Médiation scolaire : un moyen de lutte contre le harcèlement scolaire dans un collège du Nord


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« Depuis 2012, je travaille comme médiateur scolaire dans un collège du Nord, dans le cadre d’un programme de lutte contre le harcèlement scolaire au sein duquel collaborent le gouvernement, Sciences Po et des associations comme France Médiation ou encore Citéo, qui m’embauche aujourd’hui.

Une formation spécifique au harcèlement scolaire

Avant d’arriver au collège, j’ai travaillé comme animateur dans divers centres sociaux. Ce n’est qu’après que j’ai fait une formation de technicien médiateur-service et que j’ai rejoint ce dispositif soutenu par le FEJ (Fonds Expérimentation Jeunesse, ndlr) et évalué par Sciences Po.

Avant d’entrer au collège, j’ai suivi un cycle d’enseignements spécifiques avec France Médiation, concernant le milieu de l’éducation. Organisation du tissu éducatif, appréhension du harcèlement scolaire, gestion de projet, recueil du harcelé et du harceleur (recevoir les élèves potentiellement harcelés et explorer les modalités, et voir avec le harceleur)… Autant de thématiques qui m’ont servi et me servent encore énormément dans mon quotidien.

Assurer la continuité entre le CM2 et la sixième

Depuis quatre ans, je travaille deux demi-journées par semaine dans une école primaire rattachée à mon collège, où j’officie le reste du temps. L’idée, c’est de faire le lien entre le moment où les élèves sont en CM2 et celui où ils intègrent la classe de sixième.

Je suis présent lors de la journée d’immersion, quand on leur fait visiter leur nouveau collège, leur présente leur emploi du temps. Puisqu’ils connaissent déjà mon visage, ils se sentent plus rassurés, ils ont moins d’appréhension à l’égard de cette journée qui peut s’avérer stressante. Cela permet aussi de prolonger le travail de prévention que nous faisons déjà en primaire.

Prévenir le harcèlement

La prévention, c’est le cœur de mon métier. Souvent, quand on parle de harcèlement scolaire, les gens n’y voient que les conséquences dramatiques, comme le suicide ou l’automutilation. Ça existe, c’est vrai, mais ce qu’on essaie de cerner, d’identifier et de neutraliser tous les jours, en tant que médiateurs, ce sont les symptômes qui se manifestent avant qu’un drame n’arrive.

Il y a beaucoup de petites choses auxquelles je suis attentif : par exemple, si un enfant est isolé dans la cour de récréation et que ce sont toujours les mêmes élèves qui l’embêtent, j’interviens et je leur fais comprendre ce qu’est un conflit, à quoi il peut aboutir et pourquoi ça peut être vraiment dangereux. Souvent, les enfants n’ont pas conscience de ce que peut impliquer leur comportement au quotidien, mais aussi sur le long terme (par exemple, une perte durable de confiance en soi chez la victime).

Alors évidemment, le harcèlement ne cesse pas toujours, mais il diminue fortement. Je travaille tous les jours aux abords de l’établissement, pendant la récréation, lors des interclasses et parfois même en cours, quand les professeurs sentent qu’il y a quelques tensions dans leur classe et qu’il faut essayer de dénouer la situation.

Je ne suis pas là pour les sanctionner, ce n’est pas mon rôle

Durant mes formations, j’ai appris à travailler ma posture de médiateur : être capable de faire comprendre aux élèves que je ne suis pas un juge, pas un avocat, ni un CPE ni un surveillant, mais simplement quelqu’un qui est à leur écoute, partout et tout le temps. Mon travail répond à trois principes : la neutralité, l’impartialité et la non-sanction.

Je ne suis pas là pour les punir, simplement pour créer les conditions d’un dialogue sain entre deux élèves entre lesquels il y a parfois un différend. Évidemment, si j’assiste à des échanges ou à des faits graves, j’en réfère au chef d’établissement. À ce moment-là, c’est lui qui décide des suites à apporter à la situation : convocation de parents, sanctions adéquates, etc.

Dans les autres situations, je suis celui qui les aiguille vers l’interlocuteur le plus adéquat en fonction de ce dont ils ont besoin. Mon métier, c’est d’être leur référent. » (Extrait de leplus.nouvelobs.com du 20/09/2016)

En savoir plus sur http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1560929-mediateur-scolaire-je-lutte-contre-le-harcelement-un-job-quotidien-qui-porte-ses-fruits.html

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