » Ensuite ? « La médiation, c’est du mouvement. Si on a des gens figés, la médiation n’est pas pour eux. Mais 80 % des gens sont sceptiques au début. Il faut oser ! » Pour autant, celle qui a fait de « s’écouter pour s’entendre » sa devise professionnelle reconnaît que « tous les dossiers ne relèvent pas de la médiation : c’est une réponse parmi d’autres et on aura toujours besoin des juges ! »

Reste que la marge de manœuvre est grande en la matière puisque la médiation en Franche-Comté se résume actuellement au secteur familial et à quelque 200 médiations pénales qui ne représentant que 8 % des 2.600 alternatives aux poursuites sur le ressort de la cour d’appel de Besançon.  » (Extrait de estrepublicain.fr du 14/12/2016)

En savoir plus sur http://www.estrepublicain.fr/actualite/2016/12/14/la-mediation-alternative-au-tribunal-se-developpe-en-franche-comte

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