Sénégal : une tradition de médiation par les marabouts


« Le rôle de médiateur ou pacificateur social s’est manifesté à plusieurs occasions de la vie politique et sociale du Sénégal. A chaque fois qu’une crise commençait à atteindre des proportions inquiétantes, les chefs religieux se sont impliqués pour un dénouement heureux.

Année blanche en 1988, année invalidée en 1994, année presque blanche en 2015…, la crise scolaire est ce que les différents gouvernements sénégalais ont en commun depuis presque 30 ans. La détente amorcée avant-hier par les deux porte-parole, de Touba et de Tivaouane, a permis d’éviter le pire. Les bons offices de Serigne Bass Abdou Khadre et Serigne Abdou Aziz Al amine ne sont pas une première. Selon le professeur Mamadou Fall, historien et enseignant chercheur à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) le statut des marabouts dans l’histoire du Sénégal a toujours été déterminant.

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« Leur intervention dans l’espace politique date de longtemps en temps qu’arbitres du jeu politique. «  »Nous avons une aristocratie qui a une tradition belliqueuse. Les marabouts sont la seule classe sociale capable d’arbitrer ou de servir de bouclier à la majorité de la population par rapport à la répression ou dérive de l’aristocratie. C’est un phénomène qui n’est pas nouveau. Ils ont été le fer de lance d’une culture de paix. Historiquement ils ont eu un héritage de ce rôle de bouclier depuis le 16ème siècle », explique l’enseignant-chercheur. Pourquoi ces hommes de Dieu sont toujours écoutés par les deux parties en conflit ? «  »Les marabouts ont une légitimité sociale. En l’absence de légitimité traditionnelle des élites, la légitimité politique et sociale a toujours été réservée aux marabouts car ils ont été des champions de la paix, de l’éducation et même de la production », estime l’historien.

Les deux figures de proue dans le domaine de la médiation sociale sont Serigne Fallou Mbacké et Serigne Abdoul Aziz Sy Dabakh. «  »Dans l’histoire récente du Sénégal, nous nous souvenons tous de mai 1968. Au fort de la crise entre le mouvement estudiantin et le président d’alors Léopold Sedar Senghor, les marabouts ont joué un rôle crucial de facilitateur et d’intermédiation. C’était le cas de Serigne Fallou. On se rappelle aussi de la figure de Serigne Abdoul Aziz Sy Dabakh qui faisait des sorties récurrentes pour hausser le ton et amener les sénégalais à la paix et à la concorde », rappelle Mamadou Fall. » (Extrait de sen360.fr du 13/06/2016)

En savoir plus sur http://www.sen360.fr/actualite/touba-et-tivaouane-dans-la-crise-scolaire-dans-la-lignee-d-039-une-tradition-de-mediation-511578.html

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